Jean V, «l'Armagnac, était fils
naturel «l'Arnaud Guilhem de Lescun, comme Jean , son frère, qu'on appelait communément le bâtard d'Armagnac. Ce fut lui que le chapitre élut en concurrence «le Philippe ci-«lessus. Il fut mis en possession et confirmé en 1462, au mois «le mars.
En i473, le pape Sixte IV, le pourvut «le l'abbaye «le la Case-Dieu, Ordre «le Prémontré, à la sollicitation du
roi Louis XI. Il mourut le 28 août )483.
81 . François Ier, de Savoie, fils de Louis, duc de Savoie, et d'Anne de Chypre, évêque de Genève, abbé des Alpes,de saint André de Verceil,etc, Prévôt «le saint Bernard «le Mondovi, succéda à Jean d'Armagnac en 1483, le ao octobre. Ce fut un prélat trèsméritant, et par la science «lont il était rempli, et par l'accueil qu'il faisait aux gens «le lettres. Blanche «le Monfcrrat, veuve du duc Charles, et tutrice «le son fils Charles-Jean- Amédée, l'appela auprès d'elle pour lui ailler «lans le gouvernement de ses états. Il mourut en i4ço Ie 3 octobre, Ilfutinhumé à Turin dans l'église de Saint-Jean.
89. Jean VI de la Trérnouille, d'une des plus nobles etdes plus anciennes maisons de France, était le plus jeune lils «le Louis de laTrémouille, premier de ce nom , vicomte de Thouars, prince de Talrrfond, si renommé dans lesguerres «l'Italie, sous Charles VIII et Louis XII, et de Marguerite tl'Amboise, sœur «le Françoise, duchesse «le Bretagne. Louis XII lui ht avoir un grand nombre de bénéfices, particulièrement l'archevêché d'Auch en i49°> et l'administration de i'évêché de Poitiers vacant par la mort de Pierre tl'Amboise en i5o5. Jules II le créa l'année suivante, 11 janvier, cardinal-prêtre de Boulogne. Il accompagna leroi Louis à la conquête du Milanais, avec les cardinaux tl'Amboise, son oncle, de Ferrare et de Saint-Sever, et il assista à son entrée triomphante dans la ville de Milan; mais peu de temps après étant allé à Rome pour remercier le pape, il y mourut au mois de juillet en 1507. On croit qu'il fut empoisonné. Son corps fut porté à Thouars en Poitou, où est la sépulture de sa famille.
83. François-Guillaume de Clermout, lils de Tristan, baron de Clermont tle Lotléve, chevalier île l'Ordre de Saint-Michel, et tle Catherine tl'Amboise, sœur du cardinal Georges, archevêque de Rouen, étant ar-
DES ÉVÊCHÊS DE FRANCE
chevêque de Narbonne, fut transféré sur le siège d'Auch, et fait cardinal en 1507. Le roi Louis XII l'envoya vers le pape Jules, pour remettre la ville de Boulogne entre ses mains.
En 1011, il souscrivit à la bulle d'indiction du concile de Latran, qui devait réformer celui de Pise. Léon X Je créa légat d'Avignon en i5i4- Enfin après avoir rempli tous les devoirs «l'un digne évèque, et soutenu avec vigueur tous les droits de son église, il mourut en 1540, ayant cédé auparavant son siège, qui fut rempli par
84. François III de Tournon, cinquième lus de Jacques de Tournon, comte de Roussillon, et de Jeanne de Polignac, avait été archevêque «l'Embrun et de Bourges, quanti, par la démission du cardinal de Clermont, il fut fait archevêque d'Atich le 14 juin i538. Ce fut de son temps que le chapitre de sa cathédrale cessa <l'être en règle, et qu'il se sécularisa. François, eni53o, avait été fait cardinal par Jules III , qui l'avait pourvu de l'évêché de Sabine ou de Porto; sous Pie IV, il devint évêque d'Ostie, et doyen du sacré collège. En i554, il passa au gouvernement de l'église de Lyon, ayant permuté avec le cardinal d'Esté, qui suit. Il fut envoyé en diverses ambassades vers le pape, l'empereur et le roi d'Angleterre. Il aima beaucoup les gens de lettres, particulièrement les jésuites, auxquels il lit bâtir à Tournon le premier collège qu'ils aient eu en France ; il défendit leur cause avec ardeur dans le colloque de Poissy, Il voulut être enterré dans leuv église de Tournon après sa mort, qui arriva en i562.
