‹ Bibliothèque sacrée (volume 2)Chapitre 131 sur 171 · Ulric de Foderspiol , succéda le 28 avril · texte numérisé non relu

Ulric de Foderspiol , succéda le 28 avril

COLAIA , père de Phadaia.

(2. Esdr. , II, 7. )

COLARBASIENS , Colarbusiani. Les Colarbasiens étaient des héréticjues du second siècle, dont le chef fut Colarbase, disciple deValentin. CeColarbarse enseignait, entre autres choses, que la génération et la vie des hommes dépendaient des sept planètes. Il disait aussi que l.i plénitude et la perfection de lu vérité t't de la religion étaient renfermées dans Talphabet grec , et cjue pour cela Jésus-Christ était nonimé alplm et onicf^a.

Baronius , après Philastre, croit que Colarbarse est le même que Bassus ; mais saint Augustin , Théodoret et saint Jean Damascène , ne sont point de cet avis.

(Saint Irénée , liv. i , chap. 10, Tertull. , de Prœscript. , cli. 53.

Saint Aug. , lier., chap. i4 et i5- Saint Éj)iph. , Har. , 35.

Baronius, A. C. , 175. Dupin , liiblioth. eccicsiast. , trois premiers siècles. )

C01^4.SA , ville épiscopale de la deuxième Pamphylie, sous la métropole de Perges. Elle a eu ses évèques , quoique les notices n'en aient point fait mention.

Triphon en était un ; il se trouva au concile de Constanlinople , sous le patriarche Mennas.

COLBERT (Jacques-Nicolas), fds du grand ('olbcrt , docteur

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de la maison et société de Sorbonne , abbé du Bec et archevêque de Rouen , naquit à Paris en 1654 ? et mourut dans cette »iême ville en 1707 , âgé de cinquante-trois ans. Son zèle, sa charité , sa science le mettent au rang des plus illustres évèques du règne de Louis xiv.

COLBERT (Charles-Joachim), fils du marquis de Croissi , frère du grand Colbert , embrassa l'état ecclésiastique. Il n'était que bachelier , et il se préparait à sa licence , lorsque le pape Innocent XI mourut. Cet événement lui fit naître le désir d'aller à Rome ; le cardinal Furstemberg le prit pour un de ses conclavistes. En partant de Rome , après l'élection d'Alexandre vu , il fut enlevé par un parti espagnol , blessé , conduit à Milan , et enfermé dans le château de cette ville. Il eut beaucoup à souffrir dans cette captivité. Dès qu'il eut recouvré la liberté , il revint à Paris , entra en licence et prit le bonnet de docteur.

Nommé à l'évêché de Montpellier en 1697 , il édifia le diocèse confié à ses soins , travailla à la conversion des hérétiques , et en ramena plusieurs à l'Église.

Son opposition à la bulle Viiig-e/îzVw^ produisit une infinité de lettres , de mandemens , d'instructions pastorales , dont quelques unes sont très-violentes et lui font peu d'Iionneur. Colbert , non content d'écrire alors contre les évèques , attaqua le pape et publia contre Clément xii une Lettre pastorale , datée du 2 1

avril 1734. n mourut en 1738, à soixante-onze ans. Les ouvrages donnés sous son nom ont été recueillis en 3 vol. in-4°, i74<^- Son Catéchisme qui est , à bien des égards, un très-bon ouvrage, et la plupart de ses Instructions pastorales , ont été condamnés à Rome , et quelques unes de ces dernières par l'autorité séculière.

COLBERT (Michel) , parent du ministre de ce nom , entra fort jeune dans l'Ordre de Pré-^ montré , fit ses cours de théologie en Sorbonne , où il fut reçu docteur. Il remplit successivement dans son Ordre les emplois de maître des novices , de sous-prieur et de prieur. Charmé de sa douceur et de ses talens pour l'administration , M. Le Scellier , son abbé général , qui méditait son abdication , résolut de faire son possible pour qu'il fût son successeur dans la prélature de l'Ordre ; et , dans un Chapitre où il donna sa démission , il fit en sorte qu'il fût élu ; mais cette élection ne s'étant point faite avec toutes les formes convenables , une partie des capitulans y fit opposition , et ce ne fut qu'en 1670 que Colbert , par le crédit du ministre son parent , obtint ses bulles de Rome. On a de Colbert : i» Lettre d'un Abbé à ses religieux , Paris , 2 vol. in-S**. 2° Lettres de consolation adressées à madame Plot sa sœur, qui venaitde perdre son mari , premier président du parlement de Rouen. L'abbé Colbert , après avoir gouverné son Ordre pendant trente-deux ans ,

mourut à Paria le 29 mars 1 702 , à l'dge de soixante-neuf ans , et fut inliumé dans la chapelle du collège qu'il avait fait construire.

