‹ Bibliothèque sacrée (volume 5)Chapitre 207 sur 347 · Raymond Armand, évêque de Conimin<^es · texte numérisé non relu

Raymond Armand, évêque de Conimin<^es

44- Raymond de Rabastens, archidiacre de l'éf^lise d'Agen. L'évèque de Comminj^es gagna d'aburd sa cause devant les commissaires nommés par le pape Innocent III-, mais

Raymond de Rabastens ayant obtenu qu'on procéderaità une nouvelle élection , fut maintenu sur le siège. Son élection lut cepemiant tassée bien-r tôt apiès comme simoniaque, et on lui reprocha d'avoir obtenu par subrejition, des légats du pape, les lettres qui conliniiaient la canonicité de son élection. Il fut déposé au mois de mai i2o5.

45. Foulques, fils il'Alphonse, riche marchand de Gênes établi à Marseille, se distingua dès sa jeunesse par ses succès dans la poésie vulgaire. Après la moit de son père, qui laissa de grands biens, il fréquenta la cour de divers princes, protecteurs des poètes provençaux. Celles de Richard, roi d'Angleterre, du bon Raymond, comte de Toulouse, et de Barrai, vicomte de Marseille, furent successivement le théâtre de ses productions poétiques. S'étant dégoûté ensuite du monde, il se lit religieux de l'Ordre de Citeaux vers 1199, avec deux de ses lils, et engagea sa femme à se faire religieuse du même ordre.

Il était tléjà abbé de l'oronet, au diocèse de Fréjus, lorsqu'il monta sur le siège épiscopal de Toulouse en i2o5.

Son épiscopat fut très -funeste au comte de cette ville et aux habiîsfls, puisque tlans la croisade contre les Albigeois, il se déclara ouvertement contre le comte Raymond en faveur de Simond de Moutfort, pour qui il conserva toujours un inviolable attachement. C'est lui qui lui livra la ville de Toulouse en 1216, et qui l'excita à la cruelle vengeance que ce ch f des croisés exeifa contre les Toulousains. On conserve dans la bibliothéijue du roi, manuscrits n<'7225, et n07698,dix-neuf de ses chansons,et on peut lire un de ses cantiques dans les Mémoires de Languedoc, de Catel, pag. 899. Foulques mourut le 26 déceuibre i23i. Durant son épiscopat , saint Dominique fonda l'Ordre des frères -prêcheurs en cette ville vers l'an I2i5, et le cardinal Saint- Ange , légat du saint-siége, vint célébrer le douzième concile de Toulouse l'an 1229. Cette assemblée rc-

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marqiiabliî , puisqu'elle est l'épo<|ue do l'établissement du tribunal de l'inquisition, fut composée des archevêques de Nai bonne, de Bordeaux et d'Auch , d'un grand nombre d'évêques et d'autres prélats, du comte de Toulouse, des autres comtes et barons du pavs, du sénéchal de Carcassonne et de deux capitouls de Toulouse, représentant tonte la communauté.

46. Eaimond de Falgar, natif du château de Miramoiit au diocèse de Toulouse, et provincial de l'Ordre des frères -piécheurs, fut élu évêque de cette ville le 21 ma'S i232. Cette dignité augmenta son zèle contre les hérétiques. Non content de les confondre par ses écrits, il les poursuivit vivement par les voies juridiques, et avec d'autant plus de succès, qu'il était secondé par le comte de Toulouse. Il occupait ce siéize depuis plus de trente ans, lorsqu'il fut accusé devant le pape Urbain IV de fratricide, de simonie, decoiruption dans ses mœurs, de négligence dans les fonctions de son ministère, et de plusieurs autres crimes. Le pape lui donna des commissaires qui lui étaient sans doute suspects; il (.'éclina leur . îiîri'''ction, appela de leur ]iro'"édure d'vant le pa[)e lui-même , et partit pour Rome , 011 il fut ;ibsous par le souverain pontife. Mais la calomnie acharnée à sa poursuite lui suscita de nouveaux ennemis dans la personne même dos commissaires nommés pour le juger. Ils l'excommunièrent avec si peu de ménagement et de formalité, que le pape Clénient IV. successeur d'Urbain , les reprit sévèrement le 22 juillet 12C5, et accorda àl'évèqueRavmond une nouvelle absolution , qu'il était allé lui demandera Rome. Son affaire, dont on ii;norc l'issue, ne fut pourtant pas encore terminée, puisqu'il obtint l'année suivante la permission de produire pour sa délense autant île témoins qu'on en avait entenilus contre lui : mais il y a lieu de croire fju'il fit éclater son innocence, et qu'il confondit ses ennemis , puisque le pape, dans une

