‹ Bibliothèque sacrée (volume 2)Chapitre 159 sur 171 · COM § VIII · texte numérisé non relu

COM § VIII

T)es effets de la bonne et de la mauvaise Communion.

I*». La bonne communion nous unissant étroitement à Jésus- Christ , qui se donne à nous par forme d'aliment , produit dans nos âmes les mêmes effets qu'une viande exquise produit dans le corps. Elle répare les forces spirituelles de l'àme , elle la soutient , elle l'éclairé , elle augmente la vie spirituelle de la Grâce, elle la réjouit saintement en versant des consolations secrètes dans toutes ses puissances, elle fait en quelque sorte qu'elle devient une même chose avec Dieu. ?.° Elle aflaiblit le penchant que nous avons au mal, diminue l'ardeur de la concupiscence , donne des forces pour combattre toutes les tentations et prati([uer toutes les vertus. 3° Elle unit les fidèles entre eux , faisant qu'ils n'ont tous qu'un cœur et qu'une âme par l'union qu'ils ont tous avec Jésus-Christ. 4° ^ï^c est en nous le principe de l'immortalité , le gage de la vie éternelle et de la résurrection glorieuse , eu ce qu'elle donne à nos corps un droit particulier à la vie et à la résurrection future , selon ces paroles de Jésus-Christ : Cthti qui mange ma chair et qui boit mon sang , a la vie éternelle , et je le ressusciterai au dernier jour. {Joan., 6, 55.)

Les effets de la mauvaise communion sont l'aveuglement de

l'esprit , l'endurcissement da cœur, la force des passions, l'esprit de diversion , le mépris des choses saintes , le dégoût de la vérité, de la piété, de toutes sortes de biens , le penchant à tout mal , l'abandon de Dieu, l'impénitence finale. Saint Paul dit que Dieu punit quelquefois les mauvaises communions par des maladies corporelles et des morts précipitées, (i ^. Cor., ii, 3o.)

§ix.

Des dispositions a la Communion.

Il y a deux sortes de dispositions à la communion. Les uiie.t regardent le corps , et les autres l'àme.

Les dispositions du corps consistent dans l'extérieur le plus modeste , le plus respectueux, le plus recueilli qu'il est possible , et à être à jeun depuis minuit , en sorte qu'au moins depuis le milieu de la nuit qui précède le jour de la communion, jusqu'à ce qu'on ait communié , l'on , n'ait rien j)ris qui puisse se digérer à l'ordinaire , ni par manière d'aliment , ni par manière de boisson ou de médecine. On excepte, 1" les malades qui communient en viati([ue , auxquels on donne la communion après qu'ils ont mangé. 2» Les personnes qui avalent casuellement quelque reste de viande qui est demeurée dans la bouche , ou quelques gouttes de vin ou <reau dont on a lavé sa bouche, parce qu'on ne l'avale pas en forme d'aliment , ni de breuvage , ni

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de médeciue , mais en forme de salive, dit saint Thomas, 3 part. , q.8o, art. 8, ad. 4-

Le précepte de communier à jeun est de tradition apostolique , ayant été établi par les apôtres pour honorer le corps de Notre -Seigneur Jésus-Christ en le faisant entrer dans la bouche des fidèles avant tout autre chose. ( Vojez Jeuxe , Messe , §VIII.)

La pollution involontaire , soit qu'elle arrive durant le jour ou durant la nuit , n'est pas un obstacle à la communion , non plus que l'usage du mariage , lorsqu'il a pour but d'avoir des enfaus, ou de rendre le devoir conjugal. Il serait pourtant à souhaiter que les personnes mariées gardassent la continence d'un mutuel consentement le jour de leur communion , et même quelques jours auparavant ; et plusieurs Pères en ont parlé comme d'une obligation.

( Voyez saint Jérôme , epist. 5o, ad Pammach. Saint Thomas, 3. part. , q. 8o , art. 7 , ad seciindum. Saint Charles Borromée , Act., pag. 4 , de sacram.

Eiichar. Genêt , Théolcg. morale, t. 3 , pag. 35o. )

Les dispositions de l'âme nécessaires à la communion consistent dans la pureté de l'àme , qui doit être plus ou moins grande , à proportion qu'on communie plus ou moins fréquemment , selon les règles suivantes, tirées des meilleurs auteurs.

