‹ Bibliothèque sacrée (volume 2)Chapitre 132 sur 171 · COLLATION · texte numérisé non relu

COLLATION

SOMMAIRE

De la Nature de la Collation et de ses Espec

De la Fcmie de la Colla tioti.

'^vî la tuiturc de la cnllalion el Je sa espèces.

Collation , en matière bénéficiale , se prenait ou pour le droit

tions, la libre , et la nécessaire La collation libre ou i^olontai^ re était celle qvi dépendait de la volonté du (ollateur, c[ui pouvait donner le bénéfice au sujet qu'il roulait , pourvu qu'il

de conférer un bénéfice , ou ])Our fût capable.

la provision même du bénéfice. \/.\\:o\\di\\on.nécessaireou.for-

La collation , prise en ce der- cée était celle que le collateur

nier sens, étaitla concession d'un était obligé d'accorder au sujet

!>énéfice vacant , faite par le col- (jui lui était nommé ou présenté

liteur à un sujet capable. par ceux qui avaient droit de

Il y avait deux sortes de colla- nomination ou de présentation.

De la forme de la collation.

1. Toute collation devait se faire par écrit , la verbale ne suffisait point , et l'écrit devait marquer que le collateur la faisait de son propre mouvement , et à cause du mérite du sujet.

(RebufF, inpraxi parteprifH. tit.

Requisita ad coll. bon., n. 26.

Barbosa, ùiappendic. ad tract, de offic. épis. Formula , 67. )

2. L'acte de collation devait contenir l'adresse du collateur au sujet pourvu ; le droit en vertu duquel se faisait la collation , les qualités du sujet qui était pourvu, le nom de celui dont la mort ou la résignation faisait vaquer le bénéfice, le genre de vacance, les qualités et le diocèse du bénéfice , la collation en faveur du sujet, la date, le sceau , la signature de la minute par le collateur, les témoins qui devaient être deux en nombre , gens connus , domiciliés , non parens ni alliés dans le degré de cousin-germain, ni des colla teurs , ni des collataires.

( Rebufif. Barbosa , ibid. Van Espen , Juris eccles.^ tom. 2, pag. 818. ) •

3. L'acte de collation devait être fait devant notaire , excepté quand c'étaient des évêques qui conféraient. (La Combe, Jurisp.

canoniq. , au mot Collation ^ sect. 3. )

4. Les collateurs et patrons n'étaient pas obligés de garder des minutes desactes de collation

ou de présentation qu'ils faisaient ; ce défaut ne pouvait jamais faire présumer ni nullité ni fraude de leur part. ( Arrêt du grand - conseil du 6 mars 1727.)

Collation, collatio, cœnula, petit repas qu'on fait au soir les jours de jeûne. Anciennement, qu'on ne faisait qu'un repas sur le soir , aux jours de jeûne , la collation était entièrement inconnue. Depuis qu'on eut avancé le repas , elle s'introduisit insensiblement , et ce furent les moines qui y donnèrent occasion. Ils avaient coutume de faire une lecture dans le Chapitre avant complies. Ils appelaient cette lecture collation, parce qu'on y lisait les collations ou conférences des saints Pères. Légat unus collationes vel vitas Patrum, dit la règle de saint Benoît , c. 42.

Dans les commencemens , on allait du Chapitre droit au chœur pour y chanter complies.

Dans la suite , après avoir commencé la lecture dans le Chapitre, on alla au réfectoire pour la continuer , et l'on se contenta d'abord d'y boire un coup pendant la continuation de la lecture. On y mangea insensiblement, et l'on y fit le petit repas qu'on a nommé collation , de la lecture ainsi appelée. Telle est l'origine de la collation qui est en usage aujourd'hui dans les temps de jeûne parmi les fidèles, et qui n'y était pas encore dans le treizième siècle , où vivait saint Thomas.

Cette collation est donc per-

COL mise ou tolérée par l'Église , à condition, i*> que ce ne soit point un repas; 2** qu'on ne mange que très-peu, et seulement ce qui est nécessaire pour se soutenir et s'acquitter des devoirs de son état, jusqu'au repas du lendemain ; 3° qu'on ne mange point de choses défendues à la collation ; sur quoi il faut s'en tenir à l'usage reçu et autorisé par les évêques des diocèses où l'on vit.

Il Y a eu un temps où il n'était pas permis de manger du pain à la collation. On se contentait de quelques confitures ou de quelques fruits. ( Saint Antonin , 2. part. , summ. Theol. , tit. 6, c. 2 , V. 9. Pontas , au \\\ot Jeune, cas 17 et 18. Claude de Vert, Ct^rém. de VÊgl. , t. 2 , p. 1 10.

Catéchisme de Montpell. , c. 6 , du cinquième commandement de l'Église , sur les jeûnes. )

COLLATIONNER , c'est comparer une copie avec son original , pour voir s'ils sont conformes. Pour qu'une copie fasse foi , il faut qu'elle ait été collationnée , parties présentes ou a j>pelées.

CoLLATiONNER, signitic aussi vérifier s'il ne manque point de feuilles à un livre , par le moyen des signatures à l'égard des caliiers, et des chiffres à l'égard des feuilles.

COLLE, petite ville d'Italie dans la Toscane. Les Latins l'appellent Collis, nom qu'elle a tiré de sa situation sur une colline.

Elle est dans le Florentin près de de la rivière d'Elza, du côté de roccidenl, et son évéché, érig«:

par Clément vin en 1592, est sous la métropole de Florence.

Èvéques de Colle.

1 . Usimbard, de Colle même , nommé par Clément vur en 1 692, mourut en 161 2.

2. Côme, des comtes de Gérardesch, petit-neveu de Léon xi, chanoine et archiprétre de Florence, nommé en 161 3, au commencement de février , mourut en 1634.

3. Thomas Salviati, de Florence, transféré à Arezzo au mois de janvier i638.

4. Robert Strozzi, de Florence, transféré à Fiesoli le 12 juin

5. Jean B. Bonacursius , de Florence, élu en i645, mort en janvier 1G81 .

6. Pierre Petra ou 4e Pétris, Camaldule, nommé le 28 juillet 1681, mourut au mois de novembre 1703.

7. Dominique Ballatus Nerlius , de Mantoue , ]H-être du Mont-Olivet , nommé le i5 se|>tcmbre 1704, siégeait encore en 1717. {Italia sacra, tom. 3 , pag. 2o3.)

COLLECTAIRE , collectarius liber, collectarium. Autrefois le collectaire était un livre qui renfermait généralement toutes les oraisons appelées collectes ; car, comme il y avait un livre des Évangiles, un autre des Épîtres , il y en avait aussi un des collectes. Les Bollandistes prétendent que le mot de collectaire s'est pris aussi pour ce que nous appelons ^mn/rt/. Aujourd'hui le coL-

lectaire est un livre qui renferme les capitules et les oraisons qui se disent aux heures canoniales.

