‹ Bibliothèque musicale populaireChapitre 5 sur 52 · LL. MM. ont entendu tout VAlceste · texte numérisé non relu

LL. MM. ont entendu tout VAlceste

— 1811. Janvier. Chenu (1) donne des séances dans une salle, rue Vivienne, pour son Pan'harmoni-métalîico, instrument qui imite les sons de la voix. Ces séances eurent lieu pendant toute Tannée. Chaque soir il obtint les suffrages du public.

— 15 février. Concert de Jacques Mazas , au théâtre de l'Odéon , avec le concours de M'"® Boulanger, MM. Malho (élève de Dussek, nouvellement arrivé de Berlin), et Auguste de TEnoncourt, élève de Mazas. Ce jeune violoniste, âgé de 12 ans, joue un nouveau concerto de la composition de son maître, et Grasset dirige lorchestre.

— 18 mars. (2) Athénée des étrangers, rue de Cléry. Concert suivi de bal , avec le concours de M"® . . . , MM. Fémy aîné, Lambert Thiebault (pianiste), Moreau et Begrez (chanteurs).

L'orchestre joue une symphonie de Mozart

— 25 mars. Odéon. Concert donné par les artistes de l'orchestre du Théâtre Italien, avec le concours de M"®* Correa, (qui chante pour la dernière fois), et Festa, Barilli et Tulou.

— Juin. Pour la fête du baptême et de la naissance du roi de Rome. Eglise Notre-Dame. L'orchestre de la chapelle exécute sous la direction de Lesueur, le Vivat.

Dans la salle de concert du palais des Tuileries, le Conservatoire exécute : Le chant d'Ossian, cantate, paroles d'Arnault, musique de Méhul. Laïs chante la partie d'0««an, et la cantate produit la plus vive sensation.

(1) Musicien ou mécanicien inconnu.

(i) On publia au mois de mai le Te Deum laudamus de J. Haydn en jiartition à Paris, chez Porro.

Le 14 octobre 1811, on donna, au théâtre italien, Don Juan, et Touvragen^eut qu'un médiocre succès. Il était chanté par M»*" Barilli, Festa, MM. Porto et Tacchiuardi.

— 8 juin. Hôtel de ville. Exécution de la cantate : Le chant cTOssian, paroles d'Amault, musique de Méhul.

Le chœur des ombres héroïques, exécuté par un orchestre caché dans la voûte, a produit le plus grand effet. La musique est digne du célèbre compositeur.

Ce morceau a été composé à l'occasion de la naissance du roi de Rome.

— 25 juillet. Rue de la Victoire. Fête lyrique. Concert et réunion littéraire à l'occasion de la naissance de S. M. le roi de Rome, et du concours poétique. Symphonie d'Haydn. Discours de M. Serieys. Concerto de violon exécuté par Vidal. Lecture. Fragment de symphonie. Ouverture de Marie de Montauban, par Winter. Lecture. Cantate, par Alex. Piccini, chantée par M"® Himm. Fragment de symphonie.

Le concert dirigé par Habeneck.

— 22 novembre. Fête de Sainte-Cécile. Exécution à l'église Saint- Eustache d'une messe solennelle à gr. orchestre, de Jumentier. Elle est exécutée par les premiers musiciens de la capitale ; on entend La vigne, Bertin, Henry et Théodore, de l'Académie de musique.

Jumentier conduit son ouvrage. Boudron, chef d'orchestre, dirige la partie instrumentale.

— 1812. Spectacle pittoresque et mécanique. Pendant le mois de mars, (1) une artiste, M"® Martin Schlichting, élève de Kalkbrenner, se fit entendre sur VOrgano Lyricon, dans une salle de la rue Froidmanteau, N° 14.

Il y avait séance tous les jeudis à 8 heures.

— 6 février. Salle Olympique, rue de la Victoire. Concert donné par Lahoussaye. On y entend M™® Barilli , MM. de Crivelli, Tacchinardi (ténors), puis Libon, Duprat et Gilles (Saint- Vallery).

Concerto de cor, par Dauprat, puis des morceaux de violoncelle, par un très jeune artiste, Gilles. Deux symphonies d'Haydn.

Prix des places : Première, fr. 9, deuxième, fr. 7-50, troisième, fr. 6.

(1) Les journaux aunoncent la publication du Stabcu Mater à 2 voix avec accompagnement de quatuor de Pergolèse, enrichi des instruments à vent, sans rien changer à Toriginal, parle chevalier J.-B. Paisiello. Paris^ chez Marquerie, graveur de musique. Prix : 12 fr. sur papier grand colombier.

Nous lisons dans un journal du temps :

„ Ce concert était consacré au soulagement d*un ancien artiste très célèbre, aujourd'hui accablé de vieillesse, et réduit à llndigence, et le seul qui reste des élèves du fameux Tartini.

„ Passionné pour son art, négligeant ses intérêts, vivant dans la joie que la musique inspire, sans réflexion de son souci.

„ H y avait peu de monde; c'est dommage; jamais concert ne mérita mieux un grand nombre d'auditeurs.

„0n a fort applaudi le concerto de Libon,qui triomphe des grandes difficultés avec tant d'aisance et de grâce.

„ M. Gilles a rendu avec beaucoup de goût et de légèreté sur le violoncelle, des variations d'une romance de Boïeldieu. L'orchestre exécute deux symphonies d'Haydn. „

— 23 mars. Salle Olympique. Symphonie à gr. orch. de SchneitzhœfTer. Air italien ch. par M"® Callauts. Concerto nouveau , comp. et exéc. par Michel Lemoine. Rondo de Berton, chanté par Moreau. 2® partie : Concerto de Kreutzer, exéc. par Fontaine. Air de Blangini, par M"® Callauts. Fantaisie de piano, comp. et exéc. par Lemoine. Duo de Lemoine, chanté par M"® Callauts et Moreau. Air varié de Rode, par Fontaine. Fragment de symphonie.

L'orchestre dirigé par Duret Prix du billet : 6 francs.

— 25 mars. Théâtre de l'Impératrice. Grand concert spirituel, donné par les artistes de l'Opéra Italien. Symphonie d'Haydn. Duo de Farinelli, par M^^ Barilli et Crivelli. Concerto de cor, ex. par Colin jeune. Air chanté par Porta. Plusieurs strophes du Stabat, de Pergolèse, par M™® Festa et Crivelli. 2® partie : Fragments de symphonie d'Haydn. Air ch. par M™® Barilli. Sonate pour harpe, exécutée par M™® Lauda. Fragments à gr. chœur du Requiem de Mozart

Geoffroy, critique musical du temps, rend compte de ces concerts et écrit :

„ On a écouté un mauvais duo de Farinelli, de mauvaises variations sur la harpe de M"® Lauda ; le tout a fini par un fragment du Requiem, de Mozart, meilleur dans une église que dans un concert.

„ L'orchestre a exécuté avec sa supériorité ordinaire, des fragments de symphonie d'Haydn.

„ Le nombre des payeurs était prodigieux ce jour là. „

— 28 mais. Id. Grand ccncert donné par les artistes du Théâtre Italien. Symph. d'Haydn. Trio des fforaces, de Cimarosa, par M™** Barilli, Festa et Crivelli. Concerto de flûte, par Drouet Strophes du Stabat de Pergolèse. Trio de Cimarosa, par M"*® Barilli, MM. Crivelli et Porto. 2® partie : Fragments d'une symph. d'Haydn. Air de Cimarosa, par M"*® Barilli. Concerto de violon, exécuté par Vidal. Duo de Paër, par M™®* Barilli et Festa. Final à gr. orch. de la première partie de la Création, d'Haydn.

— 30 mars. Id. Grand concert spirituel. S)anph. d'Haydn. Duo de Guglielmi, par M"*® Barilli et Crivelli. Concerto de harpe à gr. orch., par Ch. Bochsa. Air de Guglielmi , par Porto. OfTertorio de Jomelli , par M"® Barilli, MM. Crivelli et Angrisani. 2® partie : Symph. militaire d'Haydn. Duo de Tadolini, par M'"® Festa et Crivelli. Air de Mayer, par M™® Barilli. Air de flûte, par Drouet. Duo de Fioravanti, par ^mes Festa et Barilli. Caprice de flûte et de harpe, par Drouet et Bochsa.

— I avril. Id. Symph. d'Haydn. Duo de Tadolini, par M"*® Festa et Porto. Symph. concertante de Wiederkehr, pour cor et harpe, par Dauprat, artiste de l'Académie de musique, et Bochsa. Air chanté par ^ue j^jgri. Fragments de l'oratorio .... d'Haydn à gr. orch. 2® partie : Symph. d'Haydn. Air de Nazolini, par M'"® Barilli. Concerto de violon de Grasset, ex. par Pasdeloup. Duo de Paër, par M"®* Festa et Barilli. Fantaisie pour harpe à gr. orch., sur l'air : Vive Henri IV, Concerto exécuté par Bochsa.

— 6 avril. Id. Grand concert au bénéfice de Tacchinardi , (dans lequel on l'entendra pour la dernière fois), avec le concours de M"»®« Barilli, Festa, MM. Dacosta, Crivelli et Hérold.

Hérold exécuta un concerto de piano de sa composition. L'orchestre exécute une symphonie d'Haydn.

— 13 avril. Id. Concert, avec le concours de M"® Sessi, cantatrice du roi des Deux Siciles, et de M™®^ Festa, Barilli, Neri, MM. Tacchinardi, Drouet (flûte-solo de la musique de l'Empereur) , et Dauprat (corniste).

— 23 avril. Salle Olympique. Concert donné par Libon. Symph. d'Haydn. Air chanté par Moreau. Concerto de violon, composé et exécuté par Libon. Duo de Guglielmi, ch. par Consul et M™® Giacopielli. 2® partie : Ouverture et polonaise, comp. par Paër. Concerto de

piano, comp. et exéc. par Klengel. Air de Zingarelli, par M™® Giacomelli. Fragments de symphonie.

On loue l'exécution de Libon et Klengel.

— 27 mai. Tliéâtre de l'Impératrice. Concert au bénéfice de Tulou, flûtiste. Symphonie d'Haydn. Duo de Zingarelli, par M^"® Barilli et Tacchinardi. Nouveau concerto de flûte, par Tulou. Air de Pavesi, par Crivelli. Quintette de Portogallo (redemandé), par M*"®* Barilli, Festa, Neri, MM. Tacchinardi et Porto. 2® partie : Fragments de sjnnph. en sol de Schneitzhœffer. Air de Porto. Concerto de violon , exécuté par Aug. Kreutzer cadet. Air de Pavesi, par M™® Barilli. Fantaisie pour flûte, comp. et exéc. par Tulou. Triode Farinelli , par M"™®* Festa, Barilli et Crivelli.

Un critique écrit :

„ Un fragment de symphonie de Schneitzhœffer, a ouvert la seconde partie du concert II faut être hardi pour faire entendre après Haydn une symphonie ou un fragment de symphonie. „

— n juillet Odéon. Concert de Eelloni, compositeur de Naples. La ruine de Carthage, (1) opéra. Fragments. Les Pisistratides, id. avec ouverture, donnés avec le concours de M™® Barilli, MM, Crivelli, Tacchinardi et Porto.

Ces divers morceaux, mais plus particulièrement les chœurs, obtinrent beaucoup d'applaudissements.

— 1813. 24 avril. Odéon. Grand concert, dans lequel on entend pour la dernière fois Duport Ce concert se donne avec le concours de M*"®* Sessi, Neri, Barilli, MM. Tacchinardi, Colin frères et Porto.

— 28 avril. Odéon. Théâtre Italien, i*^ représentation, au bénéfice de M™® Sessi : Del Pygmaleone^ de Clmarosa. Concert dans lequel Ch. Bochsa et Puzzi exécutent un duo de harpe et cor.

— Dimanche 23 mai. Notre-Dame. A l'occasion de la victoire

(1) A propos de cet opéra, il s'éleva une vive polémique dans les journaux du temps ; un jury avait refusé son approbation à la pièce de Belloni, qui avait présenté son opéra à i* Académie de musique, et ne fut pas admis dans les formes établies par les règlements.

D'après les journaux, ce concert donné au bénéfice de Belloni, avait attiré une affluence extraordinaire. L exécution a donné une idée favorable, mais fort incomplète, de ce que pouvait être fopéra de Belloni.

M. Féiis fait passer cet opéra pour un ballet.

remportée par l'Empereur dans la plaine de Lutzen sur les armées de Russie et de Prusse : Exécution à grand orchestre du Te Deum de Lesueur, surintendant de la musique de l'Empereur.

— 13 juin. Id. A l'occasion de la victoire de Wurtchen en Lusace : Exécution du Te Deum de Lesueur.

Ce beau Te Deum a été exécuté avec un ensemble prodigieux.

— 15 juillet. A l'église Saint-Germain-l'Auxerrois. Exécution à gr. orchestre, de la messe de René Cornu fils.

— 18 juillet. Eglise de Saint-Thomas-d'Aquin. Exéc ution de la messe de Pierre Blondeau, organiste.

— 4 septembre. Théâtre de l'Impératrice. Programme du jour : / Nemici Oenerosi, de Cimarosa. Cantate ou monologue en action intitulée : Saulle ail antro délia Pitonessa^ musique de Cimarosa, par Jérôme Marzocchi, un des premiers ténors d'Italie.

Paër était directeur de ce théâtre, nommé Théâtre Séria et Buffa^ et on fait le plus grand éloge de sa direction.

I^ cantate de Cimarosa lut chantée plusieurs fois.

— 19 septembre. A l'occasion des victoires remportées par l'armée française en Allemagne : Te Deum à la chapelle du Palais. Te Deum à Notre-Dame.

Pendant les jours de ces fêtes, il y avait spectacle gratis dans la plupart des théâtres.

— 2 octobre. Exécution de la cantate couronnée par l'Institut, musique de A. Panseron, élève de Gossec.

M"® Himm, de l'Académie de musique, chante la scène couronnée, précédée d'une symphonie d'Haydn, par l'orchestre du Conservatoire.

— 24 novembre. Fête de Sainte-Cécile. Eglise de Saint-Eustache. Exécution à gr. orch. d'une messe de la composition de Marie Chenié, artiste de la chapelle de l'Empereur. Solistes : Lavigne, Lebrun, Bertin, Eloy, Bonnel et Théodore. L'Introït etc. seront exécutés en chant sur le livre de Loth, maître de musique de la cathéd. de Méaux.

— 6 décembre. A dix heures, à l'église métropolitaine, pour lès guerriers morts à la bataille d'Austerlitz, messe de Requiem^ à grand orchestre, de Neukomm , élève d'Haydn.

On y remarque une harmonie riche, et des fugues d'un grand caractère»

— 1814. 15 avril. Académie de musique. Œdipe à Colone, opéra de Sacchini. A la troisième scène il y a eu un enthousiasme indiscriptible. Monsieur (Comte d* Artois) a paru à 7 heures, et LL. MM. l'Empereur de Russie, TÉmpereur d'Autriche et le roi de Prusse, arrivent à la. ^^^ scène â! Œdipe. Les cris: Vive le Roi! Vive Monsieur! retentissent. I/orchestre avec les chœurs exécutent le célèbre quatuor de Lucile, de Grétry. L'air, Charmante Gahrielle, et celui de Vive Henri 1 F, ont été ensuite entendus.

Après Œdipe, le retour des Lys, " chant gallique, „ mais que le public nomma français, a été exécuté à grand chœur.

Laïs était le principal coryphée. Les paroles et la musique sont de Charles LafiUé.

