‹ Bibliothèque sacrée (volume 2)Chapitre 122 sur 171 · D. Jean Emmanuel · texte numérisé non relu

D. Jean Emmanuel

25. D. Georges de Melliot , d'abord évêque de Miranda, fut transféré à Coimbre l'an i632.

COINTE (Charles Le), savant prêtre de l'Oratoire , né à Troyes en Champagne le 4 novembre 161 1 , fut reçu à dix-liuit ans, par M. le cardinal de Bérulle , instituteur et premier supérieur général de cette congrégation.

Ayant enseigné la rhétorique pendant plusieurs années , il s'appliqua enfin ;\ l'étude de l'histoire, et principalement à celle de France, dont il donna les annales en latin en huit volumes in-fol. Le premier , qui commence à l'an 235 , avant lequel le nom des Français he se trouve en aucune histoire , parut en i665 ; il finit en l'année 56 1, et comprend ainsi l'histoire de trois cent vingt-six années ; mais depuis l'an 235 jus(|u'à l'an 49^ que Clovis fut baptisé, comme la religion chrétienne n'était pas encore bien établi»; en France, il s'en trouve si peu de choses dans les anciens , que , quelque soin que le père Le Coin te ait pris de rechercher ce qu'ils en ont dit, tout ce qu'il a ramassé n'est qu'une simple chronologie ; de sorte qu'il n'y a dans ce volume quel'histoiredesoixantecinq années , depuis le baptême de Clovis jusqu'à la mort de Clotaire , qui soit amplement traitée. Le second volume fut publié la. même année j le troisième en

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1668 , et les autres , jusqu'au nombre de sept , dans les années suivantes. Le huitième et dernier , qui finit à l'an 845 , ne parut qu'après sa mort en 1684, et fut achevé d'imprimer par les soins du père Dubois son ami , qui en a fait la préface , et la vie du père Le Cointe. Cette histoire contient les décrets des conciles de France avec des explications; le catalogue des évèques et leurs vies ; les fondateurs et les privilèges des monastères ; les vies des Saints , les questions de doctrine ou de discipline, et tout ce qui peut regarder l'histoire ecclésiastique de France. Il y joint aussi bien des choses qui concernent l'état et la monarchie. Le père Le Cointe s'était déjà distingué à Munster, où il accompagna , en i643 , M. Servien , secrétaire et plénipotentiaire ; il y rencontra M. Chigi , nonce du pape , qu'il visitait quelquefois de la part de M. Servien. Ce nonce ayant été fait cardinal , et ensuite pape , sous le nom d'Alexandre vu , l'honora d'une de ses lettres , en réponse de celle que le père Le Cointe lui avait écrite lorsqu'il fut élu pape , pour le faire souvenir qu'il lui avait dit à Munster que son mérite l'éleverait au souverain pontificat. On a encore deux harangues latines de cet auteur, prononcées à Angers , et imprimées dans la même ville en 1641 , 2n-4° ; la première , sur la naissance de Philippe , duc d'Anjou , second fils de Louis xiii , né le r>i septembre i64o ; la seconde,

COI sur là division du Portugal et de la Castille, et l'union de la France et du Portugal. Les annales du père Le Cointe sont très-estimées; c'est un ouvrage d'un travail immense et d'une grande recherche , quoiqu'il soit trop diffus , et que la compilation en fasse la principale partie. (Dupin, Bibliothèque ecclés. , part. 4 ?

dix-septième siècle. Richard Simon , Critique de la Biblioth.

de Dupin, tom. 2, pag. 862. Le père Nicéron , Mém. , tom. 4 et 10.)

COÏRE , grande et belle ville de Suisse, capitale du pays des Grisons , est nommée par les Allemands Churr , et par les Latins Curia Rhœtorum. Elle est située au pied de deux montagnes , sur la petite rivière de Plessur, c|ui se rend à une demilieue de là dans le Rhin. Elle fut libre et impériale jusqu'en 1498 , lorsqu'elle est entrée dans les lignes grises ; depuis ce temps elle se gouvernait par son conseil , comme la plupart des villes suisses. La régence et presque tous les habitans y sont de la religion protestante depuis l'an iSsg; il s'y trouve aussi plusieurs calvinistes français.