COLÉGATAIRES , sont ceux à qui une même chose a été léguée conjointement. La chose ainsi léguée se divise également entre les colégataires ; mais si l'un seulement des deux accepte le legs , et que l'autre ne le demande pas , la portion de ce dernier accroît à celui qui a accepté le legs par droit d'accroissement ; ce qui est fondé sur une présomption de la volonté du testateur : car en léguant ainsi , il est censé avoir eu intention que chacun des légataires prit sa part dans la chose léguée, en cas qu'il la voulût prendre et qu'il en fût capable , sinon que la totalité parvînt à celui qui Taccepterait. (De Fenière, Dic~ tionnaire de Droit , aux mots

COLFCATAIRES Ct Acr.UOlSSl.MLNT. )

COLERE , ira. La colore , en général , est une émotion île l'dme qui porte à rejeter ce qui tléplaît. Quand la colère est réglée par la religion et la raison, ce qui arrive lorsqu'on n'est ému d'une façon modérée que pdur empêcher un mal ou jiour procurer un bien , ce n'est point uï\ péché , c'est une juste colère , c'est zèle et indignation. Quand on est ému d'une façon immodérée , même pour une bonne fin , et à j)lus forte raison pour une mauvaise fin , la colère est un péché plus ou moins grand , selon la nature et le principe de l'éuiotion déréglée. Les princi-

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pes de ces émotions, c'est l'orgueil , la sensualité , la curiosité, l'avarice et les autres passions semblables, puisque nous sommes naturellement portés à repousser violemment tout ce qui s'oppose à ces sortes de désirs.

Des circonstances qui font de lu colère un pèche mortel ou véniel.

La colère est un péché mortel quand elle est trop violente , quand elle est opiniâtre et invétérée, quand elle est injurieuse à Dieu ou pernicieuse au prochain, quand elle est acconqugnée de haine , de dc'sir de vengeance, de scandale , et enfin i\c quelque autre circonstance incompatible avec la charité. Elle n'est ([ue péché véniel lorsqu'elle est légère, passagère , inqjarfailc par le défaut d'une pleine liberlé , et qu'elle n'éteint pas la charité par queUjue raison ([ue ce puisse être. (Saint Thomas, 2, 2, q. 1 58, art. 3; etq. 180, art. 3.)

Des filles ou tles ejj'ets de lu colire.

On appelle fdles de la colère les j)échés tjue la colère produit le plus souvent , et qui en sont les suites ordinaires ; savoir, les divisions , les inimitiés , les procès , les querelles, les injures, les imprécations, le désir de se venger et de nuire, l'indignation, le blasphème , etc.

Des remèdes de lu colère.

Les remèdes de la colère sont le mépris sincère de soi-même.

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et de tous les objets des passions, au sujet desquels on se laisse souvent emporter à la colère ; la prière, le silence , la méditation, des actes Iréquens de douleur, de patience, de charité, de fortes résolutions de se réprimer dans les occasions qu'on doit prévoir, l'exemple de Jésus-Christ et des Saints , etc.

COLETI (Nicolas) , de Venise.

Nous avons de lui : SS. Conciliorum el decretorum coUcctio nova , seu collectio Conciliorian à PP. Labhe et G. Cossartio , societ. Jesii , primiim vulgata , deinde emendatior et amplior récusa Ni col. Coleti opéra. M.

Coleti a fait entrer dans cette édition, faite à Venise, non-seulement tout ce qui composait les grandes collections que le père Labbe , M. Ealuze et le père Hardouin ont données, mais encore tout ce qui s'est trouvé de Conciles ou de statuts synodaux répandus dans les difFérens recueils , donnés au public depuis la grande collection du pèreHardouin. Le père Mansi a donné un supplément à cette collection de M. Coleti.

