Georges, au septième concile général
CIEL , cœlum. Ce mot vient du grec xo/Ao?, concavus , profundus , parce que le ciel nous paraît comme une grande voûte et une immense concavité. Le ciel est cet orbe azuré et diaphane qui environne la terre, cette région éthérée au-dessus de l'élémentaire , dans laquelle se meuvent tous les astres. La matière des cieux est fluide et non pas solide , comme le croyaient les anciens, qui ont admis autant de cieux solides qu'ils ont observé de mouvemens différens , s'imaginant que cette solidité était nécessaire pour soutenir les astres. Ils admettaient donc sept cieux pour les sept planètes , et un huitième ciel pour les étoiles fixes, qui est le firmament. Ptolémée ajouta un neuvième ciel , qu'il appela le jji'emier mobile. On a depuis inventé deux cieux crystallins , un douzième ciel qu'on nomme le ciel empyrée , et enfin beaucoup d'autres, selon les différentes hypothèses. Jonston et Vitalis di-
CIE sent qu'Euiloxe a aiimis viu^jttrois cieux , Calippus lieute, Regiomontanus trente - trois , Aristote quarante-sept , Fracastor soixante-dix. Le sentiment véritable est qu'il n'y a que trois cieux : celui des planètes, celui desétoiles fixes ou le firmament, et le cieldes cieux ,1e ciel empyrée ou le troisième ciel , qui est la demeure de Dieu , des anges et de tous les bienheureux , où saint Paul fut ravi. Les Hébreux, qui n'admettaieut que trois cieux , comptaient le ciel aérien pour le premier; et très-souvent dans l'Écriture, aussi bien que dans l'usage ordinaire , le ciel se prend pour l'air. Les Hébreux concevaient aussi le ciel des étoiles comme une voûte solide et étendue.
Ciel, se prend aussi, dans l'Ecriture etdansl'usage commun, pour Dieu et pour ses attributs, comme sa justice, sa providence, sa vérité. Jésus-Christ demande . aux Pharisiens si le baptême de Jean venait du ciel ou «les hommes. On pourrait traduire , venait de Dieu. On dit (pie le ciel est offensé , qu'il est ténioin, qu'il est juste ; c'est-à-dire , que Dieu est oflensé, qu'il est témoin , qu'il est juste. ( Malth.y
CIENFUEGOS ( Alvare ) , jésuite , né le 12 février 1G57, dans la terre de Aguerra , diocèse d'Oviédo en Espagne, entra dans la société, le 17 mars 1676, à Salamanque , où il enseigna la théologie. Les empereurs Joseph 1" et Charles vi le chargè-
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rent de négociations importantes auprès des rois de Portugal Pierre 11 et Jean v. Le pape Clément XI le créa cardinal le 3o septembre 1720, à la nomination de l'empereur Charles vi, qui lui donna l'évèclié de Cataiie en Sicile , aussitôt après sa promotion au cardinalat. Il fut aussi ministre plénipotentiaire de l'Empereur auprès du Saint-Siège , archevêque de Mont-Réal en Sicile , protecteur de la nation sicilienne ,etc. Il est mort à Rome le 1 9 aon t 1 7 St) , et a laissé, i ° les vies du P. Jean Niéto et de saint François de Rorgia. 0.'' y'IEni^ma thcolugicum , .seii potius œiiif;matum compendium in wysterio snnclissimœ Trinilatis, à A'ien ne en Autriche, 17 17, deux volumes in-fol. 3° f^ita nljsvnndila mih spccieOus Eitcharisticis per potis.simas scnsuutn oj)craliones à Chris ta Domino excrcita... , intima conjunctio sancti^ communicnntis ciim servatnris nostri anima , tanquam cum motore assumetilc , postquam drsinit ^ncmmcntalis prascnlia , à Rome, 1728 , in-fol. (Le pèreOudin , jésuite , Mém. manuscrits. ) CIERGE, cereiis , bougie ou chandelle de cire qu'on pose sur des chandeliers, et qu'on brûle, dans lescérémoniesiTclésiastiques, àl'églis»' ou ailleurs.
En Italie , les cierj'.t's sont d'une même grosseur dans toute leur étendue ; eu France , ils se terminent en pointe allongée par le haut. L'usage des cierges vient originairement de ce que les premiers fidèles éteint obligés de
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faire le.^ oiïices divins pendant la nuit , ou dans des lieux souterrains, il fallait nécessairement qu'ils se servissent de cierges ou de flambeaux. Ensuite l'Église a conservé ou renouvelé cet usage , comme un ornement, un symbole, une cérémonie. Dès le quatrième siècle , au rapport de saint Jérôme, on allumait des cierges en plein jour dans les églises d^Orient , excepté en c[uelques endroits de laPalestine.
