Dictateur pour la troisième fois
et promu de nouveau à cette dignité pour l'année suivante» après tant d'expéditions militaires» César aocoort de suite en Espagne» pour terminer cette guerre. A peifie arrivé» des députés de Gordoue, qui avait abandonné le parti de Pompée» vinrent l'avertir que leur ville pouvait être emportée la nuit même» s'il voulait»
parce qu'on ignorait qu'il fût encore dans le pays ; les courriers que Pompée avait mis partout pour l'instruire de son approche ayant été interceptés»
Ils ajoutèrent plusieurs autres raisons assez apparentes. Sur cet avis» il informa de son arrivée Q. Pédios et Q. Fabius JMtaximus qu'il avait mis à la tête des troupes» leur mandant de loi envoyer pour escorte la cavalerie qu'ils avaient levée dans la province. Hais il les joignit plus tôt qu'ils ne se l'étaient imaginé; en sorte qu'il ne put se faire escorter par cette cavalerie». comme il l'aurait désiré.
3. Sextus Pompée» frère de Gn., ^ trouvait alors avec une garnison dans Gordoue» qui passait pour la capitale de la province» tandis que Talné, de-
CUEMII »'
M» teil oecQpé ao •Ufe de HMla-lbior. knlruil» de Tap»
proche de César» les aasiégés lui en»
ve3Pèrail dei ambaMademB qoi » ajapt jfmaè aecffdteBMDi au uaters da camp lie Pompée, vûmoi le prier de lei Moeurtr le plos prompiemem possible.
Citer, qoi satail que de loul temps celle ville avait eu un altachemenl ex* tième pour les Romaiua» fit partir, vers ks neuf heures du soir, six coborles avec un nombre égkl de cavaliers, sous ks ordres de L. Julius Paciécus, brave officier, et bien connu dans la province. A iMÎae ces troupes fuient-dtes au csmp de Pompée, qu'il survini im si terrible orage» accompagné d'un vent si fort, qu'on ne se voyait pas, et qu'à peine po«vai4-on reeoimaitfe son voi* lia; ce qui fut trte^Sivorable pour cette mireprise : car Paciécus, étant arrivé là , fit marcher ses cavaliers deux à deox droit vers la ville au travers du crnsp des assîégeans ; et une sentiaeUe lear ayant demandé qui ils telent, un des nôtres lui dit de gMder le silence el de ne point fiùre de bruit, parce qu'ils chôrcbaient à l'spproober du mur pour surprendre Is place. Ainsi la garnison que l'orage rmpOcfaait déjà de faire une snrveithnott très •exacte en Tut encore détour^ aée par œtie réponse. Arrivés donc aux portes de la ville, à un ceruin signal les babilans nous y introduisent; a fouies nos troupes, tant cavaliers que iiotiMSins, après avoir laissé une partie des leurs dans b place, poussant en même temps un grand cri, firent une sortie sur le camp des assi^eans , les* qoeb ne s'y attendant pas -, se crurent presque tous perdus.
4. Apris avoir envoyé ce secours à Monte-liaior pour contraindre Pompée à en lever le siège, Gémr marche sur Cordoiie. Gn chemin , il finit prendre
«»A€Mt.
les éanm à «ne troupe de ^^.mmmm», suivie lie braves soUaia cosiveris de cuirasses, qui, en approcham de la ville, montèrent en croupe derrière les cavaliers , sans que les babiiaas aient pu le avoir. Lorsqu'ils en fit* rent tout près, ks ennemis sortirent en foule pour accabler la cavalerie; mais les légionnaires dont on vent de parler, s'élançant de leurs chevaux, les attaquent avec tant de vivacité , que de cette multitude sortie de la ville il n'en rentra qu'un petit nombre. Et frayé de cette disgrâce, Sextus Pompée en dMne aussitôt avis à son frèse, pour qu'il vienne en diligence à son secours, avant que Gé8;^r ne se fût rendu maître de la place. Ainsi Co« Pompée, qui était sur le point de prendre Maior, levant le si^e de cette ville sur les lettres de son frère»
marcha vera Cordoue avec toMea ses troupes.
