‹ Bibliothèque sacrée (volume 2)Chapitre 88 sur 171 · V. aussi Contrat, Testament · texte numérisé non relu

V. aussi Contrat, Testament

Clause s'il vous appert, est toujours insérée dans les lettres de justice, et elle attribue la connaissance du fait au juge auquel les lettres sont adressées ; comme dans les lettres de rescision pour dol, le juge doit connaître du dol ; et à moins qu'il ne soit prouvé, le juge doit débouter l'impétrant de l'entérinement des lettres par lui obtenues.

Clause irritante , est celle sous laquelle une ordonnance enjoint quelque chose et annullc tout ce

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qui serait fait au contraire , elle est conçue en ces termes , ^ /?eme de nullité.

Clause de co.vstitlt de précaire. VojeZ CONSTITUT.

Clause , se dit aussi des conditions et de certaines expressions insérées dans les bulles et autres titres. On croit que c'est Innocent iv, en i253 , qui s'est servi le premier de la clause non obstantibus. On rapporte à Boni lace IX celle de motu proprio.

Clauses insérées dans les rescrits de la cour de Rome. Régulièrement , les clauses mises à la fin de ces rescrits se rapportent aux clauses qui les précédent , Clausula in fine posita , ad prœcc.deniia regularîter referatiir.

Les clauses superflues n'altèrent pas la validité de l'expédition.

Superjlua non soient vitiare rescripta nec testamenta. ( Arg. , L. Testamentum, c. de Testant.)

Une clause qu'on a accoutumé d'insérer dans un rescrit est toujours sous-entendue, et son omission ne rend pas le rescrit nul. ( Fagnan , in c. accepimus de œtat. et qualit., n. 5, 9. )

Les clauses insérées dans les rescrits de cour de Rome ne sont ni toutes reçues en France, ni toutes rejetées. On distingue à cet égard les rescrits dont les clauses sont contraires aux maximes du royaume , d'avec ceux où les clauses ne sont mises que par une manière de style particulier aux ofliciers delà cour de Rome.

Les rescrits de la première sorte sont reçus, et les clauses r. jetées, si la substance dudit

CLA rescrit est d'ailleurs conforme aux règles ; et en général l'on peut dire que quand les rescrits de Rome sont utiles à l'État ou à l'Église , on les reçoit en France, quoiqu'on y condamne la doctrine et les usages supposés dans les formules de ces actes , et dans les clauses qui y sont contenues. Le clergé et les cours séculières ne manquent jamais de restreindre leur acceptation par des modifications sur ces clauses ; mais il y a certaines de ces clauses qui font rejeter les bulles, quelque favorables qu'elles puissent être d'ailleurs au bien de l'Église et de l'État ; telles sont celles où nos souverains sont menacés d'être excommuniés , ou d'être privés de leurs États. Dans les arrêts d'enregistrement, les cours ne spécifient pas toujours en détail les clauses qu'elles ne reçoivent point ; elles ne mettent souvent qu'une réserve générale.

Quant aux rescrits de l'autre sorte , nos Rois et les tribunaux du royaume en tolérèrent le style , quoique souvent contraire à leurs droits, et cela pour entretenir la paix et l'union avec le pape , mais sans que ces clauses de style produisent jamais l'effet que leur premier auteur pouvait avoir en vue.

On distingue encore, sur le même sujet, les rescrits qui concernent le public ou le royaume en général, d'avec ceux qui ne regardent que les intérêts des particuliers qui lesont sollicités.

La règle précédente s'applique

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vUix premiers; à l'égard des autres , les clauses que l'on y trouve de contraires à nos maximes, /;rc> non scn'ptis habentur , on les met au nombre de celles, quœ vitiantiir et non vidant : ce qui n'empêche pas que les particuliers qui ont obtenu ces rescrits ne jouissent de tout l'effet de la grâce, puisque les clauses qui peuvent offenser notre jurisprudence ne mettent aucun obstacle à l'exécution de ce qui y est conforme ; que si les clauses n'ont rien de contraire à l'usage ni aux maximes du royaume, les particuliers sont obligés de s'y conformer. (M. Durand de Maillane, Diclionn. de Droit canonifjue , au mot Clalse. )

CLAUSTRAL, dauslralis , cœno/jiticus. On appelle claustral ce qui appartient au cloître. \^i\ prieur claustral est le régulier qui gouverne le monastère , à la différence du priçur commendalaire qui en perçoit seulement une partie des fruits, et cpii n'a ])oint de juridiction sur les religieux. Les ollices claustraux étaient, dans les anciennes abbayes , certaines charges au\- <[uelles les abbés nommaient les religieux à leur gré. Telles étaient leschargesd'aumùnier, de cliambrier , de célérier , de sacristain, etc. Ces oiUces devinrent «la lis la suite des titres de bénéfices , dont la plupart sont sup- ])rimés aujourd'hui , et réunis à la mense conventuelle dans les jnoiiastères réformés.

CLAUZONNE , Clausonnn , abbave de l'Ordre de Saint -l!c-

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noît , en Dauphiné , diocèse de Gap. Il y avait autrefois seize religieux , et leurs biens étaient situés en Provence ; mais le connétable de Lesdiguières s'en empara , et les fit passer à MM. de Beaune , ses parens. On y voyait une église souterraine qui méritait l'attention des curieux.

L'abbé de Clauzonne était grandvicaire né de l'évèque de Gap.

[Dictionn. ^éograph., etc., par M. l'abbé ExpiUy. )

CLAVARIUS (Fabien), Génois , entra dans l'Ordre des Augustins , dont il devint procureur-général. Il mourut en 1669, après iivoir publié en i56o un traité de Cambiis. Il a aussi corrigé le traité de L suris et Restitutionibus , d'Horace Gérard , augustin , natif de Sienne. (Denys- Simon , Biblioth. Iiist. des Auteurs de Droit.)

CLAVASIUS ou CLAVASIO.

T'^oj-cz Ange pe Clavasio.

CLAVER (Martin), religieux de Saint-Augustin dans les Philippines, est auteur d'une histoire de son Ordre.

CLAVIG>Y(JacquesdelaMariouse de ), chanoine de Baveux et abbé de Gondam, Ordre de Cîleaux , au diocèse d'Agen , dans le dix-septiènu' siècle, a donné, 1° la Vie de Guillaumele- Conquérant, duc de Normandie et roi d'Angleterre , 1675. 2° Prières tirées des Psaumes que David a faits pour lui ,* comme roi , 1690. Cet ouvrage est dédié au Roi, de même que le précédent. 3" Du luxe, selon les sentimens de Tcrlullien ,

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saint Basile et saint Augustin , dédié à madame la maréchale de La Motlie, gouvernante des Enfans de France.

4" Traduction libre , ou l'esprit des Psaumes dont l'Église se sert aux vêpres du dimanche , dédié à M. Tévêque de Bayeux. Il mourut en i'jo2. (Moréri, édition de i75q. )

CLAYIUS (Christophe), jésuite allemand, né à Bamberg, se rendit très-habile dans les mathématiques , et fut regardé comme l'Euclide de son siècle.

Ses supérieurs l'envoyèrent à Rome où il travailla à la correction du calendrier romain , et où il mourut le 6 février de l'an )6i2, âgé de soixante-quinze ans. On a imprimé ses ouvrages en cinq volumes, dont le cinquième contient : Romani calendarii, à Gregorio XIII restituti explicatio. Computus ecclesiasticus. Noi'i calendarii romani tijjologia et appendix ad apologiam. (Vossius , de scient. Math .

Alegambe , de Script, societ.

Jesu. )

CLAZOMÈ>'E, ville épiscopale, attribuée autrefois à la Lydie. Elle était située sur la mer, au rapport de Scyllax , et au même endroit que Cliytri.

La crainte des Perses obligea ses habitans, dit Pausanias, de se retirer dans une ville voisine , qu'Alexandre-le-Grand joignit au continent par des terres rapportées : ce qui en fit une péninsule. Son évèché est de la province et du diocèse d'Asie, sous la métropole d'Éphèse. On dit

CLE que l'empereur Alexis Comnène ayant érigé Smyrne en métropole, lui attribua le siège de Clazomène , dont nous connaissons les deux évèques suivans ; savoir :

1 . Eusèbe , qui assista au premier concile d'Éphèse , et vingt ans après à celui de Chalcédoine.

2. Macaire , qui se trouva et souscrivit au huitième concile général. ( Oriens christ., t. i ,

pag- P9- )

CLEDONISME , cledonismus ,

espèce de divination qui vient d'un mot grec qui signifie rumor, bruit. Le clédonisme était une divination que les anciens tiraient de la prononciation de certainesparoles, croyant qu'elles portaient malheur. Ils s'imaginaient , par exemple , que le mot à^ incendie prononcé dans un repas était de mauvaise augure.

(Cicéron, liv. i, de Dii'inat.)

CLEF, clavis. On appelle clefs de l'Église dans un sens métaphorique, ou puissance des clefs, le pouvoir spirituel de lier et de délier, d'ouvrir et de fermer le ciel , de gouverner l'Église.

De V origine des clefs de l'Église.

L'origine des clefs de l'Église est toute céleste. Ce fut Jésus- Christ même qui les donna à saint Pierre en lui disant : « Je vous donnerai les clefs du royaume des cieux. Ce que > vous délierez sur la terre , sera délié dans le ciel ; et ce que vous lierez sur la terre , ser.\

CLÉ » lié daes-ler ciel. » {Maltht, 16,

Des différentes sortes de clefs de l'Église.

On distingue deux sortes de clefs de l'Église , la clef de la puissance et celle de la science.