{Act. SS.Mart., t. 3, p. 756.) COLLECTE, collecta. Le mot de collecte se prend , i° pour une quête de deniers qu'on donne par aumône. C'est dans ce sens c[u'il est pris au chapitre i6 de la première Épître de saint Paul aux Corinthiens. ( Collecta quia colligitur pecunia.) 2° Pour les levées que les princes faisaient sur leurs peuples pour quelque dessein pieux, comme pour le secours de la Terre-Sainte. Le pape Alexandre m ordonna une collecte de cette nature dans un concile qu'il tint à Reims l'an 1 164. 3° Pour l'assemblée des chrétiens. 4*^ Pour le sacrifice de la messe qui se faisait dans ces assemblées. 5" Plus particulièrement après le Gloria in excelsis , parce qu'elle était la première qui se disait après que le peuple était assemblé , et que le prêtre parle au nom de tout le peuple, dont il ramasse, pour ainsi dire , les vœux et les désirs par ce mot Oremus ( prions ) , a près lequel tout le monde priait autrefois quelque temps en silence , lequel était suivi de l'oraison qu'on nomme collecte , dans laquelle le prêtre recueillait les vœux du peuple pour les présenter à Dieu. Cela se pratiquait aussi dans l'Ordre de Clugny , et nous en voyons un vestige dans le Flectamus gcnuay et le Levale des messes des jours déjeune. Anciennement, et cela seprati([ue encore à Paris, selon

le nouveau missel , on ne disait le levate (levez-vous) , qu'après que le peuple avait prié à genoux quelque temps en silence. Alors on se levait pour entendre debout la collecte. 6° Le mot de collecte se prend en général pour toutes les oraisons qu'on dit à la messe ou à l'office. Les collectes se diversifient, selon la différence des solennités , des mystères et des temps de l'année. (Cardinal Bona, sur la Liturgie ^ livre 2, chap. 5, n. 3. Catéchisme de Montpellier, pag. 587, édition in-4° de 1714- Instructions dogmatiques. . . sur le sacrifice de la messe y in-8<*, 1743 , p. 272. )

Les collectes ne sont point de la première antiquité ; on n'en trouve point avant les papes Gélase et saint Grégoire , qui les ont les premiers introduites dans leurs sacrameutaires.

Oncommençait anciennement la messe par les lectures mêlées de répons, comme le vendredisaint. On y inséra ensuite des collectes, dont la première, qui se récitait sur le peuple , super collcctam plebem , appartenait plutôt au retour de la station c{u'on venait de faire, qu'au sacrifice qu'on allait commencer.

( Traité de la Messe et de V office divin , seconde édition , à Paris , 1714, p. 3o. Voyez Messe. )

COLLECTEUR, celui qui était nommé par les habitans d'une paroisse pour asseoir et lever la taille , tributorum coactor. Les collecteurs étaient obligés, sous peine de péché mortel et de restitution , de garder la J!islirr et

COL légalité dans l'imposition de la taille, en taxant chacun selon ses facultés. Ils étaient aussi solidairement tenus de payer aux receveurs des tailles le montant des impositions portées par le rôle , sauf à eux à se faire payer par les taillables. Vojez le livre intitulé : Code des tailles , imprimé à Paris en 1713. Voyez aussi le Dictionnaire des Arrêts, au mot Collecteurs, et les édits des mois de janvier et d*octobre 17 13; les déclarations des i'"' août 1716, 24 mai ^1^1 1 ^^ 9 août I7?.3; l'arrêt du conseil, du 7 juillet 1733. )

COLLECTION , collectanea , exceptiones , exccrpLa. Recueil de passages ou d'autres endroits qu'on fait dans la lecture des livres , pour servir à quelque dessein.

Collection, colUtctio , assemblage, compilation, recueil de plusieurs ouvrages, de plusieurs pièces d'un même ou de différcns auteurs.

COLLÈGE , collegiutn. Nom qu'on donne à l'assemblée de certains corps ou sociétés. Les Romains appelaient collège toute communauté de personnes unies ensemble pour les fonctions de l'État ou de la religion, des arts libéraux ou mécaniques. ( Yalère-Maxime , de Instituti^ Cicéron , Épître 5 à son frère Quintus, liv. 2. Ïite-Live , liv. 2. )

Chez les chrétiens, on dit : le collège des apôtres , le sacré collège ou le collège des cardinaux , le collège des chanoines, le collège des électeurs, etc. Le mot

de collège, pris en ce sens, vient, selon Papias , à societate Collegarum, de l'union de plusieurs personnes constituées dans la même dignité, et occupées des mêmes fonctions.

Collège , gymnasium Litterarum. Lieu établi pour enseigner j)ubliquenient les lettres divines cl humaines, grammaire, philosophie , théologie, etc. Les juifs , les Égyptiens, les Grecs , les Romains, toutes les nations policées ont eu et ont encore des collèges pour l'instruction de la jeunesse, qui ont presque toujours été entre les mains des ministres de la religion. C'était les Mages en Perse , les Gymnosophistes aux Indes, les Druides dans les Gaules qui enseignaient. Quand le christianisme fut ètalili en France , les inonastèresdevinrentpres(|ueaulanrde collèges dans lescjuels on instruisait les enfans. (Cliarlemagne , Capitular., 1. 1, c. 22.)

Le concile de Trente , sess. 5, cap. I, de Réf., ordonne qu'il sera fait leçon d'Écriture-Saintt* dans les collèges publics, et (jue ceux qui seront chargés de faire ces leçons seront examinés et approuvés par l'èvêque. Le concile de Bourges , en 1 584 » a confirmé ce règlement. Par deux arrêts du conseil d'état du Roi , rendus en 1695 et 1696, l'èvêque de Sisteron était maintenu dans le droit d'apj)rouver , et même d'avoir le choi.x libre des règens des collèges des villes de son diocèse, et d'en établir où il jugerait à propos ; ordre aux rè-

gens qu'il avait établis d'observer les réglemensqui leur étaient donnés par lui ou'par les grandsvicaires. {Mém. du Clergé y t. i, pag. io42etsuiv.)