ô. Arrivé au Guadalquivir, qu'il ne put traverser à gué à cause de sa pror fondeur. César y fit jeter de grands mannequins remplis de pierres, sur lesquels il construisit un pont composa de deux,rangs de grosses poutres, qui prenaient depuis la tôte du pont jusqu'à l'autre bord vers la ville ; par ce moye» son armée passa en trois fois. Poinpée se rendit au même endroit soutenu des siens , et campa de môme en lace de lui. Pour loi couper les vivres et lui intercepter touie communics^ion avec la ville. César fit tirer un retranchement depuis son camp jusqu'au pont.
Pompée suivit son exemple : en sorte que ces deux généraux se disputaient à qui s'emparerait le premier du pont; c'est ce qui tous les jours dormait lieu à de légers combats , où tantôt Tun , tantôt l'autre avait l'avantage. Enfin, les deux partis s'étant échauffés, on en vient aux mains; et tandis qiiP de part
lltlYlOi.
ttià'ÈHÊm an iMm0 4'atiri«dM ie font» fAw om s'âpproebe , pitis on m tioMe MKenéfir l» bord» du Beiive; des dttix «OléS on s'y |irédpîte» on se dMn* à Tenvi mille nsoris » 61 Ton ne folt flm qM de» monoeoux de ttda- «tes eotassfe les ons sor les autveB. C?etl *ki6i que*, dorant plosleuis joura » Oésar 8t loiw ses eiforis pour anirer les ennemis au combat dans la plaine»
afin de finir prompiemenf la guerre.
' 04 Lorsqu'il YÎf qu'il ne pouvait les y eoniraindi^ , quoiqu'il n*eût mis obeiade à Texéeution de leurs desseins qM pour les engager en rase eainpa^ |tne# H allume pendant la nuit de .gttnds hXLx, passe la rivièie ai^ ses «■oupes et maicbe sur Tébala - Véja»
one des plus fortes places qui tenaient pour ses adtersaires. Averti pav quel<qoes transAigês que César avait franebi te fitouve, Fotnpée redra le même Jour plusieurs de ses chariots et de ses balisMs , qu'il s'était vu forcé de laisser en dierain à cause de la âlBcuké et 4ê rembairas de la route, et entra danaCerdoue. De son côté, César se leminehe devant Tébala*Vé[a , et eomittenœli l'inveslir. Sur cette nouvelle, l^ompée part le même Jour pour aller la secourir. Mais César s'éUiit d'abord ÊÊttÊfé de tous les postes avantageux -des environs, et y avait fait construire des taris , tant pour y mettre sa cavalerie que pour y placer des corps de garde de fantassins , afin de pourvoir à la sftreié du camp. Le matin qu'ai^ •riva Fompée» il y eut un brouiUard ai épais, qu'à la faveur des téndbres, il trouva le moyen avec quelques cohortes et quelques etcadrons d'envelopper 'la cavalerie de César, dont les ennemis «firent un si grand carnage qu'il s'en •échappa irès^peu.
7. La nuit suivante, Pompée tn- 'Ce^die «m camp , passe la rivîôre de
a«adi|08, et, ttavarsaat plnslewvii Icw , vient onoper sur une mooii|M entre les dent viHes ds Tébria-Téji«i de Lncubi. Cependant César éliit dut asa lignes, oâ il avait fSrit préfiarerda nanieleia , et tout ce quiestnéeesuin à un ai^. Ces pays ^evés et anstuenx semblent bits pour la geam.
Le fleuve de Guadajos coule au ttiliai de la plaine, mais plus pfocbeids'K' bala<>Véia , qui n'en est éloignée que d'environ deux milles. Vis*à«Tii je eeue place, Fompée était campétarda baotears , et à la vue de Tune et k l'autre ville, il n'oaa secourir kiai' sièges. Il avait cependant treia^ 1^ gions; mais il ne eouapfait guèreqie sur lea deox composées des iisa|iaft la provtnoe , lesquelles avaient ^ Trébonius ; sur un autre tiiée des<5leoies romaines établies dans le mton, el sur one quatrième qu'AilAuMi avait amenée d'Afrique aves loi t le reste consistait en déaertenrs et m ib* gitib. A l'égard de ses eavdisR^i A son infanterie légère , celle de Oto était de beaucoup supésienreeaiMhr ainsi qu'en valeur.