La clef de la puissance , c'est le pouvoir de lier et de délier particulièrement dans le tribunal de la Pénitence , qui se donne par le caractère sacerdotal. La clef de la science , c'est le pouvoir d'interroger les pénitens qui se confessent , d'entendre et de discerner leurs péchés. Ces deux puissances ne sont pas distinguées réellement , et ne font , en effet , qu'une même et seule puissance , dans laquelle l'esprit aperçoit des rapports différens.

Des ejjcts des clefs de r Eglise.

Le premier effet des clefs de l'Église, c'est de remettre les péchés quant à la coulpe dans le sacrement de Pénitence. Le second, de remettre la peine éternelle et une partie de la peine temporelle du péché. Le troisième, de lier quant à la coulpe et quant à la peine ; quant à la coulpe indirectement , en déclarant que le coupable est indigne d'absolution ; quant à la peine directement , par l'imposition des pénitences que le coupable est obligé d'accepter. Le quatrième , de porter et de lever les censures. La concession des indulgences est aussi un effet de la puissance des clefs.

Du Ministre des clefs de ♦ r Église.

Le premier et principal ministre des clefs de l'Église , c'est Jésus-Christ, comme Dieu et comme homme. Comme Dieu, il a la puissance d'autorité ; coni me homme , il a la puissance d'excellence qu'il a méritée par sa Passion. Les autres ministres des clefs sont les seuls prêtres , s'il s'agit de la puissance de l'Ordre ; mais s'il s'agit de la puissance de la juridiction extérieure, par laquelle on peut imposer et lever cerLiines peines ecclésiastiques dans le for extérieur, les clercs , quoique non prêtres, en sont capables ; mais non pas les femmes, ([uoicjuo supérieures de monastères , comme a bbcsses , etc. {l'oyez Confesseur , Confession , Oiidre. )

CLÉMANGIS ou DE CLAMIN- GES( Nicolas), ainsi nommé du lieu de sa naissance dans le diocèse de Chàlons , était fils de Pierre , médecin de Cliàlons. I) eut un frère (Etienne) grandmaître du collège de Navarre , et vint à l'âge de douze ans à Paris dans ce collège, où il fit toutes sc.< études. Il eut pour maître Jean Gerson , Pierre de Nogent, et Gérard Machet. 11 réussit principalement dans l'éloquence et dans la poésie, et fut créé recteur de l'Université l'an iSgS.

Ce fut vers ce temps-là qu'il se mit à écrire , et le premier de ses ouvrages fut une lettre qu'il adressa au roi Charles vi sur le schisme de l'Église, dans la-

quelle il lui ouvre trois voies pour le faire cesser. Il écrivit ensuite sur le même sujet au pape Clément vu ; et après la mort de ce pape , aux cardinaux.

Benoît XIII, qui succéda à Clément VII , le fit venir auprès de lui ; il défendit fortement son parti , et écrivit au roi Charles vi pour le dissuader de la soustraction d'obéissance. Il fut soupçonné d'avoir composé la lettre que Benoît xiii écrivit contre le Roi et le royaume de France , datée du mois de mai de l'an 1407, quoiqu'il se fut retiré deux mois auparavant de la cour de ce pape à Gènes , et qu'il fût ensuite revenu en France prendre possession d'un canonicat et de la trésorerie de l'église cathédrale de Langres , dont il avait été pourvu pendant son séjour à Avignon. Il eut beau se défendre d'avoir écrit cettre lettre , on l'en crut auteur, et il fut obligé de se cacher dans le couvent des chartreux de Walfonds ou de Fontaines-aux-Bois. Ce fut dans cette retraite qu'il composa la plupart de ses traités et de ses lettres , sans avoir voulu retourner à la cour du pape Benoît , quoiqu'il l'en eût fait solliciter fortement. Ayant obtenu sa grâce du Roi , il revint à Langres où il fit un long séjour. Il fut depuis chantre de l'Église de Bayeux , et enfin , il se retira, sur la fin de sa vie, dans le collège de Navarre où il mourut avant l'an i44o- ^^ ^^^ enterré dans la chapelle sous la lampe avec cette inscription : Qui lampas fuît

CLE Ecclesiœ , sub lawpade jacet.

On a de lui , 1° cent trente-sept lettres. 2" Un traité de corrujHo Ecclesiœ statu , et un poème sur le même sujet , dans lequel il déplore le schisme de l'Église, et exhorte le pape Benoît xiii ù l'éteindre. 3" Un traité de la perte et du rétablissement de la justice , adressé à Philippe , duc de Bourgogne. C'est un ouvrage plus politique que théologique.

Il parut à Vienne en 14^^'- 4" Deux traités en forme de conférence sur l'infaillibilité du concile général. Il y propose ses doutes et ses difficultés sans rien résoudre ; et il dit qu'il est prêt de se rétracter ou de réformer ce qu'il a dit sur cette matière s'il se trouve contraire à la vérité , ou qu'il cause du scandale. Il faut joindre à ces traités le livre de l'étude théologique donné par le père dom Luc d'Achéry dans le septième tome du spicilëge. Il est adressé à Jean de Piémant , bachelier en théologie, qui l'avait consulté s'il se ferait docteur. Il y explique l'objet et la fin des études d'un théologien.

Des cinq autres traités de Clémangis , imprimés parmi ses ouvrages , il y en a trois de morale , savoir, le Discours sur la parabole de l'enfant prodigue , le Traité de l'avantage de la solitude , et celui du profit de l'adversité. Les deux autres concernent deux points importans de discipline. Le premier , pour montrer qu'il n'est pas à propos d'établir de nouvelles fêtes ; et le second contre la simonie (Jn:s

CLE priais. Sur le premier, il fait les mêmes observations qu'on ferait aujourd'hui; et les indécences qui se commettent dans la célébration des fêtes lui font souhaiter qu'on les retranche plutôt que de les augmenter.

Dans le second , il déclame fortement contre la coutume de quelques évèques de son temps , qui prenaient et exigeaient de l'argent pour la collation des Ordres, sous prétexte d'expédition de lettres ou autrement.

Le recueil des lettres de Clémangisen contient cent trentesept, toutes écrites avec beaucoup d'élégance et de pureté et pleines d'instructions chrétiennes, morales et politiques, de peintures des vices et des vertus, de traits d'histoire, de c[uestions de critique , d'avis salutaires et de complimens. Lydius, ministre ])rotestant, a donné au public les ouvrages de Clémangis , et ils ont été imprimés en Hollande par Elzévir, l'an i6i3, in-^"-

Clémangis est un auteur digne d'être lu et estimé. S'il est quelquefois trop véhément dans ses satires, il est agréable dans ses descriptions ,poli dans ses narrations , riche et noble dans ses pensées , choisi dans ses termes , heureux dans ses applications , sage dans ses avis. Sa latinité est plus pure et plus élégante que celle des écrivains de son temps, et il ne cède presque rien à beaucoup d'anciens pour l'élorjuence. (Cave. Dupin , Gcrso-

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niana, et Biblioth. ecclésiast. du quinzième siècle. )

CLÉMENCE, clementia, La clémence est une vertu qui porte à pardonner les offenses et à modérer les chàtimens, autant que la raison peut le permettre. La clémence ne se dit proprement que deDieu, desSouvcrainsetdes supérieurs. La cruauté est opposée à la clémence par défaut , et la trop grande douceur par excès.

C LÉM ENCE ( Joseph Guillaume), né au Havrc-de-Gràce le 9 octobre 1717 , chanoine de Rouen, s'est fait connaître pav des ouvrages savans et solides, où h' christianisme est détendu avec dignité et avec force : tels que la Défense des livres de l'ancien Testament contre la philosophie lie l'Histoire, i^GS et 1 776, in-S", et l'authenticité des livres tant du nouveau que de l'ancien Testament démontrée, et It'ur véiidicité défiiului; spécialement contre l'auteur de la hible; entin, explii[uée |)ar les aumôniers du roi de Prusse, 1782. in-S". On sait que ces prétendus aumôniers du roi de Prusse ne sont autres (|ueTo1taire. Ce dernier ouvrage décèle autant d'érudition que de criti([ue : il est écrit d'une manière vigoureuse et avec tout le laconisme que la chose comporte.

Sous ces considérations, on le préfère à celui que M. Coiitant de La Molette a écrit pour réfuter la même production de Voltaire. « En reconnaissant, » dit un critique, dans M. Con-

») tant un grand nombre de » bonnes observations , il faut » convenir qu'un étalage sou- » vent inutile de science hé- » braïque , et des discussions « grammaticales , semblent y » prendre la place des raison- « nemens les plus victorieux que » la matière fait naître comme » d'elle-même, et qu'en géné- » rai sa manière n'a ni la pré- » cision , ni la dignité , ni la lo- » gique de M. Clémence. » On a encore de lui , les Caractères du Messie vérifiés en Jésus de Nazareth, Rouen 1776, deux vol. in-8°. Clémence mourut le 6 août 1792.

CLÉMENCE! (dom Charles) , bénédictin de la congrégation de Saint-Maur, né àPainblanc , diocèse d'Autun, a fait profession en 1723. Il a fait la seconde partie de VArt de vérifier les Dates , avec dom Ursin Durand.

Dom Maur d'Antine , avait fait la première partie. Il a aussi travaillé au recueil des Lettres des Papes avec dom Durand , et a ensuite beaucoup travaillé avec dom Clément à l'Histoire littéraire de France , commencée et continuée jusqu'au neuvième volume par dom Rivet. On a encore de dom Clémencet : Lettre à un ami de province sur le désir qu'il témoigne de voir une réponse à la lettre contre l'Art de vérifier les Dates.

CLÉMENT (saint), pape, premier du nom, disciple des apôtres et martyr, était Romain de naissance , et fils d'un nommé Faustin, selon plusieurs, ou

CLE juif, selon d'autres , qui expliquent littéralement ce qu'il dit de lui-même dans sa première lettre , qu'il était fils de Jacob.

