Leur artnée se compvsa^ de
GUEBRE l>'liSI*A6f«E.
(r«ife légions » couiieries siur les aijes j par la cavalerie, et par six mille hom* me» d'inEaaterie l^|ère. Leurs iroupes auxiliaires montaient à peu près au nême nombre. Nous n'avions que quaue* vingts cohortes de fantassins et huit mille chevaux. Quand nous approchâmes de l'extrcmilé de la plaine, vecs un endroit fort désavantageux, renoemi se tenait tout prêt à nous charger des hauteurs, de sorte qu'il eût élé fort dangereux d'y passer. César qui s'en aperçut ne voulut pos que NI Iroupes fussent exposées par s« bute, et leur fixa le point jusqu'où elles pouvaient avancer. Quand elles eurent entendu cet ordre, elles en maairesièreni leur ressentiment, se plaignant qu'on leur arrach&t des mains la victoire. Ce relard redoublait l'ardeur des ennemis : ils crurent que nous redoutions d'en venir aux mains avec eux. S'avançant donc fièrement, ils s'engagèrent dans un poste désavantageux, dont nous ne pouvions cependant approcher sans un péril extrême.
U dixième légion était à l'aile droite , suivant l'ordre accoutumé; la troisième et la cinquicnoe à la goucbe, avec les troupes auxiliaires et les cavaliers. Enfin on en vint aux maint avec de grands cris.
51. Bien que les nôtres l'empor* lussent en conrage, néanmoins l'enasmi se défendait très-bien de sa bau* teur ; on poussait de part et d Wre des dis prolongés, et les traits volaient qiaiemeni des deux c6tés : de sorte que les nôtres désespéraient pour ainsi dire de la victoire; car l'attaqne ei les cris qui servant surtout à épou** lanter Teimemi se répondaient mu« luellemeiit dans cette circonstance.
Cependant quoique la bravoure parût ^e, grand nombre d'emiemis furent d'abord percés dw coup^ d« nos pi«*
iMin. Vous avons dit que la dixième légion était ù Taile droite; et biev qu'elle fût peu nombreuse, elle se ren* dait fort redoutable par son courage, et pressa si vivement les ennemis d^ son côté, que pour se soutenir et n'ètra pas pris en flanc , ils furent eonirainis de faire passer une I(^ion à leur aik drqite. A i»eine eut-on exteutécemouvement, que nos cavaliers se mirent à charger l'aile gauche ennemie; et les deux armées se mêlèrent avec tanl de valeur, qu'il était impossible de Wut donner aucun secours. Là le cliquetis des armes, s'unissant aux cris et aux gémissemens des mourans, remplis* sait d'effroi le cœur des soldais noyices ; et , comme le dit Ennius, on se baltoil pied contre pied, et le glaive serrait la glaive. Enfin, quoique les ennemia combattissent avec une extrême vi« gueur,'les noires commencèrent à les pousser, et les forcèrent de se réfugier sous les murs de la ville. Ainsi le propre jour de la fête de Bacchus , les parti<« sans de Pompée battus et rois en fuite eussent tous été passés au fil de l'épée , s'ils n'avaient cherché un asile d^s^ le même lieu d'où ils étaient sortis* L'ennemi perdit au moins trente milki hommes, outre Labiénus ei Aitius Varuf . auxquels on fit des obsèques: il e^ aussi à regretter trois mille cbcvalieni romains , tant d'Italie que de la pro<* vince. Nous y eûmes n^ille «loru, oti valiers ou fantassins , et environ ciii^ oents blessés. Nous gagntees iraiza ai<> gles , les enseignes , les faisceaux, Dii^ sept de leurs principaux lieulenans furent de plus faits prisonniers. Telle fui l'issue de cette bataille.