Le sujet est tiré du chant de la renaissance des Lys^ et l'ouvrage a élé applaudi avec enthousiasme, surtout ces vers :

A vous augustes potentats,

Auteurs de notre délivrance,

Portez, portez dans vos Etats Les vœux et l'amour de la France.

Confondez vos lauriers Avec ceux dont le Français brille ; Que vos soldats et nos guerriers Ne forment plus qu'une famille ; Princes, guerriers , répétez à jamais :

Vive le Roi! Vive la Paix!

— 4 mai. Pour l'entrée de S. M. le roi Louis XVIIL Notre-Dame. 1° LeDominumSalvum fac Regem, chanté par une immense réunion. 2^ Te Deum, deSig. Neukomm,par un corps nombreux de musiciens. 3° Exécution par le Conservatoire réuni, au pied de la statue de Henri IV, de l'air national consacré à la mémoire et à l'éloge du roi.

— - 20 juillet. Tivoli. Concert. Fête de l'état-major général et des officiers supérieurs de la garnison de Paris, à la Garde nationale. Cantate, paroles du chevalier de Rougemont, musique de Cherubini.

Solistes : Nourrit, La vigne et Dérivis.

Ce morceau, d'un effet grandiose, a été souvent interrompu par les plus vifs applaudissements.

— 22 septembre. Salle de musique, PU ^e Vendôme. Dietz et C*®

font entendre à 7 heures du soir trois instruments de musique d'une nouvelle invention. Outre plusieurs morceaux exécutés sur les dits instruments par M"® Welsec et M. Dreleng , M. Begrez (belge) et M"® Leclair, chantent différents morceaux. Prix d'entrée : fr. 5.

— 28 septembre. Eglise de Belleville. Exécution en l'honneur de la paix de la messe dite impériale de J. Haydn, et plusieurs compositions de Jomelli, Mozart, etc. On termina par le Te Deum, le Domimnn Salvum, et le Vivat de J. Haydn.

Rigel dirige l'exécution.

— 25 décembre. Opéra. Concert Spirituel. Symphonie d'Haydn. Duo de Paisiello, ch. par Dérivis et Nourrit. Concerto en ut-mineur^ composé et exécuté par Lafond. Air de Zingarelli, ch. par M™® Albert- Branchu. 2® partie : Symph. concertante de Kreutzer , par Lafond et Kreutzer. Air de Nazolini, ch. par M"*® Albert. Deux airs russes (redemandés), par Lafond. (1) Rondo de symphonie d'Haydn.

Concerts duCSonservatoire, lauréats, distributions des prix, etc.

Avant la fondation du Conservatoire, il n'y avait d'autres écoles de chant en France, que les Maîtrises attachées aux chapitres. Au magasin de l'Opéra on formait les chanteuses.

Le général Biron avait fondé à Paris le dépôt des gardes françaises pour la formation de musiciens militaires. A la suite de la suppression des gardes françaises , Sarette obtint de la municipalité d'établir une école gratuite de musique, dont les maîtres et élèves furent appelés à faire les frais des fêtes nationales. Elle fut placée sous la direction de Gossec et de Sarette dans la rue Saint- Joseph.

Plus tard, l'école fut le noyau du Conservatoire de musique.

Sarette était l'administrateur, et (jossec fut chargé de la musique.

Le premier examen public pour les élèves de l'école de déclamation de Paris, a eu lieu le 18 avril 1786, sur le Théâtre des Menus-Plaisirs.

(1) Lafond avait déjà donné un concert à TOpéra, le 10 dév^emh re 1814.

On y chanta Roland, grand opéra de Nicolas Piccini, joué déjà à l'0]:éra en 1778, avec succès, malgré les intrigues des Gluckistes et de Gluck même. Il fut chanté par M"®* Mulot, Thémire, MM. Dessaules, Lefèvre et les élèves, hommes et femmes, chantaient les chœurs.

Le 12 novembre de la même année, M. le Ministre de l'Intérieur, baron de Breteuil, rendit une visite à cette école, et le 12 janvier 1792 les députés Quatremère, Roux,, de Fasilac, Prieur et Lacépède, commissaires, assistent aux exercices des élèves.

— 1796. 20 Prairial an VII. Cantate funèbre de J.-F. Gossec , exé- ( utée par le Conservatoire au Champ de Mars en mémoire des Ministres de la République française, assassinés par les ordres des soldats d'Autriche. Les paroles sont de Boisjolin.

~ 1797. La première distribution des prix aux élèves du Conservatoire eut lieu le 24 octobre 1797. (1)

La célèbre cantatrice M"*® Eranchu, connue alors sous le nom de ( arcline Chevalier, y obtint le 1^ prix de chant, et on donna à cette arl'ste comme prix des partitions.

A M"® Rose Dumey, on accorda le i*" prix de clavecin, qui reçut un piano comme récompense.

Charles Sauvageot reçut le i*" prix de violon avec acclamations, puis Louis Dauprat, devenu célèbre par son talent sur le cor, (élève de P. Kenn, artiste allemand), y obtint le prix de cor.

On fit ces distributions à 6 heures du soir à TOdéon et plus tard au tl.cltrede la République, sous la présidence du Ministre de l'Intérieur.

I )epuis 1803 jusqu'à l'année 1810, les distributions des prix eurent lieu à l'Institut.

— 1800. Le premier important exercice des élèves se donna en décembre 1800. La distribution des prix commence par l'ouverture de r Hôtellerie portugaise, de Cherubini.

Parmi les lauréats nous distinguons :

Devienne, Al. Moudru, flûtiste, âgé de 12 ans, qui joua un solo avec

(1) Pour plus amples détails, consulter Touvrage de M. Lassabathie : Histoire du Conservatoire impérial. Paris, 1860.

Il est fâcheux que M. Lassabathie ue donne aucun détail sur les nombreux programmes de ces beaux concerts, et qu'il ne donne pas môme les lauréats de 1797 à 1808. C'est une grande lacune dans cet ouvrage, du reste, très- soigné et très-instructif.

la précision d'un maître ; M"* Jeannette Philis, élève de Garât ; Pierre Zimmermann (i"" prix) , pianiste, élève d'Adam; Fred. Kalkbrenner (2* prix) ; F. Gasse, violoniste. On donnait à cette époque aux élèves des instruments et des partitions.

Le second exercice, qui a eu une grande influence sur la formation du Conservatoire, eut lieu le 13 avril 1801.

Judas (1) exécuta un solo de baîison avec un talent remarquable ; Pierre Zimmerman joua du clavecin, puis Roland, (t) élève de Pierre Garât, y chante plusieurs morceaux avec beaucoup de méthode et de goût.

Le Ministre de l'Intérieur y assiste, et fit parvenir au jeune Judas, pour le récompenFer, un nouveau basson, qui remplaça celui qu'il avait perdu à la bataille de Marengo.

En 1801, le citoyen Chaptal, alors Ministre de l'Intérieur, fit déposer une médaille [)our perpétuer le souvenir de la fondation du Conservatoire, sur la(iuellc on grava d'un côté :

Fondé en 1789.

Organisé par la loi du 16 Th. An IIL

Après un discours bien approprié à la circonstance, on exécuta: Hymno a Apollon, paroles de l'Vamery, musicjuede Gluck. Plusieurs nioncMiix deilmnt, par Pierre (iarat. Trio, ex. par Pierre Baillot, Pierre Kode et ( harles Haudiot (violoncelliste). Duos ixir Frédéric (3) et Marie O/i. ("herd'on liestre t Rodolphe Kreutzer.

1801. 33 niai. I.e Coniie (le lavonrne, accompagné du Ministre do rintérieiir et de phihieiirh ambassadeurs, ont visité les classes.

On a pahM' deiu heures h l'examen do ])lusieurs cours, et on termina par m exc^n u e de la uvMÙhv h satisfaire les plus difficiles.

LcCoMïte, r^tonné du de|j5rc< de fort e des é'èvcs, a fait faire des piestions sur Tor^aninalion iiUrtieure de rétablissement.^

A la dihtrihution deti prix du ( oiinervatoire en 1801, on a entendu outre M"** Chevalier, iitiai liée au ihé.itre des Arts (Oi)éra), M"* MonuenI, élevé de (iarat,

(1) Artl»i((« r«t«i^ hii'iMiMii.

(f) MKnlnillMMl llH-'iKIMt,

Les citoyens Rocard (flûte), Pellepport (clarinette), Colin (cor), Kalkbrenner (piano), Tulou (flûte), Petit et Ricard (cor), Kreutzer et Duret (violon), ont reçu des applaudissements, qui affirment le jugement des prix accordés.

Le directeur Sarette, proclamait dans leur ordre les noms des élèves. Le Ministre de Tlntérieur présentait aux lauréats une branche de laurier avec les objets composant les prix.

— En 1802, Bernard Sarette, mort en 1858, directeur pendant nombre d'années du Conservatoire, institua des concerts sous le titre d'exercices. Ils étaient créés dans le but de former les élèves à l'exécution des grandes œuvres, de former des chefs d'orchestre, et de faire entendre les compositions des lauréats. On destinait les bénéfices aux musiciens pauvres et infirmes, et à leurs veuves. Ces exercices cessèrent en 1814.

Cette création si utile aux artistes, réussit parfaitement Voici maintenant une lettre adressée par les membres du Conservatoire à un journal de Paris :

" Paris, le 29 Prairial an 10.

„ Les membres du Conservatoire de musique soussignés, vous invitent, citoyen , à vouloir bien insérer dans votre journal la note suivante :

„ Un démenti formel sera donné aux calomnies renfermées dans le libelle intitulé : Lettre à M. Paisiello, et rendu public par la réclamation du citoyen Janson, inséré dans le n^ 269 du Journal du Commerce de Paris.

„ Le Conservatoire dévoilera enfin la conduite et les motifs de ceux qui demandent la dissolution de cet établissement.

„ Les membres de la commission chargés de répondre au libelle :

„ Monsigny, Kreutzer, Martini, Grasset, Gossec, F. Duvernoy, Schneitzhoeffer, Wiederkehr, P. Rode, Eler, X. Lefevre, Ozi, H. Berton, Guichard, Baillot, Plantade, Meric. Cherubini, Domnich, Méhul, Tourette, L. Lefevre et Wunderlich. „ (1)

— 1804. Concert. Symphonie d'Haydn. Air de Stratonice, par le citoyen Roland. Concerto de violon de Baillot, par le cit. Habeneck

(1) Depuis longtemps on cherchait à attaquer le Conservatoire, et plusieurs brochures malveillantes furent publiées à ce sujet.

aîné. Duo de Don Juan, par M"® Pelet et le cît Roland Ouverture de V Hôtellerie Portugaise, du citoyen Cherubini. Litanies par Durante, ch. par M"®* Pelet, Larombe, Himm et Gide, les citoyens Rollard, Albert, Bonnet, Eloy et Desperamons.

— 24 août. Distribution des prix. M. Arnault, membre de l'Institut et chef de la division d'ins^truction publique, prononce un long discours.

Lauréats,

(Compositions. — Prix : N'a pas été adjugé.

Accessit : Gasse (Ferdinand), de Naples, élève de Gosse(\

Harmonie. — Prix : N a pas été adjugé.

Accessit : 1° Amédée (François), du département de la Seine, élève de C^atel. 2° Henry (Antoine), id.

Cliant. — Prix : M"® Himm (Louise-Marie- Augustine), du départ, de la Seine , élève de Plantade.

Accessit : Garât Fabry, du départ, de la Gironde, élève de Garât.

Préparation au chant. — On n'y accorde que des accessits. Prix- Accessit : 1° M"" Guillou (Jeanne-Elisabeth), du département de la Seine, élève de Eutignot, répétiteur. 2" M"® Bury (Cécile) , id., élève de Jadin.

Piano. — Prix : M"® Gasse (Pauline), de Naples, élève d'Adam.

Accessit: 1° Chancourtois (Louis), de Rome, élève de Pradher. 2^ Merlant (Paul-Cécile), du départ, de l'Oise, élève d'Adam.

Violon. — Prix: Habeneck (François-Antoine), du département des Ariennes, élève de Baillot.

Accessit : Mazas (Jacques-Feréol), du dép. de Tarn, élève du même.

Violoncelle. — Prix : Benazet (Bernard), élève de Levasseur.

Accessit : Tourte (Louis), de Paris, élève du même.

Basson. — Prix : N'a pas été adjugé.

Accessit : Duport (Auguste), de Paris, élève de Delcambre.

Cor. — Prix : Colin (Pierre-Louis), élève de Domnich.

Accessit : 2** Le Moine (Jean-Bruno), élève de Fr. Duvernoy.

Flûte. — Prix : Guillou (Joseph), élève de Wunderlick.

Accessits : Bisestki, élève du même. Rocart (Jean-Louis), id.

Clarinette. — Prix : Pechigier (Claude-Gabriel), du département de la Seine, élève de X. Lefevre.

Accessit : Michel (Louis), élève de Ch. Duvernoy.

Hautbois. — Prix : N'a pas été adjugé.

Accessit: Percilier (Jean-Charles-Joseph), du département de la Seine, élève de Sallentin.

— Mois de décembre, (i) Eglise St-Germain-rAuxerrois. Exécution du Requiem de Mozart, avec un nombre considérable d'amateurs.

Chef d'orchestre : Marie-Lou's Cherubini.

Cette messe a été exécutée avec une étonnante supériorité par le Conservatoire.

M"*® Branchu a fait admirer sa belle voix, ainsi que M"* Peîet, Richer et Geuhard.

Cette messe a été exécutée plus tard pour honorer la mémoire du célèbre Jos. Haydn.

— 1805.(2) 27 janv., à 2 heures, dans la salle du Conservatoire. Symphonie d'Haydn. Air de Vogel, chanté par M"® Himm. Concerto de basson de Ozi, par Henry. (3) Duo de Mozart, ch. par M"® Himm et Roland. Offertoire de Jomelli. Concerto de Rode, exécuté par C. R. Auzou.(4) Trio de V Hôtellerie portugaise^ de Cherubini, par Roland, Nourrit et Albert Bonnet

Prix : Premières, fr. 5. Il y avait des places de 4 et de 3 francs.

— - 3 mars. Symphonie d'Haydn. Duo de Berton, chanté par M"® Goria et Despéramons. Concerto de Viotti, exécuté par Mazas. Aria de Cherubini, ch. par Nourrit, Eloy et Albert. S)nnph. concertante pour flûte, hautbois et basson de Wiederkehr, exécutée par Biselski , I^urent et Fongas. Air de Cherubini, ch. par Roland. Fragment d'une messe de Pergolèse, par M^^*^* Himm, Pelet, Percilliée, et MM. Roland, Despéramons et Albert.

La même année on chante la messe de Requiem de Mozart , que Pierre Porro publia au prix de 25 francs.

— 21 avril. Exécution du Requiem de Mozart, et du DeProfundis de Gluck.

Prix des places : 6 fr. Exécution splendide.

(1) Le Conservatoire était autorisé par le Gouvernement à faire entendre annuellement des œuvres des grands maîtres, et le produit servait à secourir les familles des artistes décédés et attachés À cet établissement. Cette audition rapporta la somme de fr. 4 ,857.

(t) Cette année on édita à Paris à Timprimerie du Conservatoire, le Requiem de Mozart.

(s) Musicien inconnu.

(4) Cet artiste resté inconnu» obtint un prix de violon au Conservatoire en 1809«

— 20 avril. 2® exécution du Requiem de Mozart, précédé du De Profundis de Gluck.