8. Ce qui facilitait dn rsmiV^ pée les moyens de prolonger h eiopagne , c'est que ce pays est CortaMS^ tuenx , et Uès «- propie à établir de camps fortifiés : car presque teote eeUe province ultérieure de l'Ëipagoe, fV la raison môme qu'elle est tre^-feiiiie et trôs-abondanteen eau, pféMotepHi d'accès bciles pour l'auaque. Ajostu que, par suite des fréquentes incursion des Barbares , tous les lieas éhrign* des villes sont munis de forts et de tours ; et on les y couvre , tammp Afrique , de xîment et non de toihl' Là se trouvent disposées des fsérites»
d'od, à cause de leur hauteur, h^ s'étend fort loin. U plupart deB fiibs de celle province ont égalMsat Hé
GCISlilte ^V^AGHB.
titles mir des émînênces ei dans des nrrtiM» exfielieins; ée sorte qu'il n'est ])ii ttiflé d'y gravir et d*y aueindre. Ainri h silaatiôn seale de ces places de r&pagne en itnd l'allaque presque iii|KmUe> ei Ton ne peut les emporter qu%veo la plus grande peine ; «'est os (}ui pcttut dam cette guerre : m Pampée ayant pris ses positions (noQs Tavona rapporté plus haut ) «Mtt Tébaia-Véja ai Luçubi > et en Ak» de 0B8 deux postes, à quatre milles «mroa do aon camp était one élévatioatfèi^ivancageusemeataiiuéei nom- Biée le camp de Posiomios, où César tnîiconstnrii un fort et placé garnison.
0. Se tfouvant oonvert par cette Dlnie kaotaor à une assez grande dis- Mee du camp de son ennemi , Pompée namnul Tavaniage du poste ; et eonuae la rif lère de Guadajoa nous en ilpmit , il crut que nous renoncerions ihMeourir, vu la difftoulié qn'offiratt k taiain. Duns celle persuasion, i( firl fers minuit pour venir attaquer Mibrt,qiii incommodait beaucoup les iiiégeeiis. Les nMres , le voyant approcher, poussent de grands cris, lanetot megfèle de traits^ et lui font un gnuMl MUnbre de blessés. Ainsi ceux du fort l'éiant mis en défense, César ^ Ml dans son grand camp , averti de ce qui se passait, y accourut aussi^- IMsfie trois légions. A son arrivée , iei ennemis pleins d'eflrei prennent la ktie, bissant plusieurs morts et plu* tians prisonniers : beaucoup abandon* ainat leuia armes pour se sauver plus pionptement, et Ton rapporui quatre* vingts de leurs boucliers»
10. Le jour suivant , Arguétius ar^ tin d'Italie aveo un renfort de cavalKt8 , et apporta cinq enseignes prîs^ nr les Sagontins, On ne lui Rt pas pmd accueil, César ayant dt^a reru ^lie des chefaux conduiis par As*
prenas. Cette nuit rnSme, Pompéte Inlt le feti à sot) camp , et marcha vet6 Cordoue. Un toi nommé Indo, qtii nous avait amené de la cavalerie et tles fantassins, s*étant trop vivemem engagé & la pourstrite des ennemis, Alt pris et tué par quelques soldats des deux légions levées dans b province.
ii. Le lendemain, nos cavalleis poursuivirent très -loin vers Cordouë ceux qui amenaient de cette ville des vivres au camp de Pompée; cinquante furent pris entre autres , avei; leurs chevaux , et conduits au camp. Le mêftie jour, Quintus Harcius, qui servait aotts Pompée comme tribun militaire, vitit se rendre Si nous. Vers minuit, les asrfégés firent sur nos troupes une sortie très-vive, et nous lancèrent de la ville des feux de toute espèce. Quelque temps après, G. IFVindanius, chevalier romain, passa du camp ehnemi dans le nôtre.