Il fut converti par les apôtres qu'il suivit pour les aider dans le ministère évangélique. C'est ce qui l'a fait appeler, par les saints Pères des premiers siècles , le disciple des apôtres , leur coadjuteur, et apôtre lui-même.

Le pape Zozime dit qu'il fut instruit dans l'école de saint Pierre, et saint Jean Chrysostôme assure qu'il fut depuis l'un des compagnons ordinaires des voyages de saint Paul, comme saint Luc et saint Timothée.

C'est de lui dont cet apôtre fait l'éloge dans son Épître aux Piii— lippiens , chap. 4 , en disant que son nom est écrit au livre de Vie , et qu'il a travaillé avec lui pour la prédication de l'Évangile. Il succéda à saint Lin dans le siège apostolique , le 24 septembre de l'an 67 , gouverna neuf ans deux mois dix jours, abdic[ua le 3 décembre de l'an 76. Le siège vaqua deux mois quatorze jours. Saint Clet lui succéda le 16 février de l'an 77.

On ne sait rien de certain touchant les autres actions de sa vie , ni le genre de sa mort. Il était cependant regardé comme martyr dès la fin du quatrième siècle , puisque Rufin lui en donne le titre, et que le pape Zozime dit qu'il a consacré par le martyre la foi qu'il avait aj;l)rise de saint Pierre, et qu'il avait enseignée aux autres. Il y avait une église à Rome en l'hon-

CLE «cur Je saint Clément, du temps <le saint Jérôme , et l'on mit son nom dans le canon de la Messe aussi dès le inème temps , à ce que l'on peut croire. Mais on ne sait rien du lieu de sa mort ni de sa sépulture ; ce qui rend incertain tout ce que l'on dit des différentes translations de ses reliques. Les Grecs l'Iionorent le 2-1 ^c novembre , et les Latins le 23. On attribue divers ouvrages à saint Clément : les uns sont de lui ; les autres n'en sont pas. Il n'y a que deux Épîtres aux Corinthiens qui soient véritablement de lui , avec cette différence que la première en est indubiLiblement , au lieu (jue la seconde n'en est pas si certainement, parce qu'elle n'est point citée par les anciens. La première fut écrite par saint Clément , au nom de l'Lfjlise de Rome à celle de Corintlie, au sujet d'un trouble excité par quelques clirétiens qui ne voulaient pas se soumettre à leurs pasteurs légitimes. On leur met devant les yeux le bonheur de la paix , et on les exhorte avec J beaucoup de douceur, d'onction, de prudence et île charité ; mais aussi avec beaucoup de zèle et de force à faire revivre l'union en rentrant dans leur devoir, et en pratiquant l'humilité, l'obéissance , la soumission aux pasteurs. Cette lettre, l'un des plus beaux monumens de l'antiquité, est citée par saint Irénée , liv. 3, chap. 3 ; par Clément Alexandrin , 1. I , Slr(V?}at. , pag. 289, par Origène , par Eusèbe, par

saint Jérôme, etc. La seconde, qui n'a pas la même autorité , est une exhortation à la pénitence et aux autres vertus chrétiennes. Les ouvrages faussement attribués à saint Clément sont , i" les Constitutions apostoliques, livre ancien où l'on a ajouté et changé selon les temps, et qui contient quelques erreurs.

2" Les Récognitions ou Reconnaissances , ainsi nommées parce qu'on suppose que saint (Hément reconnut son père et ses frères.

On le nomme aussi quelquefois les Voyages ou l'Itinéraire de saint Pierre , et les Actes de saint Pierre ; c'est un livn» ancien , mais apocryphe , plein d'erreurs et de fables, aussi bien que les Clémentines ([ui sont j)eut-ètre la seconde partie des Récognitions, et qui consistent en dix-huit entretiens ou homélies. 3" Le livre intitulé : Li Doctrine {les Apôtres, et un autre intitulé : /c^ Préceptes de saint Clément.

4" Les ^ oyages ou l'Itinéraire de saint Pierre, cjui sont le n»ème ouvrage que les Kétc\';nitions,et r/L/;//omt', ouabréj;é de ces livres. 5" Quelques Sermons sur le juste jugement et la Providence.

G'' Cincj décrétalcs. 7" Les Révélations, ou rApocalyj)se de saint Pierre. 8° Les Actes du martyre de saint Clément. ' Tillemont , Mémoires ccclésitistiques , t. 2.

Duj>in , Biblioth. ecclésinst., 1. 1 .

Ibillet , 23 novembre. Doni (Jeillier, Histoire des Auteurs sacrés et ecclésiastiques y t. i , p. SgB et suiv. )

CLÉMENT II, nommé Snid^

ger ou Singer ou Swidger , était Saxon et évèque de Baïuberg, lorsqu'il fut élu pape au concile de Sutri , le 25 décembre de l'an 1046. Il couronna l'empereur Henri m et son épouse Agnès, fille de Guillaume IV , duc de Guyenne. Il tint un concile à Rome contre les simoniaques, et pour remédiera plusieurs autres abus. Il gouverna neuf mois quinze jours, et mourut le 9 octobre de l'an 1047. ^^ siège vaqua vingt-neuf jours. Benoît ix lui succéda le 8 jiovemJjre 1047. G" lui attriljue une épître écrite à Jean, arclievêquedeSalerne. (Léon d'Oslie, liv. 2, cli. 81. Baronius , à l'au 1046 , io47- Saint Antonin , Volaterran , Sigebert , Ciaconius, etc. )

CLÉMENT III, Romain , nommé auparavant Paulin ou Pmd Scholari , cardinal et évèque de Preneste , fut élu le ig décembre de l'an 1187. Il fit publier une croisade contre les Sarrasins, et travailla pour apaiser les troubles qui s'élevèrent en Sicile après la mort du roi Guillaume. Il gouverna trois ans trois mois et sept jours, et mourut le 25 de mars de l'an 1 191.

Le siège vaqua deux jours. Célestin ni lui succéda le 28 du même mois. On lui attribue quelques épîtres. ( Baronius, à l'an 1 1 88^ 1 191 .Du Chêne. Louis Jacob , Bihl. ponlif. )

CLÉMENT lY , natif de Saint- Gilles-sur-le-Rhône , s'appelait dn-le-Grns. Il porta d'aliord les armes, étudia ensuite, devint

CLE habile jurisconsulte , se maria , embrassa l'état ecclésiastique après la mort de sa femme , fut archidiacre , évèque du Puy en Yelay, archevêque de Narbonne, cardinal-évèque de Sabine en 1 261 , et pape le 5 février de l'an 1265. Il donna l'investiture du royaume de Sicile à Charles , frère de saint Louis, et le fit couronner à Rome l'an 1266. Il se comporta toujours avec beaucoup de douceur et de modestie, et un désintéressement si rare à l'égard de ses parens , que loin de les charger de bénéfices, il obligea un de ses neveux , qui en possédait trois , d'en quitter deux. Il offrit une si petite dot à ses deux filles , qu'il avait eues étant marié dans le monde, qu'elles aimèrent mieux se faire religieuses que de se marier , et ne voulut jamais donner plus de trois cents livres pour le mariage d'une de ses nièces. Il mourut à \iterbe le 29 novembre de l'an 1268, après avoir gouverné trois ans neuf mois vingtcinq jours. Le siège vaqua deux ans neuf mois deux joui*s. Grégoire X lui succéda le i**" septembre 1271. On a de lui divers ouvrages : Qiiœstiones juris ; de Recipiendarim? caiisnrimi ratione ; epistolajnwi lyolunien ^ etc.

( Saint Antonin , ép. 3, tit. 20 , cil. I. Génébrard et Onuphre , en la Chronique. Platine et Ciaconius , en sa vie. Sponde , à l'an 1265. Sainte Marthe , Gall.

christ. , tom. i , pag. 385 ; et tom. 3, pag. 917.)

CLÉMENT V, nommé Ber-

trnnd dt; Goth ou de Gouth , fils <le Héraut, seip,neur de Gouth, était de (iasco{]ne. Le pape Boni face VIII le fit successivement chanoine de Bordeaux , évèque de Coniinges, et archevêque de Bordeaux en i3oo. Après la mort de Benoît XI, il fut élu pape par les cardinaux assemblés à Pérouse le 21 juillet de l'an i3o5.

Il fut couronné à Lyon dans l'église de Saint-Just , en présence du roi Piiilippe-le-Bel, dont il était ennemi auparavant, mais qui, dans une entrevue qu'ils eurent ensemble , lui promit (ju'il le ferait pape s'il voulait lui accorder six choses qu'il lui demanda, dont la cinquième, qu'il ne lui déclara point pour lors, était de condamner la mémoire de Boniface viii , d'absoudre ceux qui avaient attenté sur la personne de ce pape , et de lui permettre de lever des décimes sur les églises de son royaume pendant cinq ans. Clément exécuta ses promesses , et tint , l'an 1 3 1 1 , un concile général àVienne en Dauphiné, où les hérétiques bé{;uards furent condamnés, les Tenq)liers abolis, ladiscipline de l'Eglise réformée , et la guerre sainte résolue. Il transféra aussi le Saint-Siège de Rome à Avignon , où il demeura plus de soixante-dix ans ; ce que les Italiens appellent la captivité de Babylone. Il mourut le 20 avril i3i4» après avoir gouverné huit an^neuf mois. Le siège vaqua deux ans trois mois dix-sept jours. Jean xxii lui succéda. Il fit faire une compilation des dé-

crets du concile de Vienne , auquel il avait présidé , et de ses épîtres ou constitutions, qui ne })arut sous le nom de Clémentines , que pendant le pontificat de Jean xxii. (Aillani, liv. 8, ch. 80. Sponde. Bzovius. Rainaldi, inAnnalibus. Tri th., Possev.,Génébrard, DuChène, etc.)

