Sévère
11. Saint Nicaise fut massacré par les Vandales en 407. L'église célèbre sa mémoire le 14 décembre. Ses reliques furent portées partie à Noyon, et partie à Tournai. Celles qui avaient été portées dans cette dernière ville, •furent rapportées à Reims, dit-on, sous l'archevêque Gervais; et saint Louis, qui en reçut une petite partie de l'archevêque Thomas en 1257, les lit mettre à la Sainte-Chapelle.
12. Baruc ou Barucie. Quoique Flodoard prétende que ce soient ici deux évêques diflérens , il y a toute apparence qu'un seul a été nommé tantôt d'une façon et tantôt de l'autre.
j3. Barnabe.
1^. Bennage, par son testament
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tlonna la moitié de ses biens à son église.
i5. Saint Rémi , apôtre des Français, lut moins élu que forcé d'accepter le gouvernement de cette église en 4^9, étant âgé seulement de vingt-deux ans. II s'acquit par sa piété, sa doctrine et ses miracles, tant d'estime dans l'esprit du grand Clovis, que ce prince, devenu chrétien après la victoire qu'il avait remportée à Zulpicli, voulut recevoir le baptême de ses mains. Saint Rémi conféra donc, à Reims, ce sacrement de notre régénération au premier roi de France le jour de Noël 496, dans le baptistaire alors unique dans la ville, et contigu à la cathédrale. Il obtint en 499 '^ grâce d'un nommé Euloge, coupable île lèze-majesté. Il fut lait vicaire du saint -siège dans tous les états de la domination française, par le pape Symmaque en 5o8, dignité qui ne passa point à ses successeurs. Il assista en 617 à un concile des provinces Belgique et Celtique^ dans lequel il ramena à la foi un arien, qu'il avait réduit à un honteux silence. Il consacra saint Médard , évêque de Vermand, en53o, et s'endormit dans le Seigneur plein de jours et de mérites, le i3 janvier 533. Son corps , qui reposait à Reims dans la célèbre ai)baye de son nom, fut trouvéen entier en 1646. P^oy.SxiNi Rémi de Reims.
16. Romain occupa ce siège depuis 533 jusqu'en 535, c'est-à dire, environ deux ans.
17. Flavie assista et souscrivit au concile d'Auvergne en novembre 535.
18. Mapin souscrivit par son archidiacre aucinquieme concile d'Orléans' en 549.
19. Gilles présidait à cette église en 565. Illustre d'abord par sa piété, ses talens et les biens qu'il procura à son église , il se déshonora clans la suite par des écarts indignes de la probité épiscopale, et fut iléposé et envoyé en exil, comme coupable de lèze-majesté , ayant seulement obtenu grâce pour sa vie, à la prière des évèques assemblés pour le juger.
20. Romulfe fut substitué à Gilles en 590, et mourut, dit le P. Le Cointe, à la fin de 593.
21. Sonnatius, élu, selon le P. Le Cointe, au commencement de 594, célébra à Reims au concile dans lequel, accompagné de plus de quarante autres évèques, on lit, dit Flodoard,plusieursrèglemens très-utiles à l'Eglise. Cet auteur lui attribue aussi un testament par lequel il lit un grand nombre de legs, qui sont autant de preuves de sa piété. On croit qu'il mourut le 20 décembre 63i, et on assure que Dieu fit éclater sa sainteté pendant plusieurs années par quantité de prodiges. On lui attribue plusieurs statuts synodaux qu'on peut voir dans Marlot et le P.
Labbe.
22. Leudégisile commença à gouverner cette église en 63i, et mourut en 6|i, selon le P. Le Cointe.
23. Anglebert élu, selon le même auteur, en 642, mourut en 645.
24. Landon devint évêque de cette église, si l'on en croit le P. Le Cointe, en 645, et mourut en 649.
25. Saint Kivard ou Nivon gouvernait cette église dans le même temps que Clovis II régnait en Neustrie , et vivait encore lorsqu'en la troisième année de Childéric II, le monastère de Montirandel ou Montièrame lut forulé. On solennise sa mémoire le lef septembre.
26. Saint Réole , sacré évêque de Reims après la mort de saint Nivard, environ la troisième année du règne de Childéric II, assista au concile de Rouen la troisième année de Théodoric III, et mourut le 3 septembre après vingt-six ans d'épiscopat, pendant lesquels Flodoard assure qu'il augmenta beaucoup les revenus de son église.
27. Saint Rigobert semble être monté sur ce siégo vers le commencement du règne de Clovis III. Il en fut chassé par Charles-JVIartel, au dire de plusieurs, en 717, mais plus vraisemblablement en 721. Il se retira en Aquitaine, où il passa quelques années dans les exercices d'une piété
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fervente. De retourdans son diocèse, quoique sans autorité, il continua d'y donner les plus édifians exemples, et y mourut aussi saintementqu'il avait vécu, le 4 janvier 782, selon les uns et 733 selon d'autres.
28. Abel fut fait archevêque au concile de Soissons en 745 , par les bons offices du pape Zacharie, de Boniface, archevêque de Mayence, et de Pépin , alors f^énéral de l'armée de France; mais il ne put gouverner long-temps cette église, vu les violences continuelles du faux évoque Milon; et, de retour en Hibernie, sa patrie, il s'appliqua, à ce qu'on croit, à la conversion des inlidèles. On ne peut assigner le temps de son décès qu'aux années 747 ou 748 ou enfin 761 . VoyezVKGi, t. 3, pp. 267 et 258, et les Bollandistes, t. 2 d'août, p. 111.
29. Tilpin, que d'autres nomment Turpin, et que quelques- uns mettent au rang des saints, commenta à gouverner cette église à. la lin de 763, ou au commencement de 754. H assista au concile de Rome en 769, obtint de Cliarlemagne plusieurs privilèges pour son église, et du pape Adrien \e paLUum, ainsi que la confirmation du titre de métropole pour son siège, vers l'an 775. Ce pape donna aussi vers le même temps à l'arche\'éque Tilpin, la qualité de primat de la seconde Belgique, et l'assujettit à la seule autorité du saintsiège. Enfin après avoir fait de grands biens à son église, ce digne prélat mourut en 794, selon Flodoard, et en 800 selon le P. Le Cointe.
3o. Wlfare, semble n'avoir occupé ce siège qu'en 808. Il souscrivit au testament de Cliarlemagne en 811, célébra deux conciles, l'un en 8i3 à Reims, l'autre en 814 à Noyon, et mourut le 18 août 816.
3i. Ebbon avait assisté en qualité d'abbé au concile de Noyon en 81 4^ et devint archevêque de Reims en 8i6, lorsque le pape Etienne y vint sacrerLouis-le-Débonnaire.Lescommencemens de son gouvernement furent éclatans par les avantages qu'il procura à son église. Il assista a un
concile de Thionville en 822 , et fut déposé dans un autre de la même ville en 835; enfin, s'étant retiré vers Louis, roi de Germanie, ce prince Je nomma à l'évêché d'Hildesheim en Saxe, qu'il gouverna depuis 847 jusqu'à sa mort, arrivée le 20 mars 85i.
32. Hincmar, allié aux comtes de Tardunois et de Toulouse, fut élu dans le concile de Beauvais, en 845 au mois d'avril, et sacré le 3 mai suivant. Après avoir reçu de Léon IV, \c pallium, il fut confirmé dans cette dignité par les papes Benoît III et Nicolas 1er. Il assista au concile de Meauxenjuin 845, à l'assemblée d'Epernayen 846, et, en 847, au synode de Paris dans lequel l'affaire d'Ebbon fut traitée de nouveau. Vers l'an 8.5o, il s'appliqua à faire achever sa cathédrale, qu'il orna ensuite avec beaucoup de magnificence. Il apporta aussi ses soins à l'agrandissement de l'église de Saint-Remi, des reliques duquel il fit une nouvelle translation en 852. Il avait eu de grands différends avec Gothescalc en 848, et sa conduite envers ce moine fut désapprouvée de plusieurs, et en particulier du concile de Valence en Dauphin é , tenu en 855, et de celui de Langres tenu en 859. Il s'était trouvé au concile de Boneuil-sur-Marne en 855, et assista en 860 à ceux deToussy et de Coblentz , ainsi qu'à celui de Pistres en 862. Il s'opjiosa en vain en 865, à la réhabilitation donnée par le pape Nicolas I-^ à Nothade, évêque de Soissons, qu'il avait fait déposer dans le concile de cette ville en 862, comme fauteur d'Ebbon. Sa conduite envers son neveu, évêque de Laon, fut aussi des plus dures, et celui-ci ne manqua pas de s'en plaindre en 878, dans le concile de Troyes, où ils se trouvèrent tous deux. Hincmar de Reims tint lui-même un concile ilans sa métropole en 879. Enfin les Normands étant entrés dans la province tle Reims en '882, il s'enfuit à Epernay, où il mourut le 23 décemlîre. Voyez Hincmar.