85. Hyppolite d'Esté , était fils d'Alphonse Ier, duc de Ferrare, et de Lucrèce Borgia. François Ier l'accabla, pour ainsi dire, de bénélices.
Outre l'archevêché de Milan , il en posséda encore trois autres en France, avec plusieurs évêchés , sous le titre «l'administrateur , et un plus grand nombre d'abbayes. FrançoisIer l'admit dans ses conseils les plus se-
crets, et engagea Paul III à l'honorer de la pourpre. Pie V le lit légat du patrimoine ecclésiastique. Il devint archevêque d'Auch en permutant avec François de Tournon , l'archevêché de Lyon. Il rendit de grands services à la France ; gouverneur pour le roi Henri II, de la ville de Sienne, dont les habitans s'étaient mis sous la protection de la France , il la défendit avec autant de prudence que de valeur. Sous Charles IX, il lit les fonctions de légat pour le pape Pie IV, et il travailla beaucoup contre les hérétiques pour la conservation de la foi. Il alla en Allemagne pour y traiter de la paix entre les princes chrétiens. Amateur des belles-lettres et des sciences, il cultiva svec soin les savans, et il les récompensa toujours avec la magnificence d'un prince qui sait estimer le mérite. Il mourut a Rome, n'ayant pas encore soixante ans, le 2 décembre \b-j7., et fut inhumé à Tivoli dans l'église des Cordeliers.
86Aloyse d'Esté, fils d'HerculelI, duc de Ferrare , et de Renée de France , fille de Louis XII , né en i338, fut pourvu par Paul III, de l'archevêché de Ferrare, vacant par la démission d'Hynpolite , son oncle, en i553. Étant venu en France, Henri II le fit archevêque d'Auch , par l'abdication du même. Paul IV le nomma cardinal du titre des saints Neré et Achille en 1 56 1 - Grégoire l'envoya deux fois en France en qualité dé légat , vers Charles IX et Henri III, où il assista aux états de Blois en 1678. Il exerça pendant quatorze ans l'office de protecteur de la France en cour de Rome. C'était un prince d'un excellent naturel, généreux, magnifique, et la lumière du sacré collège. C'est ainsi qu'en parlent Ciaconius , TJgheltus et de Thou, dans un poème qu'il composa pour consoler Anne d'Est, duchesse de Nemours, sa sœur, quand il fut mort, ce qui arriva à Rome en i586, un mardi 3o décembre. Son cœur fut porté à Auch, ses entrailles demeurèrent à Rome dans
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l'église de Saint-Louis, son corps à Tivoli, proche de son oncle.
87. Léonard de Trappes, de Nevers, conseiller au parlement de Paris, après une longue vacance de ce siège, fut nommé par Henri IV en 1587 pour gouverner, en qualité d'archevêque, l'église d'Auch, qu'il avait déjà desservie comme administrateur, Henri de Savoie ayant été nommé et n'ayant point pris possession. Léonard lut sacré en 1600 par Pierre de Gondi, archevêque de Paris, dans la chapelle de l'évêché. Il lit son entrée solennelle àAuch le 6 novembre suivant. Il y avait prèsde cent ans qu'on n'avait vu d'évêque dans cette métropole; ils étaient à la cour auprès des rois ou a Rome à la suite des papes; ce défaut de résidence, joint aux guerres civiles, produisit dans ce diocèse, comme dans quelques antres, un relâchement considérable dans la discipline ecclésiastique. Les pasteurs, aussi ignorans que le troupeau, ne donnaient plus
I exemple, et ne pouvaient conduire les peuples; les grands pillaient impunément les biens de l'église; il fallait un homme comme Léonard pour remédier à tous ces maux et rétablir le bon ordre. Il l'entreprit, et il y îéussit. Il commença par visiter son tliocèse; il établit une congrégation de savans et de saints ecclésiastiques, qui, par leurs prédications et leurs catéchismes, réveillèrent dans les esprits les scntimens presqu'éteints de la religion ; il appela les capucins dans sa métropole, et leur lit bâtir un couvent de son propre fond. Il attira aussi les ursulines, dont l'institution a pour objet l'instruction des jeunes lilles.