CLÉMENT VI, nomme Pierre Rogier , fils de Guillaume, seigneur de Roziers dans le territoire de Malemont en Limousin, fut d'abord religieux de la Chaise-Dieu , puis docteur de Paris , prieur de Saint -Bàle près de Nîmes, abbé de Fescan , évc(|ue d'Arras, archevêque de Roueh et de Sens , cardinal , enfin pape le 9 mai de l'an ï3^7. (-e pontife était savant et zélé. Il travailla pour la réunion desCirecs et des Arméniens , et fit tous ses efforts pour délivrer l'Italie de la tyrannie de Louis de Bavière. 11 réduisit le jubilé de l'année sainte, de cintpiante en cinquante ans, et donna aussi, à ce cjue l'on croit, aux rois très-chrétiens la permission ile communier sous les deux espèces. On lui attribue des sermons , un discours de la canonisation de sainte Yves, et quelques autres ouvrages. Il mourut le 1*' décembre i352 , après avoir gouverné dix ans six mois vingt-trois jours. Le siège ne vaqua point , et Innocent VI lui succéda le jour même de sa mort. ( Sponde, Ciaconius, Gesner, PoSsevin , etc. )

CLÉMENT VII , nommé auparavant Jules de Médicis , était fils posthume de Julien de Mé-

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dicis , tué à Florence par les Pazzi en 1478. Le pape Léon x, son cousin , le fit cardinal en i5i3 , et lui donna les archevêchés de Florence , d'Embrun , de îs\irbonne , etc. Il fut élu pape après Adrien vi le 19 novembre i523. Il reçut une ambassade du roi d'Ethiopie, et célébra le jubilé l'an i523 ; mais ce qui rend son pontificat plus remarquable, c'est cette lonj^ue suite de malheurs qui l'affligèrent avec toute l'Église. L'Allemagne se vit tout en feu par les erreurs de Luther ; l'Angleterre secoua l'obéissance du Saint-Siège par le schisme de Henri viu , qui , fâché de ce que le pape l'avait excommunié pour avoir épousé Anne de Boulen , à la place de Catherine d'Aragon , sa légitime épouse , se déclara chef de l'Eglise de son royaume ; Pvome fut prise et pillée par l'armée de Charles- Quint , contre lequel Clément s'était ligué avec les Français et les Vénitiens , et lui-même fut obligé de se sauver incognito, après sept mois de captivité. Il mourut le 25 septembre 1 534 , après avoir gouverné dix ans dix mois sept jours. Le siège vaqua sept jours, Paulin lui succéda le 3 octobre. On a diverses lettres de lui. ( Paul Jove , en ses Eloges et en Y Histoire. Ciaconius. Papyre Masson. Onuphre, en sa vie. Génébrard, dans sa Chron. Sponde, i523 , i534. ) CLÉMENT VIII, nommé aupa- 1 a vaut Hj-ppoliU' Aldobrandin , était originaire de Florence, natif de Fano dans l'État ecclésias-

CLE tique , et frère de Jean Aldobrandin , cardinal et grand-pénitencier. Il fut auditeur de Rote et référendaire du pape Sixte v qui le fit cardinal. Il succéda à Innocent ixle 3o janvier 1592. Il commença par visiter les paroisses , les monastères , les autres lieux de piété de la ville de Rome , et travailla beaucoup î\ régler le clergé. Il fit ensuite une constitution contre les duels, et tourna tous ses soins vers le roi Henri iv qu'il réconcilia à l'Église en lui donnant l'absolution de l'hérésie le dimanche 17 septembre i595, après avoir ordonné des prières de quarante heures dans toutes les églises de Rome, pendant lesquelles il alla deux fois nupieds à l'église de Sainte-Marie- Majeure , faisant les stations en pleurant , sans donner la bénédiction au peuple. Il reçut aussi l'archevêque de Livonie , qui fit abjuration du luthéranisme, et plusieurs envoyés de Russie, pour renoncer au schisme des Grecs.

Il s'appliqua fortement à réconcilier les princes chrétiens qui étaient en guerre , et la paix de Vervins fut conclue entre la France et l'Espagne le 2 de mai 1 598 , par les soins du cardinal Alexandre de Médicis , son légat, qui fut depuis son successeur. Il réunit au Saint-Siège le duché de Ferrare , comme fief de l'Eglise , après la mort du duc Alphonse. Au jubilé de l'année sainte 1600 , sa charité se répandit jusque sur trois cent mille pèlerins , et il eut la joie de voir

la conversion d'un {jrand nombre de Turcs et d'iicréliques. Ce fut aussi à la fin de son pontificat que commencèrent les fameuses congrégations de auxi- In's, louchant la grâce et le librearbitre , qui ne furent terminées que sous Paul v, son successeur. 11 mourut le 5 mars i6o5, après avoir gouverné treize ans un mois sept jours. Le siège vaqua vingt-six jours. Léon xi lui succéda le i*"^ avril i6o5. Il écrivit plusieurs lettres fort touchantes aux évoques de France, pour les engager à travailler à l'extirpation des hérétiques.

( Spoude , depuis l'an 1^92 jusqu'en i6o5. Ciaconius, /// su/iplem. )

CLÉMENT IX, auparavant nommé Jules Rospigliosi , naquit l'an 1 599, d'une famille noble de Pisloie dans les États du grand-duc de Florence. Il fut auditeur de la légation du cardinal barberin , neveu d'L rbain viii, nonce en Espagne j)endant onze ans , cardinal-secrétaire d'Alexandre Ml , et son successeur sur le trône pontiiical le 20 juin itiCi^. Il déchargea ses peuples des tailles et des subsides, donna des évèques au Portugal, qui en était privé depuis long-temps par les intrigues des Espagnols, ménagea la paix qui fut conclue entre la France et l'Espagne, à Aix-la-Chapelle, en 1668, fit la réconciliation connue sous le nom de la paix de Clément JX , touchant la condamnation du livre et des propositions de Jansénius. Il cano-

nisa saint Pierre d'Alcantara , de l'Ordre de Saint-François , et sainte Madelaine dePazzi, carmélite. Il mourut le 9 décembre de l'an 1 669 , par la douleur que lui causa la perte de la vdle de Candie , malgré les secours qu'il lui avait procurés et donnéslui-mème. Il avait gouverné deux ans cinq mois dix-neuf jours. Le siège vaqua quatre mois dix-neuf jours. Clément x lui succéda le 29 avril 1670. De Choisy, Hist. eccl., t. 1 ^, 1. 34)

CL1-:MENT X , nommé auparavant Zi-'m/Zt^ Âllidri, était d'une ancienne famille de Rome. Clément LX étant au lit de la mort le fit cardinal le 29 novend>rc \iX>C) , dans le ])res.sentiment qu'il lui succéderaitsurla chaire tle Saint-Pierre; ce qui arriva en effet le 29 d'avril de l'an 1670.

On eut beaucoup de peine à lui faire accepter le souverain pontificat. Il était a{;é pour lois de <|uatre-vingt-huit ans , et grand ennemi du faste et du tumulte.

Il gouverna six ans deux mois vin[',t-trois jours, et mourut le •.>2 juillet iG^lJ. Le roi de Monomotapa et celui de Congo se firent clirétiens sous son pontificat , et la mission de Ceylan y fleurit aussi. Le siège vaqua uu mois vingt-neuf jours , et Innocent XI lui succéda le 21 septembre 1676. ( De Chaisy, llist.

ecclés. , t. u , 1. 34 , ch. 4- )

CLÉMENT XI , nommé auparavant Jean-Francois Albani , vint au monde à Pésaro dans le duché d'Crbin , le 22 juillet 1649 ^^^ chevalier Charles Al -

i8?. CLE

l>ani , son père, avait été fait sénateur romain par Urbain viii.

Pour lui , il fut d'abord chanoine de Saint-Laurent in Damaso , ensuite vicaire de saint Pierre , gouverneur de Riéti et d'Orviète, secrétaire des brefs , cardinal , enfin pape le 23 novembre de l'an 1700 , après avoir refusé cette dignité pendant trois jours, par ses prières et par ses larmes.

Il s'appliqua d'abord au gouvernement de l'Église , et à ménager quelque accommodement entre l'Empereur et le roi de France, qui allaient commencer la guerre au sujet de la succession d'Espagne , après la mort de Charles 11, il donna, l'an 171 3, la bulle Unigenitus contre le nouveau Testament du père Quesnel. Ce pape était savant , pieux , charitable. On peut voir sa vie au commencement d'un recueil en deux volumes in-fol. , imprimé à Rome et à Francfort en 172g , cfili renferme ses discours, ses homélies, ses brefs, ses lettres et ses bulles. Il mourut le 19 mars de l'an 1721 , après avoir gouverné vingt ans trois mois vingt-cinq jours. Le siège vaqua un mois dix-neuf jours. Innocent xni lui succéda le 8 de mai 1721.

CLÉMENT XII , nommé Laurent Corsini , né le 7 d'avril i652, d'une illustre famille <le Florence en Toscane , fut déclaré préfet du tribunal de la Grascia le i3 février 1690 , nonce apostolique à la cour de Vienne , le I*' avril suivant, et arclievèque <le Nicon.édie le ro du même

CLE mois, n n'alla point à Vienne , parce que l'Empereur ne voulut point l'agréer. Le pape Clément XI le continua dans la charge de trésorier de la chambre apostolique, qu'il avait eue en 1696 , et le fit cardinal le 17 mai 1706. Après la mort de Benoît xin il fut élu pape le 12 juillet I 730. 11 indic[ua, le 1 1 septembre de la même année , un jubilé universel pour implorer le secours de Dieu dans le gouvernement de l'Eglise. Il donna un grand nombre de bulles durant son pontificat ; plusieurs touchant les affaires de la Chine , et une en faveur de la doctrine de saint Thomas, qui commence Verbo Deiy et qui est datée du 28 août 1733. Il mourut le 6 février 1740^ après avoir gouverné neuf ans six mois vingtcinq jours. Le siège vaqua six mois dix jours. Benoît xiv lui succéda le 17 août.

