AJOUTES
Page 72. — AUDLEY. M. Pougin a donné le titre de cet ouvrage. M™« Audley en restant fidèle à son titre, aurait dû remonter aux sources pures de la vie si accidentée du célèbre musicien.
Le côté historique et critique de Thomme et de ses œnvres, est sans contredit la partie la plus essentielle d'un compositeur de la valeur de L. Van Beethoven.
Pjg-^79. — DUQ.UESNOY (Lanctin dit) ténor en vogue au théâtre de Bruxelles, à la fin du siècle dernier, puis de la troupe française à Hambourg, et à son retour en Belgique, maître de chapelle de Ste-Gudule à Bruxelles, jusqu'à sa mort (9 mai 1822).
Dans notre 3« volume du Panthéon Musical (p. 54) son nom a été mal orthographié : Lactin pour Lanctin. Il était né à Beauvais (Oise), le 18 mai 1758, et non à Benzet (Belgique) en 1759, suivant Fétis {Biogr. Univ. des Mus. T. V, p. i85.)
Page 88. — HANSSENS. D'après M. G. Matthieu, (Histoire de la ville d'Enghien, page 738), son opéra : Marie de Brabant, fut représenté au Théâtre de la Monnaie, le 5 avril i838.
Page 120. — Il décéda à Enghien, le 21 septembre 1873, pour ainsi dire aveugle. Une simple croix au cimetière rappelle son souvenir.
« Ici repose Monsieur Edmond Duval, né à Enghien, le 22 août 1809, y décédé pieusement, le 21 septembre 1873, chevalier de l'ordre de Saint Grégoire-le-Grand, conseiller communal, membre, etc.
Seigneur ayez pitié de lui ! !
Artiste de grand talent, il renouvella le rhythme de la musique sacrée, travail auquel il dévoua sa vie. R. I. P. »
Page 127. — Lisez Deldevez au lieu de Delvedez. M. Pougin cite l'œuvre de M. Deldevez.
2»"^ Partir.
Le Carillon dans l'Ancien Te;aps,
Les pièces officielles des archives de toutes les villes des Pays-Bas, nous démontrent Timportance que les Magistrats, ainsi que le public attachaient au carillon, Tinstrument favori des Belges et des Néerlandais, depuis le XV™® sièt le. Au début de l'introduction du jeu de cloches, le carillon était frappé le plus souvent par des clercs nommés ^ haiteleurs de cloches, et l'assemblage du jeu se composait ordinaire-
ment de 3 à 6 cloches et parfois d'une octave.
A Nivelles, petite ville de Brabant, il existait un jeu de cloches, déjà en i486, et un certain Jean Godefroit, grand clerc de la paroisse, recevait annue'lement pour hattelcr, aux jours solennels, la somme de 24So's. C'est dans une brochure de M. Em. Fourdin, intitulée: La tmir et le carillon de Saint-Julien d Ath, que nous trouvons les détails de comptes payés cette année à J. Godefroit
A cette époque on se contentait d'exécuter par ce moyen primitif, quelques airs populaires, des chants religieux, à l'unisson ou à deux parties. Cependant cette manière de batteler devait singulièrement diminuer l'intensité du son, et l'élém.nt harmonique de la cloche.
Au XVP siècle le carillon (quadrilla) à clavier fixe et mécanique, commence à s'introduire dans les principales villes de la Belgique et de la Hollande. La fonderie de cloches prit à cette époque une extension sans exemple, et dans un grand nombre de localités s'établirent des fondeurs.
Primitivement on donnait généralement le nom de voorslag ou voerslage à un assemblage de cloches; mais b sonnerie qui se composait déjà au X VI^ siècle d'une vingtaine de cloches, prit le nom de ^ carillon. Le cariUon fut adopté à cette époque par une combinaison
heureuse à l'heure ou à la demi-heure , ce qui se pratique encore aujourd'hui. Enfin vers la fin du XVP siècle, toutes les villes de la Belgique, de la Hollande, et une partie du Nord de la France, avaient leur carillon. La totalité des dépenses faites pour l'établissement des carillons à Anvers, Bruges, Louvaîn, Malines, Bruxelles, Tirlemont, Liège, Alost, Audenarde, Ypres, etc., est immense.
Nous avons compulsé en détail les comptes de plusieurs de ces villes, et nous avons pu constater que dans certaines localités on a fait des dépenses s'élevant jusqu'à près de deux cent mille francs.
