Scipion et les autrea cheb, in
siruits de ce malheureox évéoamant»
étaient encore dans la conaiemaiioa qu'il leur avait causée, lorsque pna* qu'au même instant ils apeq^oieal H. Aquinius qui s'entretenait avec G» Saserna. Scipion lui envoie donner l'ordre de cesser une telle entievoe; et comme il n'en continuait pas moins son entretien » voulant achever ce qu'il avait à dire» Juba lui dépêche vn de ses courriers» qui en préaenee de fitserna ; « Le roi » lut dit-il > vous défend de poursuivre : > alors tout tremblant, il se retira » et obéit à cette injonction royale. On ne peut trop s'étonner qu'un citoyen romain » après avoir obtenu les plus hautes dif^és de la népu* blique » n'ayant d'ailleurs à codât dre ni pour sa liberté» ni pour ses biens, ait mieux aimé obéir à un roi Barbare que de se rendre aux ovdres de Scipion , ou de revenir libre dans sa patrie après la ruine de ceux de son parti. Mais l'orgueil et l'insolenoe de Juba s'adressaient moins i^ M. Aqui* nius» patricien d'un ordre inférieur et homme nouveau, qu'à Scipion luimême» ce général d'une famille aussi recommandable» et qui avait passé psr toutes les charges : car» comme avant l'arrivée du prince il poclait le manteau de pourpre» on dit que ce ttk(h narque superbe lui fit entendre qu'il ne devait pas paraître vêtu de la même couleur que lui ; en sorte que Scipioe fut réduit à prendre le blanc» pour sa* tisfaire Juba» le plus vain et le phM lâche de tous les hommes.
58. Le lendemain l'un et l'autre font sortir toutes leurs troupes» les rangent
GUBIimt D ▲ftlOt'B.
iM
«n biltiile l6 hingd'ttiinivin qui se tEoami aaaei proche de noire camp , et s'y «Item. CéBftff mmt leur temple, et diipoefli pfompiemeni les siens pour le cnniNii^daiiB la plaine» à la Medeses MtnBchemens, oà il les retint, per* sndé que les enneiim qui , avec les seeours du roi , formaient une ariaée si Bombveose , et s'étaient avancés les pramieis» s'approcheraient de lui et oommeoceraient Tattaque. Ensuite»
ajabt pftiooura les rangs à cheval »
ii eihorte ses légions» donne le signal SI attend que rennemi se présente.
Peur lui , divers moiifa rempéchaienl de trop s'éloigner de son camp : la ville d'Uzka , dont Scipîon éiait naître , aiait été garnie de cohortes. César, dont la droite était adossée à cette ville»
avait lien de cimindre que s'il avanfait aiMlelà» ces oohories ne fissoit «M sortie, poar le prendre en flanc.
Ce qui le retenait encore» c'est que le front de l'année de Sdpita était couvert par y n terrain embarrassé, qui annit pu empêcher que ses troupes ne l'aitoquasocnt librement.
S9. Je crois devoir indiquer ici quel était l'ordre de bataille des deux ar« niées. Voici celui de Scipion : il ranges en première ligne ses légions et celles de Jnba; il forma ensuite une •econde ligne de Numides; mais ces Uoopes se présentaient sur si peu de profondeur» et sur une telle étendue»
91e» de loin » le centre de cette armée semblait à nos l^ionnaires ne former 91'iuie saule ligne. Les ailes seules faittient mieux juger la disposition.
Oo appuya, à la droite et à la gauche des légions, et avec des intervalles égàWL Mrs eux, tous les éléphans; et derâèreeux» rinfanterie l^ère et les troupes auxiliaires des Numides. On porla i l'aîle droite toute la cavalerie à bri« 4fls; w n'en mit point à l'autre aile,
où die eût été inutile, parce que le ville d'Uzifa servait de point d'appui i celle gauche de l'amée. Comme la terrain ne permettait pas de dév^^ per sur le même front toute la cavale* rie» Scipien avait posté au pîed des montagnes » à environ milte pas de si droite , et un peu en écbarpe» toui le reste de la cavalerie numide avee ua corps nombreux d'armés à la légère* L'emplacement de celle réserve i une telle dislance avait pour objet d'attea* dre que les deux armées s'Âranlaasem pour le choc» et de saisir ce aao»
ment pour se porter brusquement en avant » se développer sur le flanc et sur les derrières de l'armée de Géaar»
l'accabler d'une grêle de traits, et par cette attaque imprévue en prècir piler la débite. Tel était, ce jotur4à» l'ordre de bataille de Scipion.