i^. Notre cavalerie, le lendemalti, prit deux soldats d'une des deux légions indigènes. Ils se disaient esetsh ves; mais comme on les amenait an camp , ils furent reconnus par ceux dtoft nôtres qui avaient porté les armés sons Fabius et Pédius, et quitté Trébonkia* Ils ne purent obtenir grâce et furent maasacrés. On intercepta le même jour ém courriers de Cordoue , se Midani ati»prcB de Pompée , lesquels par imprci* dence ébient tombés dans notre esnipf.
On leur coupa les mains, et on les renvoya. Suivant leur coutume, aur les neôf heures du soir, les assiégés , nous accablant d'une quantité prodi^ gieuse de féux et de traits , noua blessèrent beaucoup de monde. La mik s*éfant écoulée, ils vinrent assaillir la sixième légion alors oécupée aux ttii«> vaux : on se battit avec aebareemem % mais l'ennemi Ait repoussé , bien ^'ii eût l'avai^tage de combaitre des km*
SM
iwr9. hitm, malgré kar aortie» et quoique vm troupes euaa^snt désavantage de combattre d'en bas > ceux de Pompée rentcèrent dans la place, après avoir éprouvé une perle considérable.
13. Le lendemain» Pompée fit tiier un retranchement depuis ses fortifica* tions jusqu'au fleuve de fiuadajos, et quelques-uns de nos cavaliers qui étaient de garde» ayant été aperçus pr un parti nombreux de l'ennemi , Turent débusqués de leur poste « et on leur tua trois hommes. Le mtoie jour, kn Valgius» fils de sénateur , qui avait son frère dans le camp de Pompée, monte à cheval et s'enfuit sans rien emporter de ce qui lui appartenait :
les nôtres prirent un espion de la soc^de légion ennemie , et le massacre- Mnr. Dans le même temps , on fit partir de la ville une espèce de boulet > sur lequel on avait inscrit que l'on donnerait avec un bouclier le signal du moment où il faudrait attaquer la place. Sur cette assurance, pinsieurs des nôtres flattés de l'espoir d'escala- 4^ sans péril les murs de cette ville, et de s'en rendre maîtres , commencéleai le jour suivant à les saper , et détdûsiimt une grande partie du premier jaiir; toutefois ayant voulu monter à rassaut, ils furent pris. Les assiégés , les conservant avec autant de soin que s'ils eussent été des leurs , offrirent de les rendre, pourvu qu'on laissât sortir la garnison de Pompée; mais César répondit que sa coutume était de donner la loi, et non de la recevoir.
Cette réponse rapportée aux habitans par ceux qu'ils avaient envoyés, ils foussast de grands cris, bordent leurs jompàrt^, et lancent cmtre nous une grêle de traits; ce qui nous fit généralement cnàxe que, ce jour-là, l'ennemi lésait une sortie vigoureuse. On donna un assaut général à la ville, et l'on se
aimiis.
battit vivement dorant qtielqiies heures, jusqu'à ce qu'un co«p parti d'une de nos balistes renversa une tour des ennemis avec cinq hommes qui s'y trouvaient , et un jeune homme que l'on y avait placé en sentinelle, pour avertir quand jouerait noire machine.
14. Peu de temps après. Pompée fit construire un fort au^elà de la rivière, sans que nous paraissions nous y opposer; ce qui le remplit d'une folle v»* nité, dans la fausse opinion où il éudt de l'avoir bâti presque sur notre terrain. Le jour suivant, tandis que, seltm sa coutume, il s'approqbe de notre poste de cavalerie , quelques escadions s'en éunt détachés avec de l'infanterie l^re pour l'assaillir, ik furast mis en fuite, et , à cause de leur petit nombre , foulés aux pieds par l'ennemi etles troupes légères qui raccompagnaient.