COLETTE (sainte), réformatrice de l'Ordre de Sainte- Claire , naquit à Corbie en Picardie le i3 janvier i38o, de Robert Boillet, charpentier, et de Marguerite Moyon , qui avait pour lors jdus de cinquante ans.

Elle fut nommée Colette; c'està-dire , petite Nicole , au baptême, à cause de la dévotion que ses pareus avaient à saint Nicolis. Elle fut élevée dans l'amour

des humiliations et de la pénitence , qu'elle porta au point d'effacer entièrement sa beauté naturelle , en sorte qu'elle fut toute sa vie pâle , maigre et défaite. A ses autres exercices, qui consistaientprincipalementdans la prière , la mortification , la charité envers les pauvres et les malades , elle joignit l'étude des livres saints qui la mit en état de faire des conférences spirituelles aux filles et aux femmes qu'elle avait soin d'assembler ; ce qui produisit de grands fruits de piété dans la ville d'Amiens.

Après la mort de ses parens , ayant distribué aux pauvres le peu de biens qu'ils lui avaient laissé , elle se fit successivement béguine , urbaniste , bénédictine ; mais parce qu'elle ne trouva point dans tous ces états la régularité ou l'austérité qu'elle cherchait , elle prit l'habit du tiers Ordre de Saint-François , dit de la Pénitence , et s'enferma dans une retraite écartée qu'elle obtint de l'abbé et des habitans de Corbie , pour \ vivre en recluse. Elle y fit les trois vœux de religion, avec celui de la clôture perpétuelle , entre les mains du même abbé , et après y avoir passé trois ans dans des mortifications étranges , elle obtint dispense de sa clôture , alla trouver Pierre de Lune qu'elle regardait , avec la plupart des Français , comme le pape légitime , lui demanda permission de prendre l'habit de Sainte-Claire , et d'en faire observer la règle sans aucune modification dans lout<"*^

COL les maisons de filles de l'Ordre de Saint-François. De retour à Corbie avec le bref du pape prétendu qu'elle avait été trouver à Nice en Provence , Colette ne put rien exécuter en France p^r les oppositions qu'elle y trouva ; ce qui la fit aller en Savoie où elle établit bientôt sa réforme , qui passa de là en Bourgofjne , en France , dans les Pays-Bas , au-delà du Rhin , des Alpes et des Pyrénées. Ce ne fut pas sans des peines et des travaux immenses dont elle alla recevoir la récompense dans le ciel , le lundi 6 mars de l'an i44^7 jo^^ï' ''^ sa mort qui arriva à (land en Flandre dans la soixante-sixième année et cinquante-deux jours de son âge , où son corps est toujours demeuré dans l'église de son couvent , appelé la petite Bethléem. On en a une relique à Corbie en Picardie, et une autre à la paroisse de Saint-Gilles d'Ai»beville. La plupart des Martyrologes , hors le romain , font mention de la bienheureuse Colette , et le pape Urbain vm donna permission en i6?.5, à tout l'Ordre de Saint -François et à tout le royaume de France , de célébrer publiquement sa mémoire. La vie de la bienheureuse Colette , écrite en français par Pierre de Vaux, dit de Reims, son dernier confesseur, et traduite en latin par Etienne Julliac , cordelier, docteur de la Faculté de Paris, se trouve dans les continuateurs de BoUandus. ( Baillet , 6 mars. )

COLGAN (Jean), franciscain

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irlandais , a donné les Actes des Saints d'Hibernie , imprimés en plusieurs volumes à Louvain , vers l'an i65o. ( Dupin , Table des Auteurs ecclésiastiques du dix-septieme siècle , pag. 2202. )

COLÏA , père d'Achab , faux prophète . ( Jértm ., 29, 27 . )

COLIN ( Henri ), curé de Notre-Dame de Namur. On a de lui : 1° un écrit contre le père llévrart, récollet, pour prouver que tous les paroissiens sont obligés d'assister à la messe de paroisse , sous peine de péché.