33. Foulque, allié aux ducs de Spolette, fut sacré au commencement de
mars 883. Il lit environner la ville d'un nouveau niuv, pour la mettre à l'(5preure des attaques continuelles des bai baies , abattre l'église de Saint- Denis , qui taisait obstacle à cet ouvrage, et rapporter à Reims le corps de saint Renii. En faisant compliment à Adrien III sur son exaltation, arrivée en 884, il lui demanda la confirmation de l'augmentation des privilèges accordés à son église par les préiiécesseurs de ce pape. Il s'efforça en 893 , de détrôner Odon , fils de Eobert-le-Fort, salué roi de France dans le concile assemblé à Reims à cet effet, et couronna Cbarlesle-Simple le 28 janvier. Il envoya ses suffragans en 898 au concile de Rome assemblé après la paix faite entre Odon et Charles, et exerça cette année et la suivante l'office de chancelier de France, qui passa ensuite à plusieurs archevêques de Reims. Il fut tué vers l'an 900 , par les amis de Baudouin, dont l'abbaye lui avait été donnée par le roi.
34. Hervé , tiré de la cour pour remplir ce siège et sacré en 900 , se montra digne de cette élévation par une conduite brillante de vertus épiscopales. Le jour même de son saci'e, l'excommunication fut lancée contre les meurtriers de son prédécesseur. Il s'appliqua les années suivantes à la conversion des Normands, et y réussit admirablement.
Il tint un concile à Troslé en Gog, et fut fait chancelier de France en 910. Il présida en 921 à un autre concile de ïroslè , et quitta peu après le parti du roi, auquel il avait auparavant marqué un extrême attachement, peut-être parce que ce prince lui avait retiré la charge de chancelier. Enfin il mourut il'une langueur de peu de jours le 2 juillet
35. Séulfe, sacré en 92a, tint la même année un synode dit de Meiins, dont quelques cliai)itres sont rapportés dans une charte du monastère de Saint -Rémi en date de l'année 923, ou peut-être 924, avant Pâques.
Il en tint un second à Troslé cette
même année 924, et mourut en 926 , ou peut-être 926, avant Pâques.
36. Hugues, élu quoiqu'enfant en 925, fut exclu, ainsi que celui auquel on avait donné le gouvernement de cette église en son nom, en 931. Il fut replacé sur son siège et sacré en 9^0 ; mais il fut obligé de se retirer en 946. Il tenta encore plusieurs fois d'y rentrer*, mais il fut exclu sans retour en 962.
37. Artauld, sacré en 93i , fut obligé de céder à Hugues en 9I0, mais il fut remis en possession en 945. Il y fut maintenu par les conciles assemblés sur le différend d'entre lui et son compétiteur. Il assista au concile de Mouson en 948, ainsi qu'à celui tie Trêves. Il assembla en 953 un concile de cinq évêques à Saint-Thierri dans la campagne de Reims, et mourut le 3o septembre
38. Odolric, autrement Odalrie, Udelrie ou Ulrie , né de parens illustres par leur piété, ainsi que par leur noblesse, élu sous le bon plaisir du roi Lothaire en 962 , et sacré la même année, reçut le pallium du pape Jean XII, et fut fait chancelier de France en 963. Il assista en 966 à une assemblée d'èvêques tenue à Cologne , et mourut en 969, après avoir pris un granil soin des intérêts de celteéglise, fju'il avait gouvernée sept ans.
39. Adalberon, d'Ardenncs, élevé sur ce siège en 967, par les soins de Lothaire, s'appliqua aussitôt après son sacre à faire refleurir la religioil «laiis son diocèse. Il présida en 972 au concile du Mont-sainte-Marie , y en assembla un second l'année suivante, et un autre à Reims en 975.
Les soins qu'il se donna pour procurer la paix entre les rois de France et de Germanie, surpassent toute expression. Il ne vécut pas longtem[)S après avoir sacré Hugues Capet le 3 juillet 987, étant mort le 5 ou le 23 janvier 988.
40. Aruoul, élu en 988, passa pour avoir a|)pelé à Reims le duc de Lorraine , environ six mois après avoir
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juré fidélité aux rois Hugues et Robert. Il se réconcilia avec Huf^ues en 989, mais il cons])iia peu après de nouveau contre ce prince ^ ce qui donna lieu à l'emprisonnement cl'Arnoul et à l'élévation de Gerbert son secrétaire. Celui-là cependant fut remis sur son siège par le concile convoqué par le pape Jean XV, et celui-ci obligé de céder. Arnoul mourut en 1021.
41 . Gerbert, ordonné dans un concile assemblé par le roi , fut contraint, comme on vient de le dire, de céder cette place en 995. S'étant retiré vers l'empereur Otton III, il l'accompagna en Italie, où, ayant passé quelque temj-.s à Ravenne, il fut fait archevêque de cette ville- Le pape Grégoire V étant mort en 999, Gerbert fut élevé sur le saiiitsiége par la faction impériale, et prit Je nom de Sylvestre II. Il marqua aussitôt la générosité de son cœur par les privilèges qu'il accorda à Arnoul, replacé alors sur le siège de Reims.
43. Ebale, de Roucy, occupait déjà ce siège en 1021. Il restitua en 1026 l'église de Douzy au monastère de iWouson, sacra Henri I"^"^ en 1027, et procura en loSa la réparation du monastère d'Epernay. Il mourut en io?>^, selon la chronique de Mouson.
43. Guy 1er Je Cliâtillon, sacré au mois de juillet io33, termina en J040 le différend d'entre l'église de Reims et l'abbé de Saint- Viton de Verdun, en donnant à celui-ci, pour compensation de ses droits, la paroisse des Vignes. Il assista en 1048 au concile de Senlis; il reçut magnifiquement, en 1049, '^ pape Léon IX dans sa ville métropolitaine, oii ce pontife ayant consacré l'église de Saint- Remi le 2 octobre, y célébra le lendemain un concile, dans lequel Guy fut accusé de simonie; mais il ne parait pas qu'il ait été convaincu, puisqu'il ne fut pas dé|)Osé, et qu'après ce concile il célébra dans son église métro])Olitaine les noces ilu roi Henri I«f en io5i. 11 mourut le i«' septembre io55, api es aNoir con-
senti à la réparation du monastère d'Epernay.
44- Gervais, fils d'Hamelin ou Aimond, seigneur du Cluiteau-du-Loir, et de Hildegarde ou HiKIeburge de Bellisme, lut transféré de l'évêché du Mans à celui-ci en io55, et sacra Philippe 1er le 28 mai 1059. On trouve plusieurs lettres qui lui sont adressées par les papes Etienne X, Nicolas II et Alexandre II, ainsi que deux de sa part, l'une à Nicolas II, et l'autre à Alexandre II. Il se fit principalement beaucoup d'honneur en contribuant à la fondation de l'église du Château-du-Loir , et à la réparation de plusieurs églises du diocèse de Reims. Il mourut le 4 juillet 1067, après avoir donné les plus évidentes preuves de l'ardeur de sa foi.
45. Manassès, fils de Mauassès de Gournay, vidame de Reims, et de Béatrix de Hainac, fut sacré au plutôt au mois d'octobre 1069, célébra un concile à Paris en 1075, de concert avec Richard, archevêque de Bourges, dans lequel le roi de France Phili|)pe I*"^ leur proposa un édit en faveUr de l'église de Compiègne. Il gouverna d'abord, à la vérité, cette église en bon pasteur; mais la suite ne répondit pas à ces beaux commencemens, ce qui tlonna lieu à sa déposition arrivée en 1080. On croit cependant qu'il rentra en lui-même, et mourut à Rome en 1092; mais sa conversion n'est pas aussi certaine qu'il serait à désirer.