Le minimum du prix des places est fixé à 6 francs. Ce concert a lieu à l'église Saint-Germain-rAuxerrois. Une foule compacte s'y rendit pour entendre ce chef-d'œuvre.

— 5 mai. Symph. d'Haydn. Air de Méhul, par Eloy. Concerto de cor de Devienne, par le jeune J.-A. Colin. Duo de Mozart, ch. par M"® Himm et Roland.*Ouverture du Jeune Henri, Air de Boieldieu, ch. par M"® Himm. Qnatuor de Cherubini, par M"® Himm, Nourrit, Roland et Albert.

— 1806. 19 janvier. Symphonie d'Haydn. Air de Mozart, ch. par Desperamons. Concerto de Baillot, exécuté par Habeneck. Duo de Cimarosa, par Nourrit et Desperamons. Ouverture à^Anacréony de Cherubini. Air de Guglielmi, par Desperamons.

— 18 mai. Symph. d'Haydn. Air de Faniska, de Cherubini, par M"® Duret. Concerto de violon de Viotti, par Duret. Duo de Stéphanie, de Berton, par M™® Duret et Roland. Concertante de cor de Blasius, par Colin aîné et Ch. Petit. Ouverture de l'opéra Faniska. Polonaise de Garât, par M™® Duret. Air varié de Rode, par Duret

— 1807. II janvier, à i heure. Symph. d'Haydn. Duetto deîle Nozze di Figaro, par M"®* Forceville et Lelong. Concerto de violon de Kreutzer, par Isidore Dessales. (1) Air de l'oratorio Nephtali , de Blangini, par M"® Forceville. Ouverture del la Clemenza di Tito, de Mozart, (e) Trio du même opéra, par M"®^ Lelong, Forceville et Albert Bonet.

— I février. Symph. d'Haydn. Air de Mayer, ch. par Desperamons. Concerto de Rode, exéc. par Duret. Benedictus du Requiem de Mozart, ch. par M"®* Pelet, Lelong, MM. Eloy et Barthelemi Bonel. Ouverture de Don Juan, Air de Mozart, par M^^® Lelong. Duo de Cimarosa, par M"® Lelong et Desperamons.

— 22 février. 3"® exercice des élèves. Symph. en w< -mineur de L. Van Beethoven. (3) Air de Clémence, de Sacchini, par Eloy. Con-

(1) Musicien inconnu.

(s) On représente cette année le D:>nJuan de Mozart à TAcadémie impériale. (3) C'est le premier programme sur lequel nous rencontrons une oduvrâ du grand symphoniste.

certo de cor par Punto, exéc. par Colin, jeune. Air de Topera Thésée^ de Gossec, par M"® Pelet. Fragment d'une symphonie de Mozart. Trio des Artistes par occasion^ de Catel, ch. par Eloy, Despéramons et Albert. Ouverture de Marie de Mohtalban, de Winter.

— 8 mars. 4™® exercice. Symphonie d*Haydn. Héro et Léandre^ musique de Bouteiller, ch. par M"® Himm. (1) (Canta*^e couronnée en 1806, à rinstitut.) Concerto de Viotti, exéc. par Habeneck. Trio extrait de la Messe des morts de Gossec, ch. par M"® Hhnm, MM. Nourrit et Albert. Ouverture d^Anaxiréon^ de Cherubini. Quatuor de Paisiello, ch. par M"*® Pelet, Forceville, MM. Aubry et Boulanger.

Prix des places : Premières, 5 fr. Les autres 4 et 3 francs.

— 22 mars, à 1 1/2 heure. Symph. de Mozart. Trio de la Messe des morts de Gossec, par M"® Himm, MM. Nourrit et Aubry. Concerto de Dussek, exéc. par Chaulieu. Stahat^ de Pergolèse, par M"?® Himm et Pelet. Concertante pour flûte^ cor et basson, exéc. par Guillou, Duchamp et Kirchoff. Offertoire de Jomelli, ch. par M"®^ Himm, Pelet, Lemaire, Guilloux, Duchamp, Vuarnier, Vachette, Granville, Corbin, MM. Eloy, Nourrit, Boulanger, Bonel, Aubry et Devaux. Ouverture de Cosi fan tutte, de Mozart.

Comme on a dû refuser du monde, le même concert eut lieu le 29 mars, à l'exception des solos d'instruments.

— 29 mars. Mêmes morceaux d'ensemble, mais l'ouverture de Mozart fut remplacée par celle d'-4nacr^on, de Cherubini.

Despéramons chante un air de Guglielmi. Fémy (de Gand), exécute un concerto de Viotti, Dubois un autre de Devienne.

— 5 avril. 7™® exercice des élèves. Symph.de Mozart. Air SAlceste^ chanté par M"® Dumarés. Concerto de clarinette de X. Lefevre, par Péchignier. Duo de Renaud^ chanté par M"®* Dumarés et Nourrit. Concerto de violoncelle de Baudiot, par Fémy jeune. Sommeil d^Atys^ ch. par M"® Duchamp. MM. Nourrit, Eloy et Aubry. Ouverture de Médée^ de Cherubini.

(1) M"« Himm i}i^^ Albert), chanta, en 1807, le rôle principal dans les Prétendue^ de Lemoine. Un chroniqueur écrit à ce sujet :

• Elle dit bien le récitatif, chante avec intelligence, finesse, expression et méthode ; cette musique est toujours entendue avec un nouveau plaisir ; elle est mélodieuse et bien adaptée à la scène. »

— 2o avril, (i) 9"® exercice des élèves. Symph. en so^mineur de Mozart. Air de Sémtramis, de Catel, ch. par Nourrit Concertante pour flûte, cor et basson, exéc. par Guillou, Collin jeune et Dossion. Stabat, de Pergolèse, par M"®® Himm et Pelet. Concerto de Viotti, exéc. par Habeneck aîné. Offertoire de Jomelli. Ouverture deFaniska^ de Cherubini.

— 3 mai, 10"® exercice des élèves. Symph. d'Haydn. Air de Cimarosa, ch. par M"® Goria. Concerto de hautbois de Vogt, exéc. i>ar l'auteur. Air d'Ariodant^ ch. par M"® Forceville. Concerto de Viotti, exéc. par Conrentin Habeneck. Duo de Bianchi, ch. par M"®* Goria et Forceville. Litanies de Durante, ch. par M^'®® Goria, Forceville, Guillou, Pelet, Duchamp, Corbin, MM. Nourrit, Eloy, Boulanger, Albert, Bonel et Aubry.

— 10 mai. Le concert a lieu avec le concours de M"®* Goria, (J) Himm, MM. Nourrit, Albert, Dacosta, clarinettiste, et Mazas, violoniste.

— 24 mai, à 2 heures. Symph. en ut de Mozart. Air d'Atys^ de Piccini, ch. par M™® Branchu (M'^® Chevalier). Concerto de Viotti, exéc. par Habeneck aîné. Sonate de piano, comp. et exéc. par Zimmermann. Scène italienne de Piccini, par M"^® Branchu. Air varié pour violon, comp. et ex. par Habeneck. Trio de Lodoïska, de Cherubini, chanté par M™® Branchu, M"® Pelet et Eloy.

— 21 août. Jour de la distribution des prix aux élèves du Conservatoire, présidé par le Ministre de l'Intérieur.

M. Arnault, chef de la division d'instruction publique, prononça un long discours. (Distribution en même temps aux élèves des écoles de médecine, de pharmacie, des Lycées, de peinture, etc.)

Harmonie.—- Prix: François-Gaspard Camille, né en 1789, du département de Seine-et-Oise, élève de Catel.

Accessits : 1® Félix Cazot, né en 1790, élève de Catel. 2® Jean- Baptiste Hostie, né en 1787, élève du même.

Composition. — Accessit : Jean- Jac. Vidal, né en 1789, élève de Gossec et Catel.

(1) Le 30 avril, le fameux Sleibelt donne Un concert à la salle Olympique.

(2) Sophie Goria, née en 1788, du département de la Seine, élève de Garât, remporta au Conservatoire de Paria, en 1807, le 1' prix de chant.

En ISiO, elle chantait au Théâtre Buifa.

Qiant. — Prix : M"* Sophie Goria, née en 1788, élève de Garât. Accessit : M"* Lucile Vuarnîer, née en 1789, élève du même. Violon. — Prix : Ch. Rod. Guérin, né en 1789, élève de Kreutzer. Nota, Les prix et les accessits des autres parties ont été proclamés en séance publique au Conservatoire.

— 1808.(1) Les exercices du Conservatoire sont toujours fréquentés par un concours de fidèles amateurs. On y est toujours étonné de la quantité de concertants dont le talent a devancé Tâge et qui promettent sur les divers instruments, des sujets de première force. La partie du chant est moins forte.

— 4 février, à 2 heures. Symphonie d'Haydn. Air d'Hàndel, chanté par M"® de Galaup, élève-pens'onnaire. Nouveau concerto de basson de Ozi', par Henry. Air de Sacchini, ch. par M^'® de Galaup. Concerto de Viotti, exécuté par Conrentin Habeneck. Trio de Cimarosa, par M"®* de Galaup, Duchamp et Goria.

— 21 février. Ouverture (/ FratelU Rival f\ de Winter. Air de /?oZawd, de Piccini, ch. par M^^® Goria, élève-pensionnaire. Concertante pour flûte, hautbois, cor et basson, de Devienne, par Guillou, Vogt, Henry et Collin aîné. Air de VAlziro, de Nicolini, chanté par M"® Goria. Concerto de violon d'Aubert, ex. par Mazas. Benedictus, d'Haydn, par M"®' Goria, Duchamp, MM. Eloy et Albert, élèves. Symphonie en soZ-mineur, de Mozart.

— 13 mars. Ouverture d'Adrien, de Méhuî. Air de Cimarosa, ch. par M"® Vuarnier. Nouvelle concertante pour cor, par Colin frères. Air d'Ariodant^ de Méhul, par M^*® Vuarnier. Concerto ile violoncelle de Lamare, par Norblin. Quatuor de Echo et Narcisse, de Gluck, par M"®' Goria, Vuarnier, MM. Boulanger et Alexandre. Symphonie nouvelle en miàémol, de Mozart

— 27 mars. 4"™® exercice des élèves. Ouverture de Méhul. Air de Toratorio Jéricho, de Mozart, ch. par M"® Himm. Concertante pour deux violons, de Kreutzer, par F. Femy et Isidore Dessalle. Air délie Nozze di Figaro, de Mozart, par M"® Himm. Concertante pour cor et basson, de A. Lefevre, exéc. par Pechignier et Dossion. Nouveau trio de Faniska, de Cherubinî, ch. par M"®* Pelet, Himm et Albert Symphonie d'Haydn.

(1) Cette année on publiait à Parie des sonates de liOuis Van Beethoven.

— 3 î^^^*^- Ouverture de la Flûtt enchantée^ de Mozart Concerto de flûte de Tulou, exécuté par Guillou. Duo de Cimarosa, chanté par M"* Lelong et M. Boulanger. Concerto de Rode, exéc. par Hypolile Dessalle. Trio de Mayer, par M"®® Goria, Lelong et M. Boulanger. Symphonie d'Haydn.

— lo avril. 5"*® exercice des élèves. Ouverture du Jeune Henri^ de Méhul. Air de Martini, ch. par M"® Vuarnier. Concerto de clarinette, comp. et ex. par Franco-Dacosta. Air de Mozart, ch. par M"® Goria. Concerto de violoncelle, de Lamare, exéc. par Femy jeune. Quartetto dei Viaggiatori felici^ de Cherubini, chanté par M"® Vuarnier, MM. Nourrit, Boulanger et Albert. Symp. en w^mineur, de Beethoven. (Le programme écrit Beethowen.)

— 17 avril. Ouverture de Médée, de Cherubini. Quintetto de Cosi fan (utte, de Mozart, par M"*® Vuarnier, Goria, MM. Boulanger, Alexandre et Albert. Premier concerto de flûte de Eerbiguier, exéc. par Dubois. Air de Sémiramis, de Catel, ch. par M^^® Goria. Concerto de Viotti, par Joseph Habeneck jeune. Benedictus du Requiem de Mozart. Symphonie d'Haydn.

---24 avril. Ouverture SAnacréon, de Cherubini. Quintetto du même opéra, chanté par M"®" Pelet, Galaup, Lemaire, MM. Eloy et AllKTt. Concerto de cor de Punto, par Ch. Petit. Air de Sacchini, par Despéramons. Concerto de Viotti, exécuté par Vidal. Air de Mozart, ch. par Despéramons. Symphonie d'Haydn.

Prix des places : S, 4 et 3 francs.

— 8 mai. Ouverture de Sémiramis, de Catel. Trio des Artistes par occasion, de Catel, ch. par Despéramons, Nourrit et Albert. Concertante pour hautbois, clarinette et basson de X. Lefevre, par Vogt, Péchignier et Dossion. Air de Mozart, ch. par M"® Pelet. Concerto de Romberg, exéc. par Guérin aîné. Offertoire de Jomelli. Symph. en ut, de Mozart.

— 22 mai. 10™® exercice des élèves. Ouverture de Timoléon, de Méhul. Air de Woellf, ch. par M"® Himm. Concerto de Viotti, exéc. I)ar Mazas. Trio de Fanisha, de Cherubini, ch. par M"®^ Himm, Pelet et M. Eloy. Thème varié i)our violon, comp. et exéc. par Mazas. Stabat, de Pergolèse, par M"®* Himm et Pelet. Symph. d'Haydn.

— juillet. Exécution de la messe de Requiem, de Mozart, à la cérémonie de l'inhumation de S. Em. le cardinal de Belloy à l'église

Métropole, sous la direction de Desvîgnes, maître de chant à cette église. Desvîgnes a composé une marche funèbre pour la bataille d'Austerlitz, qu'il a fait exécuter à la même occasion. Les élèves du Conservatoire y contribuaient

— 23 août Distribution des prix aux élèves du Conservatoire, à la salle de l'Institut, en présence du Ministre de l'Intérieur.

Composition. — Prix : Joseph Daussoigne, élève de Méhul.

Harmonie. — Prix : Ch. Bochsa, élève de Catel.

Piano. — Prix : M"® Augustine Renaud, élève d'Adam.

Violon. — Prijf : Bernard-Isidore Dessalle, élève de Kreutzer. 2® prix: Jean- Jacques Vidal, élève du même.

Violoncelle. — Prix : Henry Femy, élève de Baudiot

Hautbois. ^ Prix : Louis Fouquet, élève de Sallantin.

Basson. — Prix : Jean-Nicolas Savary, élève de Delcambre,

Conditions des concours d'entrée :

I** Lire dans toutes les clefs usitées des morceaux présentés par le jury.

2** Exécuter sur l'instrument un morceau au choix du candidat

3® Répondre aux questions posées par le jury sur la marche des accords.

— 1809. 5 février, à 2 heures. Exercice des élèves. Symphonie d'Haydn. Air de Beniotoski, de Boieldieu, ch. par M"® Porte. Concertante de Devienne, exéc. par Vogt, Guillou, Blagy et Henri. Air de la Création, d'Haydn, ch. par M"® Porte. Symph. en soZ-mineur de Mozart. Duo de Montano et Stéphanie^ de Berton, par M^^® Porte et Eloy.

— 19 février. Symphonie en ré, de Mozart Air de Piccinî, ch. par M^^® Goria. Sonate de piano d'Adam, exéc. par M"® Renaud. Concerto d^ Kreutzer, exéc. par Dessalle aîné. Air de Nicolini, ch. par M"® Goria. Symph. d'Haydn.