Comme l'action se passait à la vue des deux camps, ceux de Pompée en étaient d'autant plus fiers, qu'ils noue avaient poussés assez loin. Cependant les nôtres se ralliant à la bveur de leurs compagnons qui les soutiennent, suivant leur tactique, reviennent à la charge avec de grands cris ; mais l'en* nemi refuse d'en venir aux mains.
45. 11 arrive presque toujours dans les combats, lorsque la cavalerie mec pied à terre pour se baUre contre la fantassins, qu'elle ait le désavantage; le contraire eut lieu dans cette rencontre; car quelques troupes d'élite de l'infanterie légère ennemie étant venues atuquer nos cavaliers qui ne s'y attendaient pas, phisieurs d'entre eux en combattant s'aperçurent qu'ils n'avaient a&ire qu'à de l'infanterie, et descendirent de cheval. Ainsi en peu de temps , le cavalier combattit comme un piéton, et le piéton comme un cavalier; la mêlée fut même si sanglante que l'on s'égorgea jusque ^m
GUBMB D
les reifiiM^flnicnB. DiM Tadioa , lo euMUM perdifent cent tingt* trois hoimiies ; no grasd nombre d'autres forent dépouillés de lears armes; d'aniresoonvertsde blessures et reportés an camp. Noos n*eûmes à regretter qne tiois des nôtres ; douce Eintassins et cinq de Doscataiiers forent blenés. Le même jour, à la suite de cette affaire, il y eut soifant l'usage un assaut donné à la place. Après atoir lancé sur nous un amas considérable de traits et de feux auxquels nous répondîmes courageusement , les assiégés commirent le plus liorrible el le plus cruel des attentats ; après avoir égorgé sous nos yeux leurs bdtes» ils jetèrent leurs corps du haut des rempurts : trait de férocité inoui jasqu'alors et dont les nations Barbares poufaient seules <^rir des exemples.
16. Sur la fin du même jour, Pom* pée eniroja secvètemeni donner ordre aux assises d'incendier pendant la nuit les tours et les retranchemens, et de Eure une sortie ters minuit. En dTet, après nous avoir accablés d'une grêle de traits et de feux , et avoir réduit en oendres une grande partie de la mu« faille, ils ouvrirent la porte qui con* dnisait au camp de Pompée, et sortirent tons en armes, portant des fascines pour combler nos fossés, et des crocs de fer pour abattre et brûler les tentes de paille dont s'étaient servis nos soldats afin de s'abriter contre le froid, ils portèrent aussi avec eux de l'argent et des habits pour répandre l'un et l'autre , tomber sur nous, lorsque nous serions occupés au pillage , et se sauver ensuite an camp ennemi. Dans l'espoir qu'ils léussiraieni. Pompée se tint pendant toute la nuit en bataille au<^elà du fleuve de Guadajos. Bien que les nôtres eussem essuyé une auaque inattendue, cependant soutenus de leur courage , ils repoussent les ennemis, les contrai-
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gnent de rentrer dans la vffle , en blessent plusieurs, s'emparent de leurs ar^ mes et des eCEets qu'ils avaient apportés , et font quelques prisonniers qu'ils massacrent le lendemain. Dans le même temps, un déserteur vemnt de la ville nous apprit que lunius, sorti d'ttne mine où il était, après le massacre des habitans, s'éuit écrié qu'on avait commis un crime aAreux; que ces infortunés ne méritaient nullement un trai* tement pareil , eux qui les avaient reçus dans leurs foyers et jusqu'au pied des autels; qu'on avait violé le droit sacré de l'hospitalité à leur égard ; qu'il avait ajouté beaucoup d'autres reproches, et que les assassins effrayés de ses discours avaient cessé le massacre.
