Michel Stéph.ini, Âriàgonais
chanoine de l'île de Majorque, fut l'ait archevêque d'Embrun par Clément VII (antipape), vers l'an 1 '70.
Ii ôbftVu de l'empereur Sigismorid lia confirmation des privilèges de son église en i4i5. Il mourut vers l'an 14 27, étant fort âgé. C'était un homme simple et sans malice; mais on ne peut s'empêcher de le blâmer d'avoir souffert que ses parens pillassent les revenus Oe son é»lise.
61. Jacques III Gelu, était d'I\oy, petite ville du duché Je Luxembourg, homme savant en tout genre, qui sut par degré s élever jusqu'aux premières dignités de l'Eglise. D'abord maître des requêtes de Louis, duc d'Orléans , qui fut tué à Paris par la faction des Bourguignons, évèque de Grenoble, et, outre cela, chanoine d'Embrun, puis archevêque de Tours en 141+, .'un des légats qui furent envovés par le concile «le Constance à Benoit XIII, dit Pierre de Lune, pour le porter à abdiquer, il eut luimême grand nombre de voix dans l'élection ne Martin V, fut enfin postulé pour évèque par le chapitre u'Embrun 1^111427, et fut confirmé par le pape. Il -. isita plusieurs fois son diocèse , prêchait au peuple, et fit beaucoup de bien à son église. Il mourut le 7 septembre 14.32.
62. Jean II Gérard , d'une famille distinguée d'Embrun, président au parlement de Grenoble, commandant pour le roi de la province de Dauphiné , même chanoine d'Embrun , lut élu par le chapitre pour succéder à Jacques en 14D2. Il parait qu'il ne fut confirmé qu'en 14^7, par le pape Eugène oit par le concile de Bâle. Il fut transféré à Vienne en 14++.
63. Jean III, qu'on prétend avoir été transféré de Béziers en 141.4, lut envoyé par Louis, dauphin, lils de Charles VU, roi de France, vers Amédée , duc de Savoie, en l44$> pour exécuter les conditions de la paix entre les ro's de France et les couit Savoie. Il alla aussi à Genève en 144.7, I,our l'abdication de Félix \.
On ne sait point l'année de sa mort
6 |. Jeàri IV Baile ou Bajuli, fils du
DES ÉYÊCF.ÉS.DE FRANCE
premier président de Grenoble, et chanoine d'Embrun, fut pourvu tout jeune de l'ai chevêche d'Embrun par la faveur du cardinal d'Estouteville.
On a supposé que ce cardinal n'avait pas employé gratuitement son crédit. Quoiqu'il en soit, Jean eut un compétiteur dans la personne de Jacques Caulers , nommé à la même dignité par une bulle du pape pour cette raison , et parce que Louis XI n'était pas ami de son père. Jean se sépara pendant quelque temps de son clergé, et alla tantôt k Rome, tantôt à Avignon. Enfin il monta sur son siège le 1er mars i4/4> et sut se ren~ dre agréable à tout le monde. Il acheva dfi purger son diocèse des \ audois qui s'y étaient assemblés en grand nombre. Ii mourut au mois de septembre i494-
65. Rostagne, du comtat d'Avignon, de l'illustre famille des seigneurs de Caderousse, après avoir été prévôt d'Orange , et ensuite évèque de Fiéjus, monta sur le siège d'Embrun en 1 4«^4 ' Charles MIT le fit son ambassadeur à Rome, où il mourut en i5io.
66. Jules de Médicis , Florentin , cousin-aermain du pape Léon X, fils de Julien, qui fut tué dans la conjuration des Pazzi , et qui laissa sa femme enceinte de Jules. Son inclination tut d'abord pour la guerre.
Il prit parti dans l'Ordre militaire de Saint-Jean de Jérusalem, et fut prieur de Capoue. Jules II le nomma à l'archevêché d'Embrum en i5io; il passa depuis à l'archevêché de Floience en i5i3, et peu après il fut lait cardinal et vice-chancelier de l'Église romaine, et parvint enfin au souverain pontificat en i523, sous le nom de Clément VIL II mourut après le a5 septembre i5"î4> et fut inhumé dans l'église de la Minerve à côté de Léon X.
(Voyez Onuphr. Ciacon. Guicciard.
Spond. 1. 3, Annal.)
