Hard
Le vingt-unième, l'an 1327. On y défendit de se faire faire des funérailles avant sa mort. (Hard. 7.)
Le vingt-deuxième, l'an 1690. Le cardinal François de Joyeuse, archevêque de Toulouse, y présida, et y publia des règlemens très-utiles, divisés en quatre parties, sur les devoirs des évoques, des chapitres, des curés, des prêtres et des clercs, des prédicateurs, des vicaires forains, et des moniales. On y traita des sacremens en général et en particulier des reliques àes saints, des indulgences, des fêtes, des vœux, des séminaires, des hôpitaux, de l'excommunication et de la juridiction ecclésiastique , de l'aliénntion des biens de l'Église, de la résidence, de la provision des bénéfices, de la simonie et confidence, des usuriers, des sortilèges et des magiciens.
TOURS , Tiirones et jadis Ccesarodunum, ville archiépiscopale, ancienne capitale de la Touraine, aujourd'hui chef- lieu du département d'Indre-et-Loire, est située dans une plaine grande, agréable et fertile, entre la Loire et le Cher, à cinquantesept lieues de Paris. Sa population s'élève à vingt-deux mille habitans.
Sainte Clotilde, reine de France, y mourut en ôoy; Luitgarde, quatrième femme de Charlemagne, en 800; Carloman, roi de France, en 885; et Louis XI en i483. Les Etats -généraux s'y sont assemblés en 1464, ï465 et 1468. Le parlement de Paris y a tenu'ses séances en différens temps.
C'est la patrie du cardinal d'Amboise, de'Julien Leroi, du P. René Rai)in, de l'archidiacre Béranger et de Néricault Destouches.
Cette ville reçut la foi de saint Gatien , son premier évêque, dans le troisième siècle. Elle est célèbre dans l'Histoire ecclésiastique par le grand nombre des conciles qui s'y sont tenus, et les saints et grands person-
nages qui en ont'rempli le siège. La métropole, d'abord sous l'invocation de saint Maurice, à présent sous celle de saint Gatien, est une des plus anciennes et des plus respectables de France. On lui donne le titre de sainte. Elle a un beau portail. Il y avait une bibliothèque où l'on conseivait plusieurs manuscrits. Son clergé fut institué en collège de chanoines du temps de Ciotaire le', par saint Baiiled ou Baudouin, évêque de Tours. Le chapitre était autrefois composé de huit dignités; savoir, un doyen, un grand-archidiacre, un trésorier, un chantre , un chancelier, deux autres archidiacres , un archiprêtre, et de quarante-cinq chanoines, parmi lesquels était un théologal. Aux principales fêtes , les premiers portaient la soutane rouge, et les autres la soutane violette, paremens et boutonnières rouges. Le chapitre consiste maintenant en neuf chanoines; douze vicaires - généraux assistent, l'archevêque qui a pour suffragans les évêques du Mans, de Quimper, d'Angers, de Vannes, de Rennes,deSaint-Brieux et de Nantes.
L'église de Saint-Martin , célèbre par le tombeau de ce saint, était une des plus anciennes, des plus vastes et des plus illustres du royaume : nos rois s'en qualifiaient abbés et chefs depuis Hugues Capet. Près de quatre cents bénéficiers formaient son clergé : les principaux étaient un doyen et huit antres dignités , quinze prévôts et quarante- trois chanoines.
Avant la sécularisation, qui se fit sous Charlemagne en 795, c'était un fameux monastère, dont le célèbre Alcuin fut un des abbés. Cette église, exempte de la juridiction des évêques de Tours, eut pendant plus de trois cents ans un évêque propre. Le pape Urbain II, en supprimant cette dignité d'évêque en 1096, maintint le chapitre dans l'immédiation au saintsiège. Il en a joui jusqu'en 1709, que M. d'Hairvault, archevêque de Tours, le réduisit au droit commun par arrêt du parlement de Paris du i3 avril.