17. Le lendemain, Tullius et Gaton, Portugais, vinrent trouver César de la part delà garnison; alors le premier prenant la parole : c Que n'a-t-il plu aux dieux immortels, lui dit-il, que j'eusse plutôt servi sous toi que sous Pompée, et qu'il m'eût été permis d'éprouver mon courage et ma constance en triomphant à ta suite au lieu de partager sa disgrâce ! puisque ses funestes louanges n'ont eu pour tout résultat que de contraindre de malheureux citoyens romains sans secours , à se rendre comme ennemis, après avoir été témoins de la ruine déplorable de leur patrie : puisque nous avons subi toutes les calamités de sa défaite sans avoir participé aux avantages de ses premiers succès , lassés d'être sans cesse en butte aux attaques de tes légions, de nous voir nuit et jour exposés au glaive et aux traits de tes soldats : soumis et vaincus par ta valeur, abandonnés de Pompée , nous avons recours à ta clémence. Cette grâce que tu as faite à tant de peuples, daigne l'accorder & des citoyens supplians. — Tel je me suit montré à l'^rd des nations étrangères^
HfATlUS.
fânmid légère, où il ne gagnait que seize as par jour.
âS. Dans la suiie César rapprocha plus encore son camp de celui des ennemis, e( flt tirer une ligne jusqu'à la ftYÎère de Guadajos. Nos troupes étaient occupées à cet ouvrage, lorsque les ennemis vinrent les atlaquer des hauteurs ; et comme les nôtres ne voulaient point quitter leurs travaux , ils les accablerait de traits du poste élevé qu'ils occupaient , et en blessèrent plusieurs.
Là, suivant Texpression d'Ennius, nous fûmes contraints de plier ; et comme nous nous aperçûmes que contre notre usage nous n'étions pas en état de tenir tète, deux centurions de la cinquième légion , ayant traversé le fleuve , rétablirent le combat par leur courage , malgré la supériorité des ennemis. Un des deux succomba sous une grêle de traits qu'on leur lançait des hauteurs ; l'autre s'éfant mis en devoir de résister eeul» et se voyant investi de toutes parts> voulut battre en retraite, mais il ût un faux pas et tomba. Au moment de sa chnie > les raoemis accourent en foule autour de lui : de leur côté nos cavaliers passent la rivière et- poussent nos adversaires jusque dans leuis letranchemens; mais les ayant poursuivis trop loin et avec une trop grande ardeur , ils furent enveloppés par la cavalerie et rinfiinterie l^ère; de sorte que s'ils n'eussent fait des prodiges de valeur, ils étaient tous pris : car les fortifications les resserraient si étroitement, que faute de terrain, à peine pouvaient-ils exécuter leurs manœuvres. Nous eûmes plusieurs soldats blessés dans ces deux actions , entre autres , Glodtus Aquitius : mais nous n'y perdîmes que les deux centurions dont on a parK , et que lamour de la gloire emporta trop avant.
S4. lie lendemain, les deux armées
se rencontrèrent près de Soricaria. Hos troupes commencèrent à se retrancher.
Pompée se voyant interdire iacomma* nication avec le fort d'Espéjo, éloigné de cinq milles de Lucubi , fut oontraiat d'en venir à une bataille; mais loin de se laisser atlaquer en plaine, de la petite éminence où il était campé, il voa* lut se saisir d'un poste plus életé, ee qui l'obligeait nécessairement de passer par un endroit désavantageux. Ce des»
sein ayant fait prendre aux deux cheft la route de cette hauteur pour s'en rendre maîtres, les ennemis furent préve^ nus par les nôtres qui les chassèrent de la plaine, ce qui nous donna on grand avantage : car ceux de Pompée fuyant de toutes parts , nous en fîmes un ca^ nage aifreux. Ce fut h montagne et non la valeur qui les sauva ; et malgré leur position favorable, si la nnît ne fût survenue, nos gens , bien qae très-infi^ieurs en nombre, les eussent entièrement débits. Les nôtres tuèrent trois cent vingt-quatre soldats de kar infanterie l^re, et cent trente-huit légionnaires, sans compter ceux dont ils recueillirent les armes et les dépouilles. Ainsi fut vengée avec usure aux dépens de l'ennemi la mort de nos deax eeaturions qui avak eu lieu le jour précédent.
