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AVANT-PROPOS

La littérature musicale prend tous les jours une plus grande extension. Au^iècle dernier principalement, elle était dans toute sa splendeur; malheureusement, la révolution française vint paralyser les efTorts de tous ceux qui s'en étaient occupés jusque là. Longtemps après, en France: Fétis, Choron, Farrenc, Castil-Blaze, FayoUe, Savart, etc., reprirent la tâche de leurs prédécesseurs, et de nombreuses publications d'un intérêt incontestable, introduisirent peu à peu le goût de la littérature et de la biographie musicales.

Avant eux, Martin Mersenne, Delaunaye, Amiot, La Harpe, Desprez de Boissy, Marmontel, Rameau, J. J. Rousseau, Geoffroy, Bachaumont, S. de Brossard, Amar, P. Roussier, Suard et beaucoup d'autres, ont laissé sur la matière des écrits, qu'on consulte encore aujourd'hui*

Nous le constatons avec plaisir : bon nombre de musiciens et d'amateurs zélés se dévouent à la musicologie; leurs recherches înce»* santés et leurs connaissances solides rendent grands services.

Une note publiée par M. De Lajarte, à l'occasion de son catalogue de la bibliothèque de l'Opéra, sera facile à rectifier.

" La musicologie, dit-il, est à peine née ; cette science qui tient à la fois de l'histoire littéraire et de l'art musical proprement dit, date du commencement de ce siècle. Avant Choron et Fayolle etc., la muâque n'avait véritablement pas eu d'historiens. „

La littérature musicale a été à certaines époques très-prospère et on a vu paraître des ouvrages autrement importants que ceux publiés de nos jours.

Nous allons en citer quelques uns :

Musurgia universalisa sive ars magna consoni et dissoni in X libros digesta, etc. (Musurgie universelle ou le grand art des conson-

nances et des dissonances traité en X livres, etc.), par Athanase Kircher, publiée à Rome en 1650, en deux gros volumes grand in-folio, avec une quantité de planches.

Il traite de la musique, du plain-chant, des instruments etc.

Der volkommene kapellmeister, (le maître de chapelle complet), ouvrage in-folio, qui embrasse les principales questions de la musique. 1739, par Mattheson.

Allgemeine Geschichte der Musik, (Histoire générale de la musique), par J. Forkel. 1798. En deux gros volumes. Livre illustré d un grand nombre de planches et de compositions anciennes.

Dictionnaireportatif des théâtres, etc. Contenant les particularités intéressantes de la vie des acteurs, musiciens et auteurs ; avec le catalogue de leurs ouvrages, et Vexposé de leurs talents, 1754.

Recherches sur les théâtres de France, depuis onze cent soixante et un jusque 1735. En trois volumes.

Cet ouvrage, qui contient une foule de faits historiques concemans^ l'opéra, donne de plus des tables chronologiques et alphabétiques d^ pièces et des auteurs. ^

Dans le livre historique et critique de Marpurg, publié, en l'j^ Berlin, nous trouvons une liste chronologique des opéras repr^^ \ à Paris, de 1645 à 1761, ainsi que des notices biographiques dV . ^^ musiciens français. ^^

N oublions pas le Lexicon de J. S. Walther, contenant 1500 notices biographiques concernant des musiciens, volur^ ^^ ^ pages, publié à Leipzig, en 1732, et celui deGerber, en quatc^ ^ ^59 publié en 1792. ^ ^^^"nies,

Histoire de la musique depuis son origine, etc., pacvv d ouvrage en 4 volumes, publié à Francfort, en 1743. ^^^ueiot.

Après avoir pris connaissance des nombreux ouvra^w siècle dernier, on ne viendra plus nous dire que la nv\ . ^ P^'f^^iés au peine née et qu'elle date seulement du commencement , ^^^%ie est à

Grâce à une heureuse découverte, notre volume ^ ^^^^^ck, grammes des concerts donnés à Paris de 1725 à 18x4 • 0 ^^^ '^^ ^^^' bien des musiciens oubliés à côté d œuvres ignorées a ^^^^^^^^T3i

Edouard

GRBoom

L'Opéra Fla/iIANd.

L*opéra flamand n'a pas été fondé ces dernières années, comme certains organes le prétendent; déjà au siècle dernier on représentait, en Belgique et en Hollande, des traductions d'opéras français.