Le concile de Toulouse , en iSgo , défend aux personnes du sexe , même sous prétexte de service , l'habitation des collèges; et l'article 71 de l'ordonnance de Blois, défend à tous ]Drincipaux , même de petits collèges , d'y loger ni recevoir autres personnes qu'étudians et

écoliers. Par l'article

de la

même ordonnance, aux charges de supérieurs, senieurs et maîtrises des collèges , ne pouvaient être élus ni institués gens pourvus de bénéfices qui avaient cl]arge d'âmes et requièraientrésidence. Par l'article 72 , seront tenus les principaux et supérieurs de collèges de résider en ])ersonne et de faire les charges auxquelles les statuts les obligent.Ne souffriront aucuns boursiers demeurer plus de temps ([u'il est porté par les statuts , sur peine de privation de leurs principalités , et de s'en prendre à eux pour la restitution des deniers. Par l'article ^S , ne pourront lesdits principaux bailler à ferme leurs principalités , ni prendre argent des régens pour leur donner classe , sur peine de j)rivation de leurs charges et privilèges. Par l'article 74? il est défendu à tous principaux , régens et pédagogues de s'entreiriettie de solliciter procès. Par r.uticle 80, il leur est défendu <lc perinetlie aux écoliers de

jouer farces , tragédies , comédies , fables , satires , ni autres jeux contenans lascivetés , injures , invectives , ni aucun scandale contre aucun état public ou personne privée , sur peine de prison et de punition corporelle.

[Mémoires du Clergé , tom. i, pages 871, 873.)

COLLÉGL\LE , église collégiale , ecclesia collegialis , collegiata. C'est une église où il y a un Chapitre de chanoines , mais sans siège èpiscopal. Il y a des collégiales qui sont de fondation royale , dont le Roi confère les prébendes , et d'autres qui sont de fondation ecclésiastique. Les unes et les autres se règlent sur les catliédrales pour le service divin. ( Voyez Chaxoixe , Chapitre. )

COLLÉGIENS , collegio adscripti. Sectaires de Hollande , ainsi appelés , parce qu'ils s'assemblent en particulier. Dans leurs assemblées, qui se tiennent tous les premiers dimanches de chaque mois , chacun a la liberté de parler , de prier , de chanter , d'expliquer l'Écriture. Ils ne communient jamais dans leur collège ; ils s'assemblent seulement deux fois l'année , de toute la Hollande, ù Rinsbourg, qui est un village à deux lieues de Ley^ , où ils font la communion. Ce n'est pas un ministre particulier, c'est le premier venu qui la donne. Les Collégiens se sont formés des Arminiens et des Anabaptistes. Ils donnent le baptême en plongeant tout le corps dans l'eau, comme ces derniers.

COL Tous ces Collégiens sont Sociciniens ou Ariens , autrement Unitaires.

COLLET. Ce mot vient du latin collare. C'est une partie de l'habillement qui se met autour du cou. Il était inconnu aux anciens qui portaient le cou nu.

Henri ii s'en est servi le premier.

Sesancêtresn'en portaient point, excepté Charles-le-Sage qu'on représente avec un collet d'hermine.

Collet , est aussi un ornement de linge qu'on met sur le collet de l'habitpour la propreté. (/^<y^.

Rabat. )

COLLET (Philibert), avocat

au parlement de Dombes , né le

i5 février i643, à Chatillon-lès-

Dombes dans le Bressan , entra

chez les jésuites qu'il quitta à

l'âge de vingt-deux ans , pour

voyager. Après avoir parcouru la

France et l'Angleterre , il revint

dans sa patrie où il se maria en

1676, et mourut le 3o mars

17 18, à soixante-dix-neuf ans

commencés. On a de lui : 1° un

traité des Excomnmnications , à

Dijon, i683, in-12. C'est une

histoire de l'excommunication

de siècle en siècle. 2" Un traité

de l'Usure , à Lyon , 1690 , in-8" ;

et à Paris en 1692. 3° Entretiens

sur les dîmes , aumônes et autres

libéralités faites à l'Église, sans

nom d'auteur ni de ville , ni

d'imprimerie; mais imprimés à

Lyon , in-12 , et ensuite à Paris

t-n 1693 , et dédiés à M. l'avocat

général Talon. 4" Historîa ra-

lionis , à Lyon , in-i 2 , en 1696

")' Entretiens sur la clôture des

religieuses , à Dijon en 1697 , in-i 2. 6" Deux lettres concernant la critique de l'histoire de Dombes, in-4''. 7° Explication des statuts , coutumes et usages observés dansla province de Bresse, Bugey, Valromai et Gex, à Lyon, in-folio, en 1698. 8-^ Plusieurs manuscrits , entre autres , la critique de l'Histoire de Bresse de Guichenon , et de quelques mémoires de Trévoux ; Histoire de Dombes ; Histoire naturelle de Bresse ; Géorgiques ou Géorgettes : ce sont des dialogues satiriques contre un mandement de M. de Saint-Georges , archevêque de Lyon. (Papdlon, Vie de Collet , au tom. 3 , première partie des Mémoires de littérature et d'histoire, à Paris, chez Simart. )

COLLET (Pierre), prêtre de la congrégation de la mission , docteur et ancien professeur de théologie , né à Ternai dans le Yendômois,lc 6 septembre 1693, et mort le G octobre 1770, s'est fait un nom distingué parmi les théologiens , et a mérité l'estime des personnes pieuses par ses écrits et par ses mœurs. Ses ouvrages sont eu grand nombre.

Les principaux sont : 1° Vie de saint Vineent de Faute , 2 voL in-4°,ou 4 vol. in-8"'' avec quelques additions. 2" Histoire abrégée du même, i vol. in-12, 1764 3° Vie de M. Boudon, 2 vol. in-12, 1753. La même abrégée, 1 vol.in-12,1762. ^"^ Fie de saint Jean de La Croix , 1769, i vol.

in-i 2 . 5° Traité des dispenses en général et en particulier, 3 vol.

33o COL

in-i2 , 1753. Cet ouvrage est unique en son genre , et rempli de recherches. Il en a paru en 1 788 une édition corrigée et augmentée par M. Compans , 2 vol.

in-8". Cette édition est bien préférable à la première. 6° Traité des Indulgences et du Jubilé, 2 vol. in-i2, 1770. 7° Traité de r Office divin , 1 vol. in-i2, 1763. 8° Traité des saints Mjstères, 2 vol. in-12, 1768 ou 1817, avec additions par un professeur du séminaire de Paris.

9" Traité des exorcismes de VÉglise , I volume in-12, 1770.

1 0° Abrégé du Dictionnaire des cas de conscience de Pontas ,

I volumes in-4°, 1764 et 1770.

I I ° Lettres critiques sous le nom du prieur de Saint-Edme , i vol .

in -8°, 1774- 12° Bibliothèque d^ un jeune ecclésiastique , i vol.

in-8°. Ouvrage de peu de conséquence. i3° Thcologia moralis universa, 17 vol. in-8''. 14° Institutiones theologicœ adusmn seminariorum , 7 vol. in-12, 1744 et suiv. i5° Eœdem , breviori

yorw«, 4 vol. in-12, 1768. 16° De Deo , ejusque dii>iuis attributis , 3 vol. in-S"*, 1768. 17° Les devoirs des pasteurs , i vol. in-i 2 , 1769. 18** Devoirs de la vie religieuse, 1 vol. in-12, 1765.

