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tion des cloclies, telles que nous les avons aujourd'hui. On croit communément que c'est saint Paulin , évèque de Noie , qui inventa les cloches, ou du moins qui les introduisit le premier dans Son église. Mais ce sentiment n'est point du tout probable, puisque ce saint évèque n'en dit pas un seul mot dans l'exacte description qu'il a faite de son église à Sulpice-Sévère, quoiqu'il n'y omette rien des choses mêmes les plus communes , et que le nom de cloche a été inconnu presque dans les deux siècles postérieurs à celui de saint Paulin.
L'on cite la règle de saint Jérôme, où il est parlé d'une cloche pour assembler les moines ; mais cette règle n'est pas de saint Jérôme , elle est d'un auteur qui a vécu fort long-temps après lui.
La règle de saint Benoît parle du signal de l'office , signum dwini officii; mais elle ne dit pas que ce signal fût une cloche. Bède , qui a vécu dans le septième et le huitième siècle , est le premier auteur qui parle des cloches , et qui leur donne le nom de campana. (Bède , Hist., 1, 4 , c. 23. ) Il y a donc apparence que ce fut à la fin du septième siècle que l'on commença à fondre de grandes cloches qu'on appela campanœ, pour les distinguer des sonnettes dont on se servait auparavant , ou tout au plus au commencement du même siècle , selon l'opinion de ceux qui en attribuent le premier usage au pape Sabinien , qui succéda à ^aint Grégoirc-le-Grand en 604.
Les cloches servent à appeler les fidèlesà l'église pour la messe, les heures canoniales , le sermon , etc., à sonner pour les morts et les mourans , pour l'élévation du Saint-Sacrement , et quand on le porte aux malades ; Y^owvV Angélus, le matin, à midi et le soir. Jusqu'à l'empereur Constantin , il n'y avait point de signal pour convoquer les fidèles, c'était l'évèque ou le diacre qui les avertissait du temps et du lieu de l'assemblée. Depuis cet Empereur on s'est servi de diflérens instrumens , comme trompettes , cornes , chaudières de cuivre et d'airain , planches de bois, cresselles . etc. (Bocquillot, Liturg. sacr., pag. 364-)
De la bénëdiclion des Cloches.
Baron ius , les auteurs des cérémonies religieuses et M. de La Combe disent que la coutume de bénir les cloches fut introduite sous le pontificat du pape Jean xm , soit parce que ce pape bénit le premier les cloches , en donnant son nom à celle de Saint- Jean-de-Latran en 960 , comme l'assure Baronius, soit parce que l'empereur Othon , après sou couronnement, donna lui-même son nom à la grosse cloche de Saint- Jean-de- La tran, comme le dit M. de La Combe. Mais il est certain que cet usage est beaucoup plus ancien , puisqu'on trouve la formule de cette bénédiction dans des rituels antérieurs d'un siècle à Jean xm , avec ce titre , ad signum Ecclesiœ bcncdiccnduin ; et que Char*
CLO lemagne , dans son capllulaire de 789, ch, 18, défend de baptiser les cloclies : ut clocns non baptisent. (Ménard, Notes sur le Sacrement, pajq;. 207. Le cardinal Bona , Liturg., lib. i, c. 22.
Boc({\x\\\oiJJtiirg.sacr.,'ç.Z']0.) C'est l'évcque qui fait ordinairement la bénédiction des cloches en celte manière, 1 " étant revêtu d'un pluvial blanc, et arrivé avec le clergé près de la cloche, il s'assied dans le fauteuil qui lui est préparé, instruit le peuple sur la sainteté de l'action qu'il va faire, se lève ensuite pour chanter avec le chœur les psaumes marqués dans le rituel.
2". Il exorcise et bénit le sel et l'eau qu'il mêle ensemble , en faisant trois signes de croix , prend l'aspersoir, le trempe dans l'eau bénite , lave la cloche dedans et dehors, aidé par ses ministres.
3«>. 11 forme la figure de la croix sur le milieu de la cloche en dehors avec l'huile des infirmes. Il forme ensuite sept autres croix avec les mêmes huiles sur l'extérieur de la cloche ; il en fait quatre avec le saintcliréme en dedans , et à égale distance , consacre la cloche au nom de la sainte Trinité , et nomme un Saint sous l'invocation duquel la cloche est bénie, pour distinguer chaque cloche par le nom du Saint qui lui est donné ; c'est ce qui a fait en particulier nommer cette cérémonie baptême; expression impropre et populaire , le terme de
baptême étant déterminé par l'usage de l'Église , à ne signifier que le sacrement de la régénération.