lettre qu'il lui écrivit le 20 octobre 1267, le qualifie son très -cher confrère. Il mourut le 19 du même mois 1270. Il avait obtenu du pape Grégoire IX, en faveur de l'université de Toulouse, trois bulles qui renferment de grands privilèges. Pendant son éniscopat, les religieux carmes, qui s'étaient déjà étal)lis dans cette ville, au faubourg du Château-narbonnais , obtinrent du comte et de la comtesse de Toulouse en 1242 la permission de se loger dans la ville; et l'an i265 les religieux de Sainte -Croix ou croisiers obtinrent de l'abbé de Saint-Sernin la permission do bâtir une église et un monastère au faubourg de la Porte-Posonville. Ce couvent fut démoli en i3.56, à cause de l'irruption des Anglais. On leur permit alors de le reconstruire dans la ville , et on leur céda une chapelle qui était bâtie sous l'invocation de saint Orens; ce qui leurfitdonner le nom de religieux de Saint-Orens. (Catel, png. 265.)

47. Bertrand Je l'Ile-Jourdain , prévôt de Saint-Etienne, fut élu et sacré au mois de novembre 1270. Il assista au concile convoqué à Béziers le /\ mai 1279, et fut député parce concile au parlement qui devait se tenir à Paris. Il mourut à Balma Ie3i janvier 1285 (1086). C'e'st le premier évèque de Toulouse qui aitété inhumé ilans sa cathédrale; tous ses prédécesseurs avaient leur sépulture dans l'église Saint-Sern'n. On est étonné, à la lecture de son tfi.Ntameut, des richesses immenses qu'il poss<'dait. Outre une infinité de legs qu'il fiit à presque toutes les églises et abbayes de la pro\'ince de Narbotme et de Guienne,il lègue dans un seul article mille calices de vermeil d'un marcch.icun, pour être distribués à divers^'s églises; et il institue pour ses héritiers les églises, les monastères et les pauvres de son diocèse et de la province de Narbonne. Il n'attendit pas la mort pour se .signaler par ses libéralités, et fonda de son vivant, dans le chapitre Saint-Etienne, les douze prébendes qu'on appelle aujourd'hui

DES ÉVÊCHÉS

de la douzaine, et huit places de clercs. Il emhellit cette cathédrale en faisant bâtir les chapelles qui environnent le chœur, et en lui donnant deux grands tableaux d'argent massil en lja>- relief , pour décorer l'autel et le devant de l'autel. Enfin, il lit construire le château de Balnia, qui est la maison de campagne des archevf'ques de Toulouse. Toutes ces dépenses n'empêchaient pis que sa maison n'éga'ât par sa magnilicence celle des plusgrnnds princes. Il nomme dans son testament et gratifie de quelques bienfaits tous les officiers qui la composaient, parmi lesquels il y avait douze aumôniers , quatre gentilhommcs et douze éciiyers, sans compter les bas-officiers. Il parait pir le même testament qu'il avait trois bibliothèques, et qu'il fusait des pensions annuelles à trois physiciens ou médecins et à deux professeurs en droit. Sous son é[>iscopat, vers l'an 1270, les relinieiises de Saint-Bernard ou de l'Ordre de Citeaux formèrent un hospice dans cette ville, qui fut d'abord placé au quartier de Saint-Cvprien : mais ensuite elles transférèrent dans cette ville, au quartier de l'universiié, le monastère de leur abbaye de Salenques, qui avait été fondée dans le diocèse de Ri( ux en i353. Cette abbaye était royale, et la communauté de ses religieuses était ordinairement composée de personnes d'une naissance distinguée.

4H. Hugues Mascaron, natif de Toulouse, et chanoine de l'église de Saint-Etienne, prêta, en qualité d'évêque de Toulouse, le smuient d'obéissance entre les mains de Pierre de Montbrun, archevêque de Narbonne, le 24 mars 1286. La même année il alla à Rome pour laire ses représentations au pape Bonif^ceVIII sur la nouvelle érection de l'évêché de Pamiers , qu'il avait fiaite sans la permission du roi, et mourut dans cette ville le 6 décembre 1296. Son corps fut porté à Toulouse , et inhumé dans l'égbse des frères prêcheurs,qu'il avaitachevéettembellie

par ses libéralités. Hugues Mascaron concourut à la reforme des confrères du tierf-Ordre lie Saint-Franf ois qu'on appelait Béquins , parce qu'un riche marchand de Toulouse nommé Béqnin les fonda dans cette ville. Ils s'érigèrent en religieux en 1289 par l'autorité du pape Nicolas IV, qui confirma leur règle et leur permit de faire des vœux solennels.