1 9° Traité des devoirs des gens du monde , i vol. in-12, 1763.

10° Devoirs des écoliers , 1 vol.

petit i n- 1 2 . 2 1 ''Instructions pour les domestiques y i vol. petit in-i 2, 1763. 22'' Instructions à Vusage des gens de la campagne , petit in-12, 1770. 23*' Sermons et Discours ecclésiastiques, 2 vol.

COL in-i 2 , 1 764 , écrits avec plus de netteté que d'éloquence. 2./\.'' Méditations pour servir aux retraites, 1 volume in-12, 1769.

25° La Dévotion au sacré cœur de Jésus, établie et réduite enpratique , I vol. in- 16, 1770.

En général , ses ouvrages sont estimables par l'abondance des reclierches , et par l'ordre qu'il a su y mettre.

COLLIER , ornement que portent les chevaliers des Ordres militaires, qui s'étend bien avant sur leur manteau , et dont ils mettent la figure autour de leurs armes. Torques, torquis. C'est une chaîne d'or émaillée , souvent avec plusieurs chififres , au bout de laquelle pend une croix ou une autre marque de leur Ordre. Le premier Empereur qui a mis un collier autour de ses armes a été Maximilien , et le premier Roi en France , a été Louis XI.

COLLIER , Ordre du Collier ou de Saint-Marc , ou de la Médaille. C'est un Ordre de chevalerie que le doge et le sénat de la république de Venise confèrent à leurs sujets , ou même aux étrangers qui se sont distingués par leurs belles actions dans les armées. Les chevaliers de cetOrdre ne sont point obligés à faire preuve de noblesse. Ils n'ont point d'habit particulier. Ils portent seulement le collier ou la chaîne d'or, avec une médaille sur laquelle est représenté le lion de Saint- Marc, tenant entre ses pâtes un livre ouvert où sont ces paroles :

COL Pax libi Marce Evangelista wei/*. (Justiniani, Histoire des Ordres militaires .FrànscicMennenius , Deliciœ equest. Ord.

Scoonebeck, Hist. des Ordres militaires. Le père Hélyot , Histoire des Ordres monast. , t. 8, pag. 364. )

COLLIER (Jérémie), savant théologien anglais, né à Stor- Qui dans la province de Cambridge, le 23 septembre i65o, prit les degrés , fut ordonné prêtre, desservit quelques paroisses , et obtint la place de lecteur de Grays-Enn à Londres ; mais il ne la put remplir longtemps, ayant refusé de se soumettre au gouvernement, et de faire le nouveau serment ; il composa même des écrits pour défendre sa conduite. Il mourut le ?6 avril 1726, à soixanteseize ans. 11 avait une grande connaissance des antiquités sacrées et profanes. On a de lui , entre autres ouvrages : i" plusieurs écrits contre les non-conformites. 2^ Essais sur ditlercris sujets de morale. 3" \J^\\ traité qui prouve que Dieu n'est point auteur du mal. 4" ^ " Dictionnaire historique, géographique et généalogique , en quatre volumes in-fol. 5° Une Histoire ecclésiastique de la Grande-Bretagne , principalement de l'Angleterre, depuis l'établissement du christianisme jusqu'il la fin du règne de Charles u, avec un .ibrégé de l'Histoire ecclésiasti(jue d'Irlande , en deux volumes in-fol. Tous ces ouvrages sont.écrits en anglais. ( Si/pplc-

COL 33i

ment français de Baie. Journal des Savans , 1 709 et 1717.)

COLLIN ou KOELLIN (Conrad), de l'Ordre de Saint-Dominique , né à Ulm , ville du cercle de Souabe, fut un homme très-attaché à l'étude. Il enseignait la théologie à Hcidelberg dès l'an 1507. U alla ensuite à Cologne, oîi le doyen de l'Université le pria de donner au public les leçons particulières qu'il avait faites sur saint Thomas , et engagea même Cajétan , alors général de l'Ordre , de lui ea faire un commandement exprès.

11 fut ensuite revêtu de l'oflice d'inquisiteur dans les j)rovinces de Mayence , de Trêves et de Cologne. U mourut dans cette dernière ville le 26 août i536.

Il, avait composé des commentaires scholastiques sur la première seconde de saint Thomas, dont il s'est fait plusieurs éditions à Cologne, i5i2, in-fol.

On y trouve au commencement les trois lettres qui le portèrent à Liire imprimer cet ouvrage.

Allamuia dit qu'il a aussi écrit sur la première partie, sur la seconde , et sur la troisième partie de saint Thomas. Si cela est , il faut que ce dernier commentaire soit demeuré manuscrit. Nous avons encore de lui vingt -sept quolibets eu forme de dialogue sur les principaux points de la théologie morale, à Cologne 1 52 3, in-4". Il fit aussi deux traités contre les noces de Luther, l'un imprimé à Cologne en 1027, in-4°; l'autre à Tubinge, in-8", en i53o. Le con-

33a COL

tinuateur de Trithême dit qu'il devait mettre au jour beaucoup d'autres ouvrages , si la mort ne l'avait pas prévenu. ( Voj-. Cajetan, opusc, tom. opuscul. 3i.

Lusitanus, AXUmwvo. , ad awmm i5i;. Simlérus. Possevin. Bellarmin. Échard , Script. Ord.

Prœd., tom. 2 , pag. 100.)

COLLIN ( Marnes) , fit imprimera Pont-à-Mousson ,en 1607 , iQ-4°5 les coutumes générales de Bassigny , adressées au duc Charles m. (D. Calmet , Bibl. lorr. )

COLLIN ( Ambroise ) , bénédictin de la congrégation de Saint- Vannes, né à Bar-le-Duc le 28 août 17 10, a fait profession dans l'abbaye de Saint-Léo- J^old à Nancy, le i5 mai 1729.

Dom Calmet, abbé de Senones, l'appela en 1745 pour présider à une académie qu'il voulait établir dans son abbaye. Dom Collin y donna des leçons du Droit canon et de la Théologie positive , et y composa un écrit complet du Droit canonique. Il a aussi fait des collections sur les saints Pères , et particulièrement sur saint Épiphane ; plusieurs pièces en vers , tant en latin qu'en français. Il a travaillé aussi à une vie des Saints à l'usage du diocèse de Toul, selon le plan formé par M. Begon, évêque de cette église. (Dom Calmet, Biblioth. lorr.)

