‹ Bibliothèque sacrée (volume 2)Chapitre 38 sur 171 · Les observations astrono · texte numérisé non relu

Les observations astrono

CHR miques, particulièrement sur les éclipses du soleil et de la lune, donnent aux chronologistes des argumens certains et démonstratifs du temps où sont arrivés un grand nombre des plus signalés événemens de l'histoire, puisqu'une éclipse de soleil ou delune marc[ue , distingue et caractérise si individuellement , pour ainsi ])arler , une année , qu'on la peut démêler parmi une infinité d'autres. Aussi regarde- t-on les éclipses comme le fondement le plus assuré de la chronologie. Certainement rien ne peut mieux caractériser l'année d'une bataille , d'une fondation de ville , de la mort d'un prince , qu'une éclipse qui sera arrivée le même jour, ou quelques jours avant ou après; puisque, par le moyen àt'S, tables astronomiques , on trouve que l'éclipsé vue à tel jour a dû nécessairement arriver dans telle année. Cette méthode est fondée sur des démonstrations mathématiques, et par conséquent infaillibles.

3. Le troisième fondement de la chronologie se tire de certaines époques très-constantes , et dont personne parmi les chronologistes et les historiens ne s'avise de douter. Ces points fixes dans la chronologie sont comme des lieux sûrs où l'on se peut tenir ferme , afin de considérer de là au-dessus et au-dessous les endroits les plus embarrassans , et sur lesquels l'îiistoire répand le moins de lumière. /". Époque ; et à l'ère de Dioclétien ou des martyrs, lisezZoZ aulieude3o2

CHR 4. L'iiistoire tire aussi beaucoup de lumière et de certitude des médailles et des inscriptions anciennes. Il y a environ deux siècles qu'on s'est appliqué solidement à déchiffrer ces doctes monumeiîs , qui nous ont conservé la mémoire de tant d'événemens que nous ne connaissons que par l'intelligence des médailles. Aussi est-il évident que depuis ce temps-là l'histoire est devenue plus lumineuse et plus certaine , parce que les médailles assurent l'histoire et la chronologie , comme l'a si bien démontré le célèbre M. Span- Jieim , dans son excellent ouvrage de Prœstœitia et usu numismnlum nntiquoriim. C'est par le secours des médailles que M. Vaillant a fait sa belle histoire des rois de Syrie , depuis Alexandre - le - Grand jusqu'à Pompée , ([ui réduisit la Syrie en j)roviiice romaine. Rien n'éLiit plus diiiicile que de démêler l'histoire de tant de rois, qui ont le même nom. Cette confusion de noms avait jeté les historiens dans l'erreur. De plusieurs rois ils n'en faisiient qu'un , et le faisaient régner autant d'années qu'il en fallait pour lier la chronologie. La différence des visages empreints sur les médailles a |servi à distinguer ce qui avait été si prodigieusement confondu. Ce savant antiquaire a donné depuis au public l'Histoire des rois d'Egypte , faite pareillement sur ces monumens anciens. Les médailles n'ont pas moins contribué à

éclaircir l'Histoire romaine, comme on le peut remarquer par les secours que M. de Tillemont tire de ces riches inonumens dans tous les volumes qu'il a publiés sous le titre d'Histoire des Empereurs .\ oic'i comment parle de l'utilité des médailles le savant cardinal jSoris , à la fin de la préface de son livre intitulé : u4nnus et epochœ Syrornacedommi in vetustis urbium Sjriœ uunimis , prœsertim Mediceis expositœ- <« At non sacra et eccle- » siastica tantUm, verum etiam ^^ profana historia ex annis prin- » cipuni ac urbium in nummis » obsignalis , miri/icr illustra- )» tur : ciim ex iisdcm teriipus » imjierii plurium Cœsarum dt- » monstretur, etc. » Mais ce bel ouvrage lui-même est la plus excellente preuve qu'on puisse jamaisdonner de l'utilité des médailles , pour assurrr la chronologie et l'histoire. (M. l'abbé de Vallemont , dans ses Êhhnens de.

rhistoire, tom. i , édit. de 1758, pag. II et suiv. J'ojez aussi, outre les auteurs cités dans cet article , Jules Africain , Denis Lr Petit, Eusèbe , Syncelle, Origène, saint Cyrille, saint Épiphane , saint .lérùme , saint Isidore de Séville, saint Isidore de Péluse , Paul Orose , Théophane , Cédrene , Torniel , Salien , Baronius , Sponde ; les pères Petau , Gourdon , Grandami , Labbe , Riccioli , Hardouin , Souciet, jésuites; La Peyie, Gautier, Sethus, Calvisius, Ussérius, les deux Capelle , Panvin , Pagi, Marshan, Vossius , Ros-

suet , Strauchius , Vorstius , J. Laurent de Lucques , Rou , Ménard d'Iserme, Robert Cary, Gaspard Heuiiischius, Schurzfleiscîi , Desvignoles , Newton , dom x4lvarès de Tolède, Grevius, doniMaurd'Antine , Charles Clément ; et dom Durand Ursin , dans l'ouvrage intitulé :