CLÉMENT XIII, auparavant Charles Rezzonico , fils de Jean- Baptiste Rezzonico , noble vénitien , et de Victoire Barbarigo , d'une très-ancienne maison de Venise , naquit dans cette ville le 7 mars 1693. A l'âge de dix ans, il fut envoyé à Bologne pour y faire ses études au collège des nobles. Après qu'il eut achevé son cours de philosophie , il revint à Venise pour y étudier le Droit civil et la théologie. 11 alla ensuite prendre le bonntt de docteur en l'Université de Padoue. En 1716 il se rendit à Rome , et l'année suivante il fut fait prolonolaire aposlolicjuc du

CLE nombre des participans. En 1 721 on le nomma gouverneur de Riéti et de Kano. En 172g il devint auditeur de Rote ; et en 1737 le pape Clément xii le nomma cardinal. 11 fut pourvu de révcclié de Padoue en 1743 , et élu pape le 6 juillet 1758.

CLEMENT XIV (Jean-Yincent- Antoine Ganganelli ) , naquit d'un médecin à Saint-Arcliangelo , bourg près de Rimini , le 3i octobre 1705. Dès l'âge de dix-huit ans il entra dans l'Ordre des Mineurs conventuels ; et après avoir professé la théologie en différentes villes d'Italie , il vint , à l'âge de trente-cincj ans , enseigner cette science à Rome , au collège des Saints- Apôtres.

La finesse de son esprit , l'enjouement de son caractère le firent aimer de Benoît xiv : sous le règne de ce pontife , il devint consul teur du Saint-Office, place importante à Rome. Clément \iii le décora de la pourpre en 1 75r).

Ce pape étant mort en 17^»), le conclave fut très-orageux. Enfin le Sacré-Collége , décidé par le cardinal de iîernis , proclama le cardinal Cianganclli souverain pontife, le 19 mai 1769. Jamais pape n'avait été élu dans des temps plus difficiles. Un esprit de vertige , répandu de toutes parts , attaquait et le trône et l'autel. Clément xiv chercha d'abord à se concilier les Souverains ; il envoya un nonce à Lisbonne ; il supprima la lecture de la bulle In cœna Domini , qui déplaisait aux princes , il négocia avec l'Espagne et la

France. Il donna , le 21 juillet 1773, le fameux bref qui éteignit la Compagnie de Jésus. Clément XIV ne survécut pas longtemps à cette suppression ; il mourut le 22 septembre 1774-

CLÉMENT, surnommé.:/ /e.zv?;;- (îrin , prêtre d'Alexandrie et docteur de l'Église {Titus Flavius Clcmens), était, selon saint Épiylmne {Hœrcs. 32, n** 9), Athénien de naissance , ou , selon d'autres , originaire d'.\lexandrie. Il fut disciple ilesaint Pantène , et son successeur dans l'emploi de maître ou de recteur de la célèbre école d'-\lexandrie , vers l'an 189 de Jésus- Christ , et il y a tout lieu de croire qu'il était déjà prêtre. Il eut pour disciple Origène , qui fut dans la suite chef dans la même école ; et saint .\lexandre , évê([ue de Jérusalem et inartvr.

L'empereur Sévère ayant publié un éciit contre les chrétiens, en la dixième année de son règne , de Jésus-(]|irist 202 , la violence de la persécution obligea f^lément d'abandonner son emploi , et, selon toutes les a|)parences , le séjour même d'.Vlexandrie.

On ne sait point en (]iiel lieu il sv relira. Il paraît seulement qui»»

vers l'an 210 il était dans la ville de Fléviade en Cappadoce , où saint Alexandre, son disciple, était alors évéque, mais prisonnier , pour avoir confessé j)iil>liqueinent le nom de .Ïésus-Christ durant la persécution de Sévère.

L'an 211 , î»dint Asclépiade ayant été élu évcque d'Antio-

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elle après la mort de saint Sérapion , saint Alexandre écrivit aux prêtres et aux fidèles de cette église , pour leur témoigner sa joie de cette élection , et leur envoya sa lettre par Clément, dont il fait l'éloge. C'est tout ce que nous savons de ses actions. Il fleurit sous le règne de Sévère et sous celui d'Antonin Caracalla , son successeur.

L'année de sa mort est incertaine ; mais on peut la mettre au plus tard en 217 , temps auquel l'empereur Caracalla fut tué. Saint Alexandre , dans une de ses lettres à Origène , parle de Clément comme d'un homme mort depuis quelque temps.

C'est une question ; savoir , s'il faut admettre Clément d'Alexandrie dans le Martyrologe , et l'honorer comme Saint. Les Grecs ne l'honorent pas comme tel , et Usuard semble être le premier des Latins qui ait inséré son nom dans les Martyrologes. On l'a retranché du romain , on l'a inséré dans le Bréviaire de Paris , et il paraît qu'il est libre à un chacun de donner ou de refuser le titre de saint à cet illustre auteur ecclésiastique , ^ selon sa dévotion , l'Église ne le commandant ni ne le défendant point. Cependant le pape Benoît XIV , d'heureuse mémoire , après avoir balancé les raisons pour et contre , décide qu'il n'est point à proj)os d'innover en ce point , et d'admettre cet ancien Père dans les fastes de l'Église. On peut voir la dissertation de ce savant pape sur cette

c(UGStion , dans la longue préface eu forme de lettres apostoliques , adressée au roi de Portugal , et placée à U tête du Martyrologe romain donné en

Clément d'Alexandrie composa les ouvrages suivans , comme nous l'apprenons d'Eusèbe et de saint Jérôme qui en ont fait le catalogue : i'* les huit livres des Stromates. 2'' Huit livresd'hypotiposes ou d'instructions. 3" Une exhortation aux Gentils. 4*^ Trois livres appelés le Pédagogue. 5° Un livre intitulé : Qui est le riche qui se sauve ? 6°. Un petit ouvrage de la Pàque. 7° Une dissertation sur le jeûne. 8° Une autre dissertation sur la médisance. 9° Une exhortation à la patience. 10° Un livre intitulé : la Règle ecclésiastique contre les Juifs , dédié à Alexandre , évêque de Jérusalem. 11° Un livre de la continence et un autre du mariage, Il ne nous reste que quatre de ces ouvrages ; savoir , l'exhortation aux Gentils , le petit traité qui est le riche qui se sauve ?

Le Pédadogue et les Stromates.

L'exhortation aux Gentils est un discours pour détourner les païens de leur religion , et les engager à embrasser celle de Jésus -Clirist. Pour parvenir à ce but , l'auteur commence par faire voir le ridicule des fables d'Amphion , d'Arion, d'Orphée , de Bacchus et autres semblables .

qui faisaient la matière ordinaire des chansons et des poésies dramatiques des païens ; il

CLE leur inspire un grand mépris pour toutes les fictions des dieux et des héros débitées par les poètes , et les exliorte à n'écouter que la vérité seule , c[ui , toute éclatante de lumière , est descendue du ciel pour dissiper nos ténèbres , ôter les sujets de haines cjui étaient entre Dieu et les hommes , et leur apprendre la voie de la justice. Il insiste sur la vanité du culte des idoles, et montre que les oracles n'étaient que des prestiges. 11 entre dans le détail de l'origine des dieux , tellement multipliés par la licence des poètes et l'ignorance des peuples, qu'il n'y avait pas jusqu'à l'impudence qui n'eut ses autels à Alliènes. Il fait ensuite une peinture trèsvive de la vie que ces dieux prétendus ont menée sur la terre , et montre par le récit de leurs crimes, que les païens n'auraient pu en choisir de plus indi{;ncs de la qualité de dieu. Il conclut en les exiiortant à se convertir au vrai Dieu , à croire en Jésus - Christ , à embrasser sa doctrine , à suivre ses lois et ses conseils.

Les motifs (ju'il emploie pour les y engager , sont rexemj)lc des Miniviles, qui , par leur pénitence , évitèrent la ruine de leur ville. La rapidité avec laquelle l'Évangile s'est établi dans tout le monde , l'excellence des maximes que Jésus-Christ nous a enseignées, ses miracles, ses soulTrance^ pour racheter les hommes . la gloire éternelle qu'il destine à ceux qui lui seront fidèles.

CLE i85

Dans le petit traité rjui est le riche qui se sauve ? Quisnani dives ille sit qui sah>atur , ou Hornilia de divitwn salute ? l'auteur prouve qu'il suffit de faire un bon usage de ses biens pour être sauvé , sans qu'on soit obligé de les quitter.

Le Pédagogue ou Précepteur est un ouvrage tout de morale , divisé en trois livres que l'on a depuis distribués en chapitres.

Dans le premier livre. Clément explique d'abord ce qu'il entend par son Pédagogue. C'est, selon lui , un maître destiné à former un enf.mt dans la vertu , et à le faire passer de l'état des cnfans à celui des hommes parfaits. Le maître qu'il nous propose n'est autre que Jésus-Ci irist, auquel seul la qualité de pédagogue convient proj>rement et souverainement , et qui en fait les fonctions en instruisant , en ré{;lant les mœurs , en pardonnant les péeiiés , etc.