COLLIN (M. ) , ancien vicaire perpétuel de Saint-Martin-des- Chami>s dans l'Église de Paris , a donné la vie de la vénérable servante de Dieu , Marie Lumague , veuve de M. Pollalion , genlil-

homme ordinaire du Roi , institutrice des Filles de la Providence , sous la conduite de saint Vincent de Paule, morte en odeur de sainteté en 1667 , avec l'is pièces justificatives enrichies de son portrait , in- 1 2 , Paris , 1 744 > chez Cl. Jean Baptiste Hérissant.

L'auteur de cet ouvrage s'est proposé d'écrire et de donner au public tout ce qu'il a pu rassembler de l'histoire de la vie d'une pieuse veuve , qui a travaillé pendant qu'elle a vécu à se sanctifier elle-même , et à sanctifier un grand nombre de filles et de femmes , soit en les retirant des désordres où elles étaient tombées , soit en prenant de sages précautions pour les empêcher d'y tomber, soit en faisant entrer dans le sein de l'Eglise plusieurs filles ou femmes qui avaient eu le malheur de naître ou de se trouver engagées dans l'hérésie. La maison de la Providence, la communauté de l'Union chrétienne , ou l'institut des dames de Saint- Chaumont , qui formait alors une sorte de congrégation composée de plus de vingt maisons ; la maison de la Propagation de la Foi et les Nouvelles-Catholiques. Ces quatre maisons qui reconnaissaient madame Pollalion pour leur fondatrice , et qui lui devaient leur premier établissement , furent toujours regardées comme le fruit de la charité de celte respectable veuve, et des mesures qu'elle prit , avec l'aide et les conseils des personnes éclairées , pour procurer à toutes les

COL personnes qu'elle recevait dans ces maisons , des retraites propres à les mettre également à couvert et contre les dangers et contre les besoins de la vie , et pour conserver dans l'Église le plan des conversions et des œuvres de piété que Dieu lui avait inspiré. {Journal des Sai>ans , ï744»pag. 5io. )

COLLIN ( le sieur ) , a donné :

Abrégé chronologique de l'Histoire universelle , sacrée et profane , traduite du père Petau , jésuite , avec diverses augmentations depuis la création du monde jusqu'à l'an i632, et un supplément jusqu'à l'an i683, in-i2, trois volumes. Le traducteur a ajouté à l'ouvrage du père Petau un détail succinct de tous les événemens remarquables, tant anciens que modernes, et un abrégé de l'Histoire de toutes les nations. (Journal des Sa^fans y 1682, pag. 33o. )

COLLINA (le père Boniface), camaldule, a donné la vita di San Romualdo , fondatorc délia religione camaldolese , Bologne , 1748, in-4''» deux volumes.

La vie de saint Romuald a été composée par divers auteurs, et en particulier par saint Pierre Damien; mais aucun ne l'avait écrite avec autant de détail et d'exactitude que le père CoUina.

Le bel ordre qui y règne , et le grand nombre des faits nouveaux dont il l'a enrichie , l'ont fait recevoir très-favorablement.

{Journal des Sav. , 1 74^, p- 759. )

COLLINS ( Henri ) , dominicain du couvent de Bruxelles ,

et docteur de Douai , enseignait en 1692 à Louvain, en qualité de premier régent du collège des Frères-Prêcheurs de cette ville.

On a de lui des thèses sur la grâce efficace par elle-même, selon la doctrine de saint Thomas , imprimées in-12 à Louvain , et la défense de ces mêmes thèses. ( Le père Échard , Script.

Ord. Prœd., tom. 2 , pag. 732.) COLLINS (Antoine), savant anglais , né à Heston dans le comté de Midlesex , à dix milles de Londres , au mois de juin 1676, d'une famille noble et riche , devint trésorier du co;nté d'Essex. 11 fit l'usiige le plus criminel des grands talensdont le ciel l'avait orné , et il ne les employa qu'à ébranler, s'il l^eûtpu, les fondemens de la religion , en les attaquant avec fureur et de toute la force de son génie , dans des écrits dangereux et pleins d'opinions impies, (jui lui attirèrent plusieurs adversaires. Il déclara néanmoins avant sa mort , arrivée à Harley-Squarrc le iS décembre 1729, «« qu'il avait » toujours pensé que chacun dc- » vait faire tous ses efforts pour » servir de son mieux Dieu , son >» prince et sa patrie , et que le » fondement de la religion cong » sistait dans l'amour de Dieu » et du prochain. » Mais cette trop faible rétractation ne suffit pas pour sauver sa mémoire de l'exécration publique. Il était au reste d'un caractère bienfaisant, qui le portait non-seulement à ouvrir sa bibliothèque riche et curieuse à ses antagonistes , mais

encore à leur indiquer les livres et les argumens propres à le réfuter. Ses principaux ouvrages sont : I ° Essai sur l'usage de la raison , dans les propositions dont l'évidence dépend du témoignage humain, a'' Plusieurs écrits sur les articles de la religion anglicane. 3° Discours sur la liberté de penser; ouvrage qui a fait grand bruit. 4° Recherches philosophiques sur la liberté de l'homme, ou paradoxes métaphysiques sur le principe des actions humaines. L'auteur s'efforce inutilement d'établir dans ce pernicieux ouvrage le matérialisme , par un amas de principes absurdes , de sophismes ridicules , de paralogismes grossiers, qui ne peuvent imposer qu'aux ignorans et aux libertins.

5" Discours sur les fondemens et les preuves de la religion chrétienne , avec une apologie de la liberté d'écrire. 6° Modèle des prophéties littérales. C'est une suite du livre précédent, réfuté par diiférens auteurs , surtout par le docteur Jean Rogers , dans son livre intitulé : Nécessite de la révélation divine. Il y a encore eu du même nom , Jean Collins, savant mathématicien anglais, surnommé le Mersenrc anglais ; et l'abbé Collins , qui est auteur d'une excellente traduction française de l'orateur de Cicéron , avec des notes utiles, et une préface qui est un commentaire raisonné sur l'ouvrage, et un solide abrégé de rhétorique, où il porte des jugeniens sur nos plus illustres orateurs cîuétiens.

( Voyez la Bibliothèque raisonnée des ouvrages des Savans de V Europe, tom. 4? part, i , pag. 234. Critique désintéressée des journaux littéraires, tom. i, pag. 244. M. l'abbé Ladvocat , Dictionnaire historique ; et le Diction?!, historique , littéraire et critique)

COLLICS (François) , né dans le territoire de Milan , fut grand pénitencier de la cathédrale de cette ville en i63o. Il soutint , avec le plus grand applaudissement, des thèses de théologie dans le concile de Milan, où étaient saint Charles Borromée , le cardinal Paul ^Emile Sfondrate, neveu du pape Grégoire XIV, et seize évêques. Collins se distingua moins encore par sa science que par la piété la plus tendre ; on rapporte même à cette occasion que plusieurs personnes l'ont vu ravi en extase pendant qu'il célébrait la très-sàinte messe. Il entreprit de faire un ouvrage sur le salut ou la damnation de plusieurs personnes illustres, qu'il intitula :

De nnimabus Paganorwn. Ce traité est imprimé en deux vo lûmes in-4'', à Milan ; le premiei en 1622, et le second en i633.