67. Nicolas de Fiesquc, cardinal de Gênes, de l'illustre et ancienne maison des comtes de Fiesque et de Lavagna en Ligurie, administrateur des évèchés de r-réjus, d'Agde et de Toulon, le fut aussi d'Embrun par la ces-
sion de Jules, cardinal de Médias, en
i5i 1. C'était un prélat d'une vie exemplaire et zélé défenseur des droits ecclésiastiques. Alexandre \ I le fit cardinal ; Léon X lui lionna l'administration de l'archevêché de Ravenne en 1016 ; il fut élu en i5i8 évèque d'Albano, ensuite de Sabine, puis de Porto, et enfin d'Ostie en 1524. 11 mourut la même année le 18 juillet, et fut inhumé dans l'église de Sainte- Marie-du -Peuple.
68. Claude d'Arces, île Grenoble, abbé de Saiute-Marie de Boseaudun, fut élu par le chapitre en i5i 1, et disputa long-temps, mais inutilement, avec Nicolas de Fiesque, son compétiteur dans cette dignité. Il appela à l'archevêque de Vienne, que Nicolas nevoulut point reconnaître pour juae; d'ailleurs le roi Louis XII voulut que celui-ci eût la préférence. Claude fut obligé de se désister, et alla finir ses jours dans son abbaye , où il mourut en i5io.
69. François de Tournon, chanoine d'Avignon, et abbé général de Saint- Antoine de Vienne, fut élevé sur le siège d'Embrun en 1517. Il gouverna neuf ans, et passa successivement aux archevêchés de Bourges, d'Auch et de Lypn ; il devint doyen îles cardinaux, et abbé de la Chaise-Dieu en Auvergne.
70. Antoine de Lévy eut pour père Jacques, bai on de Chàteau-Moraud, et Louise de Tournon, sœur de François, cardinal. Il fut premièrement chanoine et comte de Lyon, ensuite évèque de Saint-Paul-trois-Chàteaux, enfin administrateur d'Embrun; étant trop jeune pour gouverner par luj même, il eut pour vicaire-général l'évrquedeRose.il permuta cette dignité pour l'évêché de Saint-Flour avec Balthasar qui suit. On met sa mort en i566-
71. Balthasar de Gérente, avait été évèque de Veuce et de Fréjus avant de l'être d'Embrun, en i54j.. C'est à sa libéralité que cette église est redevable d'un magnifique vestibule de marbre, qu'il entreprit, et que sa mort ne lui permit pas d'achever; car il
CATALOGUE
iinit ses jours, ou au moins il fit son testament, par lequel il voulut être inhumé dans sa cathédrale, en i553.
72. Louis de Laval, fils de Jean île Bois-Dauphin, vicomte de Bresteau, et de Renée de Saint- Mars, prit d'abord le parti des armes, entra ensuite dans l'état ecclésiastique, après la mort de sa femme, Claude de la Jaille , qui ne lui laissa point d'enfans. Henri II le nomma à l'archevêché d'Embrun, en i554- Il mourut n'ayant pas encore pris possession.
73. Robert de Lénoncourt, d'une noble maison de Lorraine, dont nous avons déjà parlé dans les archevêques d'Arles, posséda tout à la fois les évêchés de Chàlons, de Metz, d'Arles, de Toulouse, et enfin d'Embrun, en i554.
74. Guillaume VIII d'Avancou, noble dauphinois, fils de Jean, seigneur de Saint-Marcel, intendant des finances sous Henri II, et son ambassadeur à Rome, était camérierdupape, lorsque Charles IX le nomma au siège n'Enibrun en i56i. Il assista au concile de Trente, au colloque de Poissv, aux états de Blois; il veilla avec us tel soin sur son troupeau que les nouvelles erreurs n'y trouvèrent point d'accès; mais il ne put empêcher que Lesdiguières, un des principaux chefs hérétiques du Dauphiné, ne prit la ville d'Embrun et ne la pillât eu 1579. Il assembla quelque temps après un concile de sa province , dont les actes ne sont point encore imprimés. Il alla à Rome il'où il ne revint qu'après avoir fait la paix avec Henri IV, qui obtint la pourpre pour lui -, mais lorsqu'on lui apportait les nouvelles de cette promotion, il mourut à Grenoble, le dernier des évèques qui avait assisté au concile de Trente, au mois de juillet 1600, âgé de soixante-cinq ans, après avoir siépé quarante ans.