4°. On met de l'encens, de la myrrhe et de la pastille dans un encensoir sous la cloche , afin qu'elle en soit parfumée. On chante l'Évangile ; le célébrant se tourne vers la cloche , fait sur elle le signe de la croix, et termine ainsi la cérémonie. {Calcchisme de Montpellier, p. 644-)
Des effets de la bénédiction des Cloches.
Leseflets de la bénédiction des cloches consistent à leur donner la force de g.iranlir des embûches du démon , d'éloigner les spectres, de dissi})er les orages, de toucher le cœur des fidèles et d'y exciter la dévotion par la vertu de l'Esprit - Saint , etc.
( Voyez les Rituels.)
De V application allégorique de ces cérémonies aux Pasteurs.
Les cloches sont l'image des pasteurs qui ont succédé aux apôtres, dont il est dit que le son de leur voix s'est fait fntendre par toute la terre. [Rom., 10, 18.) Cela posé, voici l'application allégorique des cérémonies de la bénédiction des cloches à la personne des pasteurs.
1°. On lave la cloche en dedans et en dehors. Avant que d'être élevé à la dignité de pasteur de l'église, il faut être entièrement lavé de ses péchés.
2°. On fait sept onctions avec l'huile des infirmes sur h» cloche
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en dehors : ce qui peut signifier les sept dons du Saint-Esprit figuré par l'huile sainte; dons que les pasteurs doivent avoir reçus pour les communiquer aux autres. On fait ensuite quatre onctions au-dedans de la cloche avec le saint-chrême. Cela peut marquer la force et l'étendue de la charité dont les pasteurs doivent être tous pénétrés , pour faire entendre leur voix aux quatre coins de la terre , s'il le faut , et produire tous les autres effets figurés par ceux de la clo-
3°. On fait brûler des parfums sous la cloche après les onctions.
Cela marque que les pasteurs qui ont reçu l'onction sainte doivent porter dans leur cœur les mières des fidèles figurées par les parfums , pour les présenter à Dieu.
4°. On chante l'Evangile où il est dit que Marie écoutait la parole de Dieu aux pieds de Jésus- Christ. Ce qui peut faire entendre qu'une des principales fonctions des pasteurs est d'assembler les peuples à l'église pour y écouter la parole de Dieu , et qu'ils doivent l'écouter eux-mêmes , la méditer, s'en nourrir aux pieds des autels, pour la dispenser aux autres. (Le Catéchisme de Montpellier, pag. 645. Vojez aussi Durand , de Ritibus , et tous les Rituels.)
De ceux qui doivent sonner les cloches.
Anciennement , la fonction de sonner les cloches ap|>ort«.Miait
CLO aux prêtres, à l'imitation des enfans d'Aaron , auxquels Dieu avait commandé dans l'ancienne loi de sonner de la trompette pour assembler le peuple hébreu.
Saint Benoît veut que ce soit l'abbé ou un autre religieux exact , commis par lui , qui ait soin d'assembler la communauté à l'église. ( Saint Benoît , Regl. , ch. 47.) Charlemagne , dans ses capitulaires , ordonne que ce soient des prêtres qui sonnent les cloches pour les heures canoniales. ( Carol. Mag. , liv. 6 , ch. 168.) L'Ordre romain, les anciens Rituels, le quatrième concile de Carthage ne font point mention de clociies et ne parlent que de clefs , quand il s'agit de la matière de l'ordredes portiers, parce que ce n'était point à eux à sonner les cloches. Encore aujourd'hui ,. chez les chartreux , tous les prêtres sonnent la cloche alternativement. Il serait à souhaiter , comme une chose trèsconforme à l'esprit de l'Église , que ce fussent des clercs revêtus de surplis qui sonnassent les cloches, ainsi que cela se pratique à Notre-Dame de Paris. Dans les lieux où la chose est impraticable , on devrait du moins empêcher les irrévérences qui se commettent trop souvent h. ce sujet par les jeunes gens sans piété à qui on laisse le soin de sonner.