25. Le lendemain, les troupes de Pompée s'étant rendue, suivant leur coutume, dans le même endroit , furent fidèles à leur premier plan : car, i l'exception de leur cavalerie , personne n'osait paraître en plaine. Tandis qae les nôtres s'occupaient des travaux de camp, les cavaliers ennemis commencèrent à escarmoudier ; et leurs liions» poussant à la fois de grands cris, nous défiaient au combat , de sorte qu'on ta croyait disposées à engager l'aciien. I^ soldats de César sortirent donc d'un grand vallon assez bas, et s'airélèreit
GUSRftB D*ESPÀGNE.
en phine du» un lemin uni ; mais oui eaoemî n*08t s'a^uicer , excepté un oeruin Antislins Turpion, qui , comptant sur ses forces» s'imagina qu'aucun de nous ne pourrait lui résister. Là , comme disent les poètes » on vit se re- DOOTder la lutte d'Achille et de Hem« non : car Q. Pompéius Niger, chevalier romain d'Alcala , sortit de nos rangs pour le combattre. L'air martial et imposant d'Anlistius avait attiré les refuéi de toutes les troupes qui abandonnèrent de suite les travaux pour être spectatrices de ce combat. La vicimie semblait douteuse entre deux guerriers si redoutables; et l'on eût dit qne la décision de la guerre dépendait da triomphe de l'un ou de l'autre.
Ainsi les deux partis désirant avec la même ardeur voir leur champion remporter les honneurs du combat , les nos et les autres attendaient l'événement dans une égale impatience. Ils en vinrent donc aux mains avec le plus grand courage » couverts d'une armure également brillante et d'un travail admirable; et certes leur combat aurait été bientôt terminé, si, comme nous l'avons dit, l'infanterie légère de Pompée ne s'était postée assez proche de notre camp, aGn de pouvoir soutenir ta cavalerie....
( Il uan^ac icâ quelque ^oie an texte.)
Cependant la nôtre, se retirant et reprenant le chemin du camp , fut vivement poursuivie; mais nos soldats, se réunissant, chargent leurs adversaires avec de grands cris, les mettent en fuite, et les forcent .de regngner leur camp après ane perte considérable.
S6. César, en récompense de la valeur qa'il avait déployée en cette occasion, donna treize mille sesterces au oo^pe de cavalerie de Gassius, dix mille à l'inEanierie légère > et à Cassius cinq
colliers d'or. Ce même jour, A. Bébitts» G. Flavius et A. Trébellius, chevaliers romains de la ville de Xérez, vinrent se rendre à noire général avec un équî* page très-magniGque. On apprit d'eux que tous les chevaliers romains qui servaient sous Pompéeavaient conçu le projet de passer aussi dans son camp; mais que, sur la dénonciation d'un esclave , on s'éUiit assuré de leurs personnes , et qu'eux-mêmes ayant trouvé une occasion favorable» ils en avaient profité pour s'enfbir. Le même jour, on intercepta des lettres qu'écrivait Pompée à Osone; voici leur contenu : « Si vous vous portez bien, j'en suis charmé; quant à moi , je suis aussi en bonne santé. Quoique nous ayons eu jusqu'à présent le bonheur de repousser l'ennemi , cependant je terminerais la guerre plus tôt encore que vous ne pensez , s'il voulait en venir aux mains en plaine; mais il n'ose exposer aux risques d'une bataille des troupes composées de nouveaux soldats; et à la faveur de nos forts il prolonge la campagne. Il tient toutes les villes assi^ées, et c'est delà qu'il tire des vivres. J'apporte donc tous mes soins à conserver celles de notre parti; et au premier jour je mettrai fin à la guerre. J'ai dessein de vous envoyer quelques cohortes.
