‹ Bibliothèque sacrée (volume 2)Chapitre 42 sur 171 · tome des Mémoires du père Nicéron · texte numérisé non relu

tome des Mémoires du père Nicéron

CIANTÈS ( Ignace) , né à Rome en 1 594 5 eut pour père Horace Ciantès, sénateur romain, et pour mère Lucrèce de Citara , fille de la bienheureuse Louise Albertoni. Il entra jeune dans l'Ordre de Saint-Dominique , au couvent de la Minerve ; et l'on peut juger de la rapidité de ses progrès par le discours fort applaudi qu'il eut l'honneur de prononcer en 161 5, n'étant pour lors ([ue dans sa vingt-unième année , en présence du pape Paulv, et de tout le sacré collège. Il enseigna ensuite la théologie dans le couvent de la Minerve; et ayant été choisi provincial de la province de Naj)les, il la mitdans un état si IlorissanL pour la science et la régularité , que ses supérieurs le nouuuèrent commissaire - général dans la Pouille, la Calabre et la Sicile, au-delà du Phare, où il eut les mêmes succès (jue dans la province de Naples , réformant partout les abus, ou augmentant et perfectionnant la vie régulière, les observances, le bon ordre , le goût des lettres et des sciences. Le père général Rodolphe l'ayant mis au nombre de ses assistans avec le titre de provincial d'Angleterre , cette jdace devint pour lui la source de bien des tribulations qu'il partagea avec son général injustement déposé, et qui lui donnèrent occasion de faire admirer sa sagesse et sa fermeté.

Innocent x , juste estimateur du

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mérite, récompensa sa vertu en le faisant évèque des deux diocèses de Bisaccia et de Saint-Ange des Lombards, unis ensemble. Il fut sacré le 17 septembre 1646, et remplit tous les devoirs d'un pasteur zélé jusqu'à l'an 1661, qu'il abdiqua librement pour se retirer parmi ses frères à la Minerve , où il mourut Tan 1667, âgé de soixante-treize ans. On a de lui , 1° deux discours imprimés à Rome, in-4° en 161 5, dont l'un est un éloge de saint Thomas-d'Aquin. 2° Trois autres discours qu'il prononça en présence du pape Urbain viii, imprimés à Rome, en 1627 , in-j".

3° Des statuts diocésains, ibid.

i652 , in-4**. 4° Cœremoniale Ord. Prœdic, à Naples , 1654, in-8°. 5** Un ouvrage sur les miracles opérés dans l'église de Saint -Dominique de Soriano, divisé en trois parties , dont la première parut à Messine, l'an 1 632 , sous le nom emprunté de Sylvestre Frangipanis; la seconde deux ans après dans la même ville ; et la troisième , à Milan , à Naples et à Rome , sous le titre de Chronique du couvent de Soriano. (Le père Ecliard, Script.

Ord. Prœdic, tom. 2, p. 620.

Le père Touron , Homm. illust.

de l'Ordre de Saint-Dominique, tom. 5, pag. 475 et suiv. )

CIANTÈS (Joseph-Marie), frère du précédent , naquit à Rome l'an 1602, et prit l'habit de Saint-Dominique dans le couvent de la Minerve , à l'âge do quatorze ou quinze ans. Il suivit dans tout le reste son frère

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Ignace ; mais il le précéda dans l'épiscopat , et sa réputation de doctrine fut encore plus brillante. Il joignit à la connaissance des lettres divines et humaines celle des langues orientales, et surtout de l'hébraïque , qu'il fit servir heureusement à la conversion des juifs , dont le pape Urbain vin l'établit prédicateur à Rome l'an 1626. Ciantès n'était pour lors que dans sa vingtquatrième année, et il continua ce ministère de charité avec beaucoup de succès l'espace de quatorze ans, pendant lesquels il enseigna aussi la théologie dans le collège de la Minerve. Il fut sacré évèque de Marsico dans le royaume de Naples, en i64o, et signala le commencement de son épiscopat en ramenant à l'obéissance , non par la voie des armes qu'on lui avait proposée»

mais par la force de ses discours et les charmes de sa charité , les habitans de Saponara qui , depuis plus de soixante ans , s'étaient soustraits à la juridiction des évêques de Marsico. Ce ne fut là que son coup d'essai ; et les beaux exemples de vertu qu'il donna toujours à son peuple , la douce persuasion qu'il employa pour le gagner de plus en plus , ses abondantes aumônes, son application infatigable à ce qui concernait son bien spirituel ou temporel, sa magniliceuce dans la décoration des églises , son zèle à former de dignes ministres des autels : tout cela fut toujours suivi de nouveaux fruits , jusqu'à l'an i656