Cette vénérable église a été détruite
CATALOGUE
pendant la révolution ; on n'en voit plus que deux tours , l'une appelée tour de l'Horloge, l'autre tour de Charlemagne; une place et des constructions modernes occupent le reste de sa vaste enceinte. On compte un pape (Martin IV), plusieurs cardinaux et grand nombre d'archevêques et é\ êques tirés de ces deux illustres chapitres de Saint-Gatien et de Saint- Martin. Il y avait encore dans la ville deux autres chapitres , une abbaye de bénédictins, seize paroisses, y compris celles des faubourgs, dix couvens de religieux, neuf de religieuses, un séminaire dirigé par les lazaristes, un collège tenu par les jésuites, un hôpital général, un hôpital des enfans trouvés et un Hôtel-Dieu.
Près de la ville était un chapitre ou sainte-chapelle royale que Louis XI fonda dans son château du Plessis, et la superbe abbaye de Marmoutier, fondée par saint JViartin, qui, après avoir été occupée pendant quelques siècles par des chanoines, embrassa la règle de saint Benoit et la réforme de saint Maur. La manse abbatiale fut réunie à l'archevêché de Tours.
On voyait encore près de cette ville l'abbaye royale de Beaumont, Ordre ~ de Saint-Benoit. Le monastère des minimes du Plessis était le chef d'ordre et la première maison de l'institut de Saint-François de Paule, qui y mourut le 2 avril 1607.
Le diocèse contenait environ trois cents paroisses, divisées en trois archidiaconés, quatre archiprêtrés et vingt -trois doyennés. Il y avait de plus dix-sept abbayes, trois commanderiesde Malte et douze collégiales, parmi lesquelles ou distinguait celle de Candes , petite ville au confluent de la Loire et de la Vienne, où saint Martin mourut au milieu d'un clergé qu'il y avait probablement établi. Il fut depuis érigé en collège de chanoines, et connu sous l'invocation de saint Maurice. On le connut plus tard sous le titre d'église royale et collégiale de Saint-Martin de Candes. Nos rois l'avaient toujours spécialement protégé. Louis XI l'affranchit de tous
droits d'amortissement. Charles IX lui remit toutes les impositions.
Louis XIV en lyiô, lit relever un des piliers de l'église, et Louis XV, par un arrêt de son conseil d'état donné à Chantilly le 25 juin 1725, ordonna que pendant cinq ans il serait prélevé un dixième sur le prix des ventes et adjuilications extraordinaires des bois ecclésiastiques de futaies et baliveaux dans l'étendue de la généralité de Tours, pour le rétablissement de la majeure partie de cette église, qui menaçait ruine en 172.3, « n'étant rien si désirable (ce sont les propres termes de l'arrêt) que de pouvoir rétablir pour la postérité cet édihce , qui est un ancien monument ne la piété des rois prédécesseurs de sa majesté.» Le chapitre de cette collégiale, sans y comprendre le bas- choeur, était composé d'un chefcier , d'un prévôt et de douze chanoines, parmi lesquels était le grand -archidiacre de Tours par annexe. En conséquence d'une fondation immémoriale, les bénédcitins de l'abbaye de Bourgueil étaient obligés d'envoyer quatre religieux à Candes le 11 novembre et le 4 juillet, jours des deux fêtes de saint Martin, pour aider les chanoines à faire l'oilice avec plus de célébrité.
Le diocèse renferme aujourd'hui vingt-sept cures, deux cent vingttrois succursales et '«'ingt vicariats.
Des congrégations religieuses de differens ordres y ont neul établisseniens renfermant deux cent soixantedix-neuf sœurs. Le revenu de l'archevêché de Tours était de quarante mille livres, et la taxe eu cour de Rome de neuf miliecinq cents florins.
archevêques de Tours.
1. Saint Gatien , destiné à cette église par le pape en 260, selon Grégoire de Tours (liv. lo, chap. 3i de l'Histoire des Français), la gouverna trente-neuf ans. >^o y. saint Gatien.
a. Saint Lidoire présidait à cette église en 338 , selon le même Grégoire, et la gouverna trente-trois ans.
