‹ Bibliothèque sacrée (volume 3)Chapitre 2 sur 473 · DES SCIENCES ECCLÉSIASTIQUES · texte numérisé non relu

DES SCIENCES ECCLÉSIASTIQUES

CATALOGUE

DES ÉVÊCHÉS DE FRANCE

La nomenclature des prélats qui en ont occupé les sièges , et l'analyse des canons décrétés dans les conciles qui s'y sont tenus.

AGDE, AGATHA, est une de ces anciennes villes que les Marseillais bâtirent autrefois dans le pays îles "Volces Tectosages, que nous appelons aujourd'hui le Haut-Languedoc. Elle était sous la métropole de Toulouse et Narbonne; elle est située presque sur la côte de la mer Méditerranée, proche l'embouchure de l'Hérault, à 198 lieues de Paris. Son territoire n'est pas fort étendu, mais il est gras et très-fertile.

On ne sait pas bien qui est celui qui a annoncé le premier l'Evangile à Agde. Le père Le Cointe veut que la religion chrétienne s'y soit établie du temps des Romains; d'autres, supposant que Venustus soit le premier évêque de cette ville, disent que Jésus-Christ y était connu lorsque les Vandales y entrèrent. Nous suivrons la tradition de cette Église, qui porte que ce fut vers le milieu du cinquième siècle.

Les évêques d'Agde avaient le droit de faire battre monnaie, et jouissaient de deux canonicats, dont l'un était pour sa manse particulière, et l'autre pour le chapitre. Ils portaient le titre de comtes , dont ils étaient, dit-on, en possession depuis que saint Louis, ayant fait la paix avec Raimond, comte de Toulouse, la plus grande partie de la Septimanie fut réunie au royaume de Fiance. Le pape Innocent III leur avait encore accordé un privilège assez singulier, c'est qu'ils ne pussent être excommuniés que par le saint-siége. Ils avaient droit de siéger aux états de la province.

L'église cathédrale est dédiée à saint Etienne; il parait qu'elle est aussi sous la protection de saint André, dont elle a des reliques, au rapport de Grégoire de Tours. Le chapitre était composé de douze chanoines, dont l'archidiacre, le sacristain,

le grand chantre et le camérier étaient dignitaires.

Le diocèse d'Agde était de trèspeu d'étendue ; on n'y comptait que vingt paroisses : il y avait dans la ville plusieurs sortes de religieux, cordeliers, capucins, des religieuses de Notre-Dame et un séminaire gouverné par les prêtres de l'Oratoire.

Le revenu de l'évêque était de

3o,ooo liv. Sa taxe en cour de Rome

était de i,5oo florins.

Evêques d'jigde.

Page 1