Jacques Neyts (i), né à Bruges en 1727, artiste-lyr!que et directeur de théâtre, composa une troupe de comédie, de vaudeville et d'opéra, qui donna des représentations flamandes à l^ruxelles, à Anvers, à Gand, à Bruges, à Amsterdam et dans d autres localités des Flandres.

Dans un vieux document de la ville d'Anvers qui nous est confié , nous trouvons :

" 1758. Mars. Reçu de 13 représentations de comédie flamande de J. Neyts. „ Flor. 232. „

" 1771. Reçu de J. Neyts pour une représentation flamande.

„ Flor. 13-15. „ " 1776. Reçu de 10 représentations du sieur Neyts.

„ Flor. 184. „

En 1772 , le même Neyts organisa des représentations flamandes à Amsterdam , et le théâtre même fut la proie des flammes , le n mai 1772 , lorsque Ton représenta : De ktoalijh hewaarde dochter et De Déserteur, musique de Monsigny.

Voici maintenant quelques titres de pièces montées par le susdit Neyts à Amsterdam :

(1) Neyts, dont le véritable nom était Cary, décéda à Boulogne-sur-Mer, le 8 juillet 1794. Déjà en 1754, il avait formé une troupe de comédie et entrepris des voyages en Belgique et en Hollande.

Son frère François en était le chef- d'orchestre, et c'est lui qui arrangea pour la scène flamande le répertoire de 1 opéra français.

De ttoee Gierigaards, (les Deux Avares, de Grétry) ; het gemist achterdenken, (le Jaloux corrigé); Don Quichotte ; Den waarzeggeir van het dorp, (le Devin de village) ; Den mttsykmeester, (le Maître de musique); Den soldaat tooveraar, (le Soldat magicien); Lucile ; Zemire et Azov, (avec ballet); de sprekende schilderij, (le tableau parlant, de Grétry); Rose et Colas; Detweejagers en het melh* inei^e ; Teunis en Teuntje ; De vermakelijke vrouw ; De hedrogen bakker ; De hurgerlijke edeîman ; De gewaande tooverij ; Clementina ; Fan fan en Klaas ; etc., etc.

Parmi les artistes de cette troupe qui brillaient au premier rang , citons M"® Isabelle Stasinou, douée d une jolie voix et qui naquit à Bruges vers 1730. Elle épousa plus tard M. J. Neyts.

Pendant 1 été de 1768 le théâtre d'Amsterdam reçut la visite de la famille royale. On dressa une loge exprès. Pendant cette saison la troupe d'opéra et de comédie de J. T. Neyts, devait donner une série de représentations. Le 13 Juin ce fut la représentation d'ouverture.

Le 7 mai 1772, on fit l'ouverture du théâtre, et le 9 mai Neyts, avec l'autorisation des Magistrats, représenta : De tioee Gierigaards^ {les deux avares^ de Grétry), et Annette et Lubin, du chevalier La Borde.

Le nouveau théâtre fut inauguré en présence des Magistrats de la ville, le 15 septembre 1774.(1) Deux nouvelles pièces, de Inwijding van den Amsteldamschen Schouwhurg, musique de Bart. Ruloffs, chef d'on.hestre, et Jacob Simonszoon de Rijh^ tragédie de Lucrèce * W. Van Winter, née Van Merken, y furent représentées.

Parmi les chanteuses attachées à ce théâtre en 1774 , signalons M"® Huurman, dont on vantait la jolie voix.

Vers 1760 déjà, Neyts avait formé une troupe de comédie, de vaudeville et d'opéra, car dans les archives de la Société Ste. Cecilia d'Arnhem, on trouve que l'on paya en 1761, à la troupe flamande de Neyts, une certaine somme.

Le 4 mars 1763, une demoiselle Neyts, probablement sœur du directeur, donna un concert à Arnhem, dont l'entrée était fixée à fl.i-5o.

Voici les noms des artistes qui jouèrent dans les deux pièces originales, représentées le 15 septembre 1774 :

(i)Eq 1682, Amsterdam possédait une troupe italienne, dirigée par Théodore Strjker, qui donnait ses représentations à la salle d armes.