2° Réponse à la lettre d'un ecclé- (lésiasti(}ue louchant l'obligation d'assister à la ])aroisse , à ÎSamur, 1708, in-o". Cette réponse est précédée d'une préface dans laquelle l'auteur convient que les religieux mendians sont très-utiles à l'Église, lorsqu'ils demeurent dans les bornes de leur institution. 11 tire ses preuves de quelques passages de saint Thomas et de saint Boiiaventure. Saint Thomas dit, 2, 2 q., 188, a. 2, ad. 2, (juc l'institution des religieux mendians est do soulager les prélats et les autres pasteurs sous leur autorité «lans la prédication et la coniluite des âmes. Nous sommes, dit saint Bonaventure, comme ces pauvres qui ramassent les épis et les raisins que les moissonneurs laissent échapper; c'est-à-dire les âmes, pour qui les pasteurs, à qui il appartient de les conduire, ne suffisent pas. Les Ordres mendians, dit-il encore, sont établis pour suppléer au défaut du clergé dans la prédication et

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dans la conduite des âmes, sans diminuer en rien les droits du clergé, tract, quare fratves minores prœdicent. Si le père Hévrart et les réguliers de sa façon , continue M. Collin , avaient les sentimens de ces Saints, qui sont les plus grands ornemens et les plus grands défenseurs des Ordres mendians , s'ils étaient animés de leur esprit , ils auraient plus de respect pour les ordonnances des prélats , etc.

Après, suit le corps de l'ouvrage qui est divisé en dix chapitres. L'auteur y expose l'état de la question c[ui se termine à savoir, « si les chrétiens sont » obligés en conscience d'assis- » ter à leur paroisse pour y en- ») tendre la parole de Dieu , lors- » que cela se peut faire com- » modément. » M. Collin prétend que cette f|uestion a été décidée par ce passage du concile de Trente • « Que l'évêque aver- » tisse soigneusement le peuple >. que chacun est obligé d'aller » entendre la parole de Dieu » dans sa paroisse , lorsc[ue cela « se peut faire commodément. »

Et la meilleure partie de cet ouvrage roule sur le sens qu'on doit donner à ce passage. Le reste est employé à répondre aux ol>jections du père Hévrart. {Journal des Savans, 1708, pag. 142 de la première édition, et 129 de la seconde. )

COLLIN (M. l'abbé ) , de l'Académie Française. Nous avons de lui, 1° un discours qui remporta le prix d'éloquence de l'année i^oS. Le sujet était : La

justice et la i^éritt^ sont les plus fermes appuis du trône des Rois.

Le discours de M. Collin porte le caractère d'une éloquence vive , noble , élevée , soutenue d'une grande justesse et d'une beauté d'expressions très-convenable au sujet. 2° Un discours sur ce guil ne peut y avoir de véritable bonheur pour Vhormne que dans la pratique des vertus chrétiennes. L'auteur le prouve par ce que la seule praticjue des \iertus chrétiennes peut calmer nos passions qui sont les causes de nos misères , et changer en des sources de joie et de consolation les plus grands maux de cette vie. Il décrit, avec un beau tour de style et une grande pureté de langage , les vains efforts que l'homme a faits pour parvenir au bonheur, et l'inutilité des moyens que les philosophes lui ont proposés à cet égard, 3° t n discours pour le prix de i-ii, dont le sujet était, que Dieu est la protection de ceux qui mettent leur confiance en lui.

On trouve dans ce discours une suite de pensées naturelles qui suivent les unes des autres, et forment un tout bien lié. 4** U" discours qui remporta le prix de l'année 1 714, dont le sujet était:

la nécessité de connaître la religion et de la pratiquer. 5" Un discours cpii remporta le prix de l'année 17 17 ; le sujet était, que les Rois ne peuvent bien régner s'ils ne sont instruits de leurs devoirs envers Dieu et envers les hommes, selon les instructions que Charlemagne donna à son fils,

et Louis XIV au Roi son arrière petit -fils. 6° Traduction du Traité de l'Orateur y de Cicéron , avec des notes, et un discours préliminaire du traducteur, contenant d'excellentes instructions sur ce qui concerne l'art oratoire, et sur le choix des harangues, des plaidoyers , des sermons qu'il faut lire pour se formera l'éloquence : on trouve à la fin des trois discours qui ont remporté , chacun dans leur temps , le prix d'éloquence , au jugement de l'Académie Française : l'Épître dédicatoire à Mgr. le Dauphin est claire , précise, convenable. C'est un volume in-i?., imprimé à Paris, chez Debure l'aîné en 1 7 3^ . [Journal des Savans, 1706, pag. 12 de la première édition , et p. 10 de la seconde ; 1 708 , pag. 82 de la première édition , et 76 de la seconde; 17 12, pag. 126 de la première édition, et 109 de la seconde; 171 5, p. 468 de la première édition ; 1718, p. 120 de la première édition ; 1738, p. 43 de la première édition. )