— 12 mars. Symph. de Méhul. Air de Mozart, ch. par M"® Himm. Concerto de violon d'Aubert, exéc. par Mazas. Ouverture du Mont Bernard, de Cherubini. Air de Paër, ch. par M"® Himm. Concertante de X. Lefevre, exéc. par Vogt, Péchignier et Dossion.

— 19 mars. Symph. d'Haydn. Air de Cimarosa, ch. par M"® Vuarnier. Concerto de Viotti, exéc. par Duret Concertante de X. Lefevre,

par Vogt, réthignier et Dossion, (hautbois, clarinette et basson). Air de Berton, ch. par M"® Vuarnîer. Symphonie de Mozart

— 26 mars. Deuxième symph. de Méhul. Air de Catel, chanté par M"*® Boulangerai) élève du Conservatoire, qui paraît pour la première fois en public. Nouveau concerto de clarinette, de Franco Dacosta, joué par l'auteur. Trio de Cherubini, ch. par Nourrit, Eloy et AlberL Concerto de Kreutzer, exéc. par Desauzay.(2) Air deCimarosa,ch. par M"^® Boulanger. Ouverture de la FhUe enchantée^ de Mozart.

— 2 avril. Ouverture de Don Giovanni^ de Mozart, suivi de l'introduction, ch. par M"® Porte, Eloy, Albert et Alexandre. Concertante pour cor et basson de Wiederkehr, par Petit et Fougas. Air de Méhul, ch. par M"® Porte. Deuxième symphonie de Méhul. 0 Salutaris, de Gossec, ch. par Nourrit, Eloy et Albert. Nouveau concerto de Kreutzer, par Rod. Guérin. Fragment de symphonie d'Haydn.

— 16 avril. Symph. d'Haydn. Air de l'oratorio Jéricho, de Mozart, ch. par M"® Himm. Symph. concertante d'Eler, par Vogt, Guillou, Blangy et Henry. Ouverture des Deuœ Journées, de Cherubini. Vidit suum du Stàbat, de Pergolèse, par M"® Himm. -Concerto de Viotti, exéc. par Habeneck aîné. Fragment de symphonie d'Haydn.

— 7 mai. Le 9™® exercice . que le Conservatoire organisa se donne avec le concours de M"™® Duret et son mari. On y chanta l'excellent quatuor de Cherubini dei Viggiatori felici, et l'orchestre exécute une symphonie du jeune Reicha, où il y a une grande abondance d'idées, du chant et de la science. (Le programme de ce concert manque.)

— 14 mai. Symph. de Mozart. Air de Piccini, ch. par M"® Duchamp. Concerto de flûte de Hugot, exéc. par Dubois. Trio de Cherubini, ch. par Nourrit, Eloy et Albert. Nouveau concerto de violon, exéc. par Mazas. Air de Cherubini, ch. par M"® Duchamp. Ouverture de Winter.

— 21 mai. Troisième symph. de Méhul. Air à'Ariodant, de Méhul, rh. par M™® Boulanger. Concerto de Viotti, exéc. par Vidal. Air de la Mort d'Abel, de R. Kreutzer, ch. par Eloy. Ouverture d'Anacréon, de Cherubini. Air de Paisiello, ch. par M"*® Boulanger. Symph. d'Haydn. (Fragment.)

(1) M^^ Boulanger possédait une voix étendue élevée ; elle avait de Tàme, de la sensibilité, de l'expression, et soutint qoblemeqt Técole française. (s) Musicien inconnu,

— i8io. i8 février. Concert consacré à la mémoire de Joseph Haydn, (i) Chant sur la mort d'Haydn, par Chérubin!, exéc. par M"™® Boulanger, MM. Ponchard et Cœuriot, pensionnaires. Symphonie d'Haydn. Chœur de Topera d'Orphée, d'Haydn, ch. par les élèvespensionnaires. Concerto de violon, sur des motifs de symph. d'Haydn, par Kreutzer, exéc. par M. Guérin. Benedictus, d'HaycJn, ch. par les élèves-pensionnaires. Symphonie d'Haydn.

— 25 février. 2"*® exercice des élèves. Symph. d'Haydn. Chœur de l'opéra û'Orphée, d'Haydn, ch. par les élèves-pensionnaires. Chant sur la mort d'Haydn, par Cherubini, exéc. par M*"® Boulanger, MM. Ponchard et Cœuriot. Symphonie d'Haydn. Benedictus en M^mineur, d'Haydn, ch. par les élèves-pensionnaires. Fragm. de Symph. d'Haydn.

— II mars. 3"^® exercice des élèves. Symphonie de Mozart Duo de DémophoYiy de Cherubini, ch. par M"® Pelet et Eloy. Concerto de piano, de Pradher, exéc. par Lambert. Fragment du Requiem, de Jomelli. Ouverture de la Flûte enchantée, de Mozart Trio des Artistes par occasion, de Catel, ch. par Ponchard, Cœuriot et Levasseur. Fragment de symphonie de Mozart

— 17 mars. (2) Plusieurs amateurs et professeurs qui composaient l'ancienne société des conc^erts de la rue de Cléry, se sont réunis pour les rétablir chez M™® Blangini.

Il y avait six concerts, dont le premier eut lieu le 17 mars. Le prix d'abonnement était de 24 fr. pour les hommes et de 18 fr. pour les dames.

— 18 mars. 4™® exercice des élèves. Quatrième symph. de Méhul. Air de Berton, ch. par M™® Boulanger. Concerto de violoncelle, de Baudiot, exéc. par Femy. Fragment d'une messe d'Haydn. Ouverture de Médée, de Cherubini. Air de Nicolini, chanté par M™® Boulanger. Fragment de symph. d'Haydn.

(1) Cette composition (Hommage à Haydn) est digne de Cherubini. Cette production inspire à la fois le sentiment du regret et de fadmiration, de la mélancolie et de Tenthousiasme, et par tout un style noble élégant, et cet idéal, qui, dans les arts d*imitation, est toujours la vérité embellie. (Chronique du temps.)

(1) Oo publia ce mois à Paris, chez le Normant, un ouvrage anonyme intitulé : Principes abrégés et raisonnes de musique avec cette épigraphe : Chiamatela diavolo, servi piace^ v\a intonatela^

— 25 mars. 5"® exercice des élèves. Symph. de Beethoven. Trio de Cimarosa, ch. par M"® Vuarnier, Cœuriot et Levasseur. Concerto de violon, de Mazas, exéc. par lauteur. Air de Mozart, chanté par M"® Vuarnier. Ouverture du Jeune Henri, par Méhul. Triode V Hôtellerie portugaise, de Cherubini, ch. par Ponchard, Cœuriot et Levasseur. Fragment de symphonie d'Haydn.

— 1811. A la distribution des prix on a exécuté : Symph. concertantes de Wiederkehr et de Kreutzer. Air de Titus, de Mozart, par Ponchard. Air de Nicolini, par M"™® Boulanger. Duo de l'Ami de la maison, de Grétry, par M""® Boulanger et Ponchard.

— 3 mars, i"^ exercice des élèves. Symph. d'Haydn. Trio de Féîicr, de Monsigny, ch. par M"® Callauts, Cœuriot et Cheret. Concerto de piano, de Dussek, ex. par Hérold.(i) Duo de Camilla, de Paër, ch. par Cœuriot et Cheret. Une ouverture de Paër. Sextuor de Don Juan, de Mozart, ch. par M™®* Callauts, Augusta, I.ecler, MM. Levasseur, Ponchard et Cheret. Fragment de symphonie d'Haydn.

— 10 mars. 2"*® exercice des élèves. Symphonie en 5oZ-mineur de Mozart. Air de Montano de Berton, ch. par M™® Boulanger. Concerto de violon de Lafond, exéc. par Fontaine. Polonaise de Trento, ch. par M"™® Boulanger. Ouverture de laFliite enchantéeydG Mozart. Trio de V Hôtellerie poi^ug aise, de Cherubini, ch. par Levasseur, Ponchard et Cœuriot. Fragment de symphonie, de Mozart.

— 17 mars. 3"® exercice des élèves. Symphonie d'Haydn. Air de Mélidore et Phrosine, de Méhul, ch. par Ponchard. Concerto de cor, de Domnich, exécuté par Collin jeune. Duo de V Embarras des Richesses, de Grétry, ch. par Ponchard et Levasseur. Ouverture de V Hôtellerie portugaise, de Cherubini. Trio de Cimarosa, chanté par M"® Callauts, Levasseur et Ponchard. Fragment de symph. d'Haydn.

— 24 mars. 4"*® exercice des élèves. Symph. de Mozart. Chœur et scène SIdomenée, de Mozart. Concerto de violon, exécuté par Armand. Air de Mayer, ch. par Cœuriot. Symph. d'Haydn. Trio des

(1) Louis- Joseph-FerdinaDd Hérold, obtint en 1810 le 1<^^ prix de piano au Conservatoire de Paris, dans la classe de Louis Adam.

L'heureux auteur de Zampa mourut aux Thèmes, près de Paris, le 19 janvier 1833, âgé de 42 ans.

Il fut inhumé au cimetière duPère-Lachaise, près du tombeau de son célèbre maître, Elienae Nicolas- MéhuK

Artistes par occasion^ de Catel, chanté par Ponchard, Levasseur et Cœuriot. Ouverture de la Clémenza di Tito, de Mozart.

-- 7 avril. 6™® exercice des élèves. Symphonie de Mozart. Qiœur de Didon, de Piccini. Concerto de violon, de Rode, exéc. par Desauzay. Air de Zingarelli, ch. par M^^® Callauts.(i) Ouverture d'Anacréon, de Qierubini. Trio de Mozart, chanté par M"® Callauts, Ponchard et Levasseur. Fragment de symphonie d'Haydn.

— 14 avril. 7™® exercice des élèves. Symph. d'Haydn. Chœur du Voyage au Mont Bernard, de Cherubini. O Salut aris, de Gossec, exéc. pour trois cors par Colin aîné, Colin jeune et Ch. Petit. Air de Mozart, ch. par Levasseur. Ouverture du Sacrifice d' Abraham ^ de Blangini. Offertoire de Jomelli. Fragment de symphonie d'Haydn.

— 21 avril. 8™® exercice des élèves. Symphonie de Schneitzhoeffer. Litanies de Durante. Solo de flûte, de Furstenau, exéc. par Drouet. Air de Roland, de Piccini, ch. par Cœuriot. (2) Concerto de violoncelle, de Romberg, exécuté par Norblin. Serment de Lodoïska, de Cherubini. Ouverture de Marie de Montalban^ de Winter.

— 28 avril. 9™® exercice des élèves. Symphonie d'Haydn. Chœur d'Uthal, de Méhul. Concerto de Viotti, exéc. par Joseph Habeneck. Trio de V Hôtellerie portugaise, de Cherubini, chanté par Ponchard, Cœuriot et Levasseur. Ouverture du Jeune Henri, de Méhul. Chœur dildoménée, de Mozart. Fragment de symphonie d'Haydn.

— 5 mai. 10™® exercice des élèves. Symph. de Beethoven. Duo de Lina, de Dalayrac, ch. par Rigault et Lecomte. Concerto de piano, de Dussek, exéc. par Lambert (3) Trio de r Auberge ds Bagnêres, de Catel, chanté par M^^® Callauts, Ponchard et Levasseur. Ouverture d'Adrien, de Méhul. Chœur religieux et serment d'Athalie, de Gossec. (4) Fragment de symphonie.

— 19 mai. 12*"® et dernier exercice des élèves. Cantate à trois voix

(1) M"« Marie-Sophie Callauts, obtint en 1812, le !«' prix de chant au Conservatoire.

(s) Paul- Joseph Cœuriot, obtint en 1811, le !«' prix de chant au Conservatoire.

(3) P.-C. Lambert, fut lauréat au Conservatoire en 1812.

(4) Le respectable doyen du Conservatoire, M. Gossec, n'a pas été oublié. Son OSalutaris a été exécuté d'une manière singulière et neuve, qui ne tirera point à conséquences. Les trois virtuoses ont abordé franchement la difficulté et en ont triomphé.

Ues morceaux de Orétry ont été redemandés. Il a plu au public ami d<i

sur la Mort éCHaydn^ de Cherubîni, ch. par M™® Boulanger, Ponchard et Cœuriot. Symph. d'Haydn. Air de Nicolini, ch. par M"*® Boulanger. Ouverture de la Flûte enchantée^ de Mozart. Quartette dei Viggiatori felici^ de Chérubin*, ch. par M^^® Callauts, Ponchard, Cheret (i) et Levasseur. Fragment de symph. d'Haydn.

— 7 juillet. Concert extraordinaire pour l'inauguration de la nouvelle Salle de Concerts. Premier moneau d'une symphonie d'Haydn. Cantate sur la Naissance de S. M. le roi de Rome, par Arnault, membre de l'Institut, musique de Méhul, Cherubini et Catel. (Les parties principales seront remplies par M™®^ Eranchu, Himm, Duret et Boulanger et M. Eloy. Les anciens élèves du Conservatoire, attachés aux grands théâtres de Paris, se réuniront à l'Ecole pour l'exécution de ce morceau.) Andante de la symphonie d'Haydn. Air de Piccini, chanté par M"® Branchu. Air varié pour violon, par Rode, exéc. par Duret. Air de Mczarr, chanté par M"^ Himm. Duo dUphigénie en Tauride, de Gluck, (h. par Nourrit et Dérivis. Air de Nazolini, ch. par M"^® Duret, Fragment de symphonie en so/-mineur de Mozart.

La distribution des prix a lieu le 27 juillet, présidé par S. Exe. le Ministre de l'Intérieur.

— 1812. (2) 16 février. 1®^ exercice à grands chœurs. Symphonie d'Haydn. Air chanté par Cœuriot. Concerto de Viotti, exécuté par Pasdebup. Première partie de l'Oratorio de la Création, par Haydn. Parties principales du chant : M"® Callauts, Ponchard et Levasseur.

— 23 février. Exercices dramatiques. Second acte des Danaïdes^ de SaKtri. St ène du quart-d'heure du Magnifique, de Gréiry.

— I mars. Symph. d'Haydn. Air de Zingarelli , ch. par Levasseur. Duo de piano de Sreibelt, exéc. par Cazot et Dubois. (3) Quartetto dei

Texpression musicale juste, franche, animée, appropriée au personnage et conforme au sujet. O.nne tulit punctum. (Chronique du temps.)

(1) Pierre- Jacques Cheret, obtint un prix de tragédie lyrique au Conservatoire en 1812.

{%) On trouve dans les journaux de 1812 une notice sur les travaux du Conservatoire, et sur les objets d'invention ou de perfectionnements qui ont été renvoyés à son examen en 1812. On y trouve des rapports sur l*orgue expressif de Qrénié, sur la nouvelle clarinette de Millier, sur le violon sans barre de Baud, sur rélévalion du diapason, et sur le chronomètre de Despréaux.

(3) Auguste Dubois, musicien inconnu, a été lauréat au Coaservatoire en 1811.

Viggiatori felici, de Cherubini, chanté par M"* Callauts, Ponchard, Cheret et Levasseur. Concerto de Viotti, exéc. par F. Pasdeloup. (i) S( ène et chœur d'Idoménée, de Mozart. Duo de X Embarras des Richesses, de Grétry, ch. par Ponchard et Levasseur. Fragments de symphonie d'Haydn.