75. Honoré du Laurens d'Arles, frère de Gaspard, archevêque decette ville, et d'André, premier médecin d'Henri IV, épousa une fille de la maison d'Ulm à Aix,quine lui donna qu'une fille. Il fit pendant vingt ans les fonc-
tions d'avocat dans le parlement de cette ville avec une intégrité qui le fit estimer de tout le monde. Henri IV lui donna l'archevêché d'Embrun en 1600, et il se montra dans cette dignité comme un modèle parfait de toutes les vertus apostoliques : plein de zèle pour la gloire de Dieu, pauvre pour lui, riche et libéral envers les misérables, couchant sur la dure et mortifiant son corps par toutes sortes d'austérités. Il visita tout son diocèse à pied-, et après avoir pris sur les revenus de son bénéfice ce qui lui était nécessaire pour vivre, il abandonna tout le reste aux pauvres. Il assembla un concile de sa province à Grasse en 1610, dont les actes ne paraissent plus. Il fit l'oraison funèbre de Marguerite d'Autriche, femme de Philippe III, roi d'Espagne, à Paris, et il mourut de la pierre dans cette ville en 1611; son corps y fut inhumé chez les augustins.
76. Guillaume d'Hugues, né à Pujols, bourg du diocèse de Béziers,eut pour père Michel, seigneur de Villars ou Villaret, entra tout jeune dans l'Ordre de Saint -François, se fit docteur en théologie, et se rendit fort habile dans le ministère apostolique, qu'il exerçapendantdixans à Avignon.
Il fut élu général de son ordre, dont il visita toutes les maisons qui sont en Europe, et pour lequel il fit de très -belles ordonnances. Etant en France, il fut chargé de plusieurs négociations et envoyé en Italie, en Allemagne et en Angleterre. Le roi Louis XIII ne lui marqua pas moins de confiance qu'Henri-le-Grand. Il le nomma archevêque d'Embrun, et il fut ordonné à Rome dans l'église de Saint-Pierre le 16 novembre 1612. Il accompagna en Espagne Elisabeth de France qui allait épouser Philippe IV et en Angleterre, Henriette-Catherine sa sœur, mariée au prince de Galles. Il reçut l'abjuration de Lesdiguières le 2Î juillet 1622. Il fit bâtir un magnifique palais épiscopal en 16 io. 11 introduisit les capucins et les jésuites à Embrun. Enfin il mourut le 27 octobre 1648, et fut inhumé dans
DES ÉVÊCHÉS
la chapelle des évêques dans sa cathédrale.
— . Georges d'AubussondelaFeuillade, fils de François du même nom et d'E.isabeth Brachet de Pérusse, docteur en théologie delà l'acuité de Paris, dont il lut doyen, abbé de Saint-Pierre de Solomnac près de Limoges, administrateur de Saint-Loup de Troyes et de Saint-Jean de Laon, fut choisi rar le clergé de France, assemblé à Paris en i6-j.5 et 1646, pour promoteur i,e ce premier corps de l'Etat, dont ii soutint les intérêts et les privilèges avec le zèle que demande cette dignité. Le roi Louis XIV, attentif à récompenser le méiite partout où il se trouvait, le nomma à l'Evèché de Gap vacant par la translation d'Arthur de Lyon à Embrun ;mais celui-ci ne voulant pas quitter sa première épouse, refusa d'accepter cette dignité, quoique supérieure a celle dont il était revêtu. Le roi alors en pourvut Georges en 1648. Il assista aux assemblées du clergé en i65o et i65i. Il fut envoyé comme ambassadeur en Espagne et à Venise. Le roi lui donna le cordon du Saint-Esprit en 1661, et le transféra à Metz en 1668. Il mourut dans cette dernière ville le 12 mai 1697, àgéde quatre-vingt-huit ans.
78. Charles Brûlait de Genlis, abbé de Joyenval, de l'Ordre de Prémontré, dans le diocèse de Chartres, ensuite de Genlis, du même ordre, dans celui de K oyon , fut nommé par le roi en 1668, pour succéder a Georges.
Il fit de très-belles oidonnancespour ses ecclésiastiques, et fonda sur ses revenus des pensions aux pauvi es paroisses. Il voulut qu'on enseignât la théologie dans son palais jusqu'à ce que le séminaire qu'il taisait construire à ses dépens lût achevé. Il établit aussi un collège pour cet effet chezles dominicains de Barcelonnette, auxquels il donna six mille livres. Il fonda pareillement a ses liais une mission de prêtres de l'Oratoire. Il fit son chapitre et les pauvres ses héritiers, et mourut dans son diocèse le 2 novembre 1714-