Comme le nombre de carillons augmentait dans des proportions inconnues jusqu'alors, des instrumentistes de talent se perfectionnèrent sur l'instrument aérien, déjà très-populaire, aussi comptait-on de véritables artistes, jouant des pièces très-compliquées et fuguées. Cependant, comme nous l'avons dit ailleurs, on jouait généralement des Hymnes, des Litanies et des airs patriotiques aune et à deux parties.
Pour donner une idée de l'importance du carillonneur, nous extrayons de la brochure de M. Fourdin, le passage suivant :
" 1587. A cette époque, le service du carillon était déjà parfaitement organisé à Nivelles. Ce service était confié à un musicien qui était chargé de batteler et de sonner les cloches, de conduire l'horloge du beffroy et celle du château; il devait aussi, autant que possible 4 chanter au lutrin avec les autres chantres.
„ Il recevait chaque année, pour son traitement, la somme de 200 livres et six rasières de blé, outre tous les émoluments provenant des fondations, des accidents, enterrements, services, anniversaires, messes votives, etc., etc. Il lui était défendu de faire entendre des chansons immorales, ou des airs impudiques ; il devait jouer des hymnes ou des chants ecclésiastiques, propres au service divin.
„ Une autre condition était parfois imposée au batteleur, c'était d'initier à son art quelque enfant de l'hospice des orphelins, désigné par le Magistrat.
„ Les échevins poussèrent plus loin encore leur amour de l'art : ils établirent au même hospice un accord (carillon) composé de dix-sept clochettes petites et grosses. Ce petit carillon, destiné à former l'instruction musicale des enfants , futurs carillonneurs, fut transporté en 1598, avecl'autorisation du corps échevinal, en la demeure de N« Viseur, alors clocqman de St-Julien, qui, trop novice ou peu
expert , avait encore besoin d'étude pour remplir convenablement ses fonctions. „
Les carillons ordinaires se composaient de 36 cloches et le plus étendu, celui de Bruges, se compose de 46 à 48 tons.
Enfin le carillon avait pris une telle extension qu'au XVI® siècle, on établit des jeux de cloches dans plusieurs villages, dans tous les couvents des prémontrés et dans plusieurs châteaux.
Us résulte de nos recherches , qu'aux expertises de nouveaux carillons, ce qui se fait avec grande cérémonie, les artistes les plus en renoms , venaient à tour de rôle exhiber leur habileté en jouant des courantes, des gigues, des sonates, des pièces avec arpèges, d'ime difficulté étonnante. A ce concert aérien, toute la ville était sur pied, et c'était une vraie fête populaire pour toutes les catégories de la société, chose inconnue de nos jours. Parmi les plus célèbres virtuoses sur cet instrument, on cite M. Pothof d'Amsterdam, qui avait le talent d'exécuter des gammes chromatiques, des trilles et des arpèges avec une vitesse vraiment extraordinaire.
Parmi les plus célèbres facteurs de carillons, nous devons une première place aux frères François et Pierre Hemoni (1) de Lerecourt (France), qui ont fabriqué plus de trente carillons en Belgique et en Hollande, instruments qui se distinguent par un timbre harmonieux et d'une égalité rare. Ces carillons ont été placés entre 1640 à 1676. Les frères Hemoni avaient leurs ateliers à Annsterdam et à Utrecht
Après un séjour à Zutphen, (1643-55), ils se fixèrent à Amsterdam, cité industrielle par excellence; en 1655 , la ville accorda sans bail à F. Hemoni l'aîné, une maison pour un vaste atelier et le nomma fondeur de cloches et de canons de la ville, juste récompense pour l'homme de talent qui a pu donner aux cloches un son juste et pur, inconnu avant lui. Pendant un terme d'environ 30 ans, les frères Hemoni placèrent des carillons, dont le ton harmonieux et l'achevé faisaient l'admiration de tous les vrais connaisseurs. Leur premier carillon de grande échelle fut placé à Deventher en 1644, et il résulte des pièces de l'expertise que nous avons sous les yeux, que ce carillon a été construit dans la plus grande perfection.
On leur doit le carillon actuel de la tour d'Anvers, inauguré en 1654, et pour lequel la ville s'est imposé d'énormes sacrifices.
(1) Ce nom s^écrit souvent Hemony.
Malheureusement nos carillons se trouvent généralement dans un assez mauvais état, et le mécanisme en partie usé, demande des réparations urgentes.