49- Louis d'Anjou de France, fils de Charles II, roi de Sicile, fut placé sur le siège de Toulouse à l'âge de vinizt-deux ans par le pape Boniface VITI. Il avait fût vœu de se faire religieux de l'Ordre de Saint-François, et n'accepta l'évêché de Toulouse qu'après avoir été revêtu de l'habit de cet ordre. Il fut sacré à Rome le af novemlire 1296 par le pape lui-même, qui lui accorda la dispense d'àup, à cause de sa grande vertu. Il vint y)rendre possession de sonéiêclié à Toulouse; mais, fatigué du poids de l'épiscopat, il partit peu de temps après pour en aller faire la démissiîin entre les mains du pape, et mourut dans son voyage, à Brignole en Provence, le 19 août 1297. Il fut inhumé dans l'église des cordelieis de Marseille. le pane Jean XXII le canonisa en i3i7. V^oyez saint Loiris, évêqiie de Toulouse.

5o. Arnaud Roger, fils du comte de Commin<Tes, nommé et sacré à Rome par le même pipe le 3i mars 1298, mourut à Orviette, en venant prendre possession de son évèclié.

5i. Pierre Lacapelle Taillefer, natif du Limou'^in , fut aussi nommé yiar le pape Boniface VIII, au mois «l'octobre 1298. Il avait été évêque de Carossonne, et fut fut cardinal le i5 décembre i3o5 par le pape Clément V, qui le)irouuit en même temps à l'évêthé de Palestrine. Il mourut le 16 mai i3i2.

52. Gaillard de Preissac, neveu de Clément ^'j fut nommé par ce pape en i3o,5. Peu de temi'S après il tut fait cardinal par Jean XXII. Quelques auteurs ont écrit que ce pape le déposa à cause de sa grande prodigalité ; mais oa ne trouve aucun

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vestige d'un jugement de déposition rendu contre lui. Il est plus vraisemblable qu'il donna sa démission par la crainte d'être déposé comme iiissipateur du bien do 'Etilise. Tous les autres conviennent que le pape, pour le consoler en quelque nianièie de la perte de cet évéché, lui otlrit celui de Riez ; ce qu'il n'aurait point fait, s'il avait été <lé|)Osé canoniquement de celui de Toulouse. Gaillaril refusa cet évèché, et mourut à Avi-

Î;non en 1327. Durant son épistopat, es religieux augustins, qui avaient depuis loi'g-temps leur église et leur couvent hors de la ville, prcslaPorte- Montolieu , obtinrent du pape ClémcntV, eni3io, la permission de vendre Icuxcouvent, pour en biitir un autre dan s la vil le. Ce même épi scopat est l'époque de la fondation des rcligifuseschnnoinesses de Saint-Sernin, faite en i3i6 par l'abbé de ce chapitre.

Enfin c'est de son temps que l'évèché de Toulouse fut éri^é en arche- Têclié par le pape Jean XXII, qui y nomma Jean de Comminges. Pour composer cette nouvelle province ecclésiastique, le pape érigea les évêcliés de Montaulian. deSaint-PaponI, de Rieux et de l.omhez, qu'il donna pour suffragans à cette métropole:

il y en ajouta deux autres, La- anr et Mirepoix , (]u'il créa par une bulle particulière , et lui rendit relui de Pamiers, que Boniface ^'III avait érigé et soumis a l'archevêché de Karbonne.

yérchcvêques de Toulouse.