Dans le second livre, il descend dans le détail des actions humaines , donne des règles de tempérance , de sobriété , de modestie , en posant [)Our principe <[ue la fin du manger ne doit point être le plaisir , mais la nécessité. Il blâme ceux qui garnissent leur table de viandes , de poissons ou de légumes qu'ils font venir i\ grands frais des pays éloignés , et qui , par sensualité , ôtentla force au pain en séparant ce qui nourrit et ce fjui soutient davantage Pour la boisson , il conclut de ces paroles à Timothce : ■ l ^ez d'un

i86 CLE

>» peu de vin à cause de votre w estomac et de vos fréquentes >» maladies ; » que l'eau est la boisson naturelle et la plus commode pour ceux qui sont en santé. Il croit cependant que l'usage du vin est permis , et il le prouve même contre les Encratites , par l'exemple de Jésus- Christ , qui bénit du vin dans la dernière cène. Il défend tout ce qui sent le luxe dans les meubles et la vaisselle , et regarde cet amas de vases d'or et d'argent enrichis de pierres précieuses comme un spectacle qui ne sert qu'à enchanter les yeux. On ne doit rechercher dans les meubles que l'utilité et non la magnificence. Un couteau , pour être enrichi de clous d'argent ou garni d'ivoire , n'en coupe pas mieux , et une lampe achetée chez l'orfèvre n'éclaire pas plus que celle que l'on prend chez le potier. Les instrumens de musique et les chansons profanes doivent être bannis des repas bien réglés , et on n'y doit permettre que des cantiques spirituels. On ne doit rire que peu, modestement et sans éclater.

Un ris modeste est une marque d'honnêteté et de pudeur ; mais quand il est trop libre et trop éclatant , c'est une marque d'intempérance. Les mauvaises plaisanteries , les paroles et les actions ridicules pour exciter les autres à rire , les discours libres et déshonnêtcs sont interdits au chrétien. Il prendra son sommeil dans un lit qui ne soit ni trop précieux ni trop mol , i)ropreà le ga-

CLE rantir de la chaleur pendant Vétéj et du froid pendant l'hiver. Ses vêtemens seront simples, éloignés du faste , uniquement pour la nécessité de se couvrir , et de se garantir de l'incommodité des saisons.

Clément examine, dans le troisième livre , en quoi consiste la la véritable beauté , et dit qu'il n'y en a point d'autre que celle qui est intérieure. C'est donc à embellir l'àme et à la parer des ornemens de la vertu qu'il faut mettre tous ses soins ; mais il est indigne d'une honnête femme de parer son corps avec tant d'art , et encore plus d'un homme. Il blâme dans les femmes leur application continuelle à rendre la chair molle et délicate , à changer la couleur naturelle de leurs cheveux , à se peindre les joues , les yeux et les sourcils , tandis qu'elles négligent le soin de leurs maisons et de leurs domestiques. Dans les hommes , il reprend le trop grand soin de se couper les cheveux , de se peigner , de se raser , de se parfumer , et dit que par là ils tombent dans la mollesse et deviennent tout efféminés. Il condamne aussi la multitude d'esclaves que l'on voyait dans certaines maisons ; les chiens , les oiseaux que les femmes nourrissaient au lieu des pauvres. La magnificence de leurs bains , le trop fréquent usage qu'elles en faisaient , et le peu de pudeur qu'elles y gardaient , même devant les hommes. Il conseille aux hommes les

CLE exercices du corps, et aux femmes les ouvrages de fil , de laine , et tout ce dont leurs maris ont besoin ; le pain , la cuisine , et le reste du ménage et du service domestique. Il condamne tous les jeux de hasard , les spectacles du cirque et du théâtre qui sont une source de corruption pour les mœurs. Il finit son Pédagogue par une prière qu'il adresse au Verbe divin , pour lui demander le secours de sa grâce.

L'ouvrage intitulé Stromates ou Tapisseries , est ainsi appelé , parce qu'il contient j)lusicurs pensées recueillies de dilférens endroits et ramassées ensemble ; ce qui lait une variété semblable à celle d*un pré , d'une terre , d'un jardin où l'on trouve toute sorte d'iierbes , de fleurs et de fruits qu'on peut cueilHr à son choix. Clément dit qu'il garde cette méthode à dessein , afin qu'en mêlant ainsi différentes matières , il ne découvre pas nos mystères à ceux qui n'y sont point initiés , en sorte néanmoins que les autres puissent les comprendre et en profiter.

Cet ouvrage est divisé en huit livres ; mais on croit que le huitième est un fragment de quelque autre écrit de l'auteur, et que ce qui devrait faire ce huitième livre était perdu dès le siècle de Piiotius.

Le principal sujet de ce premier livre di's Stronidtes est de montrer l'utilité de la philosophie humaine à un chrétien , quand ce ne serait que pour

CLE i8:

la réfuter avec connaissance de

cause : il dit

quelle a servi

aux Grecs pour les préparer à l'Evangile , comme la loi aux Hébreux. Il rapporte l'origine des sciences et des arts, et l'histoire de la philosophie chez les Grecs et les autres peuples , et montre que celle des Hébreux est la plus ancienne de toutes.

Dans le second livre l'auteur montre , contre les disciples de Basilide et de Valentin , que la foi n'est pas naturelle à de certains Iiommes, mais qu'elle vient de leur choix ; que de la foi vient la pénitence ; qu'il y en a une première pour ceux <[ui ont vécu dans l'ignorance de la gentilité, et une seconde que Dieu , par sa bonté , accorde aux fidèles qui sont tombés dans (juehjue péché. Il traite ensuite du mariage , dont il soutient la s^iinteté contre les philosophes ([ui le rejetaient.

Dans le troisième livre, il continue celte matière , et réfute les hérétiques , tels que les Nicolailes , les disciples de Carpocrale , les Marcioniles et les autres qui combattaient le mariage.

Dans le quatrième livre , il traite du martyre , et combat deux sortes d'hérétiques , dont les uns disaient que le vrai martyre était la connaissance du vrai Dieu ; mais que celui (pii le confessait aux dépens de sa vie était homicide de soi-même , et les autres s'empressaient à se livrer eux-mêmes à la mort . en haine du Créateur.

i88 CLE

Le ciiiquièine livre des Stromates est principalement employé à montiev que les Grecs avaient pris des Barbares , et en particulier des Hébreux , toute leur saj^esse et la manière de l'enseigner.

Il commence , dans le sixième livre , à donner l'idée de son Gnostique et de la vertu chrétienne , dont il dit : « que le » véritable Gnostique sait tout » et comprend tout par une con- »> naissance certaine ; que cette » science ou gnose , d'où il prend )> son nom , est le principe de » ses desseins ou de ses actions , » et s'étendmême aux objets qui » sont incompréhensibles aux » autres, parce qu'il est disciple » du Verbe , à qui rien n'est in- » compréhensible. Il n'est plus » sujet aux passions , si ce n'est » à celles qui sont nécessaires » pour l'entretien du corps , » comme la faim et la soif. II » s'est rendu maître de celles » qui peuvent troubler l'âme , » comme la colère et la crainte , >» et n'admet pas même celles » qui paraissent bonnes , comme » la hardiesse , la jalousie , la » joie , le désir. Son âme est » dans une consistance solide , » exempte de tout changement.

» Ainsi le Gnostique est plutôt » délivré de ses passions qu'oc- » cupé à les modérer. »

Dans le septième livre , Clément montre que le gnostique est seul véritablement pieux. Il prend un soin continuel de son âme , et sert Dieu de toutes manières. Il ne l'honore pas scule-

ment en certains lieux déterminés , pi en certains jours de fête ; mais toute sa vie et en tout lieu où il trouve des gens de sa créance , ou même seul , parce qu'il croit que Dieu est partout. Toute sa vie est une fête ; il loue Dieu en labourant, en naviguant, en tout état ; il s'exerce à l'oraison continuelle et mentale, il fait aussi du bien, autant qu'il peut, à tous les hommes. S'il est constitué en autorité , comme Moïse , il gouverne ceux qui lui sont soumis pour leursalut. Il a toutes les vertus, du courage, la fermeté , la grandeur d'âme , la libéralité, la magnificence ; ce qui fait qu'il n'est touché ni des plaintes du vulgaire , ni de sou estime ou de ses flatteries. Il est tranquille , prudent , modéré , tempérant , riche , parce qu'il ne désire rien et a besoin de peu; juste, bienfaisant, fidèle.

Le huitième livre des Stromates contient les préceptes de dialectique et de métaphysique , pour établir, contre les Pyrrhoniens, qu'il y a des connaissances certaines , et donner les moyens de les acquérir.

Endroits remarquables de Clément d" Alexandrie y touchant le dogme , la morale et la discipline.

Les endroits les plus remarquables de la doctrine de Clément d'Alexandrie , touchant le dogme , la morale et la discipline , sont que les écrivains sacrés des deux Testamens n'ont rien écrit que par l'inspiration

CLE du. Saint-Esprit {Exliort. ad Génies, paj;. 66) ; que la crainte et l'amour font la différence des deux Testamens (lib. i , Slrom, , pag. 409 et 410) ; que la tradition est un autre canal , par lequel la doctrine de Jésus-Clirist nous a été communiquée (ibid. , pag. 822); qu'il y a trois personnes en Dieu , qu'il nomme Trinité, et qui sont Dieu (lib. 5, Strom.y pag. 598); que Jésus- Christ est Dieu; que l'iiomme est libre, et qu'il a besoin du secours de la Grâce pour faire le bien ; que la Grâce ne nécessite point le librc-arl)itre ; que l'effet du sacrement du l'aptème est de nous purifier de nos péchés; que la Confirmation est le sceau du Seigneur, et l'Eucharistie la propre chair du Verbe incarné ; que les secondes noces sont permises; que les chrétiens célébraient les divins mystères pendant la nnit , et qu'ils avaient aussi des heures réglées, pendant le jour, pour prier ; savoir , tierce , scxte et none ; qu'ils se tournaient à l'Orient pour prier , et f[u'ils levaient la tète et les mains au ciel en priant ; qu'ils faisaient même quehjue mouvement des ])ieds en répondant à la conclusion delà prière ; qu'ilsjeùnaient deux fois la semaine, le mercredi et le vendredi; que tous les hommes naissent avec le péché originel. (Lib. 3, Strom., pag. 468.)