Dans le premier volume des Documents historiques (1872), nou? avons publié une notice sur le carillon, avec de nombreux extraits des archives de la cathédrale et de la ville d*Anvers.
Dans la revue Noord en Zui'd, éditée à Anvers, chez M. H. Ser« mon, nous avons inséré une série d'articles historiques (1865, page 649-710), sur le carillon, sa composition et son importance sous le rapport des progrès réalisés.
On a peu de notions jusqu^ici sur Thistorique des carillons, et quelques auteurs dans leurs ouvrages sur les instruments de mus'que, ne donnent que des détails très incomplets, cependant le caril'on a joué un grand rôle dans le mouvement du progrès de lart musical, principalement aux XVP et XVIP siècles.
Dans l'ouvrage paru «n 1877 de M. J. Rambosson : Harmonies du son et des instruments de musique^ (Paris, Didot), (1) qui contient d'excellentes choses, il est parlé très-incomplètement du carillon.
Jusqu'ici on a fait peu d'études en France sur le carillon, et les données vagues et le peu de détails qu'on trouve dans les ouvrages même spéciaux sur les instruments en général, en sont une preuve évidente.
Il n'y est question ni des facteurs de carillons, ni des perfectionnements, ni des artistes célèbres sur cet instrument.
M. Paul Lacroix traite aussi des instruments de musique dans
(1) Dans le môme travail M. Rambosson traite de Torgue. Muts ici il y a des lacunes comme dans celui du carillon.
Il dK entre antre que Nicolas Faber, prêtre, est le plus ancien facteur d^or^es eoDnu en Allemagne.
DatM liotre livre : Histoi^-e de Voj-yae, (Bt-uxolles, Schoti fcères). nous avons cité un facteur allemand Joachim Schund, qui déjà plaça eu 1356 un orgue à Téglise St. Thomas à Leipsick C'est Je jtius ascieii connu d'une certaine dimension.
Mars avant lut, un moine plaça en 1350 un orgue à Thorn.
En Belgique la facture dV)rgues était connue avant cette époque. En 1263, Siiévin Uoliebeke d'Ypres, construisit un orgue pour IacommuneBiel*beek>prè8 de Louvain. Dans les comptes de la ville de Bruges de TanDée 4299^ on cite ua facteur d'orgues du nom de Waltero.
Et voilà comment on écrit, en France, l'histoire.
fouvrage : Le moyen âge et la renaissance^ (Paris, 1851, tome 4'"*).
Malgré les nombreux livres consultés par M. Paul Lacroix, la note concernant le carillon ne comporte pas deux pages. Enfin ce travail est encore plus insignifiant que celui de M. Rambosson.
Les anciens écrivains fi'ançais sont aussi très peu au courant de la facture des c arillons. L'ouvrage considérable : Encyclopédie méiho* dique, par une sot iété de gens de lettres, publié à Paris en 1785, chez Panckoucke, n'en fait pas même mention, cependant, sous le rapport historique et méthodique, c*est encore un des meilleurs ouvrages parus jusqu'ici en France sur les instruments de musique.
A côté du texte, on trouve un grand nombre de planches gravées au burin , expliquant les détails des instruments ainsi que les outils propres à la facture des instruments en général.
C'est un ouvrage utile à consulter, nob seulement pour les facteurs, mais aussi pour les artistes.
Il est vraiment regrettable, qu'un ouvrage de cette importance, ne donne aucun renseignement sur le carillon. Le chapitre consacré à l'histoire des cloches est aussi fort remarquable.
Parmi les anciens ouvrages concernant le carillon et son importance principalement aux Pays-Bas et dans le nord de la France, la plupart sont d'une nullité incontestable.
L'ouvrage (1) d'Athanas Kircher, célèbre par ses travaux artistiques, publié à Rome en 1630, est encore le plus complet dans son genre.
Il donne page 336, tome II, un carillon de 17 cloches avec tambour et quelques détails sur sa mécanique concernant l'horloge en rapport avec 'es cloches.
Le livre de Bonani sur les instruments de musique, édité en 1776 à Rome, (t) est aussi très incomplet quant à la construction du carillon, les (acteurs de cet instrument et les virtuoses-carillonneurs.
Four donner une idée du degré auquel les historiens se trompent dans leurs données sur le carillon , nous extrayons du journal La Liberté^ de Paris, les lignes suivantes :