Première règle.

Pour communier quelquefois pendant l'année, et surtout pour satisfaire au devoir paschal , il suffit de n'avoir aucun péché mortel sur la conscience , et il n'est pas nécessaire d'avoir entièrement satisfait pour la peine due à ses péchés , ainsi que l'enseignaient quelques théologiens , que le pape Alexandre viii condamna. Le concile de Trente, sess. 1 3 , ch. 7 et 8 , ne demande point d'autre disposition pour communier avec fruit , que d'être en état de grâce , et de s'approcher du sacrement avec foi , humilité , respect et charité.

( Cathéchisme de Montpellier , § 7 , des dispositions qu'il faut avoir pour communier , p. SgS, édit. in-4°-)

Deuxième règle.

Pour communier souvent, comme tous les huit jours, il faut de plus détester tous lei; péchés, soit mortels, soit véniels, sans conserver aucune attache pour aucun d'eux ; combattre ses passions , et avoir un granri désir de communier.

Troisième règle.

Pour communier plusieurs fois la semaine , il faut s'avancer tous les jours dans la victoire de ses passions , et dans la pratique des bonnes œuvres , à proportion de la communion plus ou moins fréquente qu'on souhaite.

Quatrième vigie.

Pour communier tous les jours , il faut pratiquer une mortification continuelle , et s'exercer avec un grand courage dans la pratique de toutes les vertus chrétiennes , n'avoir d'attache à rien , veiller continuellement à la garde de ses sens , de son esprit et de son cœur , vivre dans une étroite union avec Dieu par la pensée de sa présence , et par l'exercice intérieur de son amour. C'est sur ces règles répandues dans tous les bons livres, qu'un sage directeur accordera la communion plus ou moins fréquente à ses pénitens, dont il consultera aussi l'âge , l'em- ])loi , les devoirs , le caractère d'esprit. ( On peut voir, entre les autres , saint François de Sales , dans la seconde partie de sa Philotte , ch. 20. Le père Louis de Grenade, surtout dans son second Sermon sur la fête du corps de Jésus-Christ. Le père Avril- Ion , dans son ouvrage intitulé :

Méditations et sentiniens sur la sainte Communion ; les conférences fV Angers sur V Eucharistie. M. Collet, Moral. , tom. 9, pag. 2o6,et les suiv. )

Des cérémonies de la Communion.

Les cérémonies de la comniunion regardent ou le prêtre qui la donne , ou le fidèle qui la reçoit.

I". Le prêtre qui donne 1 rommunioii commence par

communier ceux qui sont les premiers du côté de l'Epître. Il fait le signe de la croix avec l'hostie sur la personne qu'il communie , et ne retire la main qu'après que l'hostie est entièrement dans la bouche de cette personne. Il doit aussi tenir toujours sous la sainte hostie , ou la patène , ou le couvercle du ciboire , jusqu'à ce qu'elle soit tout entière dans la bouche du communiant , pour éviter les profanations qui sont presque immanquables sans cette précaution , par la chute des fragmens de l'hostie. ( l'ojTc'z un petit livre intitulé : Dissertation eucharisti(/ue touchant la façon j)rescrite par les rituels pour administrer sans péril la très-sainte Communion . )

2". Si le prêtre qui donne la communion , laisse tomber une hostie ou une particule d'hostie , il la relèvera avec respect , couvrira l'endroit où elle sera tombée , raclera le pavé , dont il jetcra les raclures dans le sacraire, et lavera bien la place.

Si l'hostie tombe sur la napjic ou sur le voile , etc. , il couj^era ou il lavera cet endroit , et jetera l'eau dans le sarraire : si elle tombe sur l'iiabit du communiant, on marquera la pbce et on la lavera. Si elle tombait en dedans du chœur d'un monastère de religieuses , une d'entre elles la recueillera sur la patène , ou la mettra sur un morceau de papier blanc , et la rendra de cette façon par la grille au célébrant. On marquera T^-n-

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droit ; les religieuses le racleront et le lécheront , et on jetera la raclure dans la piscine.