60. L'armée de Céaar était rangée en bataille de la manière suivante , en commençant par sa gaadie pour rêve* nir à sa droite. La neuvième légion et la- huitième étaient à l'aile gauche ; la trentième et la vingt - huitième à la droite; la treizième, la quatorzième»
la vingt -sixième, la vingt- nenviènoe»
dans le corps de bataille; mais Taîk droite était encore comprise dans son corps de bataille» et il se servait de sa seconde ligne pour en former la droiie à la place des cohortes qui avaient été placées au corps de bataille; il y ajouta quelques-unes de ces cohortes que l'on avait tirées de léigions nouvellement le? vées. 11 transporta toute sa troisième ligne i l'aile gauche, ei la fit aller Jus* qu'au centre de ce qui avait été sa gauche avant la nouvelle diaposilion^ en la plaçant de façon qu'elle était sur trois lignes. Ce qui l'avait porté à cet arrangement ^ c'est que ses retranchemens couvraient son aile droite, ai| lieu que sa gauche avait à soutenit
BIBTll».
Itut VéUoÊi de la cavalerie ennemie qui éimi tfèB • nombfeiue. C'en pourquoi il y jeia encore toote sa cavalerie; cl eomme il o'y oomptait pas beau* O0up, il pla^a devant elle sa dnquième l^on pour la protéger, et Teiitreinèla de troupes années à la lé* gens. A l'égard de ses archers, il les lépandit çà et là , principalement sur les ailes.
61. Les deux armées, ainsi rangées en bataille à trois cents pas tout au plus Tune de l'autre» restèrent en pré« senee depuis le lever du soleil jusque vers les quatre heures du soir» sans en tenir aux mains, ce qui ne s'était peut ««êtfe jamais vu. César faisait en» in rentrer l'armée dans ses retranchemena, lorsque tout-à<<ooup la cavalerie Mgdm des Ninnides et des Gétutes, que Scipion avait mise en écharpe, en arrière de son armée, se mit en mou- «emeni et se porta vers les retran* efaemens que Gésar avait sur la hauteur. Labiénus, pour fiivoriser cette entreprise, resta en bataille avec toute sa ea Valérie à brides, et tint ainsi en éehec les légions. A celte ^ue, une partie de la cavalerie de Gésar, suivie et Tinfimierie légère , s'élant abandonnée sans ordre à la poursuite des Gé- Cttles, et ayant poussé l'imprudence Jusqu'à se laisser emporter au-delà d'un marais » elle ne put soutenir les efforts d'un ennemi trop supérieur en nombre; en sorte qu'abandonnée par les troupes légères, elle fut maltraitée et contrainte de regagner en désordre le gros de l'armée, après avoir eu un cavalier tué, plusieurs chevaux blessés, et avoir perdu vingt^six hommes de trou* |ies légères. Scipion , tout glorieux de ce {Mîtit avantage, fit sur le soir rentrer ses troupes dans le camp. Hais sa joie Alt de courte durée : car dès le lende* main, une partie des cavaliers de Gé-
sar, s'éttnt rendns à Lèbéda peur } chereher du Ué , renoontrèient dam leur marche dca marandeurs de la ca* Valérie numide et gétnie : tombant sur eux lorsqu'ils s'y attendaient le i ils en tuèrent ou prirent ni environ* Pendant ce temps. César m cessait d'oecuper ses légions aux lignai et aux retranchemens qu'il pratiquait i travers la plaine, pour fermer le psa^ sage a l'ennemi dans ses excntsions.