I. Jean de Comminges était évêque de Magnelone, lorsqu'il lut nommé au nouvel arche'. êi hé de Toulouse. Il assista au concile de Béziers en i32i, fit promu au cardinalat le iSdécembre 1827, et nommé l'année suivante à l'évcché de Porto en Italie, et non à celui tie Porto en Portugal, comme l'a cru l'auteur tie l'Histoire de la ville de Toulouse, qui s'est également trompé en supposant un archevêché à Porto en Portugal, ou il n'y a qu'un simple évôthé sulfragant tIe Braguc. Jean de Com-

minges, devenu cardinal-évêque de Porto, se démit de l'archevêché de Toulouse, et mourut à Avignon le 20 novembre 1348, après avoir refusé en 1334 la papauté, que les cardinaux lui otfrirent à condition «ju'il promettrait tIe ne pas translérer sa cour à Rome. Cette condition fut le motif de son relus. Banlin a éciit que cet aiclievêque tint en 1327 un concile dans sa province, au sujet il'un ca[)itoul, nommé d'Escalquens, qui, par une dévotion bizarre, avait fait célébrer les cérémonies de ses obsèques avec beaucou]) de pompe, ilans un cercueil, à l'église îles dominicains, où il soutint le rôle d'un mort jusqu'à la fin de la cérémonie, et qu'on défeniit dans ce concile à tous les fidèles la pratique d'une semblable dévotion. La mémoire de Jean de Comminges est précieuse à cette ville par la f)ndation du monastère tIe S lin^-Pantaléon, qu'il ordonna dans son 'testament, et qui fut exécutée, du moins en partie, en i35o.

2. Gnillaume de Landun, religieux de l'Ordre <le S tiiit-DoniiiU(|ue , archevêque devienne en Dauohiné en i32i, et de Toulouse en 1^7, édifia son tglise par ses vertus, et l'éclaira par sa science; mais, ayant perdu la vue tians un àge.fort avancé, il se démit de l'archevêché de Toulouse en 134.5, en faveur de Raymond de Canillac, sousla condition d'une pension annuel'e, et se retira à Avignon dans le cou\ent de son Ordre, où il vécut encore plusienrsannees.il loniladans le chapitre Saint-Éiienne les qnatre prébend's qu'on appelle de Saint- DoiTiini(]ue.

3. Raymond deCanillac, (hanoine régulier et prévôt de l'église de Maguelone , fut ( réé cardinal du titre deS.iinte-Croixen-Jérusaleni au mois de décembre i35o par le pape Clément VI, et quitta alors l'aichevêc hé de Toulouse. Le ])ape Innocent VI le nomma en i35i à l'évêehé de Palestrine, qu'il garda jusqu'à sa mort, arrivée à Avignon le 20 juin iSyS.

Son corps fut apporté et inhumé dans réiilisc de Maiiuelone.

DES TtVÊCHÉS DE FRANCE.

4- Éfienne Aldehranli, moine de Saint-Allire de Clermont, et ensuite évèqiie de Saint Pons, fut nommé à l'archevêché de Toulouse par le pape Clément VI au mois de décembre i3.5i. La raison de ce choix est dijine de remarque. On prétend qu»- Clément étiint relii^ieux de la Cliaise- Dieu en Auvergne, et revenant de faire ses études à Paris, fut arrêté et dépouillé par des voleurs prèsleviilage de Tiiret en Auvergne, où Altlebrandi était prieur. On ajoute que celui-ci lui donna un habit et de l'argent pour continuer son voyage; et qu'en se séparant, Clément lui ayant demandé quand est-ce qu'il pounait lui rendre ses bienlàits, Aldehraidi lui répondit en riant : Quand vous serez pape. Clément par\iMt en etlét à cette liaute uignité, et, se ressouvenant du service qu'Aldebraiuli lui avait rendu, il l'appela auprès de lui, le lit trésorier et ^raml-cainerlinf^ue de l'Egiise romaine, et lui donna i'archevêclié de Toulouse. Il mourut en i36o. Pendant son épiscopat et l'an i356, le monastère de Sainte-Eulalie ou de la Merci, qui était autretnis hors de la ville, tut rétabli dans la ville par F. Pons de Barrelii, Toulousain, fiénéral de cet oriire.

5. Gautrid de V'ayroles devint archevêque de Toulouse en i36i. Il assista au concile de Lavaur en i368, et en 1369 k la cérémonie qu'on lit a Toulouse à l'oicasion de la translation du corps de saint Thomas d'Aquin. Il fonua dans réji,lise de Saiut- Etienne en i368 les quatre chapelleries qu'on appelle encore de T^ayroles, et mourut le 10 mars 1376. Sous son é[)iscopat les rclifiieux de la Sainte -Trinité ou niathurins, qui avaient leur église eî leur couvent au fauhourji Saint- Michel, turent transléiés dans la ville le 3 janvier 1362.