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(lu'il abdiqua volontairement pour se retirer dans le couvent de la Minerve, où il vécut encore quatorze ans dans les exercices de la piété et de l'étude.

Il mourut âgé de soixante-huit ans en 1670 , et fut enterré avec son irive Ignace dans l'église de Sainte-Sabine. Nous avons de Joseph-Marie Ciantès, i" des statuts synodaux imprimés à Rome, in-4°, en 164 4- 2" L'n traité de la très-sainte Trinité, et un autre de Flncarnation contre les juifs : le premier , imprimé à Rome, in-4'', en 1667 ; et le second en 1668, qui se trouvent traduits en notre langue dans la bibliothèque du Hoi, B. i5i5,sous ce titre : Les dt-iix jnj'sttres de la 7 'riiiitc et de V Incarnation prouvés contre les Hébreux, par la doctrine même de leurs théologiens , traduits de V italien de M. Joseph Ciantès , évéque de Marsique , par le sieur du Mothier. 3° Traité de la perfection propre ii l'état des é.'éques , par comparaison à celle qui convient aux autres hommes en différens états, à Rome, i l»(x).

4" Summa contra gentes D. 7 'homœ Aquinatis , etc. C'est une traduction en hébreu de la Somme de saint Thomas contre les Gentils, imprimé à Rome l'an 1657, à deux colonnes, le latin d'un coté , et l'hébreu de l'autre. Il n'y a que les trois premiers livres de cette version (jui aient été imjirimés. Le quatrième se conservait en manuscrit dans la bibliothèque de la Minerve. Lghcl remaiipu- ipic

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tout ce qui sortait de la plume de cet auteur était extrêmement recherché , lu et applaudi parles gens de lettres. (Le père Echard, ibid., p. 634- Le père Tour on, ibid.)

CIBxVLLIANA , siège épiscopal d'Afrique dont on ne connaît point la province. Donat, un de ses évèques , assista au concile de Cartilage sous saint Cyprien.

CIBAR ou CYBAR, Kparchius (saint), reclus à Angoulème , fils de Félix Oriol et de Principe , naquit à Périgueux , de l'une des meilleures familles de la ville, au commencement du sixièm»' siècle. Son grandpère Félissime , comte ou j)rincij)al magistrat de cette ville, le prit chez lui en (jualité de sou secrétaire, mais Cibar, bientôt dégoûté du monde, se retira tout d'un coup , à4'insu de ses parens , dans le monastère d(î Sédaciac , auprès de l'abbé ^lartin (jui , pour mettre sa vocation à répreuve, le fit travailler à la vigne, labourer la terre, et servir dans les plus bas oUices de la maison. Charmé de cette conduite de son supérieur, Cibar la secondait en joignant à ces pénibles et humilians exercices le jeûne de tous les jours, L.'S lonjjues veilles, la prière continuelle , l'assistance des pauvres et des malades. La réputation que lui fit le don des miracles, que Dieu voulut dès-lors accorder à sa vertu le fit sortir secrètement de Sédaciac pour aller chercher une solitude iiors du Périgord. Aphrhone . évèi^uo

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d'Angoulênie , l'arrêta dans son diocèse , le fit prêtre, et lui permit de se renfermer dans une cellule près de la ville , pour y mener la vie d'un reclus. Il se laissait voir cependant , et parlait à ceux qui venaient le consulter sur l'affaire de leur salut.