COLLADO (Diego ou Didace), religieux de l'Ordre de Saint- Dominique, né à Miajadas ou Mezzadas en Espagne , dans l'Estramadure , prit l'habit religieux •vers l'an 1600 dans le couvent royal de Saint-Étienne de Salamanque. Il se consacra aux missions de la Chine et du Japon , et mourut dans un naufrage en revenant à Manille, l'an i638.

On a de lui : 1* des Sermons en espagnol , imprimés à Alcala.

2" l ne Histoire d'Espagne, ibid.

3° Des effets de l'aumône , ibid.

4** Un mémorial présenté au roi d'Espagne en i63i. 5" Une Histoire du Japon depuis l'an 1601 jusqu'à l'an 1622. 6° Grammaire et Dictionnaire japoniques, et des moyens de confesser en japonais, à Rome, i632. (Le père Ècharà y Script. Ord. Prœdic, tom. 2, pag. 497.)

COLLATAIRE , celui à qui un collateur donnait un bénéfice ecclésiastique. ( V. Bénéfice , Bénéficier , Collateur, Collation. )

COLLATÉRAL , transuersus cognationis gradus , collateralis.

En terme de Droit et de généalogie , les collatéraux sont les parens qui sortent d'une même souche, et qui ne sont point au rang des ascendans ni descendans, et dont l'une ne descend point de l'autre , mais qui sont comme à côté , tels que les frères, oncles , tantes , neveux , nièces , cousins, cousines. Ils sont appelés collatéraux , parce qu'au lieu que les ascendans et les descendans sont dans une même ligne qui les lie successivement l'un à l'autre, les frères et sœurs, et tous les autres plus éloignes, sont entre eux les uns à coté des autres, chacun dans sa ligne, sous les ascendans qui leur sont communs.

La ligne collatérale , linra transversa, est celle qui est à côté de la directe. C'est dans cette ligne collatérale que sont les frères, les cousins, neveux , oncles , tantes , etc.

COLLATEUR , celui qui donnait des bénéfices, qui y pour-

voyait , htneficii ecclesiastici Collator.

De ceux qui assoient droit de conférer des Bénéfices.

On divisait en deux classes les col la teurs des bénéfices. On mettait , dans la première , les collateurs généraux , ainsi nommés de l'étendue des droits de leur place , dans la disposition des bénéfices; c'est-à-dire, le pape dans toute l'Eglise, les évêques dans leurs diocèses , et les souverains dans leurs États. On mettait dans la seconde classe les collateurs particuliers, dont le pouvoir ne s'étendait qu'à la collation des bénéfices dont ils étaient considérés comme fondateurs, ou desquels la disposition leur appartenait par concession ou autres titres particuliers.

1 . Le pape était le collateur de tous les bénéfices , même des électifs par prévention , excepté les consistoriaux , et ceux qui étaient à la nomination des patrons laïques.

2. Selon le droit commun , et le premier usage de l'Eglise , les évèquGS étaient les seuls collateurs ordinaires de tous les bénéfices de leurs diocèses.

3. Selon l'usage qui avait lieu avant nos troubles, les collateurs ordinaires étaient tous ceux qui conféraient en leur propre nom, à quelque titre que ce fut, et non par commission.

4. Le Roi était le collateur de plein droit des bénéfices simples dont il était le patron ; et pour

COL les bénéfices consistoriaux , il en avait la nomination, et le pape la collation nécessaire ; c'est-àdire qu'il était obligé , en vertu du concordat , de conférer à celui qui était nommé par le Roi.