6. Jean lie Cardaillac, d'une ancienne maison du Quercy, étudia et prof<;ssa ensuite le droit civil à Toulouse. Clément VI le nomma en i35i évêque d'Orense en Galice. Il fut transféré en i36o au siège de Brague en Portugal. Grégoire XI le nomma

en 1371 patriarche d'Alexandrie, et administrateur de l'évèthé de Rodez; et en 1376 lui donna l'administration perpétuelle île l'archevêché de Toulouse, qu'il <:arda jusqu'à sa mort.

Toutes ces translations furent le prix de son attachement à la cour de Rome, qui l'employa utilement dans dilférentes légations, et de son zèle pour la gloire du roi île France, dont il donna des preuves éclatantes lors de la guerre contre l'Angleterre. Il mourut le 7 octobre 1890, et tut inhumé dans l'église Saint-Etienne de Toulouse, à laquelle il lit divers jiréseiis, entre autres de la grosse cloche qui porte son nnm. On conserve dans la bibliothèque des pères dominicains tle Cette ville plusieuis manuscrits qui prouvent sa ])rof)nde érudition et son éloquence. Il contribua au rétablissement du couvent des religieuses de Sainte -Claire, qui avait été démoli en i356.

7. François de Gonzié, natif du Biig y, fut successivement évêque <le Grenoble, archevêque d'Arles en i388, et archevêque de Toulouse en 1391. Il lut ensuite archevêque de Kaibonne en 1392, camérier du pape et gouverneur d'Avignon et du comtat Vènaissin en i4>8, et mourut le 3i décembre 14 îi.

8. Pierre de S.iint-Martial, natif du Limousin, tut évêque tle Rieux en i3 19, é^êquedeCarcassonne en 1372, et arihevê<|ue de Toulouse en 1392.

Il fonda dans le chapitre Saint- Etienne quatre prébendes, dont deux portent son nom, et les autres celui de Sainte-Catherine.

Après sa mon le chapitre de Saint- Etienne voulant recouvrer, à la faveur du schisme le droit d'élection, tlont il ne jouissait [)lus depuis le pontilicat de Bonil'ace VIII, élut unanimement Vital (.le Castelmoron, natif tle Toulouse, et le pape ou l'antipape Henf)it XIII, nomma Pierre Ravot, de l'Ordre de Saint ■ François, qui avait été successivement évêque d'Aleth etdeCarpeiitras. (^elui-ci prit possession de cet archevêché par violence en i4o6. On le lit cardinal en

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1408; mais il fut chassé île la province hi même année, après avoir été déclaré schismatique et hérétique.

9. Vital de Castelmoron, prévôt du chapitre Saint-Etienne, fut maintenu dans l'archevêché par Alexandre V, en 1409, et mourut le i<='' août de la même année.

10. Dominique, de Florence, de i'Ordre des tièrts-piècheurs, lui succéda. Il avait été évêque d'Alby. Sa vertu, sou savoir et son éloquence lui méritèrent la «gloire de présitler au parlement établi à Toulouse en 1420 par le dau])hin Charles VU. Il mourut au mois de décembre 1422.

11. Denis Dumoulin, natif de Meaux, nommé archevêque au mois d'avril 1422 (i423), était alors chantre et chanoine de l'église lie Vienne, chanoine de Chartres, de Reims, de Tours, d'Alby et d'Embrun. Il fut envoyé en ambassade par Charles VII k Genève et en Savoie pour y traiter de la paix. Il passa au siège de Paris en 14:19 et fut tait cardinal en i4io. Il a\ait encore le titre de patriarche d'Alexandrie lorsdesa mort, arrivée le i5 septembre i447'

12. Pierre Dumoulin, frère du précédent, lui succéda clans l'archevêché de Toulouse. 11 avait été juge d'Appeaux de cette ville, et maître des requêtes. Il est qualiiié dans son épita|)he : Maître -es- arts, licencié en droit civil et en droit canon, vicechancelier du Languedoc pour le roi, et prince des poètes. Il rétablit le palais archiépisco|)al et lit bâtir le portail de cette métropole, où il est représenlé en relief de pierre avec sou frère. Il mourut dans son château de Balma le 3 octobre i45i.