Son dessein est d'examiner l'état où sont présentement les âmes des païens , par des conjectures tirées de la connaissance qu'ils ont eue des choses divines , de leur vie et de leurs mœurs, de leurs senti mens et de leurs écrits, et des témoignages des auteurs ecclésiastiques et profanes. Lr premier tome est divisé en cinq

COL livres : il y traite en ^énéial des l'orces que les païens ont pu avoir par leur libre-arbitre pour faire des bonnes et mauvaises actions. Il dérive le nom de païen du mot Pagas d'où vient Paganus, peuple obscur qui menait une vie cachée à la campagne , et qui n'était ni soldat, ni homme de guerre. Mais en traitant du salut des âmes des païens, il prend ce nom dans une signification plus générale , pour tous ceux qui ont vécu dans l'état de la nature corrompue , sans pratiquer la loi de Moïse, ni appartenir extérieurement à la loi de grâce , et sans avoir les lumières de la foi. Il examine ensuite si les païens ou les infidèles peuvent faire par eux-mêmes, et par les seules forces du libre-arbitre quelques bonnes œuvres. Il suit le sentiment de saint Tbonuisqui enseigne que toutes les œuvres des infidèles ne sont pas des péchés , et il répond aux passages de saint Paul , que ces œuvres faites sans grâce peuvent être bonnes moralement , quoiqu'elles ne servent de rien pour la béatitude, ni pour eiTacer les péchés ; ces œuvres sont toujours le fruit d'une grâce naturelle qui attire doucement l'homme à faire ce qui est juste et honnête en éclairant son esprit et en excitant sa volonté ; mais elles ne peuvent être, en aucune manière, une disposition à mériter la grâce surnaturelle. Il croit cependant qu'il est de la miséricorde et tle la providence de Dieu de

donner aux païens , qui répondent à ces grâces naturelles, la lumière de la foi , et les autres grâces qui leur sont nécessaires pour parvenir à la béatitude étemelle , et que cette grâce est toujours préparée à ceux qui vivent moralement bien. Il n'est donc pas impossible, dit -il, qu'il n'y ait eu quelques païens sauvés : mais par quelle foi et par quels sacremens ? L'auteur suppose , comme un principe inconstestable , que la foi en Jésus- Christ a toujours été nécessaire pour le salut ; mais il sullit, dit-il, que cette foi soit implicite , et il la fait consister dans la ferme espérance qu(î Dieu sauverait les hommes de l.i manière qu'il l'avait révélée à leurs ancêtres,ou à ceux qu'il en avait instruits. Il croit aussi que le péché originel ne pouvait être remis aux enfans sans quelque sacrement ou signe extérieur de la foi de leurs parcns , et que ceux qui en étaient nmnis étaient transportés dans les liml>es quand ils mouraient avant l'usage de raison. Quant aux adultes , il soutient que non-seulement le péché ori{;inel , mais aussi Irurs péchés actuels leur étaient remis par la foi et par la cliarité surnaturclles.Sur ce principe, il conclut que Melchisédech , prince chananéen , prêtre du Très- Haut, Gentil et descendu des Gentils , a été sauvé , aussi bien que Job et ses trois amis , les sages femmes égyptiennes. Il n'ose décider du sort de Balaam.

Il lui paraît seulement vraisem-

blable que la reine de Saba jouit de la béatitude. Il aurait bien voulu sauver aussi le fameux Mercure Trisniégiste , quoiqu'il n'en soit point parlé dans l'Ecriture , parce que ses livres lui faisaient voir qu'il avait connu plusieurs articles de la vraie religion ; mais malheureusement ils sont supposés : ainsi sa preuve tombe d'elle-même. Orphée connaissait le vrai Dieu, mais il a enseigné l'idolâtrie ; Homère a inventé la fable ; Numa Pompilius apprit à sacrifier aux démons.

Il n'est pas certain que les sept sages de la Grèce aient vécu selon les maximes qu'ils avaient prescrites. Pythagore était magicien. Il n'y a donc guère d'apparence que tous ces gens-là aient été sauvés. Enfin Heraclite , Anaxagore , Socrate , Platon ont bien connu Dieu , mais ils n'ont pas vécu d'une manière conforme à Vidée qu'ils en avaient : leur salut est bien incertain. Il commence le second tome par Aristote; il ne voit pas que les conjectures que l'on apporte pour son salut soient convaincantes. Ensuite vient Diogène ; il avait quelque apparence de vertu, mais, dans le fond, c'étaient des vices cachés.

Caton d'Utique était un orgueilleux ; Sénèque a eu des sentimens très-élevés de la Divinité ; il était presque chrétien ; mais il a cru l'âme mortelle , et il est mort en impie. Epictète était religieux à l'égard de Dieu , charitable envers les hommes; ses maximes sont conformes à celles de l'Évangile ; mais il a préféré

COL le culte des faux dieux à la religion chrétienne qu'il n'a pu ignorer. Appollonius de Thyane était un imposteur, Plotin admettait la métempsycose , et adorait les démons; ainsi tous ces philosophes sont damnés. Nabuchodonosor fit un édit par lequel il défendit de blasphémer contre le Dieu d'Israël. Il est dit de lui , dans Daniel , qu'après avoir passé sept ans avec les bêtes farouches , en punition de ses crimes , il loua et glorifia le Dieu du ciel. Il y a toute apparence qu'il lui a fait miséricorde.

Darius avait beaucoup de penchant pour la religion des juifs ; mais n'ayant pas cessé d'adorer les idoles, il faut croire que Dieu l'a abandonné. Cyrus délivra les juifs de la captivité, mais on ne remarque en lui ni foi, ni bonnes mœurs. Tibère mit Jésus-Christ au rang des dieux , mais il est mort chargé de crimes. Trajan était un prince juste et de bonnes mœurs , mais il lui manquait la foi en Jésus- Christ cfu'il devait connaître.

