‹ Bibliothèque sacréeChapitre 158 sur 174 · ALE 43 I · texte numérisé non relu

ALE 43 I

Paschalni. Alexandre , retiré eu France , asile ordinaire des papes persécutés, tint un concile à Tours contre les Albigeois , et fut rappelé à Rome. Frédéric prit une partie de cette ville, après avoir défait les Romains dans une bataille ; mais une maladie l'ayant contraint de se retirer, le pape l'excommunia pour la seconde fois dans le concile de Latran, tenu l'an 1168. Alexandre n'ayant pu fixer son séjourà Rome, se retira à Bénevent où Emmanuel , empereur de Constantinople , lui envoya ses ambassadeurs en 1170, pour lui promettre de sa part la réunion de l'Église grecque à la latine .

s'il voulait lui-même réunir l'Empire romain à celui des Grecs , sous un même chef. Le sage pontife répondit à cette proposition , qu'il ne pouvait réunir , sans être blâmé de la postérité , ce que ses prédécesseurs avaient expressément divisé.

L'anti-pape Paschal étant mort quelque temps après , Jean , abbé de Stunn , lui fut substitué sous le nom de Calixte 111 : enfin la paix fut conclue à Venise dans une entrevue que Frédéric y avait ménagée avec le pape.

Alexandre fut rappelé à Rome où il mourut le 27 d'août de l'an 1 181 , après avoir gouverné saintement l'Église pendant l'espace de vingt-deux ans moins dix jours , et avoir triomphé de trois schismatiques. Il eut pour successseur Luce m. Saint Antonin, Nauclère, Volaterran, Onuphre , Platine, Génébrard , etc.

43a ALE

(Dupin, Bibliolhique ecclesiast.,

douzième siècle. )

ALEXANDRE IV , appelé' auparavant Rainaud , fils de Philippe , comte de Signi , et neveu de Grégoire ix , fut élu pape le 25 décembre de l'an \iSl\.

Aussitôt après son élection , il s'opposa à Mainfroi , fils naturel de l'empereur Frédéric , et donna l'investiture du royaume de Sicile à Edmond , fils du roi d'Angleterre. Il défendit les Ordres mendians contre Guillaume de Saint- Amour, accorda beaucoup de grâces extraordinaires à toutes sortes de personnes , créa de nouveaux officiers dans sa cour , unit et désunit quantité de bénéfices , et mourut de chagrin , à ce qu'on croit , de ce qu'un différent , survenu entre les Vénitiens et les Génois , traversa le dessein qu'il avait de porter la guerre chez les infidèles. Sa mort arriva le 25 mai 1261 , après six ans cinq mois et lin jour de pontificat. Il a laissé un grand nombre de lettres dont il y en a trois dans la dernière collection des conciles , six à saint Louis, sur les privilèges des chapelles du Roi, dans le spicilege , et plusieurs autres en faveur des Ordres religieux , dans V Histoire de J^adingue , et dans les Bullaires. ( Onuphre et et Génébrard, in Chron. Papire Masson. Du Chêne, Histoire des Papes. Du Boulay , Hist. univ.

par. ,tom. 3. Dupin, treizième siècle.)

ALEXANDRE V ( Pierre Philargie ou Plùlaret ) , Gjec , né

ALE dans l'île de Candie , fut abandonné de ses parens extrêmement pauvres. Un cordelier Italien , touché de sa physionomie^ en le voyant mendier dans les rues de la ville de Candie , le mena au couvent pour y servir à l'église, lui enseigna les principes de langue grecque et latine , et lui fit donner l'hcibit religieux. Il étudia d'abord dans le couvent d'Oxford en Angleterre , et ensuite dans celui de Paris où il fut fait docteur. Étant retourné dans la p^-ovince de Lombardie , Jean Galéas Vis— conti, seigneur de Milan, lui donna , pour son mérite , la première place dans son conseil , le fit créer évèque de Novarre et puis archevêque de Milan, et l'envoya en ambassade vers l'empereur Venceslas dont il obtint pour Galéas la qualité de duc , et pour lui-même celle de prince du Saint-Empire. Il fut ensuite cardinal , légat en Lombardie , et enfin pape en 1409 dans le concile de Pise, auquel il présidait, et dont il confirma les actes par une bulle. Il mourut l'année suivante i4io » après dix mois et huit jours de pontificat.