Sentences spiriluellesde Clcmcnl (VJh'xatidiie.

Les principales sentences spi-

CLE \\^o^

rituelles de Clément sont : i . La possession des richesses est odieuse , lorsqu'elle excède les besoins et les nécessités de la vie. L'acquisition en est pénible, la conservation difficile et l'usage incommode. {Pedag. , lib. 2, c. 3.)

2. On doit prendre le sommeil comme un relâchement passager du corps , et pour se délasser un peu du travail , en sorte qu'il soit facile de se réveiller. (Ch. 9.)

3. Le but et la fin du mariage doit être de mettre des enfans nu monde, et de les faire devenir bons par une louable éducation ; car l'usage du mariage (jui n'a pour but rjne la volupté est contraire à ses lois, à la juslice et à la raison. (Ch. 10.)

4. La coutume des Lacédémoniens, touchant les ])arures des femmes, est admirable; ils ne permettaient qu'aux seules femmes publiques de porter de l'or et des habits trop ajustés , et interdisatentaux honnêtes femmes le soin de se parer, qu'ils souffraient dans les femmes débauchées. (Ibid.)

5. La justice et la raison sont nos vraies richesses ; on possède toutes choses en possédant Dieu même , qui est un trésor éternel. (Liv. 3, ch.6.)

6. Comme lors([u'oii a tiré l'eau d'un puits qui est plein de sources , elle y revient bientôt aussi abondante qu'elle y était auparavant; de même le fonds de l'aumône, qui est une :ibondante source de béné<lictions, et (jui abreuve ceux qui ont soif, s'augmente et se remplit bientôt

après qu'il s'est épuisé ; et l'on peut aussi les comparer aux mamelles où le lait s'amasse d'autant plus abondamment qu'on l'en tire davantage. (Ch. 7.}

-j. C'est une chose admirable qu'une femme qui s'occupe à garder et gouverner sa maison , qui est la joie de toute sa famille ; en sorte que les enfans ne se plaisent qu'en leur mère , le mari dans sa femme , et la femme dans son mari, et tous ensemble en Dieu seul. (Ch. 11.)

8. Soyez persuadé que plus nous recevons de connaissance et de lumière , plus nous sommes en danger de notre salut, si nous n'y travaillons avec plus de soin.

g. Le sacrifice agréable à Dieu est de retrancher de son cœur les affections des choses corporelles et des vices ; et c'est en quoi consiste le véritable culte de Dieu.

(Liv. 5.)

10. L'homme spirituel prie en tout lieu , mais non dans le dessein de faire paraître qu'il prie.

Il priera donc en marchant , en parlant , en se reposant , en lisant , et enfin dans tout ce qu'il fait avec délibération ; et quand même il ne ferait que penser à Dieu au fond de son à me , et invoquer le Père dans le secret de son cœur par des gémissemens ineffables , il doit s'assurer que Dieu est ])rèt de l'exaucer avant cju'il ait nclievé sa prière.

Les œuvres de Clément d'Alexandrie se trouvent dans la Bibliothèque des Pères. Elles ont aussi été imprimées en grec à Florence , l'an 1 55o , par les

CLE soins de Petrus Yictorius, et traduites par Gentien Uervet, dont la traduction a été imprimée à Florence par le même en i55i.

Elles ont encore été imprimées depuis à Paris en i566, i5';2 , 1 590 , 1 592 ; à Baie , 1 566 ; à Amsterdam , 161 3. Il y en a eu plusieurs autres éditions , dont la plus belle et la plus correcte est celle de Paris, 1629. Nous avons en français le Pédagogue et le traité quel riche sera sau- K>é ? avec les opuscules de plusieurs Pères grecs , à Paris, chez Pralard , en 1696 , in-S". M. Cousin , président en la cour des monnaies , a donné aussi en français l'exhortation aux Gentils, in-i2, à Paris, i684-

De tous les écrits des anciens , il n'y en a point où l'on trouve plus d'érudition que dans ceux de Clément d'Alexandrie. Ils sont pleins de passages des auteurs sacrés et profanes , et il y développe ce qu'il y a de plus mystérieux dans les lettres saintes , et de plus curieux dans les sciences humaines. Aussi Ta-t-on regardé comme le plus excellent maître de la philosophie chrétienne , comme le plus savant de tous les auteurs ecclésiastiques, et comme un homme sacré qui a surpassé tout le monde par la multitude et la sublimité de ses connaissances. On ne peut en effet rien de plus profond ni de plus élégant que son exhortation aux Gentils. Le Pédagogue est un excellent abrégé de la morale chrétienne , et Photius dit de ces deux ouvrages , que le style en

CLE est fleui'i et élevé , mais accompagné de beaucoup de modération et de douceur. LesStromates sont travaillés avec moins d'art, et le style en est plus négligé , presque toujours sans ordre et sans suite. Clément ne s'éloigne pas de la doctrine de l'Église dans celui des Hypotiposes ou Instituts, dont Eusèbe ne nous a conservé que quelques fragmens; il enseigne, au rapport dePhotius, beaucoup d'erreurs non-seulement contraires à la doctrine de l'Église, mais encore à celle qu'il établit dans ses autres ouvrages. Aussi les attribue-t-on à quelque hérétique de la secte des gnostiques, cspcce de demi-chrétiens qui faisaient un mélange impur de la pliilosophie de Platon et de la religion chrétienne , et qui corrompaient souvent les ouvrages des écrivains accrédités, pour y fourrer leurs erreurs. (Eusèl>e, lili. i, ch.2;lib. 2, cil. 1,9, i5; lib. 6, ch. i4.Photius. Baron. Possevin. Dupin, troisième siècle, toin. i, pag. 18. Richard Simon, Critique de Dupin , tom. i , pag. 18.

Baillet, Vies des Saints , t. 3, 4 décembre. Dom Ceillier, Hist.

des Auteurs sacres et ecclésiast. , tom. 9., pag. 244 ^^ ^^^ suiv.)

CLÉMENT (saint), évèque d'Ancyre et martyr. Les Grecs en font la fête le 23 de janvier, comme de l'un des plus célèbres martyrs de l'Église. Mais ses Actes que Bollandus nous a donnés en latin sont supposés, et Baronius les a regardés comme un pur roman. Ils renferment beau-

coup de faits absolument contraires à la vérité de l'histoire publique des temps auxquels on suppose qu'il a vécu. C'est un enchaînement de prodiges extraordinaires et de supphces affreux , et soufferts avec une patience plus qu'humaine pendant vingt-huit ans , de provinces en provinces , dont cependant il n'est fait aucune mention ni dans les Historiens, ni dans les saints Pères de l'Église , qui ont parlé de beaucoup d'autres saints martyrs moins célèbres.

(Baillet, 23 janvier.)

CLÉMENT , martyr , 'J'iius Flai'ius Clemens , était neveu de l'empereur Vespasien , et fils de Flavius Sa bi ni us, son frère unique. 11 épousa Flavie Domitille , nièce de l'empereur Domitien , dont il eut deux enfajis que Domitien destinait pour lui succéder à l'empire. Clément fut fait consul l'an 95; et comme il était chrétien , il fut accusé d athéismc ou d'impiété , comme parle Dion , auteur païen , qui ajoute (pie ce crime en fit condamner alors beaucoup d'autres encore qui avaient embrassé les mœurs de juifs. Les païens ne distinguaient point le christianisme du judaïsme dans ce temps-là; et c'était être athée dans leurs esprits de ne pas reconnaître leurs dieux, et impies de ne point participer à leur idolâtrie et à leurs superstitions.

Domitien fit donc mourir Clément au sortir de son consulat, vers le mois de juillet ou celui d'août de l'an 95. Suétone dit

que ce fut un soupçon tiès-k'^^er, sans s'expliquer davantage. Mais on n'en sait point d'autre raison que celle de la religion. (Baronius. Pearson, dans ses OEuvres posthumes , publiées par M. Dotwel. Tilleniout , Mcm. ecclés. , tom. 2.)

CLÉ3IENT, dit l'Écossais, parce qu'il était d'Ecosse, vivait dans le huitième siècle eu Allemagne. Il fut condamné dans un concile tenu à Lestines ou Lcptine ou Liptain , l'an 'j43 [Conc.

Liptinense) , et dans un autre tenu cà Rome l'an 74^, pour plusieurs erreurs. Il disait c{ue Jésus-Christ , descendant aux enfers , avait délivré tous ceux qui y étaient retenus, fidèles et infidèles, chrétiens et idolâtres. Il introduisait le judaïsme , en permettant aux chrétiens d'épouser la veuve de leur frère. Il méprisait les Pères et les lois de l'Église , en soutenant c[ue malgré ces lois il pouvait être évèque , quoiqu'il eût eu deux enfans adultérins. Ce fut saint Boniface, archevêque de Mayence et légat du Saint-Siège , qui le fit condamner et qui le déféra au pape Zacharic. ( T^oyez l'Epître neuvième de ce pape ; et Baronius, à l'an 74^ ^* 74^)

CLÉ^IENT , prêtre anglais , chanoine régulier de Saint-Augustin vers l'an 11 70, composa des commentaires sur l'Ecriture ; une concordance des Évangélistes , et quehjues ouvrages d'astronomie. (Pitscus, de Script.

Angl.)

CLÉMENT(Jean), Anglais, fut

CLE précepteur des enfans de Thomas Morus , chancelier d'Angleterre. Il composa des poésies , et traduisit , du grec en latin , les Épîtrcs de saint Grégoire de Nazianze , des homélies de Nicéphore Calixte , etc. (Pitseus , ib.)