De son côté, Scipion se retranchait à l'opposile , de peur que Gésar ne lai interceptât toute communication avec les hauteurs. Ainsi , dans les deux SN mées, l'un et l'autre chefs se pana* geaient entre les travaux et les comh bats que se livrait chaque jour Isor cavalerie.
62. Gependant Varna, instmit que II septième et b huitième légion éîalsai arrivées de Sicile, fit sortir sa flotte da port d'Utique où il l'avait retenue tout l'hiver; l'ayant remplie de rameatsrt de maielois gétulea, il s'avance p«ff croiser, et se présente devant Adrumèta avec cinquante^dnq vaiaseanx. César»
qui l'ignore, envoie L. Gispiuset ^agtsept galères se poster à Thapse t^t servir d'escorte à ses convois; il ftil partir aussi pour le même objet veri Adrumète ireiae autres galères sous il conduite de Q. Aquila. Cispius ne tardi pas à parvenir au but de sa navigation) mais Aquila eut un si mauvais temps»
qu'il lui fut impossible de doubler k cap : de sorte qu'ayant trouvé une p^ tite anse à l'abri de la tempête, H t^ mit à couvert avec ses vaisseaux hors de la vue des ennemis. Le reste de no* tre. flotte se tenait en rade près lAU^ i et les matelots descendus à terre étaient en partie dispersés sur le rivage, et ee partie dans la ville pour acheter dei vivres : ainsi elle se trouvait sans dé^ fense. Varus en est bientôt averti f»
GUElillX I»4rftlQUS.
ém ééttMuit ; ptoBlani de Toccasion , il sort du port d'Adrumèie, arme dès k poitite du jour avec UMitas ies forces lumies à Lftbéde » brûle sans opposî«- Ik» les iraiiaMiQx de charge qu'il iroute à l'iosie éloignés du port» et prend deux galères à cinq rangs de rames, et dépourvues de kur équipage.
63. César ayaut appria celle noufdle» au inomenl où il visitait ses oAvilges à deux lieues de ee port, ahandoone loal et court bride abattue vers Jbébéda. Après y avoir exhorté sa flotte i k suivre » il moule sur le premier bàliment qui se présente > prend en pas» suit Aquila, qu'avait effrayé le grand aeadbiefles vaisseaiuL » et se met a pour» aaivre leu ennemis. Surpris de sa dili<* gmced de son audace , VarusrebnNtfas ehemîn» 4t s'en&iit vers Adrumèie avec isusses navires, Gésar le poursuivit Tes* lufis de quatre milles, reprît une de SCS gatees à cinq rangs » ainsi que tous CMU qui la montaient > ei cent tienle isidais que ses adversaires avaient com<* «il à sa garde; une galère à trois rangs ayant voulu se mettre en défense fui suêsi prise avec tous les matelots et les laaieurs dont die était chargée. Ls liste de la flotte ennemie doubla le sspi et rentra au port d'Adrumète. Ce* m ne put le faire avec le même vent : il resta donc en rade à l'ancre pendant la nuiA ; et le lendemain, dèsi'aurore» il pana devant Adrumète, oà il brûla lins les vaisseaux de transport qui étaient en rade, s'empora de tous lo autres I ou les contraignit de se réfugier dans le port* Après cet exploit , il de* nenra encore quelque temps devant h ville, pour voir si l'ennemi voudrait en venir à un combat; puis il rentra dans son camp.
M. Sur b galère à trois ronge qn'il avait eaptuiée , m trouvèrent P. Ves»
ititts ^ chevalier romain , et F. Liga«
vins, «pli, apràs avoir combattu dans l'armée d'Afranius en Espagne, avah été pris, et relâché avec les autres.
Depisis, ayant suivi Pompée, échappé à ls bataille de Pharsale , il était venu Joindre Varue en Afrique. Gésir le fit mourir à cause de son parjure et de sk perfidie; mais il accorda la vie à P. Veitrius, non-seulement parce que son frère avait payé I Rome b taxe imposée; mais encore parce qu^il ji»tifià parfaitement sa conduite; car il représenta qu'après avoir été pris par b flotte de Nastdius et sauvé par VaruÉ au moment où on le conduisait à là mort , il n'avait jamais pu depuis trouw ver moyen de rejoindre Géaar et de pas^ eer sous ses drapeaux.