33, Les débris de l'armée vabmm s'étant réfugiés dans Hunda pour s'y défendre. César fol contmint de faira le siège de cette ville* Lorsqu'on en forma la circonvallationi les armes el
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les cadavres des ennemis tinrent lieu de gazon : la palissade fut composée de leurs javelots et de leurs dards, où paraissaient suspendus leurs boucliers; au-dessus s'élevaient leurs épées et leurs lances; les tètes de leurs morts comme rangées en ordre étaient tournées toutes vers la place. Ce fut de ces marques redoutables de notre bravoure, preuves éclatantes et bien propres à inspirer la terreur, que Ton environna la ville et les ennemis. Ainsi les Gaulois procèdent à Tallaque d'une place forte, après l'avoir comme investie des cadavres de leurs adversaires qu'ils entremêlent de piques et de traits. Apres cette défaite, le jeune Valérius, fuyant à Gordoue avec quelque cavalerie, informa de l'événement Sext. Pompée qui était dans la ville. Sur cette nouvelle, celui^i , distribuant entre ses cavaliers tout l'argent qu'il pouvait avoir, sort de la place vers neuf heures de l'après-midi , après avoir fait entendre aux habtlans qu*il allait trouver César pour traiter de la paix. Quant à Gnéius, suivi d'une poignée de cavaliers et de fantassins, il prit , pour aller joindre sa flotte , le chemin de Tariffe, ville distante de Gordoued'environ cinquante-sept lieues; et lorsqu'il n'en fut plus qu'à trois, P. Galviiius, son ancien lieutenant, éctiyii en son nom qu'on lui envoyât une litière pour le porter dans la ville, parce qu'il était malade. Sur la réception de cette lettre , Pompée fut transporté à Tariffe. Ses partisans vinrent aussitôt (on pense que ce fut en secret) le trouver dans la maison où il était descendu , a6n de prendre ses ordres relativement à la guerre ; et les voyant féunîs en grand nombre auprès de sa personne, sans sortir de litière, il se met sous leur protection.
59. Après la victoire de Munda , César, ayant formé le blocus de cette
ville, se rendit à Gordoue; ceux qui étaient échappés de la défaite s'y emparèrent du pont. Quand nous y fûmes arrivés , ih commencèrent leurs bra« vades , nous criant que nous n'étions qu'une poignée de fuyards, et noas demandant où nous voulions nous réfugier. En même tempe, ib nous attaquèrent au passage du pont. César tmverse le fleuve et campe devant la ville. Là, s'était retiré après la bataille Scapula, leprincipal auteur du soulèvement des aflranchis et des esclaves ; s'y voyant assiégé, il les assembla tous, se fit élever un bûcher, et dresser une table magnifique; ayant soin que la salle da festin fût décorée des plus richo tapis de pourpre ; puis, après avoir distribué sa vaisselle et son ai|;ent à ses domestiques, il soupa de bonne heure, but .du vin mêlé de nard et de résine : ensuite , sur la fin du repas, il se fit tuer par un de ses esclaves , tandis qu'un affranchi , qui servait à ses débauches i allumait le bûcher suivant son ordre.
34. A peine César eut-il pris ses positions devant la ville, que la discorde en vint à un tel point entre les habi* tans, dont les uns tenaient pour nous, les autres pour Pompée, qu'on les entendait presque de notre camp. Durant ces troubles, vinrent se rendre à César quelques liions qui se trouvaient dans la place, et composées pour la plupart de fugitifs , et des esclaves des habitans de la ville, qu'avait affranchis Sext.
Pompée. Mais la treizième légion se mit en devoir de défendre Gordoue , et, malgré les partisans de César, elle s'empara des murailles et d'une partie des tours. Ceux-ci députent une seconde fois vers César, pour le prier de faire entrer ses légions à leur secours. Ceux qui s'étaient sauvés de k bataille , voyant cette résolution, mirent le feu à la ville : le^ nôtres y pénètrent, char-
CUBRRC I> ISPAGME.
gaa cet incendiaîres» les taillent en
pièces, et leor tuent vingt •deux mille hommes » sans compter œux qui fu- KDt massacrés hors des remparts. Ainsi César demenra maître de la place.
Pendant le séjour qu'il y fit» ceux qui , apiès la déroute, s'étaient réfugiés dans Monda, comme on l'a tu, et que nous y avions enfermés, firent une sortie, oà furent tués plusieurs d'entré eux; (NU repoussa le reste dans la ville.
S6. De là César maicfae sur Séville, qai de suite lui envoie des députés pour le fléchir. Il leur promit de conserver la ville; et dans cette intention y fit entrer Canittius, son lieutenant, avec des troupes : pour lui , il campa hois de ses murs. 11 y avait dans la place ime forte garnison des troupes de Pompée, qui , pleines d'indignation que l'on y eût introduit celles de César, dépêchèrent à leur insu et fort secrètement lu certain Philon, ardent partisan de Pompée, et très-connu en Portugal, ven Gédlius Niger, surnommé le Bar* bsie, qui campait à Lénium avec une troupe nombreuse de Portugais. De mour, Philon fut reçu dans la ville pendant la nuit; il y entra par escalade, ^rgea les sentinelles et la garnison de César, fit fermer les portes , et commença de nouveau à se mettre en défense.
S6. Sur ces entrefaites, des députés de Tariffe vinreni apprendre i César qu'ib étaient maîtres de la personne de Pompée, espérant par ce service réparer la faute qu!ils avaient faite auparavant de lui fermer leurs portes. Cependant les, Portugais entrés dans Séville continuaient à s'y défendre; et César craignant que s'il faisait donner un assaut à la place , de tels scélérats n'y missent le feu et n'en détruisissent les murailles, résolut de les laisser sortir pendant la nuit; ce qu'ils
crurent pouvoir exécuter à son insu.