( Saint Jérôme , contre J^igilance , c. 3. ) Cette coutume subsistait même dès le troisième siècle , selon S. Paulin ( hj-mne 3 sur saint Félix ) , et selon Prudence ( hymne sur saint Laurent. ) Autrefois on mettait des cierges sur des poutres^-qui traversaient le sanctuaire ; on en mettait aussi en c[uelques églises autour du ciboire qui couvrait l'autel , mais jamais sur l'autel :
aujourd'hui il doit y en avoir au moins deux qui soient allumés pendant la messe. Sylvius décide que ce serait un péché mortel que de célébrer la messe sans cierges allumés , quand même le peuple devrait manquer la messe un jour d'obligation.
Débet in altari esse lumen , dit Sylvius, ita ut y qui sine lumine sacrificaret , mortaliter peccaret. (Sylvius, in '6 part, sanctus Tliom. , q. 83, art. 6, quœ- .
sito 3. ) Selon le même théologien , il y aurait aussi un péché mortel à célébrer avec des cierges qui ne seraient pas de cire , hors le cas d'une grande nécessité ; et en ce cas , où l'on ne
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pourrait avoir de cire , et où l'on serait obligé de dire la messe , parce qu'elle serait de précepte, on devrait préférer la lampe d'huile à la chandelle. ( Sylvius, ibidem. Voyez aussi Pontas, verbo Messe. De Vert, Cérém.
de VÉgl. , tom. 4 , pag- Sy , i32 et suiv. Bocquillot , Liturg^ sacr., pag. 8o. Le père Le Brun, Explic. de la Messe , tom. i , pag. 66. Voyez aussi Loii-
XAIRE.
Le cierge peut être regardé comme une marque de joie , un symbole de Jésus-Christ , la lumière du monde , aussi bien que de la foi et de la charité des fidèles. ( Catlu'chisme de Montpellier, pag. 53o. )
Cierge paschal, grand cierge qu'on bénit solennellement , et qu'on allume d'un feu nouveau le samedi-saint. Voici son origine. Quand le concile de Nicée eut réglé le jour que l'on célébrerait la pàque , il chargea le patriarche d'Alexandrie d'en faire faire tous les ans le canon ou le catalogue, et de l'envoyer au Pape. On faisait donc tous les ans ce catalogue , qui renfermait aussi les fêtes mobiles qui se réglaient sur la fête de Pâques, et on l'écrivait sur un cierge qu'on bénissait solennellement dans l'église : car dans l'anticjuité , quand on voulait qu'une chose durât toujours , on la gravait sur le marbre ou sur l'airain ; quandon voulait qu'elle durât long-temps, on l'écrivait sur le papier d'Egypte ou sur de récorce d'arbre ; mais quajKl
CIE on voulait qu'elle durât seulement quelque temps , on se contentait de l'écrire sur de la cire. Dans la suite, on écrivit le catalogue ou la table paschale sur du papier , du vélin , ou sur un tableau , mais que l'on attacha toujours au cierge paschal; ce qui se pratique encore à Notre- Dame de Rouen , où le chancelier de l'église cathédrale fait écrire la table paschale sur un beau vélin , que l'on attache à hauteur d'homme autour d'une grosse colonne de cire qui a environ vingt-cinq pieds de long, au haut de laquelle on met le cierge paschal. Telle est l'origine du cierge paschal , qui , selon M. l'abbé Chaslelain , n'était d'a- Jjord qu'une colonne de cire uni(|uement destinée à écrire le canon paschal , et point du tout à brûler, {^f^ojez l'auteur du Tmilé du cierge paschal, qui se trouve parmi les ouvrages de saint Jérôme. Le père Papel)roch , dans le Conatus chroiiicO'hisloricus , qui est dans le Propjlœuni ad actasanct. niaiij pag. C) ; et dans les Paralij/oinena ad conatimi , qui sont à la fin du septièmclome des Saints du mois de mai , pag. ic). Moîéon , f^oyage liturg. , p. 3i8. ) Le cierge paschal servait autrefois à éclairer les fidèles pendant la nuit de Pâques, comme il paraît par les paroles de la bénédiction , qui est très-ancienne.
On regarde communément ce cierge comme la figure de Jésus- Christ ressuscité. C'est un diacre 4iui le bénit; ce qui peut indi-