66. C'est une coutume, parmi les habitans de l'Afrique, de pratiquer dans presque toutes les campagnes él les vilbges , des trous souterrains et secrets pour y serrer le Mé; ce qu'ib fonte catM de leurs guerres fréquentes et des subites invasions de rennemi.
Gésar, ayant eu connaissance de cet usage , fit partir vers minuit deux Ifr gions avec ses cavaliers , les envoyant à dfli milles de son camp , d'où ib tt^ vinrent chargés de blé. Labiénus, Il cette nouvelle , s'avance par les mèmei hauteurs que Gésar avait traversées b jour précédent jusqu'à sept milles de sca fortifications , et il y poste deol léi> gions; espérant que les nôtres preuFdraient souvent la même route poilr aller chercher du blé, il s*y tenait tdlté les jours en embuscade , dans des po^ sitions avantageuses, et soutenu d'un grand nombre de cavaliers et de geni de trait.
66. Instruit de son projet par ém transfuges, après avoir bissé passer quelques jours sans sortir de ses re« tranchemens, afin que lenncmi ooiitt« nuant toujours , mais en vain , le même
SM
miinuft.
exeicice » se relâchât de sa vigtknoe ordinaire et devint plus n^ligent » César sortit un matin par la porte Décuœane avec huit liions de vécérana el une partie de ses cavaliers, qui, ayant' pris les devans , surprirent ceux qui étaient en embuscade cachés dans les vallons, massficrèrent environ cinq cents hommes d'infanterie légère» et réduisirent le reste à une fuite honteuse. Labiénus vint de suite au secours des siens avec toute sa cavalerie ; et comme la nôtre était en trop petit nombre pour taûr contre tant d'assail- Jans, elle commençait à plier, lorsque César parut avec ses l^ons rangées en bauille. A cette vue, Labiénus étonné s'arrête; et César ramène sa cavalerie sans la moindre perte. Le lendenudn, Juba fit mettre en croix lous ceux des Numides qui s'étaient aréfugiés dans le camp, après avoir abandonné leur poste.
67. Cependant César, voyant la disette de blé qui le pressait, réunit toutes ses troupes dans un seul camp, met garnison à Lébéda, dans Mahadia 6t Acilla, charge Cispius et Aquila de croiser avec leurs flottes, l'un devant Adrumète, l'autre devant Thapse, incendie ses foriificaiions d'Uzita, et vers trois heures du matin , après avoir placé son bagage à l'aile gauche, il |iart en bataille, et arrive devant Agar, ville souvent assiégée par les Gélules , et toujours courageusement défendue par ses habitans. De là, campant dans la plaine , il va chercher des vivres avec une partie de son armée dans les villages environnans, et rapporte une forte provision d'orge, d'huile, de vin et de figues, mais peu de blé; ce qui lui servit à rafraîchir ses troupes. De son cOlé^Scipion, instruit de ce départ, le suivit par les hauteurs avec tous ses soldats, et vint se poster à deux
iieoes de lui, où il forma Icois eani|« séparés.
68. A dix millea de ses lignes, éuit une ville nommée Zerbi , située dans une plaine oà s'étendait ooe partie de son camp, mais plos éloignâe de celui de César, distant de six lieues de cette position. Sdpion y avait envoyé deux l^ons pour se prooarer du blé.