46. Rainaud fer du Bellay, né de parens illustres, étant monté sur ce siège eu io83, s'appliqua aussitôt à réparer les dommages causés à son église, et célébra l'année suivante un concile à Soissons. Il en assembla un autre à Compiègne en io85, dans lequel la liberté de cette église fut confirmée. Il obtint du pape Urbain II, en 1089, un privilège par lequel dorénavant les archevêques de Reims porteraient le pallium, seraient qualifiés primats de la seconde Belgique , et sacreraient les rois de France. Il célébra en 1092 un concile à Reims, par l'autorité iluquel Ro-
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beit, comte de Flandre, cessa de s'emparer des biens des clercs à leur mort, et en indiqua un autre à Soissons, en 1093, contre l'hérétique Roscelin. Il assista encore en 1096 au concile de Clermont, ayant souscrit peu auparavant à celui du Montsainte-Marie, et n'ayant eu aucune part aux noces adultères du roi. Enfin il mit tout en œuvre pour étouffer jusqu'aux moindres semences de discorde entre les liabitans île Cambrai et ceux d'Anas, et mourut en cette dernière ville le' ai janvier 1096.
47- Manassès II, fils do Manassès de Cliâtillon, dit/e Chauve, v\c\ame de Eeims, fut conliinié archevêque par Urbain II, en 1096, et sacré le dimanche de la Passion , après avoir reçu le diaconat la première semaine de carême, et la prêtrise la troisième. Il tint eu 1099 un concile à Saint- Omer, à la prière de Robert-le-Jeune, comte de Flandre. Marlot croit qu'il fut un de ceux qui couronnèrent le roi Pliili[)pe le jour de la Pentecôte de l'année 1100, quoique ce prince fût alors excommunié. Déjà vieux, il lit cette année et les suivante? des présens considérables à plusieurs monastères; il tint un synode à Reims en iio3, et termina cette même année les différends d'entre les chanoines de Saint-Sympliorien et ceux de Saint-Denis. Il assista en 1104 au concile de Troyes, en assembla un autre à Reims en iio5, et mourut en 1106.
48. Raoul-le-Vert, illustre par sa science et sa droiture, fut sacré à Orléans au mois d'août 1108, malj^ré les oppositions des chanoines de Reims. Eniin la paix ayant été rertdue à cette éf^lise , princi()alement par les bons olïices d'Ives de Chartres et de Lambert d'Arras , Raoul prêta au roi le serment ordinaire le jour de Noël de cette même année.
Il assista en 1110 au concile de Fleury, et, en iii4) ^" septembre et décembre, à ceux de Reims et de Beauvais, ainsi qu'a un autre tenu à Reims en iii5, par Conon, léi^at apostolique. En 1119, le pape Calixte 11 as-
sembla à Reims un célèbre concile, et vers la même année Raoul en célébra un à Soissons, de concert avec le légat, contre Pierre Abailard.
Il approuva l'année suivante, au concile de Beauvais, le décret concernant l'élévation du corps de Saint-Arnoul, évêque de Soissons. Il mourut le 23 juillet 1124.
49- Rainauld II de Martij^ny ou des Prés, lils de Brientius, de la famille de Mayenne en Anjou, lut transféré , ])ar la faveur du roi Louis VI , de l'évêché d'Angers à cette église en 1124» et assista cette même année au concile de Clermont. Il se trouva en 1128 à l'assemblée d'évêques tenue par Matthieu, évêque d'Albano, et établit des chanoines réguliers dans le monastère de Saint- Martin d'Epernay. Il sacra, le jour de Pâques 1129, Philippe, lils aîné de Louis VI. Il assista au mois d'octobre ii3i au concile assemblé àReims par le pape Innocent II, qui y sacra Louis VII à la prière du roi son père. En 11 33, il se trouva au concile de Jouarre, dans lequel on excommunia les meurtriers du prieur de Saint- Victor de Paris, et partit en ii34, pour le concile de Pise. Enlin il mourut extrêmement vieux en 1 138.
5o. Sanson, lils de Raoul de Mauvoisin, dit le Barbu, d'une des plus nobles familles' du Vexin , fut élu après deux ans de vacance par les soins de saint Bernard , et sacré par Joslen en 1140. Il commença dèslors à faire briller sa vertu et sa prudence, par le soin qu'il prit du troupeau qui lui était confié. Il condamna la même année, dans le concile de Soissons, les erreurs d'Abailard , et en écrivit à Innocent II, de concert avec les évêquesde Soissons, de Ghàlons et d'Arras. Leur lettre est la cent quatre-vingt-onzième parmi celles de saint Bernard. Il fut privé de l'usage du /jfl//iu/M^)ar Eugène III en 1146, pour avoir couronne Louis VII et célébré les divins offices dans la ville de Bourges, soumise alors à l'interdit, décret dont saint Bernard se plaignit amèrement, vu surtout les
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privilèges de l'église de Reims , et l'occurrence de l'expédition de la Terre-Sainte, pour laquelle toute la cour était asseml)lée. Il assista en 1148 au concile célébré à Reims par le même Eugène III , dans lequel le différend de la préséance entre l'archevêque de Reims et celui de Trêves fut terminé de la même fa^^'on que l'avait été un semblable diflerend, cent ans auparavant, sous le pape Léon IX. Il concourut dans le concile de Baugency, en 1162, à la cassation du mariage tle Louis VII avec Eléonore, iluchesse d'Aquitaine. Enlin il termina heureusement la carrière qu'ilavait sisaintementlournie, le 21 septembre 1161.
5i. Henri !««■ de France, frère de Louis VII, passa du siège de Beauvais à celui-ci le 18 février 1162, avec l'approbation tlu pajje Alexandre III, qui lui envoya le paZZjum par l'abbé de Grand -Bois. Il s'appliqua sans délai à procurer, de concert avec ses suiTragans , l'honneur de l'église de Chàlons. li eut en 1164. îles diiïérends considérables avec les habitaiis de Heims ainsi qu'avec ses chanoines, lesquels après avoir causé de grands maux en cette ville pendant plusieurs années, furent enfin terminés en 1 167, selon le P. Pagi, t. 4, p. 629. Il parut Aussi dans le pape Alexandre quelque refroidissement à son égard en ai66*, mais les mouvemens que se donna Henri environ cette même année contre un essaim <le manichéens tombé en Flandre, donnèrent une telle satisfaction au pape, qu'il confia dans la suite plusieurs altaires importantes à la prutlence de notre archevêque. En un mot, s'il eut des ' défauts, il mérita de plus d'une part l'estime de sa nation ; disons plus, celle des peuples les plus éloignés.
Il mourut en nyS, et fut inhumé devant le grand autel de sa cathédrale.
52. Guillaume I'^'', quatrième fils de ThibauUl, comte de Champagne et de Mathildede Carinthie, nommé communément GuilLaumeaiix-bLanches-mains , ayant embrassé l'état
ecclésiastique dès sa tendre jeunesse, posséda d'abord plusieurs dignités en diverses églises, jusqu'à ce que, élu évèque de Chartres, il passa ensuite à l'archevêché de Sens, enfin à celui de Reims au commencement de 1176, où il continua d'exercer la fonction de légat apostolique, dont il avait été honoré lors de son gouvernement à Sens. Aussi- , tôt qu'il eut été reçu a Reims, il résolut d'assister à l'office de sa cathédrale pendant un an entier, afin de s'assurer par lui-même des donations de ses prédécesseurs, pour les confirmer, et aussi pour engager ses chanoines à l'exactitude, et terminer les diliërends qui s'excitaient, de temps en temps, parmi les clercs. Il fut aussi, dit Marlot, le premier qui signa seul les expéditions de son secrétariat, et sans marquer l'année de son pontificat. Il assista au mois de mars 1179 au concile de Latran, dans lequel il fut créé cardinal-prêtre du titre de Sainte-Sabine , et obtint, pendant son séjour à Rome, la cassation d'un décret de Reims, qui défendait de laisser en aumône aux éiilises aucuns biens fonds. Alexandre III lui accorda encore vers le même temps le privilège exclusif de sacrer les rois de France, privilège confirmé alors par le roi Louis VII, et ensuite par les successeurs d'Alexandre.Il fut aussi, à son retour en France, créé duc et pair,et depuis ce temps les archevêques de Reims n'ont pas seulement conservé cette dignité, mais ont tenu et tiennent encore le premier rang entre ceux qui en sont revêtus. Philippe-Auguste l'ay.mt fait son premier ministre en ii83, pria le pape Luce de le dispenser de l'aller trouver, vu le besoin qu'il avait d'une personne aussi capable qu'était Guillaume, de l'aider dans le gouvernement de son royaume. Ce cardinal cependant partit pourRome en ii85, et se trouva à l'assemblée dans laquelle Urbain III fut déclaré pape. Marlot croit qu'il se trouva aussi à l'élection de Grégoire VIII, eu 1187. De retour en France la
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même année, il consentit, pour le bien de la paix, au droit que son chapitre s'arrogeait, d'excommunier et d'absoudre ceux d'entre eux qui se trouvaient l'avoir mérité. Il consentit mal-à-propos eu 1193, au divorce entre le roi Philippe et la princesse Irigelbui-ge. Il fut de nouveau créé légat apostolique par Innocent III, en 1198, et, étant tombé malade en Italie, où il était allé pour la troisième fois, il voulut revenir en son diocèse; mais il n'y put arriver, étant mort suintement à Laon le 7 septembre 1202.