On doit aussi à plus forte raiso'.i ne jamais souffrir que des filles ou femmes se mêlent de cette fonction , ce qui arrive cependant , et ce qui est un très-grand désordre. ( Voyez le cardinal
CLO Bona , Lilwf^. , lib. i, cli. 11 , j). 263. Le Catcclii sine de Montpellier, pag. 646. Du Cange, au mot Campava , et le recueil curieux et édifiant sur les cloches de l'Eglise, avec les cérémonies de leur bénédiction , à l'occasion de celle qui fut faite à Paris le 3 juin 1756, à l'abbaye de Pantliemon , en présence et au nom de monseigneur le Daupliin et madame Adélaïde de France , et le mardi i4 septembre suivant , à l'Abbaye-aux-Bois, en présence et aux noms de monseigneur le prince de Condé et de madame la princesse son épouse , à Pologne , lyS; , in- 1 ?..
Des abus qiiil faut es'iter dans V usage des cloches.
1°. Il faut éviter de faire quelque superstition quand on fond le métal des cloches.
?,". De les sonner pour (Us usiiges profanes.
3". De les sonner sans aucune règle , et contre les statuts des évèques , quand il y a (piclf[ue mort.
4". Ne point carillonner sur elles des airs profanes , c'est-àdire des airs déterminés par l'usage à être chantés avec des paroles profanes.
5". Éviter une superstition qui règne dans certains pays, à ce que dit M. Thiers, et qui consiste à lier la cloche avec la ceinture d'une femme prête à accoucher, et de la faire sonner trois coups , afin que cette femme accouche heureusement. ( Traite
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des Supers ti t. , toni. i, liv. 5, ch. 4.)
Du nombre des cloches.
Il n'y eut d'abord qu'une seule cloche dans une église; ensuite on en eut plusieurs pour marquer la différence des otlices et des fêtes.
Cet usage ne fut pas sans contradiction de la part du clergé , par rapport aux religieux mendians.
Le pape Jean xxii , à l'instance du clergé, leur défendit d'avoir plus d'une cloche en chaque couvent pour les divins olhces, sans permission expresse du Saint- Siège , dans les lieux où l'on n'avaitpoint voulu soulfrir qu'ils en eussent ])lusieurs. {E.rtnn'. , liv. I, tit. 4> ch. un. de ojficio Custod. Bocquillot, Liturg. sac. , pag. 372.)
CLOCHER , se prend ou pour une paroisse, ou pour une é{jlise, ou pour un bâtiment élevé (pii fait partie d'une église , dans lequel on suspend les cloches , œris car7if)ani turris , turris cawjxinaria. Quand le clocher est bàli sur le chœur de ré{}lise , il doit être entretenu et réparé par les décimateurs , mais non pas les cloches. L'entretien des cloches, de la charpente qui les soutient, et des cordes qui servent à la sonnerie, est de droit commuii à la charge des fabri(jues et des habitans, et non pas des gros décimateurs. Il y a sur cela un arrêt du 3 mars 1690, ])our la paroisscd'Azay. L'émolument lie la sonnerie , dans les paroisses , a])partient de droit < ommun à la fabrique ; riiai«î il f^'»t s'en
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tenir aux usages. ( La Combe et Denisart , au mot Cloches.) Le fondeur qui a fourni le métal des cloches , dont il n'est pas payé , peut les faire vendre , même après qu'elles sont bénites.
(Arrêt du 27 février i6o3. Charondas, liv. i3, rép. 7.)
CLOGHER , ville épiscopale d'Irlande dans le comté de Tirone , à huit lieues de la ville d'Armach , dont son évèché est suffragant. Les auteurs latins la nomment Cloceria, ClogeriatX Clogaria. Elle est située sur une petite colline, au pied de laquelle passe la rivière de Blakwater. On prétend que saint Patrice en a été le premier évêque. Jacques Warreus nous a donné la liste des é\êques qui y ont siégé.
Leurs noms barbares , la plupart sans date , nous empêchent de les rappeler ici. Il y en a quarante - trois jusqu'à celui qui suit :
44- Chrétien 0-Morgair , frère de saint Malachie , mort en II 39.
45. Édan 0-Kelley , siégea quarante-deux ans , et mourut en II 82.
46. Melissa 0-Carroll , transféré à Armach , mourut allant à Rome en 11 84.