Averti par un transfuge , César trsns»
porte aussitôt son camp de la plaine sur une hauteur, afin qu'il soit plus en sûreté, y laisse des troupes i as garde, et se meiunt en maicbe veis trois heures du matin , il passeà la vue du camp ennemi avec son armée, et se rend maître de la ville. En méoie temps, il apprit que les deux l^oos ennemies ^ient allées plus loin peur amasser du blé; et oonuoae il se dispo* sait à les poursuivre , il aperçut les troupes de Scipion qui marchaient à leur secours ; ce qui l'arrêta. La prise de Zerbi fit tomber en son podvoir deux chevaliers romains, dont Tua était G. Mutins Réginus , ami intime de Scipion , et qui commandait dsns la place; et l'autre P. Arrius, membre des étals d'Ulique. Il se rend Mssi maître de vingt -deux chameaux qui appartenaient au roi Juba , les emmène avec lui , laisse la garde de celte place à Oppius, son lieutenant, qu'il y établit avec une garnison , et se met sa chemin pour se retirer dans son camp.
69. Comme il était peu éloigné des retranchemens ennemis, près desquels il lui fallait passer pour se rendre dans les siens, Labiénus et Afranius, en embuscade sur les coteaux voiws avec tous leurs cavaliers et leur infabterie légère, parurent soudainement, et via* rent charger son arrière -garde. Ss voyant atuqué. César détacha d'abord sa cavalerie pour soutenir leur premier effort; en même temps, il comuMods
GUEliRB D^API^IQUIC.
aai légiom de mettre tout lear bagage CD on Mui endroit » et de doDBer sur reroemi. Dès leur premier choc , la ca« nierie et les gens de trait de Scipion liHent sans peine chassés de leur poste et débusqués du coteau. César crut ^*après les avoir si maltraités, ils ceaeraient leurs escarmouches; mais à peine eut^îl repris sa marche , qu'il hs refit de suite descendre des coteaux voisins 9 en exécutant la manœuvre dont on a parlé, pour assaillir nos légions : car on ne saurait concevoir k vitesse et Tagilité avec lesquelles riniinterie légère des Numides mêlée ivcc leur cavalerie savait combattre, soit pour se présenter ensemble à Taitaque, soit pour disparaître dans la retraite. Gomme ils ne cessaient de tondre sur nous, dès que nous nous mettions en marche, et de se retirer lorsque nous résistions ; que cependant ibn'en venaient jamais aux mains, et se contentaient de nous accabler de traits ; qu'en un mot ils avaient un genre tout farticulier de combattre; César sentit qu'ib n'avaient en vue que de le réduire i camper dans ce lieu où l'eau manquait , afin que ses chevaux et ses hom« mes , à jeun depuis trois heures du matin jusqu'à quatre heures du soir, périssent de soif.
70. Ainsi, considérant que le soleil était bient<yt près de se ooucher, et qu'il n'avait pas bit cent pas en quatre heum, il bit retirer toute sa cavalerie de rafrière-garde,parcequ'elleavait perdu la plupart de ses chevaux , et ordonne à ses légions de se rendre chacun tourà-lottr à la queue, pour fermer la marche. Par ce moyen, il avançait lente* ment, il est vrai , mais du moins avec plus de sécurité, ei résistant mieux à Timpétuosité de l'ennemi , auquel il opposait ses légions. Cependant la ca* talerie MmiUe, couronnant les hau*
teurs , s'étendait à droite et à gauche , tantôt cherchant iH nous envelopper par sa multitude, tantôt suivant noire arrière-garde qu'elle harcelait; mais dès que trois ou quatre de nos vieux soldats seulement faisant face lançaient avec vigueur leurs javelots, plus de deux mille de ces cavaliers numides tour* naient le dos de suite, et ne manquaient pas de revenir sur-le-champ en troupe à la charge, s'aiiachant I nos pas, et accablant nos légions d'une ^le de traits. Ainsi, tantôt en marchant, tantôt en résistant , César ne put avancer qu'avec une lenteur extrême ; de sorte qu'il était une heure de nuit, lorsqu'il arriva au camp avec tous les siens, sains ei saufs, n'ayant eu que dix blessés. Labiénus perdit environ trois cents hommes; un grand nombre fut blessé, et se retira avec ses troupes fatiguées de leurs attaques soutenues.
Scipion , qui pendant ce temps- là était resté toujours en bataille à la tête de son camp avec ses élépbans pour imprimer plus de terreur, rentra dans ses ratranchemens.