53. Gui II Paré, d'abord abbé de Cîteaux , ensuite cardinal et évêque de Préneste, puis légat apostolique en Allemagne, monta sur la chaire de Reims en 1204» cette église ayant été deux ans vacante. En 1 2o5 le pape Innocent III lui assura et à ses successeurs le droit tle sacrer les rois de Fi-ance et plusieurs autres privilèges. Étant parti en 1206 pour la Flandre, dans le dessein de s'acquitter des devoirs de sa légation, il mourut à Gand le 3o juillet de la même année.
54. Albéric de Humbert ou du Haut-Villiers , prit possession de cette église le i*'' juillet J207, et fut sacré le dimanche suivant. Il se croisa contre les Albigeois en 120^, et se fit en Languedoc une grande réputation d'éloquence. Il accorda la même année, aux chanoines deSaint- Balsamie de Reims, les mômes privilèges qu'à ceiiK de la n)étropole.
Vers l'an 1211, la cathédrale ayant été réduite en cendres , on jeta l'année suivante les fomlemens de celle qui subsiste maintenant, à la construction de laquelle on a employé vingt ans, selon quehiues -uns, et trente, selon d'autres. Albéric se trouva en i2i5 au concile de Latran, et en i2t6, au jugement porté à Melun, dans une assemblée des pairs tant ecclésiastiques que laïques, contre Blanche, comtesse de Champagne. Enfin , à son retour tle la guerre sainte, il mourut à Pavie le 2j. décembre 12:8.
55. Guillaume II, fils de Godefroi de Joinville, prit possession de cette métropole le 10 juin 1219; mais il refusa de promettre qu'il garderait à la lettre les privilèges et coutumes du chapitre. Son droit de rappeler les bannis, à son joyeux avènement, fut confirmé par Philippe- Auguste en 1220. Après s'être croisé contre les Albigeois en 1226, il fut consumé par la lièvre, à Saint-Flour en Auvergne, le 6 novembre tle cette année.
56. Henri II, fils de Robert II, comte de Dreux et tle Brenne, après avoir refusé l'èvêché de Châlons en 1226, accepta ce siège en 1227, et fut sacré ilans l'octave de Pâques. Il s'opposa, comme un mur d'airain, aux mépris que les laïques faisaient paraître pour les ecclésiastiques, et célébra à ce sujet plusieurs conciles, l'un à Saint-Quentin au mois d'août
1 23 1 , d'autres à Noyon et à Laon en
1232, un tlernier à Saint-Quentin en
1233, Il en assembla encore de nouveaux en 1235 et i236, tant à Compiègne qu'à Senlis et à Saint-Quentin, au sujet des violences exercées parles Rémois contre ses chanoines, ses domestiques et sa propre personne. Saint Louis n'oublia rien ponr pacifier ces troubles. Enfin , après avoir encore tei;u un concile à Saint- Quentin , pour la défense de la liberté des clercs, il mourut dans le château de Curville , à six lieues de Reims, le 6 juillet 1240.
57. Juhelle, archevêque de Tours, vu la vacance de quatre ans , occasionnée par l'ambition de plusieurs, fut nommé archevêque de Reims par Innocent IV, tl'accord avec le roi en 1244- Après avoir pris possession de ce siège, il fit la visite des églises de la ville et du diocèse, et soumit à l'autorité de l'écolâtre les pauvres écoliers, dits Bons-enfr.tis , au mois de mai i2f5. Il assista la même année au concile tle Lyon, et, l'année suivante, Innocent IV lui accorda le privilège tle ne pouvoir être frappé de censure que par le saint-siége luiuiême. Sa mort, arrivée vn laSo, t^sl
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marquée au 18 décembre clans le nécrologo (le Reims, qui fait de lui une très-hoM<iral)le mention.
58. Thomas, (ils île Gilles de Eaumets ou Beaumanoir, et d'Agnès de CoHcy, fut élevé sur ce siège le 19 mars laSi, et reçut aussitôt la permission du pape de se faire sacrer par l'évèque de Laon, vu l'absence de celui de Soissoi;s. Il tint en jaSô et en JaSj deux conciles provinciaux, l'un îi Saint-Quentin, et l'autre à Coaipièiine. Il mourut le i5 ou le 17 mars
59. Jean I*', fils de Robert de Courtenay, du sang royal de France, et de IVlatliilde de Meun, conlirnié dans la dignité d'archevêque de Reims par le pape en 1266, en prit possession le 6 octobre de cette année. Il accorda en 1268 des intlulaences à ceux qui contribueraient au bâtiment de la nouvelle é::li|e des frères-prêcheurs, et convoqua en 1270 ses suffragaus pour travailler île concert avec eux à délivrer les clercs des vexations des laïques. Il mourut en septembre cotte même année.
60. Pierre I«' Barbet ou Baibète monta, dit-on, sur ce siège en janvier 1274, et partit au mois de mai suivant pour le concile de Lyon, dans lequel il reçut de Grégoire X la confirmation de tous les privilèges de' son église. Il s'intéressa l'année suivante, avec beaucoup d'em[)ressement, pour la canonisation de saint Louis. Il indiqua en 1278 un concile provincial à Compiègne au sujet des censures que fulminaient souvent alors les chapitres , et en tint encore un en 1287 au sujet des privilèges accordés par Martin V aux frères -prêcheurs et mineurs par rapport à la confession. Il fut souvent envoyé en ambassade tant vers le pape, que vers le comte de Flandre en 1294 et 1295 , et mourut le ] i octobre 1298.
61. Robert I^' de Courtenay, fils de Guillaume , seigneur de Champignelles et de la Ferté-Loupière, prit possession de cette église le 8 septembre 1299, etfutle premier archevêque qui joignit dans son sceau les
armes de sa famille avec l'image de la sainte Vierge. Il tint un concile à Compiègne en i3oi, dans lequel des abbés, qui avaient conspiré contre leurs évêques, furent excommuniés; un à Reims en i3o2, contre les chapitres des églises cathédrales; un autre eniin à Compiègne en janvier 1 J04. Ce fut de son temps, qu'en i3o8 le cardinal Jean Le Moine foncia à Paris le collège qui porte son nom , et dans ce collège une bourse à la disposition de l'archevêque de Reims.
Robert assista en i3i2 au concile de Vienne, tenu surtout contre les templiers, et, en ]3i5, à l'assemblée du parlement de Paris contre le comte de Flandre. De retour du voyage qu'il avait fait avec Louis X, après avoir sacré ce prince, il assista au concile de Senlis, dans lequel il fut question du crime de Pierre de Latiliac, évêque de Chàlons. Il indiqua au au mois de mai de l'année suivante un concile provincial à Paris au même sujet, et un autre à Senlis au mois de juillet. Enfin, après avoir fait grand nombre de legs pieux, il mourut le 3 mars i324-
62. Guillaume III, frère du maréchal de Trie , passa de l'évêché de Baveux à cette église en i32-j, et assembla aussitôt un concile provincial à Compiègne. On a peine à croire combien il fut rigide défenseur des droits archiépiscopaux contre le chapitre : ce fut peu cependant, en comparaison de sa fermeté, à soutenir la juridiction ecclésiastique contre les entreprises des laïques, à l'occasion .
desquelles il assembla un concile à Senlis en i326. Il en célébra encore un dans la même ville en 1329, et mourut le 26 septembre i334.