5. Quoique pour l'ordinaire les patronslaiques n'eussent que la présentation des bénéfices dont ils étaient les patrons , il y en avait cependant plusieurs qui en étaient les collateurs de plein droit , par induit du Saint- Siégc. (Pontas, supplém. ,p. i , au mot Collation, cas 3. )

6. Quand les collateurs ordinaires négligeaient d'user de leurs droits pendant six mois, le supérieur pouvait conférer par dévolution; savoir, l'évèque au défaut d'un collateur inférieur ; le métropolitain au défaut de l'évèque , et ainsi de degré en degré. Cependant si le collateur donnait des provisions d'un bénéfice après les six mois écoulés , elles étaient bonnes , pourvu qu'elles fussent antérieures à celles des supérieurs qui sauraient le prévenir. (Ainsi jugé par un arrêt célèbre du 18 mars

-. La collation étant un acte de juridiction volontaire ou gracieuse , elle pouvait être faite hors le territoire du bénéfice tli^ collateur; et il ne pouvait pa^ être contraint, en collation libre, de conférer un bénéfice malgré lui. ( /V^e;: Bénéfice, Collatiov, Dévolut, Vacance.)

8. Les collateurs du royaum<^ qui avaient des bénéfices dépcndans de leur collation, situés

COL hors le royaume , étaient obligés de suivre la disposition des lois qui étaient en vigueur dans les lieux où les bénéfices étaient situés. Ainsi , par rapport aux bénéfices situés hors le royaume, ils ne pouvaient être grevés d'expectatives qui n'y étaient pas en usage , quand même c'eût été l'induit du parlement. C'était le sentiment de Dumoulin et de Vaillant. Louet , sur la règle de Injîrm.y n. 281, soutenait le contraire , sed maie , disait M. Guy du Rousscaud de Lu Combe , dans son recueil de Jurisprudence canonique et bénëficiale , au mot Collateur , sect. 2, num. 3. Mais aussi, ajoutait le même auteur, il est vrai de dire , et c'est une maxime qu'un collateur étranger, et dont le clicf-lieu du bénéfice était situé hors du royaume, était censé collateur frarjcais par rapport aux bénéfices dépendans de sa collation, qui étaient situés dans le royaume; et il était et devait être grevé, sur ces bénéfices situés en France, des expectatives qui y étaient en vigueur. Il était sujet à l'indidt du parlement comme les autres coUateurs , parce que , disait Dumoulin , le pape Paul m , qui avait accordé l'induit, savait bien qu'une partie de la Savoie était soumise au Roi ; à cette raison particulière à l'espèce qu'il donnait , il en joignait une autre générale, c'est que m y//ribus feudalibus inspicitur consuetudo loci servientis et non dominantis , sur la coutume de Pa-

ris , § 7 , in /in. , et § 53 , n. 1 1 ; et sur la règle deinjîrm. , n. 281 .

De ceux à qui les CoUateurs devaient conférer les Bénéfices.

1 . Les coUateurs étaient obligés de conférer les bénéfices aux sujets qui en étaient les plus dignes , et cela sous peine de péché mortel, s'il s'agissait d'un bénéfice à charge d'âmes, ou d'un autre équivalent. Le concile de Trente l'a décidé formellement touchant l'épiscopat.

Monet (sancta synodus)... niortaliter peccare , nisi quos digniorcs et ecclesiœ niagis utiles ipsi judicaverint , non quidem precibus , vel humano affecta , aut ambientium suggestionibus , sed eonirn exigent ibus meritisprœfici diligentercurni'crint , i^css. 24, cil. 1 ,etch. 18. De là les meilleurs théologiens concluaient que c'était un péché mortel de conférer à un sujet moins digne un bénéfice à charge d'àmes, ou un autre aussi important à l'Église, tels qu'étaient les dignités, et quelquefois les canonicats d'une cathédrale. La raison était (jue (le préférer le moins digne au plus digne, c'était fainî tort à l'Kglise et aux fidèles qui recevaient beaucoup de préjudice d'un ministre ou mauvais , ou moins bon que celui qu'on eût pu leur donner. (S. ïhom., 22, qiuTSt. 63, art. 2, in Corp. )

2. Les coUateuis pouvaient préférer aux autres leurs amis, leurs parens, ceux qui étaient de l'endroit où était le bénéfice à conférer, pourvu qu'ils fus-

sent aussi dignes que les autres ,

et que cela pût se faire sans

scandale.