3°. Les communians s'approchaient autrefois de la sainte Table inclinés profondément.

Dans l'Église de Jérusalem et dans celle de Constantinople , ils recevaient l'Eucharistie debout.

Le ministre ne la leur mettait pas dans la bouche , mais il la mettait sur la main nue des hommes , et , sur celle des femmes, couverte d'un linge que l'on appelait linge dominical.

Aujourd'hui , la personne qui communie doit être à genoux , les yeux modestement baissés ou dévotement fixés sur la sainte hostie , la tête droite , avançant la langue jusqu'à la lèvre inférieure , sans cependant la faire sortir de la bouche , et tenant la nappe sur les deux mains. Elle reçoit ainsi la sainte hostie sur la langue , qu'elle ne doit pas retirer avant que le prêtre ait retiré sa main , prenant garde de ne point la toucher avec ses lèvres. Elle se retire ensuite respectueusement , s'abstenant de tousser, cracher, de soupirer, ce qui pourrait faire tomber quelque particule de la sainte hostie. Elle ne doit pas laisser fondre l'hostie dans la bouche , mais l'avaler avant qu'elle soit fondue. Si l'hostie vient à s'attacher à son palais , elle la détaclrera doucement sans y porter les doigts , par le moyen de la langue humectée de salive.

( Voyez tous les Rituels et Missels. )

fOM §XI.

Des superstitions ou abus Je la Communion.

Il y a un grand nombre de superstitions ou d'abus qui peuvent se glisser dans la communion. En voici quelques uns des principaux :

1°. Ne vouloir communici qu'avec une grande hostie , ou avec plusieurs hosties , sous prétexte de recevoir des grâces plus abondantes.

2". Affecter de communier nu jour plutôt qu'un autre , ou de la main d'un certain prêtre , dans la pensée que la communion de ce jour ou de ce prêtre sera plus avantageuse.

3°. Communier plusieurs fois en un même jour.

4° Ne vouloir pas communier sans avoir dormi auparavant , ou si l'on a le pied droit sur le pied gauche , les yeux fermés , la tête penchée du côté gauche, et les mains serrées sur l'estomac.

5°. Ne vouloir point cracher même long-temps après la communion , ni travailler le jour qu'on a communié , quoique ce jour soit un jour ouvrable , de peur de manquer de respect pour la sainte Eucharistie. Ne vouloir pas marcher les j:yeds nus ce jour-là, croyant qu'il y a péché à le faire. Ne vouloir pas non plus manger que long-temns après la communion , ou bien , par un excès contraire , ne vouloir pas jeûner un jour de cou:-

COM iiiuiiion , lors même qu'il est jour de jeune , de peur de trop tourmenter un corps qui a été Jionoré de la présence de Jésus- Clirist , ou de peur de faire jeûner Jésus-Christ lui-même. On peut cracher et manger sans scrupule un f[uart-d'heure après la comm'union , et moins encore lorsqu'il y a nécessité. Le canon Tribus , que Gratien attribue à saint Clément, et qui défend à «eux qui ont communié de ne man(;er que plusieurs heures après, est abrogé. (Saint Thomas, ùt qitartum. dist. 8, q. i , .irt. 4 » f/uœstiitnc. 3. Saint Anionin , 3. part. , lit. i3, cap. G, ^ 9. Sylvius Pontas , au mot Communion , cas 1 3. )

G". Se servir de la sainte hostie pour des maléfices ou pour apaiser les vents, les orages, les tempêtes , etc. ; ce qui a été condamné par les conciles. On doit dire la même chose des incendies, débordemens, etc.

7". Donner une hostie iu)ii consacrée à un pécheur (jui «ieijiande la communion , ou à un mourant qui a des nausées.

Tremper une hostie consacrée dans du vin ou dans une autre liqueur pour la faire avaler plus lisément. La porter à un mala- !e qui n'est pas en état delà recevoir , pour la lui faire voir seulement. La donner à une autre personne qui est dans la maison en état de la recevoir, à la place du malade qui en est incapable. La donner à un mort, comme cela se pratiquait autrefois.

S*'. Communier par bienséance, par intérêt, par hypocrisie , par quelque autre méchant motif.

