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LES CARILLONS DE LX BELGIQUE

" Mais la Belgique, tout le monde le sait, est la terre classique des

(1) Musurgia univerêalis ttve ctrs magna ^ etc.

(fl) Description dci in^trumtfffts Harmoniques en tout genre. Rome, Venancè' Monaldini,

carillons ; on en trouve dans toutes les villes, excepté à Bruxelles, ce ^

qui est assez particulier, car nous ne plaçons pas au nombre des carillons Tinsignifiante sonnerie de Téglise Saint- Jacques dans le fau" bourg de Caudenbourgf Le plus ancien, le plus célèbre et aussi le plus compliqué est celui de Bruges, dont les cylindres comptent près de trente mille trous ! Trois villes possèdent deux carillons. Ce sont : Liège, Lou vain et i4nt?er«. (?) Une particularité curieuse, c'est que les deux carillons d'Anvers sont placés dans la même tour et appartiennent, Tun à Téglise, Tautre à la commune, mais le dernier est détraqué et ne babille plus depuis une année environ. (?)

„ La composition des carillons de la Felgique varie entre 45 et 65 cloches; les carillons de 65 cloches sont ceux de Bruges, Malines, Namur, Louvain et Tirlemont; ceux de Diest et de Caudenberg (faubourg de Bruxelles) (?) n'en ont que 35 chacun : ce sont les nains des carillons.

„ Tous les carillons de la Belgique sont à la fois à pédale et à cylindre, c'est-à-dire qu'indépendamment de leur jeu libre, subordonné au talent de l'artiste qui les touche, ils font entendre mécaniquement ^

un air un peu avant chaque quart-d*heure. Cet air est le même pendant toute l'année, mais à la semaine sainte, profitant de ce que les cloches se ta^'sent durant deux jours, le carillonneur renouvelle les notes de son tambour, et c'est sur un air nouveau que la sonnerie bien-aimée annonce la première heure de Pâques.

„ Il y a eu autrefois, en Belgique, des carillonneurs d'un très grand talent, notamment Van den Gheyn , que les rois et les princes allaient entendre à Louvain. Aujourd'hui , tous se valent à peu de chose près. On les paie de 700 à 1000 francs par an: celui d'Anvers a 2000 fr. (?), mais c'est une exception. Ils sont obligés de jouer tous les dimanches et jours de fêtes, ainsi que pour les grandes cérémonies.

„ La fonderie des cloches du carillon exige des connaissances particulières très difficiles à acquérir. La fonderie la plus en renom, sous ce rapport, est celle de Vandkeschud (?) (prononcez comme vous pourrez), à Louvain ; dernièrement encore, cette maison a fondu un

carillon pour la ville de Boston (Amérique).

„ Un carillon, en Belgique, coûte de douze à vingt miUe francs, selon son importance. Celui de Paris, qui a déjà absorbé 50,000 fr. , sera un des plus curieux de l'Europe quand il sera fini. Mais sera-t-il jamais fini? „ i

Nous avons à rectifier quelques erreurs de cette notice. Xes carillons se composent vulgairement de 37 à 46 cloches, mais non de soixante cinq tons.

Le carillon de Bruges n*est pas le plus ancien» car il ne date que de 1743, tandis que celui d'Anvers a été fondu par François Hempni de Lerecourt (France), en 1654.

Le second carillon de la tour d'Anvers ne fonctionne plus depuis nombre d'années.

Aucun des carillons de Bruges, Malines, Namur, etc., ne se compose de 65 cloches.

Les airs des heures ne se renouvellent pas tous les ans, car ceux d'Anvers n'ont pas varié depuis nombre d'années.

Les appointements du carillonneur d'Anvers sont loin d'atteindre le chiffre de 2,000 francs.

Le nom de Vandkeschud, qui fondit un carillon pour Boston, nous est inconnu.

C'est Van Aerschot qu'il faut lire.

Il est impossible de construire un carillon de quelqu'importance pour la somme de 12 à 20,000 francs.

Un carillon ordinaire coûte plus de 40,000 à 50,000 francs.

Et voilà comment on dénature l'histoire. Mais revenons à notre sujet

Les pièces des archives de la plupart des villes et gros bourgs, nous fournissent des renseignements sur les carillons ; cependant on trouve peu de pièces relatives au détail du mécanisme.

En 1409, on avait à Audenarde un jeu de cloches ; Anvers avait le sien en 1430, Louvain en 1434 et Lierre en 1495.

Des comptes tirés des archives, il résulte qu'on battait à cette époque les cloches, et l'emploi du batteleur de cloches, comme il est déjà dit, était ordinairement desservi par le Koiter (clerc) des églises.

Nous avons rencontré bon nombre de pièces à l'appui de cette assertion.