Pour ce qui regarde les Mages , Collius assure qu'ils sont sauvés :

il pense de même de laSybileEtrithréenne , en supposant qu'elle était la bru de Noé. Enfin , il traite dans le dernier livre du Salut ou de la damnation de quelques personnes qui ont été certainement dans la véritable religion , et du salut desquelles on a douté , comme d'Adam et d'Eve qui ont fait pénitence ; de Cain mort dans le désespoir; d'Enoch qui , après avoir vécu

COL dans l'innocence pendant trois cent soixante années , fut enlevé ; dcSanison, que saint Paul met entre ceux des anciens qui ont eu la loi ; de Salonion , à qui Dieu , sans doute , a fait miséricorde. Origène ne peut être exempté d'hérésie, selon Collius ; et ayant été analliématisé de son vivant et après sa mort, on ne doit pas croire qu'il soit sauvé. Pour ce qui regarde Tertullien, on est seulement eu doute s'il est revenu de ses éîjaremens. On voit ])ar cette analyse que Collius s'était formé un système assez singulier sur le salut et la damnation des uns et des autres. Son ouvrage , moins rare depuis la nouvelle édition que iNlalatesta en a donnée en i'j4o, en deux volumes in-.j", est bien écrit , et renferme beaucoup d'érudition , mais il ne s'accorde pas avec les dogmes universellement reçus par tous les catholiques. Il a encore compostun traité du sang de Jésus-Christ sous ce titre : deSangiiincChrisU , I/ùrï5, in fjuiOus lîv liiii/y ttaliinl, fJ]iisionihus oc miraculis tlisseritiir. Coloniœ , apud Grevenburg , 1612, in-4*'f c' iterwn Mediolani , inljjwgr. Anibrosiona, 1G17, in-.j°. Cette dernière édidition est la meilleure. Enfin , Collius a donné encore : Conclue ioiws in sncrd theologia lutmero 1 1 65 , itnà cum varioruni doctorum opinionibus. Media— lani , apud Pontiuni et Picaleum, 160C), in-4*'. Ce dernier ouvrage , bien tliflférent de ceux qu'on voit tous les jours sous

COL i^;

ce titre , est très-important. (Dupin, Bibliolh. ecclt's. dix-septième siècle, part, i.)

COLLOCaTION , coUocatio , dispositio. Action , jugement par lequel on collo(jue, on met en un certain ordre, en un certain rang, en un certain lieu. Cette expression est quehpiefois d'usage. On dit que les créanciers qui sont mis en or<.he sont payés suivant leur collocalion ; que la collocalion est d'un tel jour ; (ju'on a obtenu une sentence de cidlocalion. On dit aussi , d'une personne béatinée,que l'on poursuit sa collocation au nond)redes Saints.

COLLOQUE , conférence , dispute entre personnes savantes pour terminer un poiut de religion ; coliorpu'uniA^c terme li'est d'usage que pour signifier le collo([ue de Poissy , ville de l'ile de Trance, qui se tint l'an i56r j)Our la réunion des calvinistes à ri^^glise catholi(iue. Le roi Charles ix , la reine Catherine de Médicis , avec la fauiille rovale ; les cardinaux de liourbon , deTournon, de (^hâtillon, de Lorraine, d'Armagnac et de Guise, s'y trouvèrent ; Tiiéodore de I3èze s'y trouva aussi , avec plusieurs autres ministres de sa secte , et y parla le premier avec un emportement ([ui fut blâmé |»ar ceux même de son parti. Ce colloque fut rompu et n'eut point de succès. ( And.DuChéue.

Sponde. )

COLLOT,curé de Chrevreuse, est auteur du livre intitulé : Cow- ^'rrsaticns sur plitsicy.rs sujets de

morale , propres à former les

jeunes filles à la piété , 17 36.

COLLUSION , collusio , prœvaricatio. La collusion est une intelligence secrète entre deux ])ersonnes qui plaident et qui lont des procédures simulées au préjudice d'un tiers. Il y a un titre dans le Droit de collusione detegendd. La collusion est une injustice c{ui oblige solidairement ceux qui colludent à réparer tout le tort qu'ils ont fait à la personne au préjudice de laquelle ils ont usé de collusion.

En matière bénéflciale , la confidence est une espèce de collusion, dont la peine était la privation du bénéfice possédé par confidence , et l'inhabileté à en posséder aucun. ( Voyez Coxfi-

DENXE. )

COLLUTHIENS, colluthiani , disciples de Colluthe , prêtre et curé d'une paroisse d'Alexandrie , au commencement du quatrième siècle. Arius ayant commencé à répandre son venin à Alexandrie , le patriarche saint Alexandre essaya d'abord de le ramener par la douceur. Cette condescendance ne plut point à Colluthe : il se sépara, fit schisme vers l'an 3i5 ou 3 16, tint des assendjlées à part , entreprit même d'ordonner des prêtres, comme s'il eût été évèque, disant r[u'il avait besoin de cette autorité [)Our combattre Arius avec plus d'avantage. Il joignit bientôt l'iiérésie au schisme , en enseignant que Dieu n'avait point créé les médians, et n'était point auteur des peines et

des afflictions de celte vie. Colluthe fut condamné , et les prêtres qu'il avait ordonnés furent déposés dans un concile qu'Ozius tint à Alexandrie Van 319. Il rentra dans son devoir, et eut cependant quelques disciples qui se mêlèrent avec les Méléciens et les Ariens contre saint Athanase.

(Saint Epiphane, hér. 69. Saint Augustin, hérés. 65. Philastre, Hér es. , ch. 8. Baronius , A.C, 3i5, n. 28 et 2g. Doni Bernard de Montfaucon, Vie de saint Athanase. )

COLLYRIDIENS , Jiérétiques qui s'élevèrent dans le quatrième siècle, vers l'an 373. Ce nom leur fut donné du mot grec »oA- Av^<«, gâteau, parce que dans le culte qu'ils rendaient à la sainte Vierge, qu'ils honoraient comme une divinité , ils lui offraient des gâteaux par le ministère des femmes. Cette superstition passa de la Thrace et de la Scythie dans l'Arabie , où la plupart des femmes s'assemblaient en un certain temps de l'année , ornaient un chariot avec un siège carré qu'elles couvraient d'un linge , présentaient un gâteau , l'offraient au nom de Marie , et en prenaient toutes leur part. (Saint Epiphane , hérés. 79. Sandère , hérés. C)2. Baronius, A. C. , 373, n. 5o. Hermant, Hist. des Hér., t. 2, p. 97.

COLMAN, Colomannus , martyr en Autriche , était d'Irlande.