3. Par le sujet plus digne, on n'entendait pas toujours celui qui avait ou plus de vertu ou plus de science , mais celui qui , possédant la science et la vertu dans un degré compétent , était plus en état , tout bien considéré, de rendre service à l'Église dans les circonstances où Ton se trouvait. ( Pontas , au mot Collateur. )

4. Les coUateurs ne pouvaient promettre un bénéjfi ce qui n'était pas encore vacant. Plusieurs conciles le défendent. Nulla ecclesiastica ministeria , seu etiam bénéficia , vel ecclesiœ tribuantur alicui , seu promittantur , antequamvacent.{Conc. hâter. ^ sub Alex. III -, in cap. Nulla 2, de concess. prebend. , etc. , 1. 3 , tit. 8.) La raison qu'en donnent les Pères de ce concile , était, de peur qu'on ne parût souhaiter la mort de son prochain; et ils ajoutent que les païens mêmes avaient condamné par leurs lois une conduite si mauvaise.

5. Les collateurs ne pouvaient donner un bénéfice à celui qui le leur avait demandé, avant qu'il fût vacant. La disposition de la vingt-deuxième règle de la chancellerie déclarait une telle provision nulle , comme étant l'effet d'une avarice et d'une ambition détestable.

6. Par le concordat , les collateurs ordinaires et les patrons ecclésiastiques étaient obligés de

COL conférer à des gradués nommés et choisis parmi les plus anciens tous les bénéfices ecclésiastiques c[ui vaquaient par mort dans les mois de janvier et de juillet , et à des gradués , de même ceux qui vaquaient par mort dans les mois d'avril et d'octobre, avec la liberté de choisir ceux qu'ils voulaient.

7. Les collateurs qui avaient donné un bénéfice à un sujet moins digne devaient restituer à l'église à laquelle ils faisaient tort , en procurant, autant qu'il était en eux , qu'elle fût bien servie.

8. Les collateurs ne pouvaient ni par eux-mêmes , ni par leurs vicaires , se conférer un bénéfice dépendant de leur collation.

Dijferentia débet esse interprœsentantem et prœsentatum , dan^ tem et recipientem , baptisatum et baptisantem. Innocent m, cap.

per nostras extr. de jure patron.

9. Les collateurs ecclésiastiques ne pouvaient varier ; et s'ils conféraient à un incapable ou indigne, ils perdaient le droit de conférer de nouveau pour cette fois. ( Rébuff. , sur le concordat , tit de collât. § si quis Dero verbo disposïtiones . )

10. Les collateurs pouvaient canoniquement conférer un bénéfice , à la charge que si celui à qui ils le conféraient était pourvu d'un autre bénéfice , il s'en démettrait.

1 1 . Les collateurs par dévolut ne pouvaient conférer avant la dévolution arrivée ; et quand même elle était arrivée , ils de-

COL valent mettre dans la collaliun, jure devoluto ^ de peur qu'ils ne semblassent vouloir conférer /?/re ordinario. ( Dumoulin , de Infirm. , n. 67. )

12. Les collateurs excommuniés dénoncés ne pouvaient conférer validement ni par euxmêmes, ni par d'autres, parce qu'ils étaient privés de leurs droits et retranchés de la communion de l'Église et du corps des fidèles par l'excommunication publique. (Pontas, Collation , cas y et 10. )

1 3. Les collateurs du royaume qui avaient des bénéfices dépendans de leur collation , situés liors le royaume , étaient obligés de suivre la disposition des lois qui étaient en vi{;ueur dans les lieux où les bénéfices étaient situés. (Dumoulin. \ aillant. La

Combe , au mot Collateur , pag. i47- /^«ye 3 Patron , Patronage , Dévolution , Permutation, Résignation. Voyez aussi les Mémoires du Clergé , tom. 10, p. 1782 ; t. 12, p. 2. M. Pialès, Traités des collations et provisions des bénéfices , imprimés à Paris , chez Claude Eriasson , 1754.)

COLLATIF,ro//rt/zim, bénéfice c[ui pouvait être conféré....

Un bénéfice purement collalif était celui qui dépendait du collateur seul , qui le conférait à qui il voulait, pourvu que ce fût un sujet capable. Un bénéfice électif collât if était celui (pii était conféré j)ar les personnes mêmes cpii élisaient, sans que leur élection eût besoin d'être confirmée par aucun supérieur.

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