63. Jean II de Vienne, transféré de l'évêché de Térouanne à cette métropole au mois d'octobre l3')4, en avait à peine pris possession, qu'il commença h fréquenter la cour à l'exemple de ses prédécesseurs, ce qui causa insensiblement de grands maux. Il tint en i344 u» concile provincial à Noyon , après lequel il fut nommé ambassadeur auprès du pape
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et du roi de Castille. Il mourut le 14 juillet i35i.
64. Hugues d'Arcy, passade Véyùché de Laon à cette église en i35i,à la satisfaction de tout le monde, et fut reçu solennellement à Reims le 1er janvier i352. Il mourut la même année, au plus tard à la lin d'avril.
65. Humijert, lils de Jean II, dauphin de Vieunois, et de Béatrix de Hongrie, ensuite dauphin lui-même, ayant confirmé en dernier lieu la donation qu'il a\ait laite de sa souveraineté, six ans auparavant, à Philippe de Valois, roi de France, le 16 juillet i349> ^'- ^^'^ profession dans l'Ordre de Saint-Dominique le jour suivant, fut d'abortl désigné patriarche d'Alexandrie par le pape à la sollicitation du roi. Ensuite, pour s'oter tout lieu de regarder en arrière, il reçut tous les ordres sacrés aux messes du jour de Noël i35o, et fut sacré évêque le i^r janvier i35i. Le siège de Reims étant devenu vacant l'année suivante, il en fut pourvu par l'enti-emise du roi; mais pour conserver son titre de patriarche d'Alexandrie, il ne se nomma jamais qu'administrateur perpétuel de Reims, où il fit sa résidence pendant presque tout le temps qu'il fut chargé de cette église. Le roi Jean eut dessein de le transférer à l'église de Paris en i355; mais Humliert résigna son archevêché entre les mains du pape. Il mourut la même année à CIcrmont en Auvergne; son corps fut transféré à Paris , et y fut inhumé dans l'église de son ordre , rue Saint-Jacques, auprès de la reine Clémence, son aycule.
66. Jean III, fils d'Almaric III, seigneur de Craon, et de Béatrix de Rociac, était évêque du Mans lorsqu'il passa à cette métropole au commencement de décembre i355. Il assista l'année suivante aux Etats du royaume ttnuis ù Paris; mais devenu suspect aux Franj^ais, comme parent du roi d'Angleterre, il se retira à Mousson, vers l'an i3!)8. Il reprit l'année suivante Rociac sur les Anglais, ce qui excita leur roi à assié-
ger Reims : mais l'archevêque s'y étant jeté, défendit la ville avec Tant de force, qu'il la délivra le 11 janvier i36o. Le parlement de Paris régla de telle sorte, en i363 , les différends d'entre ce prélat et les Rémois, que chacun eut quelque satisfaction. Enfin, après avoir eu part à plusieurs affaires de conséquence depuis l'an i363 jusqu'en i3y?>, il mourut à Paris le 27 mars de cette année.
67. Louis 1^': Tékart, fut transféré de l'évéché de Bayeux à cette église, fit sa soumission à la chambre apostolique le 20 mai 1373, et prit possession de sa métropole au mois de mars 1374. Il mourut le 12 octobre de cette même année.
68. Richard Picque, s'étant fait beaucoup d'honneur aux Etats-généraux tenus en i374, fut choisi, à la recommandation du roi, pourgouverner cette église, ^nt il prit ijossession le 5 février i375; et après avoir eu part il plusieurs affaires importantes dans l'intervalle des années 1377 et i3(^9. Il mourut le 22 septembre de celle-ci.
69. Fcrri Cassincl, d'alîord évêque de Lodève, ensuite tl'Auxerre, fut transféré à cette métropole au mois de janvier 1390; mais il mourut de poison à Nimes le 26 mai de cette même année.
70. Guy III, fils de Matthieu II, gouverneur de Roye, et de Jeanne de Cherisy, darne de Muret, fut d'al>ord évêque de Verdun , ensuite de Castres et de Dôle, archevêque de Tours et fie Sens, enfin de Reims. Il ])rit possession de cette église , par procureur, le 22 juin iSgo, et y entra solennellement trois ans après. On voit dans un registre manuscrit de l'abbaye de Saint-Remi quelques statuts qu'il publia par ses vicaires-généraux, pour la réformation de la tliscipline ecclésiastique en ce diocèse. Il fut taxé de schisme luimême, pour n'avoir pas voulu assister à l'assemblée du clergé tenue contre les schismatiques en 1404. Il assembla un concile provincial en 1408, dans lequel le célèbre Gerson fit un
l iliscours, placé dans la seconde partie de ses œuvres. Pour satisfaire le roi , qui désirait un concile général qui mit lin au schisme, Guy entrefirit au mois de mai 1409 le voyage d'Italie, avec le cardinal de Bar et plusieurs autres illustres personnages :
mais il mourut à Voltri dans les confins de la Ligurie le 8 juin suivant, avant d'avoir pu arriver à Pise, où le concile était imliqué.
71. Simon de Cramaud prit possession lie cette métropole le i5 décembre 1409, après avoir été successivement évêque d'Agen, de Béziers.de Poitiers, de Carcassonne, et arche- Têque d'Avignon. Il donna en 1412 les biens du monastère du Mont-d'Or à celui <le Saint-Denis de Reims, qui les ayant remis en 1421 à la disposition des vicaires-généraux de l'arclievêclié, ceux-ci en disposèrent en faveur de l'h6i)ital de Saint -Antoine, qui le restitua en i447 ^ux religieuses du Mont-d'Or. Pour ce qui regarde l'archevêque Simon , ayant été lait cardinal du titre de Saint -Laurentin-Lucina, en i4i2i il abdiqua l'ai'chevêché de Reims, et retourna à Poitiers, où il mourut en 1429.
72. Pierre II Troussel ou Trousseau , transféré le 2 mai i4i3 de l'évêclié de Poitiers à cette église, mourut à Paris la même année, ayant seulement pris possession de son archevêché, par procureur, le 24 juillet.
Il fut inhumé dans la cathédrale de Bourges, dont il avait été chanoine, et où l'on voyait une épitaphe qui lui faisait honneur.
73. RegnaudlII de Chartres, élevé sur ce siège le 2 janvier i4i4> assista au mois de novembre suivant, à une assemblée du parlement convoquée par le chancelier de Marca; re5;ut l'année suivante à Beauvais, l'empereur Sigismond, venu en'Francepour contribuer à la paix entre les rois et à l'extinction du schisme; et partit aussitôt après pour le concile de Constance, ayant laissé Jean Raimond pour grand-vicaire, et un évêque de l'Ordre de Saint-François pour (aire les fonctions épiscopales. Il fut
DES ÉVÊCHÉS DE FRANCE. 97
en 1425 le premier des ambassadeurs de l'obédience française envoyés à Martin V, par Charles VII, et reçu pour la première fois, en 1429, dans sa métropole , où il sacra Charles le
17 juillet suivant. On voit des lettres de Julien , légat apostolique, qui appellent Regnaud au concile de Bàle en i43i. Celui-ci, quoique transféré par Eugène IV à l'archevêché d'Embrun en j4^4> Préféra demeurer attaché à sa première épouse. Il fut fait en i4j6 administrateur de l'évêché d'Agile , et canlinal en 1439. Enfin, étant allé à Tours ])Our traiter tie la paix avec l'Angleterre , il mourut subitement au mois d'avril i444-
74- Jacques, fils de Jean Jouvenel ou Juvénal, prévôt des marchands de Paris, et île Michelle Vitry, reçut d'abord du roi un canonicat de cette église, qui, le rendant éiigible, le fit choisir pour archevêque le 25 octobre i444- -^^ P'i'- solennellement possession de sa métropole au mois de janvier 1445. Il fut chargé la même année par le roi de plusieurs négociations ; et, à son retour, en i447> ^^ assista à l'assemblée de Bourges, tenue pour faire reconnaître jMicolasV, par Amédée de Savoie. Il se comporta si bien dans les négociations confiées à ses soins, qu'il en tut récompensé par la dignité de patriarche d'Antioche au mois de mars i449- I' fut aussi fait administrateur de l'église de Poitiers, du prieuré de Saint-Martindes-Champs, et de l'évêché de Fréjus. S'il n'a pas renoncé à ce dernier évêché avant de mourir, on ne peut placer son <lécès après l'an i455.
jS. Jean IV Jouvenel ou Juvénal, des Ursins, succéiia à son frère puîné, a])rès avoir d'abord gouverné l'église de Beauvais, puis celle de Laon. Il prit possession de cette métropole , par |)rocureur, le i3 mai i449> G'' 6n personne, avec les solennités ordinaires^ le 27 juin suivant. Il fut aussitôt envoyé à Rouen par le roi, pour traiter avec l'archevêque et le peuple de la reddition de cette ville , et conduisit cette affaire avec
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tant fie tlexlérité que les Anglais fui'ent entièrement repoussés , et toute la province soumise. Il assembla en 1455 un concile provincial à Seissons, dans les actes ihiquel il prit le titre de légat-né du saiut-siége , ce que ses successeurs ont ensuite constamment imité. Il l'ut un des prélats qui, ayant revu, par ordre du pape Callixte III, le procès de la Pucelle d'Orléans, rétablirent la mémoire de cette généreuse lilie. Il sacra le 16 août 1461 le roi Louis XI. C'est de son temps, vers l'an 1465, que la musique s'est introduite dans cette métropole. Il se trouva aux États-généraux du royaume tenus à Tours en 1467, et mourut en i473.