DES ÉVÊCHÉS DE FRANCE
3. Saint Martin, ayant quitté la milice séculière«en 353, fut tiré du monostère pour être élevé sur ce siège en 375. Il serait trop long de détailleries preuves multipliées qu'il donna d'un esprit et d'un cœur dignes d'un vrai successeur des apôtres, jusqu'à sa précieuse mort arrivée le 11 novembre 397, selon les uns, et 401, selon les autres. Voy, saint Martin.
4- Saint Bricegouverna cette église dix-sept ans, dit Grégoire de Tours, (llv. 10, chap. 3i.)
5. Eustochie, dont Grégoire relève la sainteté (liv. 10, chap. 3i ,) présida à cette église pendant dix-sept ans.
6. Saint Perpétue souscrivit au premier concile de Tours en 461, et à celui de Vannes en 465.
7. Saint Volusien, dont Grégoire de Tours relève, comme à l'égard du précédent, la noblesse et la sainteté, présidait à cette église du temps de CLovis. Il mourut à Toulouse, lieu de son exil, après sept ans et deux mois d'épiscopat.
8. Vénis , rap|)elé aussi par Grégoire de Tours, gouverna cette église onze ans et huit jours. Il souscrivit, par Léon son diacre, au concile d'Agde, en 5o6.
9. Licini us était abbé du monastère de Saint-Venant, lorsqu'il fut placé sur ce siège, qu'il occupa douze ans et vingt-cinq jours. Il assista au premier concile d'Orléans en 5ii .
10. Théodore et Procule gouvernèrent ensemble cette église, dit Grégoire de Tours, (liv. 10, chap.
dernier.)
1 1 . Dinifie présida dix mois à cette église, à laquelle il donna ce qu'il possédait de meilleur.
1 2. Ommatie, sénateur d'Auvergne, et sacré par ordre du roi Clodomir, distribua son bien aux églises, après avoir gouverné celle-ci quatre ans et cinq mois.
i3. Léon était abbé de Saint-Martin, lorsqu'il fut élevé sur ce siège qu'il occupa six mois.
14. Francilion qui avait donné, de concert avec son épouse, la plus grande partie de ses biens à l'église
de Saint - Martin , gouverna cette église deux ans et six mois.
i5. Injurieux avait contribué à plusieurs pieux établissemens dans cette métropole, lorsqu'il mourut après l'avoir gouvernée seize ans, onze mois et vingt-six jours. Il souscrivit au second concile d'Orléans en 533 , au troisième en 538, par son député, et au quatrième en 541. Il fut le seul qui s'opposa au décret qu'avait porté le roi Clotaire, pour obliger les évoques à donner au fisc le tiers des revenus de leurs églises.
16. Baudin, dont Grégoire de Tours loue la charité envers les pauvres, était référendaire du roi Clotaire, lorsqu'il fut élevé sur ce siège. Il fonda la table des chanoines, et mourut après avoir présidé à cette église cinq ans et dix mois.
17. Gonthier gouvernait avec prudence , dit Grégoire , l'abbaye de Saint-Venant, lorsqu'il fut appelé à cette métropole. Il la déshonora dans la suite en se livrant à l'ivrognerie, et mourut après avoir occupé ce siège seulement deux ans , dix mois et vingt-deux jours.
18. Saint Eufrone, élevé à cet archevêché par l'ordre de Clotaire, assista au concile de Paris en 55;, et au second de Tours en 567. Il est aussi fait mention de lui dans les actes de celui de Saintes, dont parle Grégoire (liv. 4> chap. 26.) Le même Grégoire dit de lui des choses honorables à sa mémoire (liv. 10, chap. dernier.) Il mourut après dix-sept ans d'épiscopat en 572, selon les uns, et selon Baronius en 574.
19. Saint Grégoire, la lumière de l'église de France, baissa les épaules sous le poids de l'épiscopat, dit-il luimême, après la mort de saint Ei\frone.
Il assista au concile de Paris en 677, et se purgea en 58o, dans celui de Brenne, de l'accusation intentée contre lui de discours tenus contre la reine Frédégonde. Il mourut le 17 novembre 595. V^oy. saint Grégoiue DE Tours.