V Art de vérifier les dates. )

CHRYSANTHE , martyr, souffrit à Rome avec sainte Darie , sous l'empereur Numérien, dont le règne commença en 283, et finit en 284, ou plus vraisemblalilement sous l'empereur Yalérien , et au plus tard avant le mois d'août de l'an 267 , s'il est vrai que le pape saint Etienne , qui mourut alors , avait donné ordre qu'on recueillit les actes de leur martyre. Ils eurent tous les deux la même couronne et le même tombeau dans une grotte qui donnait sur le chemin du Sel. Saint Grégoire de Tours, qui cite les actes de saint Chrysante , au cil. 38 de son Traité de la gloire des Martyrs , rapporte qu'un grand nombre de fidèles s'étant assemblés à leur tombeau peu de temps après leur mart vre , l'empereur ou le préfet de la ville les fit enfermer dans la grotte avec une grande quantité de pierres et de sable , et qu'ils y furent étouffés. Après la persécution, les chrétiens ouvrirent la grotte , et commencèrent à rendre un culte religieux à saint Chrysantlie et à ses compagnons.

Une partie des reliques de saint Chrysantheetde sainte Darie , éta it au monastère des bénédictins

CRR d'Avol dans le diocèse de Metz , et l'autre à Yienne en Autriche.

On fait leur fête le 26 d'octobre. Les actes de ces Saints ont été si fort corrompus , que Baronius les a tenus suspects d'une fausseté totale. (Baronius, à l'an 284, n. 7.Ruinart, Act., p. 420.

Tillem. , tom. 4 ? P- 7^2. Baillet , 25 octobre.)

CHRYSARGIRE , chrysargiruTJi, impôt qui se payait tous les quatre ans par les marchands, le menu peuple et les gens de mauvaise vie. Zozime dit que Constantin en fut l'auteur ; mais Évagre dit au contraire que ce Prince pensa à l'abolir ; ce que fit l'empereur Anastase. (Eusèbe, lib. 3 , Histor. , ch. 3g.) On voit des vestiges de ce tribut dans la vie de Caligula par Suétone, et dans celle d'Alexandre par Lampridius. Ce tribut se payait eu or et en argent , dit Hoffman , et de là son nom ^^v<rù? ^ or, et «^yvp^ov, argent. (/^<y. Baronius, à l'an 33o. )

CHRYSÏPPE, prêtre de Jérusalem, prévôt de l'église de la Résurrection , et garde de ses chartes , vivait vers l'an 455.

iSous avons de lui , dans la Bibliothèque des Pères, un sermon à la louange de la sainte Vierge , qui contient quantité d'éloges extraordinaires pareils à ceux des litanies. Cave lui attribue aussi un panégyrique de saint Jean- Baptiste , manuscrit ; et Léon Allatius un discours à la louange de saint Michel. Pliotius fait encore mention d'un écrit où il était rapporté que Gamaliel et

Nicodême avaient été baptisés par S. Jean , et avaient souffert le martyre. Photius ajoute que cet écrit était attribué à Chrysippe , prêtre de Jérusalem , qui, dans un discours sur Théodore, martyr, fait mention de Lucien, et de la révélation que Gamaliel lui fit de son histoire , et du lieu où il était enterré avec Gamaliel et saint Etienne. Cyrille, évêque deScliy toplc, nous apprend, dans la vie de l'abbé Euthyme, que Chrysippe avait composé plusieurs livres dignes d'approbation, et qu'il avait été disciple de l'abbé Euthyme , avec Côme et Gabriel, ses frères. (Cyrille de Schytople , in vita Eiuhjniii.

Photius , Cod. 171. Cave. Dupin , cinquième siècle.)

CllRYSOGONE (saint), martyr , est moins connu par l'Jiistoire de sa vie que par la célébrité de son culte , qui était déjà fort en vogue à Rome avant le huitième siècle. Il est marqué comme martyr dans le calendrier de l'Église de Carthage , et les Martyrologes font sa mémoire au 24 de novembre. On croit qu'il fut exécuté près d'A(^uilée , sous la persécution de Dioclétien. Les actes de sainte Anastasie , veuve et martyre , dans lesquels on trouve qu'il avait des relations de lettres avec elle , sont indignes de foi. (Tillemont, Mémoires pour V Histoire ecclcsiast. Baillet, Vie des Saints, 24 novembre.)

CHRYSOLANou CllROSOLA.N (Pierre) , transféré d'un évéclié à Varchcvcché de Milan , au com-

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