II dota celles qui n'avaient pas de bien pour se marier; il donna des revenus pour l'entretien de douze clercs; il répara son église, et lui rendit sa première magnificence, à laquelle il employa plus de cent mille livres; il l'enrichit d'ornemens si précieux, que dans toute la province il n'y en avait aucune qui pût lui être comparée. Il assisia aux
états -pénéraux «lu royaume qui se tinrent à Paris en 1614» et à l'assemblée des notables à Rouen en 1617.
Enfin il mourut le 29 octobre 1629, regretté universellement. Il avait ordonné par son testament qu'il serait porté en terre revêtu de l'habit de saint François , ayant en main un crucifix et un livre de l'Imitation de Jésus-Christ. Il fut inhumé dans une chapelle de la grande église d'Auch.
88. Dominique de Vie, fils d'Émeri de Vie, seigneur d'Ermenonville, comte île Fiennes, vice-chancelier de France, naquit à Paris en i588. Il n'avait que sept ans lorsqu'Henri IV le lit abbé du Bec. Il lit ses premières études à Ingolstad en Allemagne. Il alla ensuite étudier à la Flèche, et lit sa théologie à Paris dans l'université. Il accompagna en 1621 Louis XIII qui l'avait fait conseiller d'État, dans le voyage qu'il lit à Toulouse, après avoir réduit S tint-Jean-d'Angely, et plusieurs autres places fortes possédées par le* rebelles. Ce fut là que Léonard/son prédécesseur sur le siège d'Auch, le demanda au roi pour coadjuteur, et l'obtint, quoique bien des courtisans eussent envie de cette dignité. Il lut très-bien reçu à Rome par Grégoire XV, qui lui lit présent des reliques des saints Julien et Jean. Urbain VIII, qui succéda à Grégoire, lui donna des bulles pour l'archevêché d'Auch, datées du 27 janvier 1624. Etant ensuite repassé en France, et ayant prêté serinent de fidélité au roi, il fut ordonné le dimanche de la Trinité, le 25 mai 1622, archevêque de Corinthe et coadjuteur d'Auch dans l'église d'Ermenonville, par Léonard même. Il entra dans sa ville métropolitaine, aux acclamations du magistrat et du peuple, le 16 février 1626 ; et à l'imitation de sou prédécesseur, il n'eut ci'autre occupation que celle de se rendre utile a sou troupeau par ses instructions et par ses bienfaits. La peste qui se fit sentir à Auch l'obligea à s'en éloigner pendant quelque temps; mais il revint bien vite, pour y reprendre ses
DES ÉVÊCHÉS DE FRANCE
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fonctions pastorales. II assembla en six différentes fois six conciles, il visita tout son diocèse, et il fit partout des règtemens qui étaient autant de preuves de son zèle que de son érudition. Il rappela à la foi beaucoup d'hérétiques, et il obligea plusieurs seigneurs de rendre à l'église les biens qu'ils lui avaient pris. Il assista aux assemblées générales du clergé, qui se tinrent a Paris en i635 et 1645, dans lesquelles il défendit vivement les immunités ecclésiastiques. Enfin il mourut en
89. Henri de la Mothe-Houdancour, fils de Philippe, seigneur de la Mothe-Houdancour, et de Louise- Charles, fille d'Antoine, seigneur du Plessis-Picquet. Ayant été nommé a l'évêché de Rennes, passa a l'archevêché d'Auch, auquel le roi le nomma en 1662, le i" juillet. Il avait été fait «les l'année précédente commandeur des ordres du roi , et grand aumônier d'Anne d'Autriche, mère du roi, dont il célébra les obsèques à Saint-Denis le 22 février 1666. Il fit de gramls biens à son église, dont il augmenta les ministres et les revenus, et aux omemens de laquelle il contribua. Il n'oublia rien pour laire observer la sainte discipline , et il s'éleva surtout avec force contre les casuistes relâchés. Il se servit d'Etienne d'Aignan du Soudât pourgouverner son diocèse, en qualité de vicaire-général, quoiqu'il fût aveugle.
C'était un prêtre qui entendait le mieux les matières ecclésiastiques.
Henri mourut à Mézières le »4 ^" vrier 1684, et fut inhumé hors de l'église, sous le clocher.