76. Pierre III de Laval fut transféré, k la nomination du roi et par les bulles du p.ipe , de l'évêché de Saiiit-Biieux à cette église eu i^j'o, et en prit possession le 6 avril de l'année suivante , en retenant la coniniende de Saint-Brieux. Le difiérend qu'il eut avec le chapitre, sur ce que ceux-ci n'avaient pas attendu, selon le décret du concile d'Orléans, que le siège de lleims lût rempli pour y faire donner les ordres, ayant été presqu'.iussitot apaisé, Pierre s'appliqua avec tout le soin possible à conserver les droits ecclésiastiques, lésés alors par le bailli de Verniandois. Pour ne donner au roi aucun soupfon, il se retira i)eu après, avec l'agré/nent du pape Sixte IV, k Angers, laissant k lleims un grand-vicaire, nommé Gilles de la Rivière, et Pierre, évèque tie jNfazaretli, pour conférer les saints ordres. Il ne conserva pas cc|)endant les bonnes grâces du roi, qui lui ôta en 1477 le gouverneniont du Kémois, qu'il lui avait lionne peu auparavant, faisant eu outre une ordonnance, qui excluait ])Our la suite tout Breton ilu siège de Reims. Enfin, Pierre s'étant retiré à Paris en i4<jj, il y mourut le 14 août de cette année.
77. Robert Jl, (ils de Jean Brironiiet , seigneur île Varcnues, et de Jeanne Berthelot, nommé à cette luétropole en i493, en prit possession
le 27 novembre de la même année.^ Ayant été fait président de la chambre des comptes en 1494? ^^ chancelier de France en 149-^ » i' mourut k Moulins en Bourbonnais le 26 juin
78. Guillaume IV Brif onnet, frère du précédent, étant tlevenu veuf, et ayant été déjà pourvu des évéchés de Saint- Malo et de Nîmes, qu'il garda presque jusqu'à sa mort, tut placé sur ce siège en 1497» et en prit possession le 6 novembre de la même année. Il sacra Louis XII le 27 mai i49^> ^^j l'ayant accompagné à P.iris , il assista k son lit de justice, tenu le 7 juillet de la même année.
Il passa en i5i7 k l'église de Narbonne. ï''oyez IN arbonne.
79. Charles-Dominique de Caneto-, tle l'iliustre famille des marquis de Ferrare en Ligurie, était archevêque de Thèbes lorsqu'il fut créé cardinal, k la demande de Louis XII, en 35o5. Il fut promu k l'archevêché de Reims , après l'abdication de Guillaume, le 16 septembre 1607, et en prit possession par procureur le 29 du même mois. Il passa au siège de Tours en i5o8. Cest k tort qu'on le taxe d'avoir favorisé les cardinaux schismatiques. Ployez Tours.
80. Robert III, lils de Henri de Lénoncourt , et de Jeanne de Baudricourt, peut être com[)té entre les plus illustres archevèipies de Reims.
Il prit possession de cette métropole, après avoir cédé celle de Tours au précédent le 7 avril i5o8, et y lit son entrée solennelle le i«f juillet suivant. Il envoya, de concert avec son chapitre, des tléputés au concile de Pise en i5i2. Il sacra Frani;ois P"' en i5i5, et s'opposa généreusement, dit Marlot, k la conlirniation que ce prince voulait que le parlement fit du concordat. Il signala sa charité dans une famine arrivée en Champagne en i520. Il indiqua un concile k Reims en i526, et contribua beaucoup k la décoration îles églises, et surtout de sa cathédrale. Il mourut plein de Ijonnes œuvres le 25 septembre i532.
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81. Jean V, lils de René II, duc de Lorraine, et cardinal, fut le premier nommé par le roi a celte métropole en vertu du concordat. Il en prit possession , par procureur, le 10 février i533. Il assista à l'élection de Paul III, en i534; et ce pontile, qui connaissait son mérite, le fit son légat dans les évêchés de Metz, Toul et Verdun. Enfin, apiès s'être acquitté, avec la sagacité qui lui était propre, de plusieurs importantes négociations, il abdiqua ce siège en faveur du suivant, à Rome, en i538. Il gouverna cependant cette église encore quelques années.
82. Charles, lils de Claude de Lori-aine, duc de Guise, et d'Antoinette de Bourbon, prit possession de cette église, ])ar procureur, le 26 avril i538, fut sacré à Joinville, lieu de sa naissance, par le cardinal île Gèvres, évéque d'Amiens, au commencement de lévrier i545, et rejut le paLLiuni dans sa cathédrale au mois de mai suivant. Le 19 mai iS!\n, il fut tait chancelier de l'Ortlre de Saint -Michel,alors le plus distingué en France, par Henri II, qu'il sacra la même année, dans son église métrO|)olitaine, le 26 juillet, et fut créé cartlinal deux jours après. De retour île Rome, où il était allé prêter, au nom du roi, serment d'obéissance à l'Eglise, il s'appli([ua , avec un soin vraiment épiscopal, à soutenir la foi contre les novateurs. Il fit en i547, '^^ concert avec son chapitre, tout ce qu'il crut devoir honorer la dignité de pénitencier dans son église. Il assista en i55o à l'élection de Jules III, succétla à son oncle paternel dans l'évêché de Metz , dont il prit possession le 21 juin, et l'abui(jiia pour demeurer à Reims en i55i. lise trouva en i555 à l'élection de Marcel H,, et moins d'un mois après , a celle de Paul IV, duquel il obtint le réel du titre de légat-né, dont ses prédécesseurs avaient seulement eu le nom.
Il harangua fort éloquemment, en 1557, dans les États-généraux tenus à Rouen, et, en i5io, à ceux de Paris. On iui atlril)ue plusieurs fautes
par rapport aux droits de son église et du royaume; mais il ne paraît pas difficile de diminuer au moins l'idée peu avantageuse qu'elles donnent de lui. Il sacra le roi Charles IX, le i3 mai i56i, et assista au mois de septembre suivant au célèbre colloque de Poissy. Il partit en i562 pour le concile de Trente. En 156) il alla à Otting pour conférer avec l'emjieretir des moyens de terminer promptement le concile, où il revint peu de jours après, et en procura la clôture, qui se fit enfin le 4 décembre de cette année. De retour de Trente à Reims, il tint son concile provincial en i56\. Il fonda en 1.571 un séminaire dans le bourg de Barbastre, où il demeura douze ans entiers. Erilin les calvinistes, ilont il avait toujours été un formid.ib!e adversaire, eurent la cruelle joie de le voir mourir le 26 décembre 1574.
83. Louis II , né à Dampierre, île François de Lorraine, duc de Guise, et d'Anne d'Est, succéda à son oncle dans cet archevêché au commencement de l'année 1575, et assista, le 14 février suivant, au couronnement de Henri III, ne pouvant faire luimême cette cérémonie , parce qu'il n'avait pas encore reçu l'ordre sacré du saci;riloce. Il se trouva l'année suivante aux Etats tenus à Blois , fut créé cardinal, en 1678, par Grégoire XIII, et ordonné prêtre le 2 février 1579. Il fut fait commandeur tlu l'Ordre ilu Saint-Es])rit le 3i décembre i582, et sacré archevêque le 17 février j583. Il tint au mois de mars suivant, par dispense tlu pape, son concile provincial, quoiqu'il n'eût pas encore reçu WjjaUluiii. Il succéda à la juste haine de son oncle contre les calvinistes, autant qu'à sa dignité d'archevêque ; nuiis il la porta à l'excès sans tloute, si ce fut avec justice qu'il fut pris, ainsi que plusieurs autres prélats et seigneurs, et tué le 24 décembre i588, comme complice des entreprises du duc, son irère, contre le roi, sous prétexte que ce prince ne s'opposait pas assez* à ces héréticiues.