L'évêché de Coire , suffragant de Mayence , est très-ancien ; il comprend les trois fameuses ligues des Grisons , nommées la ligue Haute , la ligue Caddée ou de la maison de Dieu, et la ligue des dix Communautés. Son évèque est prince de l'Empire , compris sous le cercle de Suabe , où il reprit voix et séance en 1642,

COÎ ayant long-temps négligé son droit à cause des troubles de religion. Il ne fournit aucun contingent ; il n'assiste aux diètes que quand il veut , et il a recours aux Suisses , avec lesquels il est allié, lorsqu'il croit qu'on lui fait quelque tort. Son revenu est très-médiocre , car on dit qu'il ne monte qu'à 1 3ooo livres par an. Il ne laisse pas de battre monnaie, et d'avoir ses ofliciers héréditaires , et beaucoup de puissans vassaux qui relèvent de son Église.

L'évèque fait sa résidence avec son Ciiapitrc dans le quartier dit de la Cour , où les Iiabitans sont tous catliorupics. 11 est séparé de la ville de Coire , et placé sur une hauteur enfermée de murailles. Il est élu par son Chapitre , mais il doit être natif du pays. Il doit jurer de ne rien faire contre les intérêts des trois ligues, de ne rien aliéner de ses domaines , de ne jamais résigner ou permuter son évèché sans leur consentement.

Le Chapitre de la cathédrale est composé de vin{;t-([uatre chanoines, et les docteurs y sont reçus comme nobles. Les dignités sont celles de prévôt , doyen , chantre , écolàtre , trésorier , sextier, et l'abbé mitre de Sainte- Croix , dans le diocèse de Coire.

L'église cathédrale est dédiée à la sainte Vierge ; l'architecture en est très-gothique. 11 y avait aussi autrefois à Coire deux couvens, l'un de dominicains, et Vautre de religieux de l'Ordre des Prémonlrés; mais ils ont été

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anéantis : on a fait du premier un collège, où on enseigne les humanités et la philosophie ; les revenus de l'autre qui était fort riche , et dédié à saint Luce , qu'on prétend avoir été premier évèque de cette ville , ont été employés en partie pour l'entretien dudit collège , en partie pour l'évèque et pour l'hôpital.

11 y a beaucoup plus de protestans dans ce diocèse que de catholiques; ils y ont cependant une entière liberté ; mais il y a fort peu de monastères. Le principal est l'abbaye de Disentis , de l'Ordre de Saint-Henoît , dont l'abbé est prince souverain de l'Enqiire. Nous suivrons la tradition du pays dans la succession des évèques de cette ville, que nous donnons d'après l'auteur de y Histoire ecclésiastique d* Allemagne, tom. I, pag. 159.

E^'tûjues (le Coire.

i . Saint Liue , dit-on , le premier roi des iles I^ntanniques qui ait été chrétien , est aussi le premier évèque de Coire. Oii ne faitaucun détail de ce qu'il a fait a|)rès son ba])tème, et on croit qu'il mourut en un lii 11 où l'on a depuis bâti la ville de Glocester; cependant on le dit évc- ([ue de Coire , et on assure qu'il y fut martyrisé à coups de pierre |)ar les paiens. Cette circonstance, dit M. Baillet , a paru si peu vraisemblable au cardinal lîaronius, qu'il ne l'a jioint voulu souffrir dans le Martyrologe romain. Il pourrait bien y avoir eu à Coire quehpie évèrjuc nom-

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jné Luce , que la suite des temps et l'ignorance auraient fait confondre avec le Roi breton.

2. Saint Valentin , que l'Église de Pavie reconnaît aussi pour son e'vêque , mourut vers l'an 340.

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