90. Armand-Anne Tristan de la Baume de Suze, fils d'Anne de la Baume, comte de Rochefort, et de Catherine de la Croix de Chevrières, fui d'abord évêque de Tarbes en 167S, pui« de Saint-Omer en 1677; enfin archevêque d'Auch en 1684 :
mais les «lémêlés de la France avec la cour de Rome empêchèrent qu'il n'eut ses bulles que le ier janvier 1692. Il mourut le 4 mars 1703.
91. Augustin de Maupeou» d'évêque de Castres, fut fait archevêque d'Auch le 11 d'avril 1705, et mourut le 12 juin 1712.
92. Jacques Desmarets, évêque de Riez, passa à l'archevêché d'Auch , par la nomination du roi, en 1713.
93. Melchior de Polignac, cardinal,fut nommé à l'archevêché d'Auch en 1726, et mourut à Paris le 20 novembre 1741. Voyez Polignac.
94. Jean-François de Chastillnrd de Montillet, fut sacré évêque d'Oléron le 2 octobre 1735, et transléré à Auch en 1742.
95. Claude-Marc-Antoine d'Apchon , né en 1721, sacré évêque de Dijon le 19 octobre 1755, transféré à Auch en 1776, mort en 1783. C'était un prélat très-pieux et très -charitable.
96. Louis Appollinaire de la Tourdu-Pin-Montauban, né en 1744» sn" cré premier évêque de Nancy le 2a juin 1778, transféré à Auch le 22 juin 1783, démissionnaire en 1801, mort évêque de Troyes le 28 novembre
97. André • Etienne - Antoine de Morlhon, né le 12 octobre 1753, sacré le i3 juillet 1823, nommé précédemment à l'évêché de Carcassonne.
Conciles d'Auch.
Le premier se tint l'an io63, pour les dîmes des églises cathédrales.
Hugues Candide ou le Blanc , légat apostolique , y présida; et il y lut déterminé que toutes les églises «le Gascogne payeraient aux églises cathédrales la quatrième partie de leurs dîmes, à l'exception de l'église de Saint-Orens, et de quelques autres.
(Lab. tome 9. Hard. tome 6.)
Le second, l'an 1279. ^n Y défendit les droits de l'évêque et de l'église de Bazas, contre le sénéchal de Gascogne. (Hard., tom. 7.)
Le troisième, l'an i3oo. On y fit treize canons.
Le premier excommunie ceux qui empêchent la liberté «les élections et des postulations.
Le second et le troisième défendent i ceux qui ont la garde dis
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Le huitième l'an i326, sous le niéme président , contre ceux que lea patrons des bénéfices présentaient par simonie.
Le neuvième, l'an i364» sur la discipline. Arnauld, archevêque d'Auch, y présida ; et l'on y lit quelques statuts qui furent approuvés par le pape Urbain V. (Gallia Christ, tome i, page 995.)
AUTUN, ville des Eduons, Civitas AEduorum , peuple de la Gaule celtique, dont le pays comprenait une partie de la Bourgogne, la Bresse , le Forez, le Lyonnais, le Beaujolais, Dombes et Nevers, était anciennement appelée Bibracte. On l'appelle aujourd'hui ^ug^j/otiuraum, du nom ii'uduguste son bienfaiteur, et de dunum qui signifie une montagne; comme si on disait mons Augusti , parce qu'elle est située au pied de trois grandes montagnes près de l'Arroux, k soixante-treize lieues de Paris. C'est aujourd'hui le chef-lieu d'une des sous-préfectures du département de Saône-et-Loire. On y
églises vacantes , de s'emparer des biens des ecclésiastiques décédés, de rien retenir des revenus.
Le quatrième et le cinquième déclarent les intrus déchus du droit qu'ils pouvaient avoir aux bénéfices qu'ils ont occupés par violence.
Le sixième déclare excommuniés les patrons qui exigent quelque chose de ceux qu'ils présentent à un bénéfice.
Le dixième défend de prendre une cure, quand on n'a pas dessein de se faire prêtre dans l'an.
Le douzième défend aux évêques de donner la tonsure à des enfans, à des gens mariés, à des personnes qui ne savent pas lire, ni k des personnes d'un autre diocèse, sans la permission de l'évêque diocésain.
On ignore le lieu particulier de ce concile, on sait seulement qu'il se tint dans la province d'Auch. (Hard.
tom. 7.)