84. Nicolas de PL-llevé, dont on a déjà parlé à son rang d'évèque d'Amiens, prit possession de la métropole le 4 octobre 1692, le siéi^e ayant vaqué quatre ans. Il lelaissa lui-même quatre ans après son exaltation, étant mort le 26 mars iSçj, de l'appréhension qui le saisit, à la nouvelle de l'entrée du roi Henri IV à Paris.
85. Philippe du Bec, nommé à cet archevêché par le roi Henri IV, le 25 juillet 1594, fut ti'abord mis en possession par arrêt tlu parlement :
mais ayant reçu ses bulles en jSy/, il prit possession, par procureur, au mois ii'aoijt 1598, et en personne au mois d'octobre suivant ; mais il ne gouverna pas longtemps cette église, étant mort le 10 janvier i6o5. On a imprimé ses sermons et sa traduction du Traité de saint Ambioise sur les veuves, à Paris en 1596.
86. Louis III, fils de Henri de Lorraine, duc de Guise, et de Catherine de Clèves, de coadjuteur de cette métropole en devint archevêque en i6o5, et fut reconnu par le parlement comme premier pair i:e France, quoiqu'il n'eût jamais été prcti e. Il n'était que sous-Uiacre lorsque Louis XIII fut sacré à Reims par le cardinal tie Joyeuse le 17 octobre 1610. Après avoir siégé comme premier pair de France aux États-généraux en 1614, il fut créé cardinal et protecteur du royaume ])ar Paul V en décenibre i6i5. On croit qu'il épousa Charlotte des Ess.uts, maîtresse de li'iiri IV, et qu'il en eut plusieurs entnns (|ui furent regardés comme bâtards.
Étant sorti en 1621 de la prison où il avait été enfermé pour cause de duel, il suivit le roi à Poitiers; mais, attaqué d'une mahulie mortelle au siège de Saint-Jean-d'Angély, il fut transféré à Xaintes, où il mourut pénétré de regret de ses désoidres passés, le 21 juin de cette année 1621.
87. Guillaume V Giftonl ou Gabriel de Sainte-Marie, né en Angleterre en 1554, mais originaire de France, général des bénéilittins anglais eu 1617, et évêquo d'Archiiliapole sous la métropole d'Héraclée,
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par des bulles du aS octobre de cette même année, -alin qu'il pût faire les fonctions épiscopales en la place de Louis, fut lui-même nommé à cet archevêché par le roi, en prit possession par procureur le 23 janvier 1623, et fit son entrée solennelle le 1 1 février suivant. Il mérite des louanges pour ses soins assiilus et la sagesse singulière avec laquelle il gouverna cette métropole. Entre autres preuves de son génie, il a laissé un Traité de la prédestination, et des Sermons pour le temps de l'Avent. Il avait aussi, avant sa mort arrivée le 11 avril J629, mis la ilernière main k l'ouvrage de Guillaume Regnaud, intitulé: Caiviiio-Turcisinus .
88. Henri III, fils de Charles de Lorraine, duc de Guise, et do Henriette-Catherine de Joyeuse, devenu archevêque de Reims en 1629, en prit possession, par procureur, le 17 septembre de cette même année ; mais il ne reçut jamais les ordres majeurs. Il eut pour évêques sulfragans, et qui exercèrient les fonctions en sa place, Henri Claus^^e , évêque «le Chàlotis, Henri Boivin, évêque de Tarse, et Etienne Puijet, é-.èque de Darilanie. Il quitta l'état ecclésiastique pour prentire l'é|)ée en 1641.
89. Léonore d'Étampes de 'S'alencé, d'abortl évêque de Chartres, fut nommé par le roi à ce.tîe métropole le 16 novembre 1641 , en prit possession, par procureur, le 17 lévrier 1643, et en personne le !««■ aviij, après avoir reçu le paLUum le 29 mars prétéilent.
L'année suivante, il convoqu.i un concile des évêques de la i)rovince; mais cette assenii)lée fut différée par ordre du roi. Il fit le «4 août 1645 une entrée solennelle k Sedan , et n'oublia rien pour rétablir la religion dans cette ville et ses environs. Il assista en i65o, comme président, a rasseml)lée du clergé, et harangua plusieurs fois le roi Louis XIV eu cette (jualité; mais il mourut avant (jue la clôture en fût faite, le 6 avril i65i.
90. Henri IV, fils de Henri de Savoie, duc de Nemours, et d'Anne de
DES ÉVÊCHÉS
Lorraine, duchesse d'Aumale , désigné archevêque de Reims en i65i, abdiqua en i65j , sans avoir jamais reçu les ordres sacrés.
91. Antoine Barherini , cardinal, était évéque de Poitiers lorsqu il lut transféré a Reims en 1657; mais il ne put obtenir de bulles qu'en 1667, qu'il les reçut avec le paLliiim des mains «le Clément IX. De retour en France la même année, il prit possession par procureur le 4 octobre et en personne le 22 décembre, après avoir prêté serment de fidélité au l'oi le mois ])récédent. Il tint un synode en avril 1669, dans lequel il lit plusieurs statuts pour le bon ordre des églises. Etant retourné en Italie à la lin de cette année, il mourut le 3 août 1671, dans un château prés de Rome.
92. Charles Maurice, fds de Michel Le Tellier, chancelier île France, et d'Anne Turpin, fait coatijuteur de l'archevêché de Reims en 1668, et sacré archevêque <Ie Nazianze le 11 novembre de cette année, prit possession solennelle de cette métropole après la mort du précédent en 1671, et prit séance au parlement, comme premier pair de France, le 14 décembre de cette année. Il condamna en 1678 un livre intitulé : Miroir de piété, et tut créé comte consistorial en 1679. II fonda, en 1686, dans sa ville métropolitaine, un très-grand séminaire ilont il donna la conduite aux chanoines réguliers de la congtégition de France en 1702. Il aviàt été fait commandeur de l'Oidre du Saint- Esprit en 1688. Il accepta, à la sollicitation du roi, l'union de la mense abbatiale de Saint-Thierri à son archevêché, en compensation des droits qu'il pensait avoir sur les églises de la nouvelle province de Cambrai. Il s'éleva en 1677, de concert avec l'archevôque de Paris , contre un livre intitulé: Nodiis prœdestlnationis dissolutus, et fut en i6.;9 un des prélats qui condamnèrent celui des Maximes des saints. Il présida en 1700, comme doyen des archevêques de France, à l'assemblée du clergé ; mais il céda
DE FRANCE. loi
peu après ce droit à 1 archevêque de Paris. Il fit en 1701 et 1702 des assemblées des évêques île sa province, et devint en 1704 doyen des comtes consistoriaux , par arrêt du gi-andconseil , contre les prétentions des comtes laïques. Enfin, il mourut subitement à Paris le 2'^ lévrier 1710.
Il avait été proviseur de Sorbonne.
93. François de Mailly, archevêque d'Arles, fut nommé à cette métropolfi par le roi le 12 juillet 1710, en prit possession, par procureur, le 7 février 1711, et en personne le 25 mars suivant. Délégué de sa province à l'assemblée extraordinaire ilu clergé en 1713, ilfutreçuau parlement, comme premier pair de France, et y défentlit en 1715 les droits des pairs. Il fut créé cardinal par Clément XI le 3 décembre 1719, et se conduisit en cette occasion avec tant de sagesse , qu'il reçut la calotte des mains du roi le 28 mai 1720, quoique ce ne tût point à la demande île ce pi'ince qu'il eût été élevé à la pourpre. Il mourut au monastère de Saint-Thierri le i3 septembre 1721.