Il reçut même quelques disciples qui lui ont fait donner le nom d'abbé par quelques auteurs. Il voulait qu'ils s'occupassent toujours à la prière <, à la méditation , ou au chant des psaumes et au service divin , sans leur permettre aucun travail. Entre autres miracles, il guérit un reclus nommé Artliême, qui était énergumène. Sa mort, qui arriva le premier jour de juillet de l'an 58 1, ne fut qu'une simple défaillance de la nature, sans aucune maladie.

Dieu lui continua le don des miracles après sa mort. Ses reliques , qui étaient dans l'abbaye des Bénédictins c^ui porte son nom , furent brûlées par les huguenots l'an i568. On fait sa fête le premier jour de juillet.

Sa vie, écrite par un auteur presque contemporain qui paraît sincère, se trouve altérée dans Surius, et rétablie dans sa pureté au premier tome du recueil des actes des SS. Bénéd. par dom Mabillon. (Baillet, i" juillet. ) CIBOIRE, ciboriurriy augustissimœEucharisiiœsacrapixis.

Le ciboire est un vaisseau sacré qui sert à conserver les hosties consacrées pour la communion. Sa matière doit être d'or ou d'argent doré, au moins pour

CIB la coupe en dedans. Sa hauteur doit être de neuf pouces pour l'ordinaire, six pour le pied, trois pour la coupe , qui est large , creuse , un peu relevée dans le fond pour le purifier , et prendre les hosties plus commodément , et garnie d'un couvercle fait en voûte ou en dôme.

Il faut changer les hosties et purifier le ciboire tous les huit ou au moins tous les quinze jours.

Casai, de vet. christ, sacr. ritib., cap. 34, rituel d'Alet. Le ciboire aussi bien que le croissant qui touche le saint sacrement quand on l'expose, doivent être bénis par l'évêque, ou par ceux qui ont droit de bénir les corporaux

Casalius et quelques autres théologiens disent que le mot de ciboire vient de cibus , parce qu'il renferme une viande spirituelle. ( Casalius , de vet.

Christ, sac. ritib.) Hésychius a cru qu'il vient originairement des Ég^-ptiens , et qu'il signifie , en leur langue, le fruit d'une certaine fève d'Egypte. Il est certain que les Grecs et les Latins se sont servis de vases qu'ils appelaient ciboires, soit qu'ils fussent faits de ces fèves d'Egypte, soit qu'ils fussent seulement faits à leur ressemblance ; et c'est de leur conformité avec ces sortes de vases que nos ciboires tirent leur nom, suivant M. de Fleur y, dans ses Mœurs des Chrétiens.

Ciboire se disait autrefois de toute sorte de construction faite en voûte portée sur quatre piliers. C'était aussi un petit dais

CIB ou voile élevé et suspendu sur quatre colonnes sur le maîtreautel. On en voit encore à Rome, à Paris et ailleurs. Dansplusieurs églises, et surtout en France, il y avait au milieu de ces ciboires, par le dedans et audessous de la croix, une colombe d'or ou d'argent suspendue, dans laquelle on conservait l'Eucharistie pour les malades. Il y avait encore, avant nos troubles, de ces anciens ciboires dans l'église du Yal-de-Gràce à Paris, et dans celle de l'abbaye du Bec en Normandie. ( Acta SS. , febr. , t. 3, p. 104. C. D., p. 105, et april, tom. 2 , pag. 11. É. Bocquillot , L/'/w/^'-. sacr., pag. io<j et suiv,)

CinSADI, (hébr. , /r>,v assem^ blces) , ville de la tribu d'Ephraïm qui fut destinée pour être ville de refuge, et assignée aux Lévites de la famille de Caath. {Josué , 20, 22.)

CII3YRA , ville épiscopale de la Carie , au iliocèse d'Asie sous la métropole d'Aphrodi>iaile ; elle est sur la Madré ou le Alœandre. C'était, au rapport de Strabon, une grande ville. Pline l'attribue à la Plirvgie, aussi bien que Ptolémée ; mais toutes les Notices la mettent dans la Carie.

Thevet dit qu'elle ne subsiste plus. Voici le nom de quelques uns de ses évèques :

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