i3. Bernard du Rosier, natif du Mas-saintes-Puelles dans le Lauraeuais, fut successivement chanoine régulier, chancelier et prévôt de Téglise de Saint-Etienne. Il lit un voyage à Rome, oîi il exerça pendant plusieurs années la charge de rélérentlaire apostolique, et mérita par son érudition et par son éloquence l'estime des papes Eugène IV et Nico-

las V. La protection de ce dernier pontife lui procura l'évêché de Bazas et celui de Montauban. Il fut élu eusuite arche\êque de Toulouse par la chapitre le 3 jnin 1452. Il prononça dans sa métropole l'oraison funèbre du roi Charles VII, et mourut le 18 mars i474- H avait composé un grand nombre d'ouvrages que l'on conserve encore pour la plu|)art dans les archives lie Saint Etienne, et qui sont des monumeiis de sa science profonde dans le droit livil et canunique, qu'il avait professé pendant vingt ans a l'université de cette ville. Durant son épiscopat les religieuses de Sainte-Claire de la Porte s'établirent à Toulouse en 1464.

14. Pierre de Lion, frère de Gaston de Malause, sénéchal de Toulouse, successeur de Bernard ilu Rosier, mourut le 21 février 1491 (14^2).

Après sa mort une paitie du chapitre élut Pierre du Rosier, prévôt de Saint - Etienne, et l'autre partie éiut Hector de Bourbon, lils naturel de Jean, duc de Bourbon. Piei-re du Rosier lit confirmer son élection par les archevcqui^s de Narbonne et de Bourges, et piit possession le aS septembre 1493. Hector de Bourbon s'y opposa en vertu des bulles quil avait obteauesdn pape. Pierre du Rosier, et ceux dii^chapitre qui ra\ aient nommé, ap;)elèrent comme d'abus de ces bulles au parlement de Paris.

El. fin le roi renvoya cette afiaire au parlement de Bordeaux, qui décida en laveur d'Hector <le Bourbon par un arrêt dn mois de décembre 1494.

i5. Hector de Bourbon avait été d'abord évêque de Lavaur. Il mourut en ï5o2.

16. Jean d'Orléans, cardinal de Longueviile , n'avait que dix- huit ans lorsqu'il fut élu archevêque i.e Toulouse en 1602. On le nomma a l'évêché d'Orléans en i52i. Le pape Léon X lui accorda la perndssion de posséder ces deux bénélices. Clément VII le lit cardinal le 9 mars i533. Durant sou épiscopat les chanoines de Saint-Etienne, qui avaient mené la vie régulière tlepuis l'an

1077) s^ sécularisèrent en iSio. L'arcliovêque y consentit, et s'occupa principalement (le la rélorme de son clergé en composant des statuts synodaux, relaiits au nouvel état de sonéjilise, qui ont été loni|,-tcnips observés. Il lit laire des réiiarations consiilérables à sa métropole, (it décorer la plupart des autels, tlonria au chapitre une croix d'arj^ent doré, qu'on porte queiquetois aux processions et lit retondre la f^rosse cloche de Cardaillnc eu i53i. Il mourut au mois il'o< tohre i53!) k Tarascon en Provence, en allant à Marseille audevant du pape Clément VII, qui devait se lendre dans cette ville pour la célébration du mariage de sa nièce, Catherine de Mé'lici'-, avec Henri , duc d'Orléans , qui (ut depuis Henri II. C'est de son temps que les minimes s'établirent à Toulouse en i5o3 , et Us relii^ieuses de la Madeleine en i5i6.

17. Gabriel de Gramont, cardinal, avait été successivement é\ê(|ue de Conserans, deTarbes, de Poitiers et de Bordeaux, lorsqu'il monta sur le siéijo (le Toulouse à la lin de l'an i533. Il mourut peu de temps après, savoir, le 7 juin 1534. Son génie, son attachement à la personne du roi, et ses talens pour la négociation , lui méritèrent l'estime de la cour de France, qui le choisit pour deux ambassades importantes , l'une auprès de Charles-Quint, et l'autre auprès du pape Clément VII. Après %a mort son corps tut porté au château de Bidache, dans le diocèse de Bayonne , pour être inhumé dans la sépulture de ses pères.

18. Odet de Coligny, cardinal de Chàtillon, évèque et comte de Beauvais, abbé de Saint-Bénigne de Dijon, de Fieury , de Ferriéres et de Vauxde-Cernai, avait été lait cardinal à l'âge (le seize ans en i53 i; il fut élu archevêque de l'oulouse en i534, '^^ permuta ce siège en i55o, avec le cardinal de Meudon, à qui il céda aussi l'abbaye de Vauluisant pour l'abbaye de Fieury, avec la clause du regrès.

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