Le quatrième concile se tint l'an i3o3 à Nogaro, dans l'Armagnac; Amanée, archevêque d'Auch, y présida, et l'on y fit dix-neuf canons voit encore les restes de très-beaux sur la discipline. (Gall. Christ, to- monumens d'antiquités, tels que le me 1, page 994- temple de Janus et de Cybèie. Cette
Le cinquième, l'an i3o8. Le même ville, autrefois si florissante, si puisarchevêque y présida, et l'on y fit santé, ceinte de murs, renfermant six canons de discipline. des théâtres, des temples consacrés
Le premier ordonne aux ecclésias- aux faux-dieux, embellie encore par tiques de défendre les droits de leurs de magnifiques édifices et possédant offices ou de leurs bénéfices. un arsenal où l'on trouvait de quoi
Le second porte que tous les cha- armer cent milles hommes, n'est noines des églises cathédrales feront l'office tour-k-tour, chacun une semaine.
presque plus aujourd'hui que l'ombre de ce qu'elle a été. Renversée successivement par les Goths et les Le quatrième défend aux abbés et Normands, elle n'a conservé de son
aux moines de partager entre eu, les biens qui doivent être communs, et veut que tous les moines mangent dans un même réfectoire, et couchent dans un même dortoir.
Le sixième concile se tint l'an i3i5 k Nogaro, contre les usurpateurs des biens de l'église. {Gallia Christ, tom. 1, pag. 994-)
premier éclat que les beaux privilèges dont la religion chrétienne l'a honorée.
Entre toutes les églises de France, on peut dire que celle d'Autun est la plus aucienne après Lyon. Les martyrologes et la tradition constante du pays font foi que le christianisme y fut apporté par les saints
Le septième, l'an i3a4, touchant Bénigne, Andoche et Thyrse , que la pénitence solennelle. Guillaume saint Polycarpe y envoya en l'année de Flavacour, archevêque d'Auch, y 160. Si l'on prétend qu'il y a des déprésida, fauts dans ces actes qui pourraient
en faire soupçonner l'authenticité, nous répondrons que ces défauts ont pu y être insérés par quelque main infidèle , et que pour une ou deux circonstances qui ne conviennent point au temps où nous fixons cette mission, il ne faut pas conclure que le reste soit faux. Nous conviendrons aisément que saint Irénée n'a pu apparaître à saint Polycarpe pour lui persuader d'envoyer ces apôtres à Autun ; que saint Andoclie et Thyrse n'ont pu souffrir le martyre sous l'empereur Aurélien : mais qui empêche de croire que ce soient là des additions mal placées, et qu'un copiste aura pu mettre Aurélien pour Aurèle?
La première prérogative de l'église d'Autun était que son évêqne avait droit de porter le pallium, et de précéder les autres suffragans de la métropole. La seconde était de représenter l'église de Lyon dans tous ses droits, quand le siège était vacant.
La troisième, que son évêque était le président-né et perpétuel îles états de Bourgogne, et avait la préséance sur les autres évéques qui y avaient ilroit, fussent-ils plus anciens que lui. Il avait 22,000 livres de revenu, et pavait de taxe en cour de Rome 4>o8o florins. Le diocèse contenait six cent dix paroisses, partagées en quatre archidiaconés et vingt-quatre archiprêtrés, soixante-dix paroisses, descollégiales, plusieurs monastères d'hommes et de filles, plus de quinze abbayes : Autun seul on contenait quatre, et deux cathédrales dont la plus ancienne fut construite sous le nom de saint Nazaire, quand la paix eut été rendue aux chrétiens: l'autre, plus nouvelle, est dédiée à saint Lazare; l'on y voit un clocher de pierre en flèche d'une surprenante hauteur, et d'un ouvrage merveilleux.
Le chapitre de la cathédrale était composé de huit dignités, de cinquante chanoines , et jouissait de divers privilèges : il avait droit entre autres, pendant la vacance du siège épiscopal, d'avoir l'administration de l'évêché jusqu'à ce que l'archevêque
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de Lyon en eût pris possession ; car cet archevêque administrait pour le spirituel et le temporel l'évèché il'Autun'pendant la vacance; aujourd'hui le diocèse suffragant de la métropole de Lyon, renferme cinquantetrois cures, trois cent quatre-vingts succursales et vingt-huit maisons de religieuses.
Evêques d? Autun.
1. Saint Amateur, dont tous les martyrologes marquent la fête le 26 novembre. Voyez saint A'jiatedr.