Apollo, A. W. Hîlverdîng; dichtkunst, J Gyben; verauft, H. Angemeer; oordeel, S. K

Les personnages chantants et dansants éta Zangkunst, Juffr. Huurman, voor zang \ dans; oefening, J. Bouhon, de vader, id,; ver uîtspanning, J. Bouhon, de zoon, id,; vindin^ Van Zanten, id.; leerzaamheid, Juffr. M. Hess danskunst, Juffr. E. Bouvelli , id,; vrolijkhe dochter, voor zang en dans ; gevolg van zaï

Dans la tragédie, Jacob Simonszoon de R comme suit :

Don Louis de Requesens, A. Van Maerlen C. Passé; Donna Elvire de Moncada, Jul Gyben; Don Francisco de Bovadilla, H. An Augulo, S. Knuem; Jacob Siinonszoon de ! Margaretha Hooft, Juffr. de Wed. Zeims, ge Nicolaasz. Hooft, J. De Waal ; Alfonzo, I C. F. lîartholomei ; Spaansche bevelhebbers

Voici des vers flamands publiés à cette ép< théâtre :

Hier heeft de Kunst in prent verbazen Hoe *t woedend vuur ontvlamt, met vree Daar 's Amstels Schouwtooneel in brand

En \ spelende vermaak, een bittre droe Hoe dreunt de schoone burgt van zuchte

Waarheen men 't oog ook wende, is ni

Afgrijslijk treurspel! Ach! rampzalig o:

De aanschouwer beeft, alsof de dood hen

Het vuur loopt middlerwijle al voort r Reeds schijnt een Etna zelf een gloênde Men ziet dien van 'ttooneel door'tdak c

Nu zoekt vast ieder 't lijf te bergen uit Maar ach! hier zijn ook, ter vermeerderi

Al te ongelukkigen ; zij vinden hier hi

Hij , die zijn vriend nog zoekt te redd Wordt nevens hem verplet, of stikt door i

AVienshart ontrcert nict op het zien van dit tafreel, At h! had verbaasdhcid hier den ramp niet doen verzwaaren; Vccllit ht had ieilcr nog zijn leven kunnen sparen;

1 )ot h st huiven wij \ gordijn liefst voor dit treurtooneel.

Ziehoc 't vernielend \'uur, van woeden nimmer moê, Den Sihouwburg heeft gesloopt tôt zijne grondvest toe; Ach! wxir \ aan elk gelukt dien brand in tijds te ontvlurhten! Aihî had men cm 't verlies des Schouwburgs slechts te zuchtenî Aanîiv honwer treur, ja treur als ge op deez' puinhoop ziet ; Ncvh hen, d:e oni veniiaak, betraden zijnen drempel. *X Vcric^^enj x^inir onu-iet geen' godgewijden Tempel : \!juit, irjLLT \ ;".;n voei^eî vind*. haasî ailes lotgemeen. r^ r'«î vrrc-ct;^ ':': >ii: în c.'v.rzaam nianiiersteen, r.:*: 1 L "t le rurj-i: relf *: geheii^çen nog l>ewaren ; ZfSi iTii ':T-r "- r^^r'jt: lij:: uw vooroordeeî varen.

Err r^if. :r: x "iru-r i Lierre "::e : :r. e nanian..e avec musique inti- T- tre : ^^ fJ:r*d Tvf.^»; r>^— x if j"»i d'jtcr en schiïdicacht^

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Cependant, en créant des cours de chant lyric^ue flamand dans nos Conservatoires et écoles de musique, et en se mettant sérieusement à Tœuvre, on finira par avoir des résultats satisfaisants. Il y a déjà eu des tentatives, couronnées de succès, à Bnixelles par l'ancienne troupe de M. Mulders, à Gand et à Anvers par le théâtre national.

Un grand élément manque ici comme dans la plupart des petits Etats. C*est: Les ressources et la protection si nécessaires pour faire face aux dépenses que réclame Vexécution cTun opéra monté convenablement.

Le Gouvernement, d accord avec les villes pourrait s'entendre pour former une scène nationale , où les mœurs du pays et le caractère de la nation seraient représentés. On pourrait s'entendre également avec nos auteurs dramatiques pour des pièces concernant des faits historiques de notre ancienne histoire nationale.

Il ne manque pas, aujourd'hui, de compositeurs en Belgique, car plusieurs ont donné des preuves de leur talent et de leur dévouement à la cause flamande.

Ce serait ouvrir une nouvelle carrière aux compositeurs et aux poètes dramatiques.

On se propose de jouer, l'année prochaine, au théâtre de l'Alhambra de Bruxelles l'opéra flamand, et S. M. le Roi, vient d'accorder un subside de 10,000 francs en faveur de Tart dramatique flamand.

Nous formons des vœux pour l'entière réussite de ce grand projet en faveur de l'art national.