— 8 mars. Ouverture d'^Anacréon^ de Chenibinî. Aîr de Nicolinî, rh.par M*^® Duchamp. Concerto de violon deViotti, par Jobin aîné. (2) Duo de ZingarelH, par M"® Duchamp et Ponchard i*"* partie de la messe à trois voix, de Clierubini. Les parties principales du chant seront exécutées par M"® Callauts, Ponchard et Levasseur.

— 15 mars. Ouverture d'Armide, de Gluck. 3"® acte d'Andromaque, de Racine. 2*"® acte d'Armide, de Gluck, i*" acte de V Avare, de Molière. 2"*® acte du Jugement de Midas, de Grétry.

— 22 mars. Symphonie d*Haydn. Preghiero, de l'opéra Roméo et Juliette, de Steibelt, chanté par M"® Callauts. Concerto de hautbois, comp. et exéc. par Vogt. Scène et chœur de Médée, de Cherubini. Parties principales : M"® Leclerc,(3) Ponchard et Levasseur. Ouverture de Démqphon, de Vogel. Air de Y Auberge de Bagnêres, chanté par Cœuriot. Offertoire de Jomelli. Fragment de symphonie d'Haydn.

— 29 mars. Ouverture de Faniska, de Cherubini. Air de Mozart, ch. par M"® Drouillard. Concerto de violon, de Viotti, exécuté par J. Habeneck. Seconde partie de la messe à trois voix, de Cherubini. Credo, Sanctus, Agnus Dei. Parties principales par M"® Callauts, Ponchard, Cœuriot et Levasseur. Fragment de symphonie d'Haydn.

— 5 avril. Exercices dramatiques. Ouverture d'Iphigénie en Auli'de, de Gluck. Symphonie de .... Fragments d'Iphigénie en Aulide, Fragments du Tableau parlant, de Grétry.

— 12 avril. Symphonie de Mozart. Polonaise de Paër, chantée par Ponchard avec accompagnement obligé de violoncelle par Norblin. Concerto de violon de Viotti, exéc. par Duret. Trio des Artistes par

(i) Père du chef d^orchestre des Concerts populaires à Paris, et qui obtint en 1809, le l^" prix d^harmonie, et le V prix de violon en 1811 au Conservatoire.

(t) Joseph-Marie Jobin, artiste inconnu, qui remporta en 1811, le premier prix de violon au Conservatoire avec François Fémy, de Oand.

(3) W^ Louise- Victorine Leclerc, obtint en 1811 au Conservatoire un prix de chant.

occasion, de Catel, (h. par Pcnchard, Cœuriot et Levasseur. Ouverture du Jeune Henri, de Méhul. Aîr de Curci , ch. par M™« Vuanîer- Desanoy, avec accompagnement de cor anglais, par Vogt. Chœur du Voyage au Mont-Bernard, de Cherubini. Fragment de symphonie de Mozart.

On fait reloge du talent de Duret.

— 19 avril. Exercice à grands chœurs. Symph. militaire d'Haydn. Duo de Grétry, ch. par Ponchard et Levasseur. Concerto de violonf elle de Paudiot, exéc. par O.-C. Vaslin. (1) Fragments des chœurs à'Aehalie, de Gossec. Ouverture de Marie de Montalban, de Winter. ( haur de il Trionfo délia Chiesa, de Paër. Fragment de symphonie d'Haydn.

~ 26 avril Exercices dramatiques. Fragment de Zai're, de Voltaire. Fragments d'Œdipe à Colone, de Sacchini. Fragments de Ylrato, de MéhuL

— 3 mai. Symph. de Mozart. Duo d'Orphée, de Gluck, chanté par M°^« Duret et Lecomte. Concerto de piano, exéc. par M"« Jams.(2) Air de Camille, de Paër, ch. par M°^» Duret. Duo du Crescendo, de Cherubini, chanté par Ponchard et Levasseur. Polonaise, ch. par M"® Duret. Fragment de symphonie d'Haydn.

-- 10 mai. Symph. d'Haydn. Duo d'Epiçure, de Cherubini, ch. par M"® Callauts et Cœuriot. Concertante pour flûte, cor et basson, exéc. par Mondnix, Dauprat et Dossion. Air deTritto, ch. parM"«Dechamp. Concerto de violon de Viotti, exéc. par Habeneck aîné. Acte des Enfers, d'Orphie, en italien, tel qu'il a été primitivement composé par (îluck, pour Guadanier. Orpht'e, M"« Dechamp. Fragment de symphonie d'I laydn.

— 17 mai. Ouverture de .... Fragment dU^Aa/*^. de Racine. 2»« acte des FourherivH de Svajnn, de M t^lilTe. Fragments d'/p^iï^^^nie en Aulide, (le (ilu( k. S( Ina du (juart-d'hcure du Magnifique, de Grétry.

— 181J. 21 lovrit^r. l'Aun i» u \\ t^rmulti ( h(Burs. Oratorio de la Création du A/oHih^ d'Ilayiiu.

- 38li'vriiu\ hy)M|.h. d'M.i>Hiï. 'lYin du FJoravanti, ehanté par

(le l'ui'ia eu IHIO-

M"«»Wunderlîch, Paîllard (i)et Levasseur. Solo de flûte de Mcngal, ex, par Guillou. Air de Fioravanti, ch. par Levasseur. Ouverture de V Hôtellerie portugaise, de Cherubini. Air de Vincenzo Martini, r.h. par M"® Wunderlich. Sextuor de Don Juan, de Mozart, chanté par M"®* Callauts, Paillard et Leclerc, MM.Ponchard, Cheret et Levasseur. Fragment de symphonie d'Haydn.

— 7 mars. Exercices dramatiques. Ouverture deOubriellecTEstrées, de Méhul. i®** acte de Cinna, de Corneille. Ouverture de Y Auberge de Bagnéres, deCatel. Fragments de V Obstacle imprévu, et Destouches, i®*" acte de Tarare, de Salieri.

— 14 mars. Symph. d'Haydn. Duo du Crescendo, de Cherubini, ch. par Levasseur et Rigault. Concerto de violon de Viotti, exéc. par Fontaine. Air et final des Aubergistes de qualité, ch. par Lecomte, M"®* Callauts, Paillard, Chaumel, et MM. Rigault, Aug. Ponchard, Levasseur, Cheret et Louvet. Ouverture de la Flûte enchantée, de Mozart Air de Roland, de Piccini, ch. par M"® Paillard. Trio du Mariage secret, de Cimarosa, chanté par M"^* Callauts, Paillard et Chaumel. (2) Fragments de symphonie d'Haydn.

— 21 mars. Ouverture de Montano et Stéphanie, de Berton. 2"^® acte ^Iphigénie en Aulide, de Racine. Ouverture de Camille, de Paër. Fragments du 2"® acte de V Avare, de Molière. 4*"® acte des Danaîdes, de Salieri. 2™® acte des Fourberies deScapin,de Molière.

— 28 mars. Symph. d'Haydn. Duo de Fioravanti, ch. par M"®* Lecler et Wunderlich. Concerto de violon de Viotti, exéc. par Pasdeloup. Final du i®*" acte SElisa, de Cherubini. Solos : M"«« Callauts, Paillard, et Rigault, Louvet et Cheret. Ouverture d!Anacréon, de Cherubini. Air de Mayer, ch. par M"® Wunderlich. Trio des Artistes par occasion, de Catel, chanté par Rigault,(3) Lecomte et Levasseur. Fragments de symphonie d'Haydn.

— 4 avril. Exercices dramatiques. Ouverture de Médée, de Cherubini. 2*"® acte des Horaces, de Corneille. Ouverture du Mariage de

(1) M^i'J.-V. Wunderlich, obtint en 1813, le second prix de chant ao Conservatoire.

M"« A.-E. Paillard eut le l«r prix.

{%) M"« Amélie- Adèle Chaumel, obtint un prix de grand opéra au Conservatoire en 1813.

(3) On accorda à François Rigault plusieurs prix en 1811 et 181^.

Figaro, de Mozart. Scènes SAmphytrion, de Molière. Fragment SŒdipe, deSacchini. 3'***arte ùwBarhier (?e5'i^t7te, de Beaumarchais.

— II avril. Symph. de Mozart. 0 Salut arts, de Gossec, chanté par Lecomte, Rigault et Levasseur. Concerto de violon, de Viotti, exéc. par Jobin aîné. Final de V Auberge de Bagnêres, de Catel, chanté par M**®® Callauts, Lecler, Paillard, Augusta, Dusart, et MM. Rigault, Lecomte, Cheret et Levasseur. Ouverture de Médée, de Cherubini. Air de Nicolini, ch. par M"* Lecler. Chœur et marche àiAthalie, de Gossec. Fragments de symphonie d'Haydn.

— i8 avril, (i) Trio sur la mort d'Haydn, de Cherubini, ch. par M"® Paillard, Rigault et Lecomte. Concerto de violon de Kreutzer, exéc. par Armand. (2) Air des Bayadêres, de Catel, chanté par Rigault. Symphonie d'Haydn. Duo de Cimarosa, ch. par M"®® Paillard et Wunderlich. Offertoire de Jomelli. Fragment de symphonie d'Haydn.

— 2 mai. Symph. de L.Van Beethoven. Air de Giordanello, ch. par M'^® Paillard. Solo de hautbois, composé et exécuté par Vogt. Air du Mariage de Figaro, de Mozart, ch. par Levasseur. Ouverture de Jean de Paris, de Boieldieu. Trio du Mariage secret, de Cimarosa, ch. par M"®^ Wunderlich, Paillard et Chaumel. Concerto de violon de Rode , exéc. par Alexis Desauzay. (3) Final des Deux Journées, de Cherubini, chanté par M"®* Paillard, Lecler, MM. Lecomte, Rigault, Cheret et Levasseur. Fragment de symphonie d'Haydn.

— 9 mai. Exercices dramatiques. Ouverture Slphigénie enAulide, de Gluck, i®*" acte de Mithridate. Fragment â'Iphigénie en A ulide, de Gluck. 2"™® acte de VÉcole des Maris, de Molière. Scène du quartd'heure du Magnifique, de Grétry.

— 16 mai. S5nTiphonie d'Haydn. Air de Sémiramis^ de Catel, ch. par M"*® Boulanger. Concerto de cor, comp. et exéc. par Colin jeune. Duo de Pirro, de Paisiello, ch. par M"® Wunderlich et Ponchard. Ouverture du Jeune Henri, de Méhul. Air de Nicolini, chanté par

(1) Le 13 avril, les acteurs du Théâtre de rOpéra-BulTa, ont exécuté sur le Théâtre de la Cour à Saint-Cloud, Topera : // Pazzo per la Musica, musique de Mayer. Le 14 mai les mêmes acteurs ont chanté à Saint-Cloud, un acte de Don Juan.

(s) Louis-Joseph Armand, artiste inconnu, et qui obtint en 1812, le 1^^ prix au Conservatoire.

(3) Il obtint le l" prix au Conservatoire en 1810.

M"^® Boulanger, avec accompagnement de cor anglais, obligé, exéc. par Vogt. Concerto de violon de Viotti, exéc. par Vidal. Final deîV Imprésario m Angustie, de Paisiello, ch. par M"^* Paillard, Wunderlich, MM. Rigault, Cheret et Levasseur. Fragment de symph. d'Haydn.

— Concert après la distribution des prix. Ouverture d'Blisca, de Grétry. Fragment du 3*"® acte de Mitridate. (1) Concerto de Baillot, par E. A. Wiele, i®*^ prix de violon en 1813. Airs de Zémire et Azor, de Grétry. Fragment du Disirait, Fragment du i^*" acte à'Armide,

— 1814. II avril. Symphonie d'Haydn. Air et marche d'Andreozzi, chanté par Lecomte. Concerto de violon de Baillot^ exéc. par Wiele. Duo de Nazolini, ch. par M"® Paillard et Lecomte. Ouverture du Jeune Henri. Air de Cimarosa, ch. par M^^® Paillard. Trio des Artistes par occasion^ de Catel, ch. par Rigault, Lecomte et Levasseur. Fragment de symphonie de Beethoven. (2)

— 17 avril. 2*"® exerc ite. Chant sur la mort d'Haydn, par Cherubinî, ch. par M"® Paillard, Lecomte et Begrez. Airs russes variés sur le violoncelle, par Romberg, exéc. par Norblin. Air de Portogallo , ch, par Eégrez. Quintetto de Reicha pour flûte, clarinette, hautbois, cor et basson, exéc. par Guillou, Péchigier, Vogt, Colin jeune et Henry. Air du Mariage de Figaro, de Mozart, ch. par Levasseur. Symphonie de Mozart. Trio du Mariage secret ^ de Cimarosa, par M"®^ Paillard, Leclerc et Chaumel. Fragment de symph. d'Haydn.

Programme magnifique et exécution splendide.

— 15 mai. Concert demandé. Chant sur la mort d'Haydn, de Cherubini, par M"® Paillard, Lecomte et Levasseur. Air de Portogallo, ch. par Eégrez. Concerto de violon de Rode, exéc. par Vidal. Duo du

(1) Le programme n^iodique pas Tauteur de la musique. Il y a des opéras de ce nom d'Âliprandi, Bioni, Caldara, Giai, Graun, Tarchi, Zingarelli, Tadolini et Mozart.

(2) Dans la Gazette de France d*août 1814, ou écrit sur ce concert du Conservatoire :

•i Une symphonie de Beethoven a excité une sorte d'enthousiasme parmi les connaisseurs. Il était moins dû à Toriginalité du style qu'à la chaleur extrême et à la précision instrumentale de Texécution. C'est après de tels morceaux que Ton se sent entraîné k s'écrier comme un auguste amateur (l'empereur Alexandre de Russie) : « On ne se fait pas d'idée du degré où peut atteindre l'exécution instrttmentale,qaand on o*a paseotendu Torchestre du Conservatoire de France. >•

Mariage secret, de Cimarosa, chanté par M"® Paillard et Levasseur. Symph. d* Haydn. Axi SAriayie, d'Edelmann, ch. par M"® Paillard. Ouverture de la Flûte enchantée. Offertoire de Jomelli.

Un concert eut lieu le 3 juin, mais le programme manque. Dans un journal du temps nous lisons :

" Le dernier exercice du Conservatoire avait attiré une réunion d amateurs aussi nombreuse que brillante ; on avait Tespoir d'y voir assister un des princes de la famille royale, et cet espoir n'a pas été déçu. S. A. R. M^^ le duc de Berry, après avoir été reçu par lé directeur et les professeurs, a paru à une heure dans sa loge; sa présence a excité des acclamations unanimes auxquelles il a répondu avec une extrême bienveillance.

„ L'exercice a commencé par l'ouverture SAnacréon. Le prince a exprimé à M. Cherubini tout le plaisir que lui avait fait ce beau morceau de musique ; il a aussi adressé à MM. Gossec et Méhul des paroles obligeantes sur leurs talents. Un air de Tulipano^ chanté par M"® Paillard ; le quintetto de Portogallo, un solo de flûte par Guillou, et les airs de Vive Henri IV ci Charmante Oabrielîe, joués sur le violon avec une grande perfection par Habeneck, ont précédé la première partie de loratorio de la Création, qui a été exécuté avec autant de chaleur que d'ensemble.

„ Le prince a témoigné au directeur, à plusieurs reprises, la satisfaction que lui faisait éprouver cette nombreuse réunion de jeunes talents, et le parfait ensemble qu'ils mettaient dans leur exécution. Il a fait plusieurs questions sur l'état du Conservatoire, el a pris connaissance de l'organisation de cet établissement avec un grand intérêt.