Il fut pris pour un espion , comme il passait par l'Autriche , en allant ù la Terre-Sainte par dévotion. On l'amena prisonnier

COL à Stockeraw , petite ville de la liasse-Autriche sur le Danube, où après lui avoir fait souffrir mille indiffnités et mille cruautés inouies par les fouets , le froissement des membres , les brûlures, le déchirement de la peau avec des tenailles toutes rouges, etc., on le condamna à être pendu entre deux voleurs le i3 oct. I0I2. Les corps des voleurs furent mangés par les bètes, tandis que celui de l'innocent Colman demeura entier, et même quelebois sec de son supplice reprit racine et poussa de la verdure , selon Erchenfroy , abbé de Mclck , et Dithmar , évêque de Meersbourg, auteurs contemporains et non récusables. Ce prodige et plusieurs autres que Dieu ti t pour attester l'innocence de Colman, portèrent enfin les peuples à réparer l'outrage qu'ils lui avaient fait. On alla ])rocessionnellemcnt le dépendre au bout de dix-huit mois , et on le transporta solennellement dans l'église de Stockeraw , où de nouveaux miracles portèrent Henri , marquis d'Autriche , à le faire transférera Mclck, dans l'église collégiale , qui fut donnée depuis aux bénédictins. C'est surtout depuis cette translation, ({ui fut faite le 7 d'octobre de l'an I o I 5, qu'on a célébré la fe te du Saint comme d'un martyr.

Elle est marquée au 1 3 d'octobre dans le Martyrologe romain.

L'.\utrlclie a mis saint Colman au rang de ses patrons. Sa vie écrite par Erclientroy , abbé de Melrk en l^isse-Aut riche , qui

vivait de son temps , se trouve dans le second tome de la bibliothèque de l'Empereur , avec les remarques de Lambécius. Dithmar , évêque de Meersbourg , auteur du même temps , en parle aussi à la fin du septième livre de sa Chronique, (haillet, i3 octobre.)

COLOGNE, ville d'Allemagne, est située sur le Rhin entre Vonn et Dusseldorff , à cent lieues de Paris et k cent quatre-vingtquatre de Vienne. Elle passe pour une des plus considérables de l'Allemagne. On la nomme en \:iiinColoni'a Agrippina^ parce que Agrippa , gendre de l'enqjereur Germanicus, y fit faire des fortifications pour {;arantir les Ubiens , peuples alliés des Romains, de l'invasion des autres peuples de l'Allemagne. C'est de là (jue lui vient le nom de civitas Lbiontm. On la nomme aussi quelquefois c/'i'/'/^.v sancta, à cause du grand nond)re de reli(|U( s des Saints (pi'elle jjosst'de. Elle est libre et impéiidc, sous Ir cercle électoral du Rliin , et la capitale del'arclievècliéde Cologne. On peut juger de sa grandeur par le grand nombre de ses églises; car elle a dix-neuf paroisses, environ soixante monastères, et trois cent soixante-cinf[ églises. Elle est fortifiée à l'antique par de l>elles murailles flanquées d'environ ([uatre-vingts grosses tours, et entourée par trois fossés. Elle a , de l'autre côté du Rhin, un faubourg appelé Duyts , qui est fortifié, où les juifs ont une synagogue. Les 2?..

34o COL

luthériens et les calvinistes n'ont aucun libre exercice de leur religion dans Cologne ; mais ils ont leur temple à Mulheim, une demi-lieue au-dessous de cette ville.

La grande église c[u'on appelle le Dôine , est dédiée à saint Pierre et aux trois Rois. Elle est imparfaite ; il n'y a que le chœur qui soit achevé; les deux tours du frontispice ne le sont pas non plus. On voit derrière le chœur de cette église une chapelle oïl l'on conserve dans une châsse d'argent, garnie de pierres précieuses , de perles et de rubis, les corps des trois Rois qui adorèrent Jésus-Christà sa naissance.

Ils y furent portés, dit-on, par les soins de Renauld, archevêque de cette ville, en 1 164. On montre près de cette chapelle l'endroit où sont enterrées les entrailles de Marie de Médicis , reine de France, qui mourut à Cologne le 3 juillet 1642 , après y avoir demeuré environ dix-huit mois.

On a plaisanté sur cette circonstance assez singulière , qu'une mère de trois Rois et trois Rois se rencontrent dans une même ville. Les suffragans de l'archevêque de Cologne sont les évêques de Liège , de Munster et d'Osnabruck, autrefois aussi de ceux d'Utrecht et de Minden , lorsqu'ils subsistaient. L'archevêque , en cjunlité d'électeur , est archichancelierderEnqnrepour l'Italie , sans pourtant faire aucune fonction de cette charge. Il couronne les Empereurs et les Rois des Roniainslorsqne lacéré-

monie se fait dansson diocèse; et alternativement avec l'électeur deMayence, lorsque le couronnement se fait hors de leurs Etats.

Ils convinrent ainsi l'an 1657.

C'est le plus puissant des électeurs ecclésiastiques ; il peut mettre un bon nombre de troupes sur pied , et l'électeur régnant entretient actuellement douze à quinze mille hommes. Il porte les titres de duc de Westphalie et d'Angrie , qui lui furent donnés l'an I i8o par l'empereur Frédéric Barberousse , lorsqu'il eut mis au ban de l'Empire Henri-le- Lion , duc de Saxe. Il possède encore les comtés d'Arensberg , de Hochstaden , de Rechlinkhuysen , etc. Son diocèse est d'une fort grande étendue ; il comprend même quelques places des Pays-Bas, et bien loin dans la Westphalie.

Le Chapitre métropolitain de cette église est composé de soixante chanoines , dont vingtquatre sont capitulaires et trentesix domiciliaires. Ils sont tous princes, comtes, etc. , à l'exception de huit docteurs presbytéraux , qui , sans faire preuve de noblesse , entrent dans le nombre des capitulaires. Ceci fut réglé l'an 1474 P^'^i' le pape Sixte iv.

Les dignités sont le grand-prévôt , le doyen , sous-doyen , l'écolâtre,, l'ancien et le nouveau diacre et le trésorier. Ils peuvent tous , par un ancien privilège , oflicier avec la mitre. Le Chapitre jouit d'une grande autorité: l'électeur ne peut entreprendre la guerre ou des affaires iinpor-

COL tantes à l'État sans son consentement. Il peut au contraire assembler ses États de l'électorat malgré l'électeur. Le palais de ce prince à Cologne n'est pas fort considérable ; et quoi([u'il soit seigneur de la ville , il n'y fait pas sa demeure ordinaire. Quand il vient à Cologne, il n'y peut demeurer que trois jours desuite, s'il n'a une plus ample permission des bourgmestres. C'est pour cela qu'il réside ordinairement à Bonn , ville très -régulièrement fortifiée à quatre lieues delà.

Il y a à Cologne une ancienne et célèbre Université , fondée en i388; et, outre la métrojiole , dix églises collégiales ; savoir :

1 . Saint-Géréon , qui est trèsillustre , ayant un prévôt , un doyen , c[uinze chanoines nobles et douze presbytéraux.

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