Un grand perfectionnement s'est opéré dans la Êibrication des tambours. Anciennement ils étaient en bois, puis en fer. Au dix* septième siècle on les a construits généralement en cuivre, et on doit cette heureuse innovation à Jean Cal, mécanicien et horloger de talent à Nimègue, qui plaça un magnifique tambour en cuivre (le premier) I en 1663, à Délit.

Pendant la Révolution française de 179 j, on a délruit un nombre considérable -de carillons, et c*est depuis que cet instrument a perdu de son importance, et quon n*en construit plus, sauf quelques ex( eptions.

Nous avons cité Jacques Pothof , le fameux carillonneur d'Amsterdam en 1772. A côté de cet habile artiste, nous citons le^i musiciens suivants qui se distingaient dans leur art :

Berghuis et Schol, à Delft ; J. Reuslin, H. Cramma, Ëveraerts et De Gruytters, à Anvers ; Schepens, à Gand ; M. Van den Gheyn, à Louvain ; Gabriel De Neve, à Ath ; P. Nys, à Bruxelles ; L. Leblancq, à Soignies ; N. Magherman, à Bruges ; Gérard Haverals, à Malines ; P. Grau, à Audenarde; J. Clerze, à Liège; J. Van Eyck, Dix et Fischer, à Utrecht ; J. Hess, à Gouda ; Nouts, S. Verbeeck, à Amsterdam; G. Havingha et VanderWith, à Alkmaar, et Ldotens, à Middelbourg.

Un' mot des facteurs de carillons et de ses perfectionnements.

Il est difficile de se rendre compte, en principe, de Tinventeur du mécanisme du carillon et à quelle époque fixe on y a introduit les perfectionnements des cloches et du détail de la composition. ^

Des anciens auteurs attribuent l'invention du carillon à un Jean Van Beveren, de Dunkerque, en 1478, à Henri Lœder, à B. Coecke (i) d'Alost et à un nommé Le Yong.

M. F. Smet, dans sa Description de la ville cTAlost^ dit que Barlhélemi Coecke plaça en 1487 un carillon qu'il avait inventé.

Rien n'a pu constater jusqu'ici quel est l'inventeur du carillon, instrument qui s'est perfectionné insensiblement.

Parmi les fondeurs de cloches qui ont pris une large part au perfectionnement et à la fabrication des carillons, nous devons mentionner :

Waghevens, famille déjà établie à Malines, au XV* siècle; Van den Gheyn, famille à Louvain ; M. De Haze, A. Julien et Witloock, à Anvers; Fremy, à Amsterdam; J. Derk, à Hoom; L. Petit, en Hollande, et Dumery^ à Bruges et à Anvers.

Le beau carillon de Bruges, construit par Georges Du Mery, en 1743, se compose de 49 cloches et coûta près de 200,000 francs. C'est le plus grand connu.

Le carillon <le Dunkerke, si connu en France, se compose de 38 tons, et fut construit par Van den Gheyn, de Louvain.

(1) Coecke plaça vers 1467, un jeu de cloches sur lliôtel de ville d'Alostt 4

À Bruxelles, on avait jadis sept carillons, dont un seul existe encore, celui de l'église St- Jacques sur Caudenberg, et qui manque de puissance.

A Amsterdam, on a actuellement cinq carillons dont le plus grand est composé de 36 cloches.

Dans les comptes de la cathédrale d'Anvers de 1430, on mentionne des payements du batteleur ou carillonneur.

En voici un extrait :

" 1430. Ifem^ den beyaerder te gader, VI groot.

„ 1469. Aen den heiaerder van de kruis misse, 12 S.

„ 1482. Item, den beiaerden vande cruismissen, tsiaers, VIII ^.

„ Item, den selven beyaerden van haren jaei*lixschen loon^ tstaers XV (o^ „

En 1562, Jean Fer, fondeur à Tournai, plaça un jeu de cloches à la tour de la cathédrale et les carillonneurs de Hal , Bergen-op-Zoom et Tournai expertisèrent le nouvel instrument

En 1651, un contrat fut passé avec Florent De le Court, bourgeois de Douai pour la fonte de 32 cloches servant "au sonaige et battelaige du clocher de la cathédrale. „

Ce contrat est daté du 5 février 1562 et signé par Jean de Weerden, Pierre Muytincx, J. De Maeyer et F. De le Court

Nous croyons que ce contrat n'a pas été exécuté, car en 1652 les administrateurs de la cathédrale ont été en relation avec François Hemoni pour la fonte de nouvelles cloches.

L'autorisation des trésoriers de traiter avec F. Hemoni , date du 17 novembre 1654.

" 1654. Oeauthoriseerd etc., om aen te gaen alsulcken accordt met Mt François Hemoni, clochengieter, tôt het gieten van de clocken deser stadt, alsof sy tôt meesten profyt sullen vinden te behooren. „

M. Martin Jacobs, arc hitecte de la ville, avait en partie la direction de ce grand travail. Voici une pièce officielle extraite des archives relative à ce carillon :

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