CLÉMENT (Claude) , jésuite , natif d'Ornans-sur-la-Louve , dans la Franche-Comté , entra dans la société en 16 12. On l'envoya en Espagne , où il enseigna avec réputation. Il mourut en 1642 , et laissa, 1° quatre livres de la manière de dresser une bibliothèque générale et particulière , avec une description de la bibliothèque de l'Escurial , et une exhortation à l'étude et à la lecture des livres , à Lyon , i635, ir.-4°. 2° Oralio de inajestate Ecclesiœ Lugdwieiisis.

3° Vita démentis IV. (xUegambe , Bihl. societ. Jesu. Le père Colonia cite encore d'autres ouvrages de ce jésuite , dans son Histoire littéraire de Lyon , t. 2 , pag. 33o.)

CLÉISIENT (Laurent) bénédictin de la congrégation de Saint- Vannes , natif d'Ornans, fit profession à Saint-Vincent de Besançon le 11 juin i632 , et mourut à Prague en Bohème , dans l'abbaye de Montferrat , le 2 mars 1670. Il composa en latin la vie de sainte Gertrude , abbesse d'Elpidie , et la mit à la tète d'une édition des insinuations de cette Sainte , qu'il fil imprimer in-i2, à Saltzbourg .

en 1662. (Dom Calmct , Dibl.

lorr. )

CLÉxMENT (Nicolas), né à

CLE Toul , eut lc\ première place de garde de la bibliothèque du Roi, et mourut à Paris en 1712, selon Moréri , ou le 16 juin 1 - 16 , âgé de soixante-quatre ou soixante-cinq ans , selon dom Calmet. On a de lui l'ouvrage intitulé, Défense de V antiquité de la ville et du siège épiscopal de Touly contre la préface du livre intitulé : Système historique des évéques de Toul, etc. , ])ar l'abbé Riguet, grand-prévut de l'église de Saint-Dié. M. Clément a pris dans sa défense le nom du sieur d'Antimon. Il prétend montrer dans cet ouvrage que Toul a toujours été le siège épiscopal des Leucjuois , contre l'abbé Riguet et l'abbé Hugo , qui croient qu'il avait d'abord été à Grau. Quelques uns attribuent à M. Clément l'arrangement de la bibliothèque de M. Le Tellier , archevêque de Reims, imprimée en 1698 , sous le titre de Bibliotheca l'elleriana, et qui a servi de modèle à la plupart de celles qui ont paru jus(|u'ici ; mais c'est Antoine Faure , docteur de Sorbonne , et vicaire- général de M. Le Tellier, t|ui est le principal auteur de cette bibliotiièque. M. Clément y mit U dernière main ; il avait un talent particulier pour ces sortes d'ouvrages , qu'il a porté à sa perfection dans les catalogues de la bibliothèque du Roi ; il a travaillé à l'arranger et à l'augmenter avec une application infatigable. On peut voir l'éloge de M. Clément par dom Bernard

de Mautlaucon , à la tète des Hexaples d'Origène. Dom Calmet , BiùL lorr.)

CLÉMENT ( Denis - Xavier ) , aumônier du roi de Pologne, duc de Lorraine et de Bar, prédicateur du Roi, doyen de l'église collégiale de Ligny , de l'académie de Nancy , né à Dijon le 6 octobre 1706. Nous avons de lui, 1° Entretiens de l'àme avec Dieu , tirés des paroles de saint Augustin, 1740 , in- 16. 2° Oraison funèbre de la reine de Sardaigne, 1741, in-12. 3° Sermon sur la dédicace de l'église des Petits-Pères , 1 74 1 , in-i ?.. 4° Sermon sur la consécration de la paroisse de Saint-Sulpice, 17 [6, in-12. 5° Discours sur la Politique, 1746, in-12. 6*^ Oraison funèbre de la reine de Pologne, 1747, in-4''. 7° Maximes pour se conduire chrétiennement dans le monde, 1748 et 17O2, in-12.

8" Panégyrique de la bienheureuse mère Jeanne-Françoise Frémiot de Chantai, fondatrice de l'Ordre de la Visitation, 17^2, in- 18°. 9° Pratique de Dévotion en l'honneur de saint .îean Néponmcène, in-i8. 10" Panégyrique dubienheureuxAlexanilreSauli, théatin , 1743 , in-12. I r Exercices de l'àme pour se disposer aux sacremens de Pénitence et d'Eucharistie , 1771 , in-12.

1 7." Élévation de l'àme Dieu , ou prières tirées de la sainte Écriture , pour toutes les différentes situations de la vie, 1754, i«i-i8- 1 3° Sermon pour la fèteï^érulairc de l'établissementde l'institut de l'adoration perpétuelle du Saint-

Sacrement. M. l'abbé Clément a encore donné d'autres Sermons, dont on peut voir les extraits dans le Journal chrétien. {Voy.

aussi le Dictionnaire des Prédicateurs, au mot Clément.)

CLÉ]N[ENT de Metz , sanctus Clemens Melensis , abbaye de l'Ordre de Saint-Benoît, de la congrégation de Saint-Vannes, situé anciennement hors les murs de la ville de Metz en Lorraine. La tradition porte que ce ne fut d'abord qu'une simple chapelle, que saint Clément, premier évèque de Metz et l'apôtre du pays, fit bâtir sous l'invocation de saint Pierre. Elle devint dans la suite si célèbre , que les premiers évêques de Metz la choisirent pour le lieu de leur sépulture. Urbicius , évèque de Metz , l'agrandit considérablement , et lui donna le nom de Saint-Félix de Noie , elle porta aussi celui de Saint- Clément. Cette église a été desservie par des chanoines séculiers jusque vers l'année g38 qu'Adalbéron , premier évêque de Metz , y fit venir des religieux bénédictins du monastère de Luxeuil. L'abbaye de Saint-Clément était située autrefois à cinq cents pas de la ville ; mais le duc de Guise, la croyant nuisible à la défense de la place , la fit raser en i522. Elle fut superbement bâtie dans la ville près de Saint -Vincent , dont elle n'était séparée que par les jardins. ( Ga/lin christ, ^iom. 3 , vet.édit. )

CLEMENTIANUS (Honorius).

Voyez Vi:\A\cr. (Forlunatus.)

CLE CLÉMENTIN. Les Augustins appellent Clémentin , un religieux qui vit particulier après neuf ans de supériorité, parce qu'un des papes appelés Clément défendit , par une bulle , qu'un religieux Augustin fût supérieur plus de neuf ans de suite.

CLÉMEiSTlNES , clementinœ.

C'est la partie du Droit canon qui renferme les décrétales du pape Clément v et les canons du concile de Vienne , publiée par l'autorité de Jean xxii en 1317.

On appelle aussi Clémentines, un recueil de pièces anciennes attribuées faussement à saint Clément i«% pape. Il est rempli de pièces apocryphes , de fables et d'erreurs. M. Cotelier Ta donné dans son recueil des anciens monumens de l'Église. (Dupin, Biblioth. ecclésiast., trois premiers siècles. )

CLÉOBIENS, Cleobiani,\iérétiques de l'Église naissante de Jérusalem , qui eurent pour chef un certain Cléobe ou Cléobule , disciple d'un nommé Thébutes , et compagnon de Simon , chef des Simoniens. Les Cléobiens niaient l'autorité des prophètes , la toute-puissance de Dieu, et la résurrection ; ils attribuaient la création du monde aux anges, et prétendaient que Jésus-Christ n'était pas né d'une vierge.

( Const. apost.y liv. 6, chap. 8, prœf. Ilégésippe , dans Eusèbe , Hist. ecclésiast., liv. 4 » c^^- 22.

Théodorct, Hœret.fabul., 1. 2.

Nicéphore , Histoire ecclésiast , lib. 4 , cap. 7.)

CLÉONIQUE (saint), martyr et compapjiion de saint Basilisque le Soldat , qui souffrit à Comaiies dans la province de Pont, fut pendu à un gibet, après plusieurs tourmens, l'an 3o6.( Voy.

Tasilisqur. )

CLEO PAT RE. L'Écriture parle de plusieurs princesses de ce nom. La première est la fille «rAntiocIms-le-Grand , et épouse de Ptolcniée Epiphanes, roi d'l> (5ypte.(Z>/7;j., 1 1, 17.) La seconde est la fille de cette première , qui épousa Ptolémée Philométor, son propre frère. 11 en est parlé dans le premier verset du chapitre i i du livre d'Estlier. La troisième est la fille de la précédente, (jui épousa premièrement Alexandre Pallès , roi de Syrie , et ensuite Démétrius Nicanor, aussi roi de Syrie. La quatrième est la sœur et femme de Ptolémée Pliyscon. Elle fit alliance avec Alexandre Jannée , roi des juifs.

CLÉOPATRIS, ville épiscopale de la première Egypte , sous le patriarche d'Alexandrie, fut appelée Arsinoé,du nom de la sœur et de la femme du roi Ptolémée Philadelphe , qui la fit bâtir. Pline la dit éloignée de Pelouse de cent vingt-cinq milh' pas. Elle est nommée Cléopatris dans les Notices, et on l'appelle aujourd'hui Scrshie ou Scrsia.

On ne sait pourquoi, étant près de la mer Rouge, elle est censée de la première Egypte. Voici s^s évéques :

1. Isaac , Mélétien , se joignit aux Eusébiens contre saint Atha-

nase. Iscliyras dit, dans un libelle qu'il donna à ce Saint, qu'il fut frappé, lui et ses compagnons, j)ar Isaac de Cléopatris, pour parler mal de lui.

2. Opbelle, ordonné par Théophile d'Alexandrie , comme il le dit lui-même , honiil. Pnscli., 3.

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