„ Après l'exercice, le prince est passé dans le salon où étaient réunis les professeurs; il a adressé des paroles bienveillantes à plusieurs d'entr'eux, et il a promis à tous sa protection pour l'établissement dont il s'était montré appréciateur éclairé. L'escalier et le beau vestibule s'étaient remplis du public de la salle qui a accompagné le prince jusqu'à sa voiture par des applaudissements et aux cris prolongés de : Vive le Roi ! Vive les Bourbons ! „

— 21 juillet. Exercice-concert à 2 heures. Symphonie de Beethoven. Air de Renaud, de Sacchini, par M*"® Branchu. Solo de clarinette, comp. et exéc. par Dacosta. Duo de Farinelli, ch. par M"® Paillard et Levasseur. Ouverture de Méhul. Air italien de Piccini, chanté par

l^rae Branchu. Sextuor de Don Juan, de Mozart, ch. par M"®® Paillard, Leclerc, Chaumel, MM. Lecomte, Carrette et Levasseur. Fragment de symphonie d'Haydn.

— 28 juillet. Symphonie de Mozart Air de Weigl, chanté par M"*® Albert-Himm. Concerto de Viotti, exécuté par Joseph Habeneck. Duo de Mozart, ch. par M"™® Albert-Himm et Ponchard aîné. Ouverture de Promethée, de Beethoven. Air de Mozart, ch. par M™® Albert-Himm. Final du 1^^ acte des Deux Journées, ch. par M"®* Paillard, Leclerc, MM. Ponchard aîné, Ponchard jeune, Louvet et Levasseur. Fragment de symphonie d'Haydn.

— 29 août Fête en l'honneur de Louis XVIII, à l'hôtel de ville. Exécution d'une cantate au banquet par les élèves du Conservatoire, musique de Berton. Après un repos, le Conservatoire exécute dans la salle de concerts une nouvelle cantate, paroles de Millevoie, musique de Cherubini; (1) elle a produit le plus grand effet

Voici le refrain final :

Seine heureuse ! réjouis-toi,

A l'aspect des fils d'Henri-Quatre ;

Honneur aux chevaliers qui gardent notre Roi !

Malheur à l'ennemi qui viendrait le combattre !

Pour finir ce travail long et pénible nous allons faire suivre quelques discours prononcés aux distributions des prix du Conservatoire, ainsi que quelques appréciations du temps sur les concerts par Geoffroy (2) et S.... (probablement Jean-B. Suard, mort en 1817).

— 1800. " Hier 17 frimaire, la distribution des prix a eu lieu dans la salle du théâtre de la République et des Arts. Les trois consuls, les ministres, plusieurs membres de la législature et du tribunal, les deux

(1) Par arrêté des 7 et U décembre sont nommés chevaliers de la Légion d'Honneur dans la garde nationale. Conservatoire royal : Sarrette, capitainecommandant de la musique; Cherubini, lieutenant; Lefëvre (Xavier), sergent; Duvernoy (Frédéric), id.

(t) Julien-Louis Oeoffroy, né à Rennes, eu 1743.

11 était chargé de la partie des spectacles dans le Journal des Débats (1800) et dans le Journal de l'Empire (1811). Ses feuilletons eurent un succès prodigieux, et ce fut pour le Journal des Débats et pour lui une époque de gloire et de prospérité. {Biographie universelle^ 1841.)

préfets, les secrétaires-généraux, y assistaient en costume. Le concours des spectateurs était immense, les loges étaient extrêmement brillantes.

„ A 7 heures du soir, le Conservatoire de musique a commencé Texercice musical par la belle ouverture de V Hôtellerie portugaise^ de Cherubini. La beauté et l'exécution de cette symphonie ont excité des applaudissements qui tenaient de l'enthousiasme. Cependant on n'est point étonné de cette perfection et des effets qu'elle produit, quand on voit réunis, pour la direction des premières parties d'un orchestre, les Rode, les Kreutzer, les Frédéric, les Salentin, lesLefèvre, et cette foule d'artistes si dignes de les seconder.

„ Après cette symphonie exécutée par les maîtres, les élèves qui ont obtenu les prix pour le cours d'étude de l'an 8, sont venus faire connaître à quels progrès, à quels talents ces prix ont été décernés, par un jury composé des plus habiles maîtres.

„ Parmi ces élèves, qui ont tous mérité des applaudissements, on a remarqué particulièrement celui du citoyen Devienne, le jeune Moudru, qui, à l'âge de lo ou 12 ans, a exécuté une sonate de flûte, avec la précision d'un maître.

„ M"® Philis, élève du citoyen Plantade, a fait aussi beaucoup de sensation : elle a chanté un air de Diane et Endymion, de Piccini, avec beaucoup d'art, et l'expression la plus juste.

„ M"® Ribou n'a pas obtenu moins d'applaudissements ; mais beaucoup de personnes les ont donnés plutôt à sa belle voix qu'à la méthode qu'elle s'est trouvée obligée d'adopter pour chanter un air de la composition du cit. Garât. Ce virtuose jouit d'une célébrité bien méritée, et nous ne pouvons être accusés de vouloir l'affaiblir. Mais nous croyons devoir dire, pour l'intérêt même de l'art, que sa méthode ne convient qu'à lui seul, et que la plupart de ses imitateurs s'abusent sur l'emploi de leurs moyens et de leur talent. En effet, ce qu'il faut retenir des leçons de Garât, ce qu'il faut étudier en l'écoutant, ce qu'il faut emprunter de son rare talent , c'est ce sentiment délicat qui lui indique d'une manière si juste le caractère qu'il doit donner à chaque morceau; cet art de conserver à chaque école le cachet qui la fait connaître; cet accent affectueux, cette expression touchante qu'il donne au cantabile; cette précision musicale qui ne l'abandonne jamais dans les passages du mouvement ou le plus lent ou le plus vif» et de l'exécution la plus diffic île. Ce qu'il faut éviter en l'imitant, c'est

cette sorte d'audace qui luî permet de tout entreprendre, parce que son habileté ne connaît rien d'impossible; ce sont ces prodiges qu'il opëre sans efforts, et pour lesquels, doué seul d'une facilité sans exemple, il se trouve naturellement inimitable.

„ Nous oserons même ajouter que Técole qu'il fonde peut-être sans y prétendre, introduit dans lart musical des défauts brillants, mais qui n'en sont pas moins des défauts, et qu'on pourrait définir en leur appliquant ces vers du Misanthrope :

Ce style si brillant dont on fait vanité, Sort du bon caractère et de la vérité.

„ En général, la musique vocale nous paraît cultivée au Conservatoire avec beaucoup moins de succès que la musique instrumentale ; est-ce la faute des professeurs, ou des élèves, ou de la langue française? Est-ce le résultat des méthodes opposées que l'on y suit, et du défaut d'unité dans le système de l'enseignement? Voilà ce que nous n'oserions décider.

„ Pour nommer tous ceux des élèves qui ont fait une vive impression sur les auditeurs, nous ne devons pas oublier le cit. Zimmermann, qui a touché avec le plus grand succès une sonate de piano, et le cit. Gasse, jeune napolitain, qui a exécuté avec le cit Kreutzer jeune, une concertante de violon.

„ Cet exercice terminé, le ministre de l'intérieur, le directeur du Conservatoire de musique, et les inspecteurs de l'enseignement musical, se sont rendus au lieu préparé pour la distribution des prix.

„ Le ministre a prononcé le discours suivant :

" Jeunes Artistes,

„ Cette fête préparée pour vous; ces nombreux auditeurs, attentifs à vos chants; ces prix qui vous sont décernés: tout vous annonce l'intérêt que la patrie prend à vos suc^cès; tout vous retrace, dans cette enceinte, le pouvoir qu'exerce sur tous les cœurs sensibles l'art enchanteur que vous professez.

„ Eh î quel art, en effet, mérite mieux que le vôtre la reconnaissance des peuples civilisés! C'est par lui, si l'on en croit les premiers historiens, que les hommes encore épars dans les bois furent appelés à goûter les douceurs à la société. C'est lui qui ouvrit leurs âmes à des

affections qui leur étaient inconnues : une allégorie sublime nous peint Apollon descendu du cîel pour apporter le bonheur sur la terre; au son de sa lyre, tout s'émeut, tout s'attendrit, tout se perfectionne. C'est par les charmes de la musique que la science embellit ses premières leçons. Pour apprendre à l'homme l'existence des dieux, on commença par chanter leur puissance; et l'on célébra les merveilles de la nature avant de songer à lui dérober ses secrets.

„ Les écrivains les plus réservés, les philosophes les plus graves, étonnent notre imagination par le récit des prodiges que la musique opérait chez les anciens. Nul doute, du moins, qu'elle n'y fut consacrée à développer les plus sublimes idées de la morale et de la législation. Les préceptes les plus saints, les exemples les plus illustres, les fastes de l'héroïsme et de la religion étaient écrits en vers et chantés en chœurs au son des instruments; soit, comme l'a dit J. J. Rousseau, que l'on n'eût pas trouvé de moyen plus efficace pour graver dans l'esprit des hommes les principes de la sagesse et de la vertu ; soit que l'on ait jugé nécessaire de former une langue particulière pour exprimer avec plus de charme les affections vives, les grandes pensées et les sentiments profonds.

„ Sans avoir conservé parmi les modernes ce caractère de puissance et de majesté, la musique, par l'empire qu'elle exerce sur toutes les passions, mérite la bienveillance attentive . des gouvernements éclairés.

„ Combien de fois, dans les fêtes augustes de la patrie, n'a-t-on pas vu le dévoûment et l'enthousiasme tressaillir à ses accents? qui n'a pas senti que, sous les voûtes de nos temples, la pompe des cérémonies sacrées empruntait de la musique ses plus douces émotions? qui pourrait contester l'influence de la poésie et de la musique, s'il est vrai que leurs chants belliqueux ont eu la gloire de donner souvent une nouvelle énergie au courage même des soldats français? Ce qu'on raconte de Tyrtée a cessé pour nous de paraître une fable; ces prodiges seront écrits dans les pages de notre histoire. (Des applaudissements éclatent de toutes parts.)

„ Mais, s'il est permis au gouvernement d'un peuple guerrier, de chercher, dans la musique , ces impulsions violentes qui sont à la fois le signal et le gage de la victoire, il est bien plus doux, pour les magistrats d'un peuple aimable et sensible, de protéger en elle l'art

qui rapproche tous les états et tous les âges par les mêmes rentîments : en effet, si la musique anime le repos de la richesse oisive, elle adoucit les travaux pénibles de l'indigence; elle donne des idées à l'enfance et des souvenirs à la vieillesse ; organe de la joie et de la douleur, elle sourit avec l'espérance et pleure sur les tombeaux. On dit qu'elle fut accordée à l'homme par un génie protecteur qui voulut le bercer et l'endormir dans les misères de la vie.

„ Tracer le tableau des avantages de la musique, c'est indiquer à ceux qui la cultivent les devoirs nombreux qui leur sont imposés. Jeunes artistes! consacrez, par un noble usage, vos études qui sont un bienfait de la société, et vos talents qui sont un don de la nature ; n'employez les resources de votre art que pour inspirer les passions nobles et généreuses, l'amour de l'humanité, de la patrie et de la vertu. Et n'oubliez jamais qu'un musicien célèbre fut banni de Sparte, pour avoir introduit dans le chant un mode nouveau, dangereux pour les mœurs.

„ Marchez sur les traces des grands maîtres qui vous ont précédés. C'est dans la peinture des caractères vertueux qu'ils ont déployé toutes les ressources de leur génie. Voyez comme Antigone est touchante dans son dévouement, comme Iphigénie est aimable, comme Alceste est sublime! Entendez la voix de l'autorité paternelle, dans la bouche d'ŒJipe ; comme elle est majestueuse et puissante, soit qu'elle appelle soit qu'elle écarte la colère des dieux ! Gluck a chanté les plaisirs d'Armide; mais à peine a-t-il fait entendre le cri généreux du devoir et de l'amitié, que Renaud n'aspire plus qu'aux fatigues de la gloire; et on dirait que ce savant compositeur n'avait feint d'épuiser son talent dans la peinture de la volupté, que pour donner plus d'éclat au triomphe de la vertu. {De nouveaux applaudissements se font entendre,)

„ La musique n'a pas besoin de corrompre pour plaire et pour émouvoir : lorsqu'elle peint l'amour et les jeux du bel âge, elle donne à ses tableaux une couleur innocente et pure, et c'est ce précepte que la fable à caché sous un emblème ingénieux, quand elle a voulu que la chaste Minerve chantât les plaisirs. „

— 1802. 12 nivôse. " Une réunion brillante s'était formée hier au Théâtre des Arts, pour assister à la cérémonie annuelle de la distribution des prix donnés aux élèves du Conservatoire, et à l'intéressant concert

dont cette distribution est précédée. Les exercices particuliers quLont lieu dans le sein du Conservatoire, donnent une juste idée des talents des professeurs, du zèle des élèves, et de l'excellente direction que renseignement musical reçoit dans cette grande école, désormais digne de soutenir Téclat de ces établissements fameux dont elle a emprunté le nom à Tltalie. Mais les exercices publics et solennels dont il est ici question, ont un autre objet ; ils présentent l'élève prêt h être récompensé de ses travaux, faisant preuve du talent qui lui a mérité la couronne. Là, l'émulation est d'autant plus puissante, la rivalité plus active, et Tintérêl plus vif, que les palmes sont placées plus près de la main qui va les recevoir.

„ Au Conservatoire, en entendant les morceaux des anciens maîtres dont le nom est sacré pour les amis de l'art, on assiste à une étude utile ; au Théâtre des Arts, on est à-la-fois spectateur et juge d'un concours brillant et agréable, que tout contribue à rendre intéressant.

„ Depuis l'établissement du Conservatoire, la partie instrumentale a toujours surpassé les vœux et les espérances des amateurs les plus difficiles; Rode, Kreutzer, Duvernoy, Adam, Devienne, Ladurner, Lefebvre, ont constamment trouvé des élèves dignes de leurs soins ; ma "s la partie vocale n'avait, rigoureuî^ement parlant, produit d'autre sujet digne d'être remarqué que M"® Chevalier, dont le talent se fortifie en ce moment au Théâtre des Arts. Deux élèves du célèbre Garât, le citoyen Roland et M"® Manuent, viennent de prouver que toutes les parties de l'instruction musicale peuvent prétendre à un succès égal dans le sein du Conservatoire. Le citoyen Roland doit placer au rang de ses premières qualités, une prononciation extrêmement nette, une déclamation juste, une méthode sévère et pure. Le timbre de sa voix n'est pas très-sonore; sa voix n'offre pas des sons d'une qualité brillante; il n'a pas précisément ce qu'on appelle une haute-contre, et chantera difficilement les airs écrits dans les plus beaux ouvrages de Gluck pour ce genre de voix; mais il est possible d'espérer que ce sujet soit l'un de ceux qui doivent soutenir 1 éclat de notre grande scène lyrique. Il réunit les avantages physiques qu'il est nécessaire d'y apporter.

„ M"® Manuent a montré beaucoup de goût et de talent dans une scène française, un duo français et un trio italien; sa voix est étendue; les cordes graves en sont belles; son chant a de l'expression; elle sait

bien le phraser. On désirerait seulement que ses finales fussent plus soutenues : c'est à cet art que les Italiens doivent en partie le charme que Ton éprouve en entendant les bons chanteurs de leur école. M"* Pelet, élève de Richer, a aussi été entendue ; elle a des moyens, mais paraît devoir s'attacher à en ménager l'emploi et à soigner sa prononciation : qui, sous ce dernier rapport, peut plus que son habile maître joindre l'exemple au précepte?