Jean xxii lui succéda, (Baronius, Volaterran , Sponde , etc. )

ALEXANDRE VI , était fils de Géofroy Lenzoly, d'une illustre maison du royaume de \alence en Espagne. Il changea le nom et les armes de son père pour prendre celles de sa mère , sœur de Calixte m qui le créa cardinal en 1455, et lui donna l'archevêché de Valence. Il s'éleva

par des voies irrégulières et à force d'argent sur le trône pontifical dont il déshonora la sainteté par un grand nombre de crimes. Il donna le titre de catholique à Ferdinand, vainqueur des Maures, et partagea les Indes entre lui et le roi de Portugal ; il fit alliance avec Louis xii, roi de France , et mourut du poison que lui et son fils]naturel avaient préparé à quelques cardinaux , mais qui lui fut donné par méprise , au mois d'août de l'an i5o3. Nous avons de lui une bulle pour la canonisation de saint Anselme, vingt-une lettres dans Bzovius, plusieurs autres dans le bullaire , un bouclier de la foi, Cljpeus defensionis jidei sanctœ romance Ecclesice , imprimé à Strasbourg en 1497 , quelques ordonnances pour l'administration de la justice et pour le soulagement des peuples. Guichardin. {Hist. i , 2 et seq. Mariana , Du Chêne. Grég. Leti.

Sponde , etc. )

ALEXANDRE VII(Fabio Chigi ) , né à Sienne le 16 février 1 599 , succéda à Innocent x l'an 1655. Ce pape était savant, charitable , zélé pour la religion. Il donna des secours d'argent et de ti'oupes aux Vénitiens contre les Turcs ; soulagea les Romains affligés par la peste et les inondations ; canonisa saint Thomas de Villeneuve , archevêque de Valence, et saint François de Sales; fit baptiser le roi de Maroc , envoya sa bénédiction au duc de Mekelbourg et à la princesse Louise Palatine , fille de h. rei-

no de Eohènie , qui abjurèrent l'hérésie pendant son pontificat , aussi bien que Christine , reine de Suède. Il confirma la bulle d'Innocent x contre les cinq propositions de Jansénius , et fut l'auteur du Formulaire. Il mourut l'an 1667 , âgé de soixantehuit ans , après douze ans de pontificat. Il a composé un volume de poésie , imprimé au Louvre en i656 , qui porte pour i\tY(iPlnloinatJiim.usœ Juvéniles, parce qu'il était de l'académie des Philomathi de Sienne.

ALEXANDRE VIII (Pierre Ottoboni , fils de Marc-Ottoboni , grand - chancelier de la république de Venise , et de Victoire Tornielli, né le 10 avril 1 610, fut docteur en droit civil et canon , auditeur de Rote , cardinal du titre de Saint-Sauveur in Lauro , évêque de Bresse , dataire , évêque de Frescati , sous-doyen du sacré collège , et enfin pape le 6 octobre 1689. Il secourut l'empereur Léopoldi"'"' et les Vénitiens contre les Turcs, et publia une bulle contre les propositions de l'assemblée du clergé de France de 1682. Il mourut le i'=''févr. 1691, après un an et quati'e mois de pontificat.

ALEXANDRE (saint), dit le Charbonnier, évêque de Comanes dans le Pont, et martyr, était un homme qui avait du bien et de la naissance , mais qui quitta l'un et l'autre pour mener une vie cachée , pauvre et laborieuse dans la vile profession de charbonnier. Les fidèles de la ville de Comanes ayant be-

soin d'un évêque, s'adressèrent à saint Grégoire , évêque de Néocésarée, appelé le Thmnnaturge , vers l'an 248. Grégoire vint à Coinanes où on lui présenta plusieurs sujets considérables par les qualités humaines , dont n'étant pas satisfait , il dit aux assistans qu'il ne fallait pas dédaigner de clioisir un pasteur même d'entre ceux du peuple dont l'extérieur paraissait le plus méprisable , pourvu qu'il eût d'ailleurs les qualités essentielles. Un des principaux, de l'assemblée lui ayant proposé, en riant , Alexaiidre-le- Charbonnier , Grégoire voulut le voir. Il l'interrogea , apprit de sa bouche qui il était, et comment le désir de se sauver plus sûrement à l'alîri des dangers du monde , l'ava it engagé dans l'état où il le voyait. L'évèque de Néocésarée surpris et singulièrement édifié d'une aussi grande humilité , le fit laver et habiller décemment, le présenta ensuite à l'assemblée qui l'admira et lui donna son suffrage pour l'épiscopat. Alexandre gouverna dignement son église jusqu'à ce qu'il souffrît le martpe du feu sous l'empereur Dèce , k ce qu'on croit. Le Martyrologe romain moderne marque sa fête le onzième d'août. Saint Grégoire de Nysse, f^ie de saint Grégoire TTiaitmaturge. BsâHet , 11 août.

ALEXANDRE, évêque en Cappadoce , se distingua d'abord sous l'empereur Sévère , après la mort duquel il eut une révélation qui lui marquait de se rendre à Jérusalem pour y faire sa

ALE prière et visiter les saints lieux.