Il est certain qu'en ôtant à l'ennemi la ressource de nos vivres , nous le forcerons malgré lui d'en venir à un combat. »
27. Dans la suite, les nôtres étant occupés aux travaux sans garder beaucoup d'ordre, les ennemis nous tuèrent quelques cavaliers dans un plant d'oliviers où ils faisaient du bois. Plusieura esclaves transfuges rapportèrent que»
depuis l'action qui avait eu lieu proche de Soricia, le 5 mars, les ennemis étaient dans une crainte continuelle , et qu'Atlius Varus veillait sans cesse â
la girde de leurs forls. Le mèipç jour Pon^pée décampa , ec vint se poster près de Séville^ dans un bois d'oliviers; et avani que César eût pria la même route , la lune se montra vers midi. De là , Pompée ayant marché vers Lucubi donna ordre à ses troupes» en quittant cette place, d'y mettre le feu, et de se retirer ensuite dans leur grand camp. César ayant ensuite attaqué la ville de Ventispont , et Tayant forcée de se rendre , marcha vers Carruca > et prit ses positions en face de Pompée. Ce dernier brûla cette ville, parce qu'elle avait refusé de lui ouvrir ses portes.
En môme temps, un soldat qui avait ^oigé son frère dans le camp fu^ découvert par les nôtres qui le tuèrent à coups de bâton. De là. César continuant sa route arrive dans la plaine de Hunda, et campe vis-à-vis de Pompée.
28. Le jour suivant , comme il se disposait à partir avec ses troupes, ses coureurs vinrent lui dire que Pompée était en bataille depuis minuit. A cette nouvelle, il donne le signal du combat, pompée ne s'était hasardé à faire cette démarche que parce que , peu de temps auparavant, il avait mandéà ceux d'OssoQ^ qui étaient dans ses intérêts , que César refusait la bataille, vu la faiblesse des nouvelles levées qui formaient ses troupes. Ces lettres redoublaient en faveur de sa cause les bonnes dispositions des habiuins. Ainsi, dans l'opiqioi) avanugeuse qu'il avait d'eux, il se croyait en état de tout entreprendre, car il se trouvait défendu et par la nature du lieu où était son camp, et par les fortifications de la place. En effet, nous l'avons dit , toute cette contrée est fort montueuse, et par là même excellente pour la défense. Aucune plaine ne sépare les hauieui*s.
29, Je ne crois pas devoir passer sous
silepce ce qu) eut lieu ^n ç^e ^floaiioii. Entre le^ deux (a^mp^, se \fmni\ uai plaine d'environ cinq mill» d'étendMf»
située de manière que le camp 4e V^nemi était égalemepi protigé par U V¥ ture du terrain, et par la position é|^ vée de la ville. Du pied de ce camp,bi plaine commençait à s'étendre, et ^ d'abord tr;iversée par un ruisseau «Kl rendait l'apgroche du ceinp fort dittcile, parce que, sur la droite, il fofouûl un marais plein de gouflres. Voyant l'armée ennemie rangée en betatika César ne douta point qu'elle ne s'ava») çât jusqu^ai^ milieu de la plaine pour en venir aux mains. Les deux piirtii étaient en présence : la plaine offai^ un terrain très-propre aux évolufioBS de cavalerie; et le jour était si beaiuçl si serein , qu'il semblait que les dieui immortels l'eussent préparé d'avaçice pour éclairer une bataille. Les nôtm s'en applaudissaient ; plusieurs nétnr moins éprouvaient quelque inquiétud<v quand ils faisaient réflexion qu'ils e|A étaient enfin venus au point que, df^as une heure, le hasard allait décider d# leurs biens et de leur vie. Nos troiipes marchèrent donc au combat , pe^Uf^* dées que l'ennemi suivrait leur exei|^ pie. Hais il n'osa jamais s'éloigne^ (h^ plus d'un mille de la ville et de ses nu^ railles , à l'abri desquelles il avait ré* solu de combattre. Noos oontinuftmss donc d'aller en avant ; et hieg que )'v vanuge du terrain invitât quelqitef(M| nos adversaires à en profiler potff lairn cher à la victoire, cependant ik f^ sistèreni constamment dan« ^ur des* sein de ne point abandonner leuq hauteurs, et de ne point s'éloigiier de| murs de la place. Nos soldats s'éiant approchés lentement 4es bords du ruifti seau, les ennemis ne cessère^^ de dé*, fendre ce poste défavorable.