„ Dans l'exercice dont il est ici question, les citoyens Rocard (flûte), Pellepport (clarinette), et Colin (cor), Kalkbrenner (pianiste), Tulou (flûte). Petit et Riard (cors), Kreutzer et Duret (violons), ont reçu des applaudissements qui, par leur unanimité, confirmèrent le jugement par lequel ces élèves étaient appelés au partage des prix décernés. „

— 1804. 6 fiructidor. Extrait du discours de M. Arnault :

" Le Gouvernement n'a pas moins fait pour la musique que pour les autres arts. On avait lieu de s'étonner autrefois, de ne trouver aucune école publique où l'on enseignit toutes les applications d'un art applicable à tant d'objets diflérents.

„ Si l'on excepte les écoles particulières et destinées à fournir aux besoins du culte, le soin de former des musiciens était abandonné aux spéculations de quelques maîtres; c'est du hasard, pour ainsi dire, qu'on attendait ce grand nombre de sujets nécessaires à nos théâtres et à nos armées. Ce qui n'avait point été fait dans un temps de prospérité, se fit dans un temps de désastres.

„ L'école spéciale de musique fut formée dès 1789 pour l'utilité du service militaire et celui des fêtes nationales.

„ S'éloignant de son but à mesure qu'elle s'éloignait de son principe, la révolution prit bientôt un caractère effrayable, ou disons mieux, les révolutions se succédaient plus terribles, comme ces orages qui procèdent les uns des autres, et dont les dévastations sont progressives. Plus de sécurité, plus de repos, plus d'espérances. Sans ces biens les arts ne sauraient vivre. Ils les auraient été demander à des rivages tranquilles, et la France perdait une partie de sa gloire, si l'institut de musique, fondé au moment oîi tous les établissements s'écroulaient, n'eût oflert un refuge aux artistes éperdus, en mettant leur salut sous la protection de leur utilité.

„ Étrangers aux factions, les arts ne servirent que la patrie. Les chants du Français ne furent pas moins formidables que son épée»

La musique qui rend la paix plus aimable, rendit la guerre plus terrible, et les concerts n'ont jamais cessé de précéder et de suivre nos victoires.

„ A ces temps succédèrent enfin des temps moins malheureux. Les âmes, fatiguées par des sensations extrênies, désiraient des impressions douces. La sensibilité épuisée par un long deuil, Ténergie affaissée par une longue terreur étaient avides de délassements : on les chercha dans les arts. La musique opéra sur tant d afflictions douloureuses une bienfaisante diversion. Art enchanteur qui se lie à tous les sentiments, se marie à toutes les situations, se fond dans toutes les pensées, entretient la mélancolie, ajoute à la joie, n'importune point la douleur; qui perdrait de son charme, s'il gagnait en précision; qui, grâce à ce vague répandu dans ses expressions, se trouve en rapport, dans le même moment, avec les caractères les plus divers, avec les passions les plus opposées.

„ L'école spéciale, jusqu'alors connue sous le nom d'institut de mitsique^ fut organisée définitivement par un décret, et reçut de la volonté nationale le titre de Conservatoire.

„ Dès sa naissance, cet établissement a pris rang parmi les premières écoles musicales de l'Europe. Rien n'a été négligé pour assurer ses succès. Ce sont les bons maîtres qui font les bons élèves. Toutes les parties de l'art, soit relativement à la composition, soit relativement à l'exécution, y sont enseignées par des professeurs choisis au concours, et l'enseignement y est inspecté par nos plus célèbres compositeurs. A l'exemple de l'école de peinture, l'émulation y est stimulée par des encouragements donnés dans l'intérieur, par des couronnes distribuées dans cette solennité, par un grand prix de composition adjugé par l'institut; et, comme le peintre couronné, le musicien triomphant est envoyé, aux frais de l'Etat, dans cette Italie où tous les arts sont indigènes.

„ Les orchestres profanes et sacrés, les corps de musiques attachés aux temples, aux théâtres, aux armées, sont peuplés des élèves du Conservatoire, à qui l'on doit aussi ces jeunes artistes, l'espoir de la scène lyrique.

„ La scène lyrique lui a encore d'autres obligations.

„ La musique dramatique, dont l'objet est de peindre les passions, mais qui doit plaire en imitant, s'était écartée de son véritable but sous le rapport de Texécution.

„ Deux préjugés opposés partagaient les artistes et les entraînaient dans des écarts bien différents. Les uns et les autres ne considéraient l'art que dans une de ses fins. Uniquement attachés à imiter et oubliant qu'ils devaient plaire, ceux-ci avaient transformé le chant en une déclamation bizarre, et se complaisaient à contrarier la symphonie par des vociférations importunes. Exclusivement jaloux de plaire et oubliant qu'ils devaient imiter, ceux-là surchargaient d'ornements sans nombre un ramage qui n'appartenait qu'à eux, et défiguraient à force de recherches les compositions les plus expressives, qui sont toujours les plus simples.

„ Déterminant jusqu'à quel point la nature pouvait être modifiée par l'art, l'art pouvait se ployer à la mode, le Conservatoire adopta une méthode également éloignée de la pauvreté qui avait longtemps attristé notre théâtre, et du luxe qui commençait h le dénaturer. Avec ses élèves, cette méthode s'est introduite sur la scène, oîi l'exécution musicale marche enfin de concert avec le génie du compositeur.

„ Le Conservatoire ne s'est pas borné à renfermer dans son enceinte la propagation de ces utiles principes. Jaloux de porter l'instruction à ceux qui ne pouvaient la venir chercher, les maîtres se sont réunis pour rédiger un corps d'ouvrages élémentaires. Enrichi des résultats de l'étude et de l'expérience, ce travail fixe le mode de l'enseignement, établit l'unité dans ses principes, et ce n'est pas le moindre titre d'estime que le Conservatoire se soit créé. „

— 1807. 21 août Voici un extrait du discours de M. Arnault, membre de l'Institut, chef de la division d'instruction publique :

" Le Conservatoire de musique, dont les élèves remplissent les plus brillants orchestres de l'Europe et font l'ornement du plus magnifique théltre de la capitale, vient encore de perfectionner son régime intérieur. Une école complète de déclamation est ajoutée aux diverses chaires qu'il possède. Des fonds ont été assignés pour la construction d'une bibliothèque qui manquait à sa riche collection de musique, la plus complète qui existe. „

— - 1810. 24 mai. " La partie instrumentale, cette année comme les précédentes, a été beaucoup plus forte que la vocale; cela ne peut être contesté; mais on éprouvera quelque étonnement en nous voyant citer ce fait à l'honneur même du Conservatoire, et voici comment nous l'expliquons. Le Conservatoire a formé d'excellents sujets pour

la partie du chant: entendus les années précédentes, ils ont aujourd'hui leur destination respective, et leur réputation faite, soit à l'Opéra, soit au théâtre de la cour, soit à la chapelle impériale ; ces sujets ne peuvent plus être entendus comme élèves; mais leurs noms datent honorablement parmi ceux de l'établissement dont ils sont sortis. Et quant à ceux qui leur ont succédé dans les classes d'instruction ; quant à ces pensionnaires que deux ans à peine d'études et de travaux séparent du temps où ils n'avaient de leur nouvel art aucune idée, pas même celle de leur aptitude et de leurs moyens, nous ne pensons pas qu'il existe personne assez déraisonnable pour être étonné de leur faiblesse; c'est de leur force qu'il faut être surpris, et que nous l'avons été réellement, non pas sans doute en la comparant aux résultats précédemment obtenus, mais en la comparant à (eux qu'on obtient par les moyens accoutumés de l'instruction particuLère. Il a fallu donner à ces pensionaires les premiers éléments de la première instruction en quelque genre que ce soit ; et au bout de deux ans au plus, nous les voyons également exercés sur leur grammaire littéraire et sur leur grammaire musicale, prononcer d'une manière correc:te le français, le latin et l'italien; donner à ce qu'ils chantent l'expression (onvenable; montrer des dispositions réelles pour la scène, et rendre avec ensemble des morceaux pour lesquels les plus savants compositeurs ont épuisé les combinaisons de l'harmonie, des chœurs qui sont hérissés de difficultés quant à l'intonation à donner, aux repos à garder, aux entrées à saisir, vrais morceaux d'école après lesquels tout devient facile, tout se lit, se comprend et s'exécute sans efforts. Ces élèves, comme lecteurs, comme praticiens des solfèges et des meilleures partitions, paraissent très-avancés ; c'est Jà l'instruction qui leur était offerte, et qui leur a été donnée. H y a loin encore de là au talent, mais l'instruction ne le donne pas leuc; elle y prépare; elle en assure le développement; la nature seule a donné les moyens. Il y a une organisation musicale à laquelle tous les efforts et tous les soins du maître ne peuvent suppléer. Existe-t-elle, n'existe-t-elle pas pour chacun des pensionnaires ? C'est à quoi le Conservatoire lui-même ne peut encore répondre, et c'est ce dont il ne peut répondre.

„ Les symphonies sont toujours une partie obligée, et on peut le dire la partie brillante de ces exercices. Haydn semble avoir légué à cet orchestrCi plein de jeunesse et d'énergie» le vaste et riche domaine

auquel il a donné tant d'étendue, tant d'aspects divers, tant de pro» duits différents : les élèves français exploitent ce domaine avec une ardeur infatigable; ils semblent être animés par ce coup-d'œil du maître, qu'on sait être si nécessaire ; les parties qui demandent de Tenthousiasme, de la hardiesse, de la fougue, sont exécutées avec une vigueur et une sûreté inexprimables ; plus de mollesse, de grâce et d'abandon, une expression plus nuancée, péut-êlre même des mouvements moins accélérés seraient quelquefois désirables dans les andante; mais ces qualités qui tiennent à-la-fois de la modération et du goût ne peuvent appartenir qu'à l'expérience. Après Haydn et son digne élève Mozart, c'est une épreuve difficile que d'être entendu comme symphoniste; c'est un triomphe remarquable que d'être applaudi : Beethoven l'a été; sa compositson est pure, gracieuse et originale à-la-fois; il s'est ici disculpé du reproche d'obscurité qu'il a peut-être le droit d'éviter toujours quand il est traduit avec précision et avec clarté. M. Méhul a continué à se présenter dans cette lice difficile; il y a marché de nouveau, mais en maître, en homme qui a sa manière, son système particulier, ses combinaisons favorites, ses instruments privilégiés. Il eût été reconnu sans s'être nommé, et il l'a été pour recevoir de nouveau tous les témoignages d'estime qu'il mérite. Quoi qu'il en soit, son plus beau succès a été obtenu par cette ouverture du jeune H enn\ à laquelle on s'obstine de conserver ce titre ridicule. Cette magnifique symphonie, cette chasse^ ou plutôt ce I)cème musical descriptif, est d'un effet toujours nouveau; il parle toujours à l'imagination qu'il entraîne avec lui. Le tableau est magnifique dans son ensemble; les détails frappants de vérité; leur succession est rapide et animée; voilà de la musique et de celle qui ne paraît devoir rien craindre du temps et des caprices de la mode. Comme symphonie on a aussi entendu avec plaisir l'énergique ouverture de Marie de Montalban, de Winter ; et pour opposer la grâce à la force, l'élégance à la vigueur, on nous a fait reconnaître à son mouvement vif et léger cette Fracatana^ sujet de nos premières études, et cette ouverture du Matrimonio segreto, que nous regrettons depuis longtemps. Au lieu de fragments décousus de symphonies, on eût désiré les ouvertures de Démophon, d'Iphîgénie.âQ Panurge^ de la Caravane^ de Stratonice^ <ÏEuphrosine, de Montano, etc. Ce genre de composition a singulièrement été négligé, et il importe d'en offrir les modèles.

^ A la tête des morceaux d'ensemble qui ont produit le plus d'effet, il faut placer Thommage rendu à Haydn dans une composition digne de lui et de M. Cherubini. Cette production inspire à la fois le sentiment du regret et de l'admiration, de la mélancolie et de l'enthousiasme, et partout un style noble, élégant, et cet idéal qui, dans les arts d'imitation, est toujours la vérité embellie.

„ La scène à^Idoménée^ de Mozart, et le chœuj qui la suit, est une production de première ligne parmi celles d'un homme de premier ordre : elle a produit au concert une impression profonde; que serait-elle à la scène, et comment se fait-il qu'un tel ouvrage n'y soit pas déjà traduit?

„ Un chœur très-grave et très-difficile de Sacchini a été mal exécuté, mais celui de Zingarelli, l'offertoire de Jomelli et les admirables litanies de Durante, l'ont été très-bien; il n'y manquait que l'effet des voix de l'enfance, et pour le développement d'une si belle harmonie, l'étendue d'une immense basilique : resserrés dans un si étroit espace, de tels morceaux manquent d'effet, mais on peut du moins y reconnaître le génie du compositeur, et ici celui de Durante a dû frapper tous ceux qui l'ont bien entendu; n'est-ce pas, par exemple, un trait de génie musical que cette combinaison qui, dans ces litanies, confie au chant l'énumération de tous les dons de Marie, et charge toujours le chœur de répondre et de répéter Mater ^ ce premier et ce plus saint attribut de la vierge divine ?

„ Ce goût, ce sentiment des beautés musicales, ce don de l'expression, ce secret d'émouvoir et de plaire, soit en chantant, soit en faisant vibrer les cordes d'un instrument, voilà le but de l'art, et le terme assigné à ceux qui le professent comme à ceux qui s'y instruisent. On a souvent reproché au Conservatoire dé trop donner à la science de la composition, au mécanisme de l'instrument, soit vocal, soit instrumental^ on oubliait apparemment que c'est d'abord de cela qu'il doit s'occuper ; nous convenons qu'ensuite, diriger vers le sentiment et l'expression toutes les facultés acquises et tous les talents développés, est le devoir qu'il doit s'imposer, et en examinant soit la composition de ses exercices, soit la manière dont ils sont exécutés, nous ne croyons pas qu'on puisse accuser cet établissement de négliger ce devoir auquel sa réputation est attachée. „

— i8ii. 22 mai. " Les exercices de cette année n'ont pu que soutenir en faveur de l'enseignement ouvert au Conservatoire, l'opinion qu'ont établie ceux des années précédentes. Sous le rapport de l'exécution de la symphonie, de la vigueur, de l'ensemble, de l'intelligence, des nuances senties et rendues également, on ne pouvait aller plus loin que dans les exercices de 1809 et de 1810 : peut-être même cette année le nombre des élèves formés n'était-il pas aussi considérable que précédemment; mais l'effet a été le même, et l'habileté semblable. M. Habeneck aîné, qui a encore conduit cette année, mérite des éloges particuliers pour la manière ferme et brillante, et en même temps sage et mesurée avec laquelle il s'est acquitté de cet emploi difficile, qui lui est momentanément dévolu à l'Opéra.

„ La partie d'exécution instrumentale a offert un assez grand nombre de jeunes sujets distingués dans chaque genre ; le violon surtout, ce roi des instruments, dont les élèves de Viotti, devenus maîtres au Conservatoire, soutiennent dignement le charme et la puissance ; le violon a fourni l'occasion de briller à des sujets déjà très-forts et de haute espérance : les instruments à vent ont aussi été cultivés avec beaucoup de succès : on n'a point entendu de harpe; le piano ne paraît pas avoir compté de nouveaux sujets ajoutés au nombre déjà si considérable de ceux qui cultivent cet instrument.

