‹ Bibliotheque militaireChapitre 80 sur 614 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

S*il faut lever les soldats dans la ville ou dans la campagne.

De qui doit*on attendre un meilleur service, ou du soldat levé dans la campagne , ou de celui que l'on prend dans les villes? Je ne crois pas qu'on ait ja* mais pu douter que les gens de la campagne ne soient plus propres à porter les armes. Us sont déjà faits aux injures de Tair, et nourris dans la peine, ils savent supporter les ardeurs du soleil, ne connaissent ni l'usage des bains , ni les délices de la ville. Dans la simplicité des mœurs qu'ils ont conservée»

umt est presque superflu pour eux ; en* durcis aux travaux les plus pénibles , ils sont dans l'habitude de manier le 1er» de creuser des fossés et de porter des fardeaux.

Cependant la nécessité oblige quelquefois de prendre des soldats dans les villes; alors > dés qu'ils sont en^ylis, il faut les accoutumer à travailler aux camps» k marcher en troupe» à se contenter d'une nourriture frugale et gros»

sitre^ à porter des SirdeauX; à fie paîm

uv. I.

craindre le soleil ni la poussière tapisser les nuits, tantôt sous les tentes, tantôt à découvert. Après cette premîèie préparation , on leur montrera le ma^ niement des armes; et si Ton prévoit qu'on puisse en avoir besoin pour une longue expédition, il Eiudra les tenir le plus long-temps qu'on pourra dans les camps où , éloignés des débauches de la ville, ils puissent se former le corps par cette vie militaire » et prendre l'esprit de leur état.

Je sais bien que , dans les premiers temps de la république , c'est toujours dans Rome que se levèrent les armées; mais on ne pouvait pas s'amollir dans une ville où l'on ne connaissait ni luxe, ni plaisirs. Lbl jeunesse, après la fatigae de la course et d'autres exercices , allait nager dans le Tibre et y laver sa sueur : on n'avait point imaginé d'autres bains. Le guerrier et le laboureur étaient alors le même, qui ne faisait que chai^^, dans l'occasion , ses outils contre des armes. C'est un fait connu qu'on alla chercher Quinlius Cincinnatusà laehai^ rue, pour lui offrir la dictature. Les armées doivent donc être principale* ment recrutées des gens de la campa^^ gne, et l'on doit plus compter sur leur courage ; en effet , ceux qui ont moins goûté les douceurs de la vie ont moias sujet de craindre la mort.

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