9°. Le Rituel de Paris, p. 58, défend au célébrant de diviser la grande hostie pour en donner une parcelle à un laïque qui se présente pour la communion , lorsqu'il n'y en a point d'autre , si ce n'est pour donner le Viatique à un moribond , ou pour quelque autre raison considérable ; mais saint Antonin , Suarez , Gavantus, et beaucoup d'autres théologiens ne trouvent aucune difliculté à cette pratique , lorsqu'il y a une cause raisonnable d'en agir ainsi, parce que cette conduite n'est défentïue par aucune loi de l'Église, et ne blesse point le respect tlù ausaciement.(3. part. , disp.85, sect. 2 ; pari. 3, tit. 10, n. 3 , litt. A. )

§ XII

De la Communion qii'on fait pour les autres, soit morts, soit Tti'ans.

Les communion^ qu'on fait pour les autres , c'esl-à-dire , qu'on offre à Dieu à leur intention , et pour leur obtenir des grâces , ne leur profitent point directement e/e.r ojwrc opcrato, comme on parle dans l'école ; parce que l'aliment < orporel ou spirituel , tel ([ue l'Eucharistie , ne profite directement qu'à celui qui le reçoit , mais elles leur profitent indirectement et ex opère operantis , comme les aumônes , les prières et les autres bonnes œuvres , qui sont méritoires d'un mérite de congrui-

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lé , lorsqu'on les fait pour les autres , et qui leur obtiennent des grâces en vertu de l'application qui leur en est faite.

C'est donc avec justice qu'une congrégation de cardinaux, tenue du temps du pape Alexandre viii , condamna l'opinion de ceux qui blâmaient la coutume de communier pour les morts , comme le rapporte Louis Habert, tome 5 de sa Théologie morale, jjag. Syo. Cependant les auteurs des Cérémonies religieuses , tom 2 , pag. 9'j , d'après M. Tliiers , rangent les communions qui se font pour les morts ou pour les vivans au nombre des superstitions inutiles, sans aucune distinction : en cjuoi ils ont tort sans doute.

COMO, ville épiscopale d'Italie, dans l'état de Milan, capitale du Comax,enlatin Comwn. Elle est située assez proche du lac de ce même nom , partie en plaine et partie sur une éminence. On prétend que cette ville fut bâtie par les Gaulois lorsque Breniius les mena en Italie. Les Romains s'en rendirent les maîtres Tan 466 de Rome , et en firent une colonie , et l'augmentèrent dans la suite en maisons et en citoyens ; ce qui la fit appeler Novo-Como. Elle leur fut soumise jusqu'à l'irruption des Goths et des Lombards. Après, elle voulut goûter le gouvernement républicain ; mais se défiant de ses forces , elle se donna à Azzon , duc de Milan , aux Sforce, et enfin aux Français, jusqu'à ce qucl'Espagne s'en nùt

en possession. Elle est à présent du royaume Lombard-Vénitien.

Les auteurs disputent beaucoup entre eux sur le temps que cette ville a reçulareligion chrétienne .

Les uns veulent que saint Barnabe en ait été le premier apôtre ; d'autres disent c[ue saint Ermagore d'Aquilée , disciple de saint Marc , y a mis le premier évêque. Nous ne déciderons rien sur un sujet aussi peu éclairci , et nous nous contenterons de commencer la succession des évêques par saint Félix , de Rome , que tout le monde reconnaît pour premier évéque de ce siège.

La cathédrale , dédiée autrefois par Félix à saint Carpophore, martyr , l'est présentement à l'Assomption de la sainte Vierge.

Elle est très-bien bâtie , et abondamment pourvue de tout ce c[ui est nécessaire au culte divin .

Son Chapitre est composé de trois dignitaires ; savoir , d'un archidiacre , d'un archi-prètre et d'un prévôt , de dix-sept chanoines divisés en trois Ordres ; en prêtres , diacres et sous-diacres. Il y a douze paroisses dans la ville , plusieurs couvens de l'un et de l'autre sexe. Le diocèse est grand , et renferme trois cent trente-cinq paroisses, cinquantedeux monastères d'hommes , et vingt-cinq de filles, avec une partie du pays des Grisous. L'évèque est suffragant d'Aquilée.

Évêques de Coma.

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