71 . Afindeformersestroupesau genre de tactique nécessaire pour combattre un ennemi de celte espèce. César était obligé de s'y prendre, non comme un général à la tète d'une armée de vient soldats vainqueurs et illustrés par les ^ plus grands exploits, mais comme un maître d'escrime, qui veut dresser des gladiateurs novices : il leur apprenait l'art de se garantir des ennemis; de se présenter en bataille et de résister, suivant rétendue du terrain qu'ils occupaient ; il nous montrait comment notis devions taniôt avancer, tantôt reculer , tantôt feindre l'aliaque : en un mot, il nous marquait pour ainsi dire le but où devaient porter nos javelots et la manière de les décocher. Il est vrai que rinfanierie légère des ennemis nou$
398 uiHtius.
causait des inquiétudes et des embar* cas extraordinaires. Nos cavaliers n'osaient se commettre avec elle» parce qu'elle tuait leurs chevaux à coups de traits; et l'agilité de leur course épuisait bientôt nos légions de fatigue; car lorsque le soldat romain pesamment armé » poursuivi par ces Numides , s'arrûtait pour fondre sur eux, ils évitaient facilement le péril par leur fuite libère. 73.Cetéutdechoses inspirailderoortellesalarmes à Césari puisque toutes les fois que sa cavalerie en venait aux mains sans être soutenue de ses fantassins »
elle ne pouvait résister à Tcffort des escadrons ennemis et de son infanterie l^ère. Cette infériorité l'embarrassait d'autant plus qu'il ne connaissait point encore Ictus légions par expérience» et ne voyait pas comment il pourrait leur tenir t6te, si elles étaient jointes à leur cavalerie et à leurs troupes légères, qui étaient admirables. Un autre sujet d'inquiétude pour lui , c'est que la gmn^ deur et la multitude des éléphans eflrayaient lesoldat. C'était le seul ob* stàcle auquel il avait trouvé néanmoins un remède. Ayant fait venir des éléphans d'Italie, pour que les siens s'ao* Qoutumassent à leur vue, connussent Ifiur force, leur courage» et la partie de leur corps où ils devaient les frap* jffVi en leur faisant voir ces animaux armés a bardés de fer » il leur indiquait la place qu'on leur laissait nue»
at où il fallait diriger leurs coups. Par là il voulait aussi habituer les chevaux h leur odeur» à leur cri » à leur forme» aûn qu'ils n'en eussent point de peur.
Ce moyen lui avait admirablement réussi; car les nôtres ne se faisaient plus de peine de les toucher» et ils en CMnaissaient la lenteur; sa cavalerie leur lançait des traits émoussés» et la patience de ces animaux avait familialiai le cheval avec eux*
73. Toormenié pour les motifs que je viens de produire» César était plus retenu» plus diconspect qu'i Vcnéi^ naire, et ne faisait paraître dans eelte occasion ni la même ardeur» ni la mAme activité qu'autrefois : ce qui n'avait rien d'âonnant; car ses troupes étaient accoutumées iconbattie dans les Gan* les» pays couvert de plaines» ayant afr laire à des GauMs» hommes francs et sans finesse » et dont l'naage était d'em« ployer la valeur plutôt que la ruse au milieu des batailles; au contraire» dans la guerre présente il était obligé ds leur apprendre à connaître les stretagèmes , les embûches et les artifices des ennev mis» avec lesquels il fallait savoir œ qu'on devait faire ou éviter. Afin donc que ses soidau se pénétrassent plut promplement de cette nouvelle taeti* que» il avait soin de ne pas les tenir long-temps dans le même camp; mais il les faisait souvent changer» sous prétexte de chercher des vivres» convaincu que l'ennemi ne le perdrait point de vue et s'atuicherait à aes traces. Trois jourf après, il range avec grand soin ses troupes en bataille» passe ainsi avec elle devant le camp de ses adversaina, et leur présente le combat en rase cam# pagne; mais voyant qu'ils ne voulaient point s'y déterminer» il ramène au camp ses légions sur le soir.