9 ^.. Armand Jules de Rolian, fils de Charles de Rohan, duc de Montbazon, ])rince de Guémenée, et d'Elisabeth de Cochelilet de Vaucelas, après avoir assisté à l'élection du pape Innocent XIII, fut nommé à cet archevêché par le roi au mois de mai 1722, et sacré à Paris le 23 août suivant par le cardinal de Rohan, son grandoncle. Il prit possession de son église en personne le 11 septembre de la même année , et eut l'honneur de sacrer le roi Louis XV, le 25 octobre suivant.
95. Charles-Antoine de la Roche-Aimond, docteur en théologie le ic avril 1724, vicaire- général de Limoges et sacré évêque de Sarept le 5 août 1725, évêque de Tarbesen 1731, archevêque de Toulouse en 1740, de Narbonne en 1751, commanileur de l'Ordre du Saint-Esprit en 1753, grand-aumônier de France en 1760, archevêque de Reims en 1763, mort en 1777.
y6 Alexandre Angélique deTalley-
102 GATAI.
rand Périgord, né à Paris en ïy'.'yô, sacré évêijiie de Trajanople le 28 décembre 1766, de Reims en 1777, grantl-aiimùnier de France en 1808.
Il avait été membre des Etats-généraux, et avait refusé sa démission en 1801. Il fut nommé à l'archevêché de Paris en 1817 et ne prit possession du siège qu'eu 1819, fut fait cardinal à cette époque, et mourut à Paris le 19 octobre 1822.
(Le siège <le Reims fut sup^jrimé par le concortlat de 1801 et rétabli par celui de 1817.)
97. Jean -Charles de Coucy, né le 23 Septembre 1746, vicaire -général «le Reims, aumônier de la reine, sacré évêque de la Rochelle en 1770, refusa sa démission en 1801, nommé à l'archevêché de Reims eu 1817, mort en i824.
98. Anne- Antoine- Jean -Bajjtiste- Marie de Latil, né le 6 niarsi76i, sacré évêque d'Amiclée en 1816, transféréà Chartres en 1817, et àReimsen 1824, comte et pairde France, commandeur du Saint-Esprit, cardinal, etc.
Conciles de Reims.
Le premier fut tenu l'an 5 14, selon Baronius, Binius et quelques autres.
Il y en a qui rapportent ce concile à l'an .517, et qui se contentent de dire qu'il fut tenu dans les Gaules, sans désigner l'endroit. Un hérétique arien y fut converti par saint Rémi.
(Lab., t. 4j p. 1572.)
Le second , l'an 625 ou 63o. Sonnatius, archevê()ue de cette \ille, y présida, et l'on y lit vingt-cinq canons.
Le premier porte que personne ne pourra s'attribuer, comme un bien ])ropre , quelque longue que soit sa possession, ce que l'Église lui a donné il titre j)récaire.
Le second veut que l'on dépose les prêtres et les clercs qui font des cabales contre leurs évêques.
Le ti'oisième conlirme les canons du cinquième concile de Paris.
Le quatrième exhorte les évècjues à reciierchcr soigneusement les hé- J'étiqiics pour les convertir.
OGUE
Le cinquième défend les excommunications qui se font témérairement, et ordonne que le concile provincial juge de la validité de l'excommunication.
Le sixième défend, sous peine d'excommunication , aux juges sécuhers d'imposer aux clercs des charges publiques ou de les condamner à des peines, sans le consentement de l'évêque ; et enjoint aux évêques de corriger les clercs, leur défendant en même temps de recevoir dans le clergé ou les monastères ceux qui reçoivent les revenus du domaine.
Le septième veut qu'on excommunie ceux qui arracheront de l'Eglise les criminels qui s'y sont retirés, et ordonne qu'avant «[u'on les livre, on fera prêter serment à ceux à qui on les rend, qu'ils ne les feront ni mourir, ni estropier, ni mettre ù la question, et qu'on n'en laissera sortir aucun qu'il n'ait promis auparavant de faire pénitence.
Le huitième excommunie ceux qui contractent des mari.iges incestueux, s'ils ne se séparent et ne font pénitence, et déclare qu'ils doivent être privés des charges et des biens, et même déférés aux juges séculiers s'ils refusent de se séparer.
Le neuvième prive de la communion jusqu'à la mort, celui (jui a commis un homicido volontaire, si ce n'est en se défendant.
Le dixième dit qu'il faut regarder comme les homicitles des pauvres, ceux qui retiennent les biens donnés par leurs j)areus aux églises ou aux monastères.
Le onzième défend aux chrétiens de vendre des esclaves aux juifs ou aux païens.
IjC douzième défend de recevoir les prêtres et les clercs qui n'ont point de lettres de leur é\èquc.
Le treizième défend aux évêques de vendre les esclaves de l'Eglise, ni d'eu aliéner les autres biens.
Le qu.itorzième veut cpi'oii mette en pénitence ceux qui observent les augures, et qui imitent les autres superstitions des païens.
DES ÉVÊCHÉS DE FRANCE
io3
Le quinzième ne veut pas qu'on reij^ oive les esclaves jioiir accusateurs, ni qu'où permette à un accusateur qui n'a pas pu prouver le premier crime qu'il a avancé, de passer à d'autres.
Le seizième excommunie ceux qui s'empareront des biens de l'Eglise après la mort de l'évêque.
Le <lix-septième sépare de la communion de l'Eg'.ise ceux qui veulent rendre esclaves des personnes libres.
Le dix-huitième tléiènd aux ecclésiastiques de plaider sans en avoir la permission de l'évêque.
Le dix-neuvième défend d'ordonner lies laïques pour les faire aussitôt archiprêtres ; il permet seulement d'ordonner clerc celui des laïques qui se trouvera l'ancien.
Le vingtième veut que ce qui sera donné auxévêques par des personnes étranjijères appartienne à l'évêque, à l'exception des choses données j^ar fidéi-commis.
Le vingt- unième porte qu'on dépose l'évêque qui s'empare des l^iens de l'Eglise, et qu'on le regarde comme homicide des pauvres.
Le vingt-deuxième prive de la fonction des ordres des évèques qui briseront les vases sacrés , si ce n'est dans une grande nécessité , et pour racheter les cnj)tii's.
Le vingt- troisième excommunie ceux qui enlèvent les veuves ou les vierges consacrées à Dieu.
Le vingt-quatrième porte la même peine contre les juges qui mépriseront les canons , ou violeront l'édit ■du roi Clotaire II, donné ii Paris.
Le vingt-cinquième veut que celui qu'on onionne évêque soit du pays, qu'il ait été choisi jjar les suffrages du peuple et des évèques de la province, et approuvé par tout le concile ; que ceux qui ne seront pas ainsi orilonnés, soient chassés de leur siège, et que les évèques qui les auront ordonnés soient privés de leurs ionctious pendant trois ans. (Reg. i^.
Lab. 5. Hard. 3.)
Le troisième concile fut tenu l'an 8i3. Vulfaire, archevêque de la ville y présida , et l'on y dressa quarante-
cinq canons, dont la plupart ne sont qu'une répétition de ceux du sixième concile tl'Arles , et de celui de Mayence.
Les canons douze, seize et trenteun , regardent la pénitence , et veulent qu'on impose des pénitences publiques pour les péchés publics seulement.
Le vingt-unième défend aux ])rêtres de passer d'un moindre titre à.
un autre jjlus élevé. (Keg. 20. Lab. 7. Hard. 4.)
Le quatrième concile , l'an 874.
(Reg. 24. Lai). 9. Hiird. 6.)
Le cinquième, l'an 879. (Lab. 9.)
Le sixième, l'an 892 ou 893, en laveur de Charles- le-Simple, lils de Loais-!e-Bègue, qui fut sacré roi de France par Foulques, archevêque de Reims. (Lab. 9.)
Le septième, l'an 894. {GaLL. chr,^ t. 3, p. 14.)^
Le huiiiènie, l'an 900. On y excouuiiunia les assassiiis île l'archevêque Foulques. (Lab. 9. Hard. 6.)
Le neuvième, l'an 923. (^GalL. chr., t. 3, p. i5.)
Le dixième , l'an 975. Le diacre Etienne, lé^at du pape'Benoît VII, y excommunia Théobald, usurpateur de l'évêché d'Amiens, (Lab. 9.)
Le onzième, l'an 989. Arnoul, lijs de Lothaire, y fut élu archevêque.
(Lab. ibid.)
Le douzième, l'an 991. Arnoul y fut déposé, et Gerbert y fut élu. Ce concile tut tenu à Reims ou à Saint- Bàle, à trois lieues île Reims. (Lab.