Pièces Flamandes avec Musique,

Benoit (Pierre), à Anvers.

De Belgische Natie^ en 2 actes et 4 tableaux. Bruxelles, au théâtre du Parc, pendant les fêtes au mois de juillet du 25® anniversaire de Léopold P, par la société : De Volksbeschaving (1) (19 juillet 1856). C'est une revue historique dans laquelle chacune des neufs provinces se trouve représentée par un de ses hommes illustres. Il y a de beaux chœurs dans cette pièce.

Het dorp in Y géhergte, op. c. en 3 actes, paroles imitées de Kotzebue, joué par la troupe de M. Kats à Bruxelles, le 14 décembre 1856. L opéra fut joué par M"®® Nancy, Tenhage, Cassée, Bulens, et MM. Félix Van de Sande et De Jaeger.

Cette représentation avait attiré la foule.

Repris au théâtre du Cirque en 1865. Artistes principaux : M"® Paula, M. Vrydagh.

/sa, en 3 actes, paroles de Hiel, joué au même théâtre, le 24 février 1867.

Le poème a été imprimé à Anvers, chez J. Marchand.

Artistes principaux : M"® Paula, MM. Bârwolf, Ebinger, Saller, Van de Sande et Posch.

Le premier acte de cet opéra a été chanté à Anvers en 1868 aux examens de l'école de musique, par M*^®* Ledelier, Biemans, MM. Pot, Verdickt et De Visser.

Charlotte Corday^ mélodrame en 5 actes, d'après la traduction allemande, par Van de Ven, poésies de E. Hiel, joué à Anvers, au théâtre flamand, le 18 mars 1876.

A Bruxelles il a été joué une fois, au mois d'avril 1877, par la troupe flamande du Cirque.

(i) Dirigée par M. Kats.

Berlyn (Aron Wolff), mort à Amsterdam, le i8 janvier 1870.

Die Berghnappen, en 4 actes, poème allemand de KOrner, par J. Van Lennep, joué à Amsterdam, le 8 lévrier 1841.

L'opéra dirigé par le compositeur J. Van Bree, fut bien accueilli.

Dans le Handeîsbîad d'Amsterdam, du ^février 1841, et dans le Avondbode, du 12 février 1842, on trouve des détails de cet opéra.

A un concert donné à la Cour à La Haye, le 22 février 1843, on exécuta une scène de cet opéra, ainsi que l'ouverture.

Au concert donné à Paris par Berlyn, le 8 mai 1844, on exécuta également l'ouverture.

Berré (Ferdinand), amateur à Neerysche.

Markies opjagt^ op. c. en i acte, paroles de Van de Sande et Maurice Wiile. Bruxelles, 12 octobre 1867.

La même pièce a été jouée en français à Bruxelles en 1867 , sous le titre : L'orage au moulin,

BlOCkx (Jean), à Anvers.

lets Vergeten ! en un acte, paroles de Victor Delà Montagne* Cet opéra a été chanté dans un concert, donné à Anvers, le 19 février 1877, par Blockx.

Il a été bien accueilli par le public.

Braun (J*), chef de chœurs à Bruxelles.

Haat en Liefde^ drame en 5 actes , paroles de Herman Michiels. Molenbeek-St-Jean , le 20 novembre 1870 , par la société : De Jonge Tooneelliefhebbers. Le poème a été imprimé à Anvers, chez Louis Legros, en 1871.

Borremans (Joseph), à Bruxelles ^ mort le 15 décembre 1858. De Klapperman van Amsterdam^ en i acte, joué à Bruxelles, le 31 octobre 1804.

C'est, paraît-il, une traduction.

Delsau (Joseph), chef d'orchestre du théâtre flamand à Anvers.

De Duivenmelker^ drame en i acte, par Em. Rosseels. Anvers, 1855. Artistes : M*^®* Eug. de Terre, Lucie, MM. V. Driesseas, F. Van Doeselaer, N, Destenberg et J. Dierckx.

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Podor (Ch.), à Amsterdam en 1846.

-^» w*^"^^^ Pompilius, qui fut le premier opéra représenté en Hollande, Lviron 50 ans.

(Edouard), à Bruxelles.

;n I acte, par E. Hiel. Le poème a été imprimé à f . Donné, en 1865.

^ once) y chef d'orchestre à Anvers.

''^'?//e hladschilder, opérette en i acte, paroles de M. F. Van

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