„ On a été si loin en ce genre, et il paraît tellement impossible de dépasser les bornes qu'ont posées les maîtres que nous, possédons; dans les degrés de force inférieure, il y a encore tant de talents remarquables, que le piano a dû cesser d'exciter un vif intérêt, surtout dans un concert; sans doute on donne à son enseignement intérieur une direction plus utile que celle de l'exécution publique; nous voulons parler du talent si rare, si difficile et si précieux de l'accompagnement ; mais les progrès en ce genre essentiel ne peuvent être appréciés qu'au sein même de l'école oîi il est enseigné.

„ La partie vocale n a pas offert de ces sujets sur lesquels l'opinion se fixe, et forme les plus belles espérances, au moment même oîi on les entend; ce n'est ni l'instruction, ni le talent acquis, ni un goût développé qui manque, ce sont les moyens naturels, et on ne peut les attendre d'aucune école; on n'y apprend qu'à suppléer avec adresse au défaut de moyens, et même alors on décèle et on semble accuser ce défaut. Il Êiut cependant excepter l'élève Levasseur, doué d'une très-belle basse-taille; mais au choix des morceaux seuls ou d'ensemble

qu'il exécute, il est encore diffic ile de reconnaître si c'est au genre sérieux ou au genre comique que son talent doit être appliqué. Dans Tun ou l'autre genre, ce talent devient nécessaire, et rendra de signalés services.

„ Le Conservatoire n'a jamais pu espérer, et on n'a jamais pu attendre de lui qu'il formerait chaque année un chanteur ou une cantatrice d'un talent supérieur : cependant on ne peut oublier que depuis son organisation définitive, cette école, accusée d'avoir trop donné à la partie instrumentale, a fait paraître : à l'Opéra, un sujet auquel on ne peut opposer que le souvenir du talent tragique de M"*® Saint-Huberty, et qui n'a point aujourd'hui de rivale comme cantatrice dramatique. M™® Branchu; à l'Opéra-Comique, M'*® Philis, talent brillant et séducteur, dont nous avons joui dans tout son éclat; au même théâtre, M"^® Duret, l'une des plus belles voix qu'on ait jamais entendues, qui peut acquérir encore en flexibilité, en souplesse, et qui gagnera sous le rapport du charme et de l'expression ce que le temps lui fera perdre de volume et d'étendue ; et enfin, cette jeune débutante, espoir de l'Opéra-Comique, M"™® Boulanger, qui rend la vie à des ouvrages non pas oubliés, mais méconnus, mais abandonnés, et qui peut imprimer une variété désirable au répertoire, dans les intérêts du bon goût et de la musique expressive et théâtrale. Elle y remettra surtout les soubrettes en crédit; elle a enchanté tout Paris dans le Tableau parlant ; sans doute nous entendrons V Amant jaloux^ et ce chef-d'œm-re d'expression, de grâce et de mélodie, cet opéra de la Colonie^ aujourd'hui bien véritablement Vlsle abandonnée^ pour laquelle le théâtre Feydeau possède et peut disposer un si bon quatuor. Le lecteur nomme ici Elleviou et Martin, M™*^^ Duret et Boulanger.

„ En P'rance, où les richesses musicales de l'étranger se naturalisent facilement, oîi elles sont recherchées avec ardeur, et reçues avec enthousiasme lorsqu'elles le méritent; en France où le genre national, qui a un caractère très-marqué, se soutient en concurrence avec la musique des Allemands et des Italiens, il était surtout nécessaire qu'un professeur s'attacliât à imprimer à chaque maître, sous le rapport de l'exécution, le cachet particulier qui lui appartient. Cet art ne pouvait être le résultat même d'une longue expérience ou d'une étude consommée; avant de l'obtenir de cette étude et de cette expérience,

M. Garât le devait à son organisation extraordinaire, à cette sorte d'inspiration musicale, à ce sentiment exquis de cet art, que rien ne donne si c e n est la nature, et qui ne peut être transmis qu'à des organisations analogues. Les sujets que nous avons nommés sont heureusement doués sous ce rapport ; ils concourront puissamment au maintien de la prospérité de nos deux grands théâtres lyriques : cette justice rendue à leurs talents et à leurs maîtres, ne peut être déplacée dans un article sur les exercices du Conservatoire.

„ Le choix des morceaux entendus cette année a prouvé en général beaucoup d'impartialité. Haydn a conservé cette supériorité incontestable qu'il doit surtout à sa qualité de musicien-peintre, à son imagination inépuisable, régulière même dans ses écarts, à cette abondance d'idées, et à cette sagesse d'ordonnance, à cette régularité de proportion, à cette unité de dessin qui le caractérisent : Mozart s'est approché de son maître; mais ce n'est point Haydn; c'est un autre génie; sa verve, sa chaleur, son originalité sont inappréciables, et il serait Haydn sous ces rapports, s'il l'était toujours également pour l'unité de pensée, la clarté de l'expression et la modération dans l'emploi de ses immenses moyens. Un autre Allemand s'est permis, dans le même genre, un essai de ses forces : on lui a trouvé un caractère de style à lui; de l'élégance, delà grâce et du sentiment; une ouverture de M. Blangini a fait peu de sensation. M. Méhul n'a donné cette année aucune symphonie nouvelle, mais on a entendu avec un plaisir toujours nouveau sa Chasse y magnifique tableau de genre unique dans son espèce, et plusieurs ouvertures connues; des chœurs et des ouvertures de M. Cherubini n'ont fait qu'accroître nos regrets de voir effacés du répertoire Z'Odoi5Âa,d'/i'/îs«, et tant d'autres beaux ouvrages de ce fécond et ingénieux compositeur. Son hommage à Haydn a été entendu deux fois avec les sentiments de recueillement, d'attendrissemenî et d'enthousiasme que c eUe composition doit tourà-tour faire naître: le même sentiment a été celui de l'auditoire pendant l'exécution de Vldoménée, de Mozart. M. Catel a été entendu souvent; trop souvent peut-être dans des mon eaux du même style, mais toujours avec le même plaisir. Le Conservatoire a rendu la vie à VAuhei^ge de Bagnéres, et le succès de ses principaux morceaux au concert a rendu le public indulgent au théâtre sur la faiblesse de cet opéra. „

— iSu. 28 mars. " Concert Spirituel. Autrefois, à l'époque de

Pâques, les grands théâtres étaient fermés, à Parisr pendant quinze jours ; les grands acteurs profitaient de ces vacances pour aller donner quelques représentations en province. Alors le concert spirituel tenait lieu de tous les spectacles; on dînait de bonne heure; on n'allait à Longchamps qu'après le dîner; et le soir, au retour, on se rendait au concert, établi dans une salle des Tuileries. On l'appelait spirituel^ non qu'il y eût de l'esprit dans les paroles qu'on y chantait, mais parce que ses paroles étaient religieuses : spirituel était l'opposé de profane. Il se glissait cependant quelquefois dans ce concert quelques morceaux d'opéra italien, qui n'avaient rien de spirituel : mais ce qu'on y entendait le plus souvent, c'étaient des hymnes, des motets, le Stàbat^ le Salce Regina, VO salutarts, de la musique d'église. C'était ce temps-là que les virtuoses étrangers ou nationaux choisissaient pour montrer à la capitale de la France un échantillon de leurs talents; là se faisaient les réputations des chanteurs et cantatrices, des violons, violoncelles, flûtes, hautbois, bassons, cors, etc., et d'autres joueurs d'instruments à cordes ou à vent.

„ Lorsque j'ai commencé à fréquenter ce théâtre de musique, il était dirigé par le célèbre Legros, la plus étonnante haute-contre qu'on ait jamais entendue à l'Opéra ; Lahoussaye conduisait l'orchestre : c'est là que j'ai entendu avec ravissement quelques strophes du Stàbat de Pefgolèse. Il s'en faut bien que les mêmes strophes, exécutées au dernier concert de l'Odéon, aient produit en moi la même sensation. Nos artistes ont perdu la tradition de ce chef-d'œuvre; il est écrit pour eux en langue étrangère; ils en disent les notes sans en connaître l'esprit ; leur exécution est à la glace, dénuée d'âme, de sentiment et d'expression ; l'orchestre lui-même joue machinalement, et avec une faiblesse qui tue l'effet. Des voix accoutumées à tous les petits agréments, à tous les petits fredons des opéras sérieux ou comiques ne peuvent atteindre à la noblesse, à la vigueur, au grand pathétique de la musique du Stàbat. C'est dans de pareils morceaux que l'ancienne musique est la rivale de la plus haute poésie; la nôtre n'est que la rivale du ramage des oiseaux : il faut donc que nos virtuoses modernes renoncent une bonne fois à exécuter ce qui est au-dessus de leur intelligence et de leurs moyens; qu'ils cessent de déshonorer une composition sublime qui ne cessera pas d'être un chef-d'œuvre pour les connaisseurs, quoiqu'il ne trouve plus d'exécutants : qu'ils ne se jouent plus à Pergolèse ; il est trop fort pour eux. „

— 31 mars. " Concert Spirituel. Autant et même plus de monde que la première fois; concert meilleur, une des plus belles symphonies d'Haydn ; deux bons concertos, lun de flûte par M. Drouet, qu'on a trouvé court ; l'autre de violon, par M. Vidal, qui a paru trop long. Le trio des Horaces porte le nom de Cimarosa, et n'en rappelle pas le talent; un autre trio du même Cimarosa, exécuté à la fin de la première partie du concert, est un peu meilleur, sans être digne encore d'un si célèbre compositeur : on n'a exécuté que deux strophes du Stabat de Pergolèse, au lieu de quatre; le mal est diminué de moitié. J'espère qu'on laissera dormir Pergolèse et son Stabat Jusqu'au moment où l'on saura exécuter et entendre sa musique. Les fragments d'Haydn ne valaient pas, à beaucoup près, la première symphonie. Un air de Cimarosa n'a guère produit plus d'effet que ses deux trios ; un duo de Paër s'est sauvé à la faveur de l'exécution brillante de ^raos 3arilli et Festa. Le tout a été magnifiquement couronné par le grand chœur final de la Création^ fameux oratorio d'Haydn. „

— 25 avril. " 2^ Concert de M™* Sessi. 11 s'est fait en quelques jours un changement miraculeux, une conversion totale dans cette cantatric e : il ne lui est resté qu'une grande et large manière, qu'une voix manifique et rare, les abus de cette voix, les bizarreries de cette manière ont disparu. M"*® Sessi doit être bien convaincue que, pour réussir en France, elle n'a pas besoin d'étaler avec profusion toutes ses richesses vocales, qu'il lui suffit de les employer avec soin et discernement

„ Elle n'a chanté qu'un solo, et c'est ce qui a fait le moins de plaisir : ce solo est d'un musicien portugais, appelé à cause de cela Portogallo, Ce compositeur a fait beaucoup de musique pour faire briller la voix : M*"® Catalani est arrivée à Paris avec plusieurs morceaux de ce Portogallo, ce qui n'est pas étonnant, car elle venait de Portugal. M°*® Sessi, qui vient de Vienne, n'en est pas moins approvisionnée d'arriettes et de morceaux de ce Portogallo ; le nom de ce musicien est bien moins flatteur et moins harmonieux pour des Français que celui de Cimarosa. M*"® Sessi a plus réussi dans les deux duos de Portogallo et de Farinelli, qu'elle a chantés, l'un avec M. Porto, l'autre avec M. Barilli. Le quintetto de la fin a paru très agréable et très bien exécuté, et il fallait bien qu'il le fut : ordinairement le dernier morceau d'un concert a tort, parce qu'il s'est trop fait attendre;

celui-cî a eu Tavantage bien rare du bon choix des morceaux : communément il y a un malin esprit qui préside à ces assemblées de musique, et qui arrange les choses pour que Tennui soit de la partie. Le duo de Paër, chanté par Crivelli et M"*® Festa; Tair de Cimarosa, chanté par Crivelli avec les chœurs, ont été entendus avec une satisfaction proportionnée au talent du chanteur et de la cantatrice. Le cor anglais est un instrument fort doux, qui peut devenir fade, pour peu que la musique ne soit pas piquante. Le concerto de M. Salino, composé par lui-même, n était pas d un style à le préserver des inconvéniens de Tinstrument : heureusement il était court. Celui de Viotti, exécuté par M. Vidal, a réuni tous les suffrages. „

— " Concert de M. Libon. J avais bien dit que M. Libon se suffirait h lui-même, et serait 1 ame de son concert : son nom sur le programme a tout fait; il est venu du monde sur la foi de M. Libon et de son violon. La confiance publique n'a point été trompée ; on a été fort consent du concerto, et surtout de Tadagio plein de grâce et d'expression, lequel a excité un véritable enthousiasme. Malgré le désavantage d'un piano dans un concert, malgré rinconvenan( e d'un instrument essentiellement fait pour accompagner la voix, et qui se donne les airs de prendre la première place et de se faire accompagner par d'autres instruments, M. Klengel a paru si maître de son piano, si fort, si exercé, si supérieur à toutes les difficultés de l'art ; il a tiré de si beaux sons d'un instrument si peu sonore, qu'il a fait sensation et partagé avec M. Libon le» honneurs de la séance. M. Moreaux a chanté fa blement lair du Concert interrompu de M.Berton. M'"® Giacomelli a une jolie voix, et cependant elle a paru n'en point avoir dans le duo de Guglielmi et dans l'a'r de Zingarelli : quelle peut en être la cause? „ (i)

(l) La plupart de ces documents officiels, ne se trouvent pas même aux archives du Conservatoire de Paris, ce qui leur donne une plus grande valeur.

Jacques Van Eyck.

Van Eyck (Jacques), gentilhomme néerlandais, un des bons musiciens de son temps, né vers 1590, mort à Utrecht, le 26 mars 1657.

Nous lui avons consacré une notice dans notre ouvrage : Histoire de Vorgue^ 1865, et dans le 5"*® volume du Panthéon musical populaire^ avec des poésies en son honneur.

Nous faisons suivre quelques compositions de ce mailre, qui sont restées inconnues aux biographes, extraites de son ouvrage: Der Fluijten Lust-hof :

DoEN Daphne.

dE3

mm

iiH^Pii^ggEgëB^

iH^Hi^iï^iiËi^ii

feîë^iiii^^i^^i^

^ig^s^^^

Variât, i.

Mt^^^^^w^^

g^iiSg^EJ^JèJijrj^-^

^a^Bgp^pTrn-nryrirjrt

i^^^Mi^ii^ii^

ty=f^

m^^Mmm^'E^^Mï

gii^^^gp^^ni^

^^^gli^^i

Variât. 2.

^^^BSj^ggJ^^ëig

g^H^i^^^pi^

i^i^i^^Èg^ig^

ii!!g^^^^"fi^p^SB^S

:zi:

gi^^iS^^g^^s

fpgg^^^i^^^^^

ZT -'—

Aerdigh Martyntje, gebroocken, van J. J. Van Eyck.

:ze;

ï£îEir^~f^^

LT^rnczzzzzc

y r ftg^=^

FTFgmg^?^

*zc

i^-fg I M • -^

PaVAEN LACHRYMiïU

Siiiiiiigiiiiiiiliiillii

i^iîgi^iiiiliiiiîi

SPHiiî^iilig^-Eagiiilë^

i^^p^m^^^ifl

I^Ëgiëg^ggggjî^jpfpigg^ë^

|^^p^^f^Pji^gg#gëë^i^

^jB^ffgsfe^^^ipa;

Lavignone.

gg=rj'r r-f^g^^ii^iiiij:^

Page 1