En sortant, ils brûlent les vaisseaux qui étaient sur le Guadalquivir, et prennent la fuite tandis que nous étions occupés à éteindre l'incendie; mais noi cavaliers les atteignent et les taillent en pièces. Ensuite César, ayant repris Séville, marcha sur Xérez, qui lui en»
voya des députés pour se soumettre.
Dans le même temps , ceux qui après la la bataille s'étaient retirés à Munda, fatigués de la longueur du siège, sa rendirent pour la plupart ; et l'on en forma une légion. Ensuite ils compli>tèrent , entre eux et les assises , de tomber la nuit, à un ceruin signal, sur nos soldats qui étaient dans le camp, tandis que ceux de la ville fe»
raient une sortie. Leur trahison découverte, la nuit suivante vers minuit»
au mot dont on était convenu , ils fu» rent tous conduits hors des retrancha mens, et passés au fil de Tépée.
37. Pendant que César éuit occupé à soumettre sur son passage le reste des villes de la province , il s'éleva dans Tariffe une émeute au sujet de Pompée entre ceux qui avaient député vers nous et les personnes du parti contraire. Au milieu du feu de la sédition, les derniers se saisissent des portes, et font un grand carnage des autres. Blessé lui* même. Pompée gagne ses vaisseaux , et s'enfuit avec trente galères. Instruit de sa fuite , Didius , qui commandait notre flotte devant Cadix, se mit aus»
sitôt à le poursuivre : en même temps il répandit des cavaliers et des fantassins sur le rivage , pour qu'il ne pût lui échapper. Dans son départ précipité de Tariffe, Pompée n'avait pas eu le temps de se pourvoir d'eau : aussi lut-il contraint , après quatre jours de navi« galion, de relâcher sur la cûte pour s'en procurer ; et Didius qui le suivait , l'ayant atieîiu dans ces circonstances ^
810 IIIRTIUS.
M pih quelque vaisseaux et brûla le rewe.
38; Pompée prit la fuite, suivi d'un petit nombre des siens , et se rendit d'abord maître d'un poste rortifié par M situation ; mais averties par les coureurs, notre cavalerie et nos cohortes éiivoyées à sa poursuite marchèrent nuit et Jour pour le joindre. Il était grièlrement blessé à Tépaule et à la jambe gauche : il s'était de plus donné une entorse, qui le relardait encore; de sorte qu'en quittant la tour où il s'était réfugié , il fut réduit à se faire |K)rter en litière. Un Portugais qui marchait devant, selon l'usage militaire, l'ayant fait reconnaître , elle est de suite environnée de nos cohortes et do notre cavalerie. Se voyant découvert par la fiAUie des siens. Pompée regagne au pïu^ tite le poste avantageux qu'il avait dccupl& d'abord ; mais bien qu'il fût d'un difficile accès, et que, vu Tavanfage du terrain , on pût aisétnent le défetldre contre des troupes plus nom* breuses , les nôtres ne balancèrent point ft l'attaquer. Repoussées d'abord à coups éè traits, elles battirent en retraite; ce qui^ en redoublant l'ardeur de l'ennemi dans sa poursuite^ rendait les approdiès du fort plus difficiles. L'obstacle se renouvelant , malgré la conitinuité de letiiiiB manœuvres , les nôtres reconnurent qu'ils ne pouvaient forcer les tflinetts qu'en s'exposant aux plus gnmds^périis; ils se déterminèrent donc à les assiéger en forme. Cette résolution prtee> ils élèvent en très-peu de temps et avec une grande activité sur la pente de la colline une terrasse d'une hauteur capable de les mettre à même d'en venir aux mains avec les ennemis; eeox^ci s'en étant aperçus cherchent aussitôt leur salut dans la fuite.
39. Comme on Va vu , blessé dangefiHtSfm^nt, et de plus ayani le pîod
foulé. Pompée n'était pas en état de fuir bien vite. La nature du terrain ne lui permettait de se servir ni du cheval ni de la litière pour se sauver : et nos troupes massacraient de toutes parts les siens débusqués de leur fort, et dépourvus de secours. Alors se réfugiant dans le vallon, il se cacha au fond d'une espèce de caverne creusée dans le roc, où nous n'aurions pu aisément le découvrir, si quelques prisonniers n'eussent décelé sa retraite. Il y fut tué. Le 12 avril. César étant I Cadix, sa tète fut portée dans Séville, et exposée aux regards du peuple.