Les clercs de cette église avaient pareillement eu une révélation de son arrivée, et ils allèrent tous ensemble le recevoir hors des portes de la ville, comme l'évèque qui leur était destiné après Narcisse, qui se trouvait âgé pour lors de cent seize ans. Ils le forcèrent à demeurer avec eux ; et du consentement de tous le»

évêques de la Palestine, ils le firent coadjuteur de Narcisse , afin qu'il gouvernât cette église conjointement avec lui. Voici comme il en parle à la fin d'une lettre écrite aux Antinottes :

Narcisse , qui a tenu avant moi le siège épiscopal , et qui maintenant est uni avec moi dans les prières,âgé de cent seize ans, vous salue et vous exhorte tous d'avoir un même sentiment. Après sa mort , il fut seul évêque de Jérusalem. Outre les occupations de son ministère , il s'appliqua à se faire une bibliothèque des meilleurs livres, et en particulier il recueillit toutes les lettres qu'il put trouver des grands hommes qui avaient excellé en piété et en doctrine. Eusèbe reconnaît que cette bibliothèque lui a été d'un grand secours dans la composition de ses ouvrages. Alexandre souffrit beaucoup pour la foi sous Sévère , sous Caracalla et sous Dèce : sa respectable vieillesse , ses cheveux blancs n'empêchèrent point qu'on ne le mît en prison à Césarée. Il y mourut après avoir défendu constamment , en présence du juge , la vérité de notre foi ,

ALE vers l'an 253. Outre la lettre qu'il avait écrite aux Antiuottes et dont nous n'avons qu'un fragment dans Eusèbe (1. 6, c 1 1 ), il en a écrit encore une autre aux chrétiens d'Antioclie , et une à Origène où il parle de Clément et de Pantène comme de ses amis. Saint Jérôme croit que le premier était saint Clément d'Alexandrie, et cela est assez probable , car il a vécu jusqu'à ce temps , et a été ami d'Alexandre à qui il avait adressé un livre delà règle ecclésiastique. Récrivit aussi , de concert avec Théoctiste de Césarée , une lettre à Démétrius d'Alexandrie , par laquelle il justifie Origène du reproche qu'on lui faisait de prêcher dans l'église sans avoir reçu les Ordres sacrés. Voj. Eusèbe , 1. 6 , cap. 19, et in Chron. Baillet, ^ie des Saints. Dupin , troisième siècle.

ALEXANDRE ( saint ) , évêque d'Alexandrie , succéda à saint Achillas , selon saint Athanase et plusieurs autres. C'était un homme , dit Théodoret , dans la vie duquel il n'y avait rien que de louable et dont la doctrine était toute apostolique ; un zélé défenseur de la foi de l'Église.

Il monta sur le siège d'Alexandrie l'an 321 suivant S. Jérôme , et suivant d'autres , versl'an 3 1 3.

Ce fut alors qu'Arius expliqua ouvertement ses sentimens, et qu'il ne craignit pas de répandre le venin qu'il portait depuis si long-temps dans son cœur. Il en prit occasion d'un sermon que le saint évêque prêcha à son

peuple sur le nrtystère de la Trinité, m'accusa d'être Sabellien ; et prétendant s'éloigner davantage de cette erreur , il sdttttnt qu'il y a eu un temps où le Fils n'était pas, et c[u'il était par con-* séquent une créature comme les autres. Il paraît que l'empereuï Constantin regarda d'abord cette querelle comme une dispute de nom où les deux parties ne s'entendaient pas , mais ne suivaient que leurs préjugés et certains principes qui ne regardaient pas la foi. Il écrivit de Nicomédie où il était arrivé depuis peu , une lettre commune, à S. Alexan»

dre et à Arius , pour les porter à la réconciliation et à la paix. Le titre conçu en ces termes : Cons* tantin. . . à Alexandre et à j4rius, est un peu surprenant par cette égalité qu*il met entre un évêque et un prêtre , entre le défenseur de la vérité et un hérésiarque. Ce même esprit règne dans tout le reste de la lettre qui met toujours Alexandre et Arius en parallèle , et fait même Alexandre plus coupable qu'Arius dans la division de l'Église.

Il les exhorte, à la fin , à cesser toutes disputes sur des questions inutiles , et il leur recommande le silence. Cela n'empêcha pas le saint évêque de s'opposer de toute sa force à l'hérésie d'Arius ; et pour l'étouffer dans sa naissance , il assembla un concile à Alexandrie , et y excommunia celui qui en était l'auteur et ses sectateui-s. Arius et ceux de soa parti trouvèrent moyen de gagner quelques évêques qui les

reçurent à la communion , entre autres Eusèbe de Nicomédie qui sans doute inspira à Constantin d'écrire la lettre dont nous venons de parler. Alexandre s'en plaignit par une lettre qu'il écrivit à ses collègues , rapportée par Tliéodoret ( ch. 4?

I , L. ; Hist. ) ; il expose leur doctrine hérétique ; il remarque qu'ils se sont retirés vers quelques évêques qui les ont reçus à leur communion, et ont signé des lettres en leur faveur , parce qu'ils leur ont déguisé leur véritable croyance et caché le poison de leur doctrine corrompue. Il reprend la conduite de ces évêques et les accuse d'avoir violé le canon des apôtres et favorisé les actions de ceux qui nient la didivinité de Jésus-Christ. Il réfute ensuite l'opinion impie des ariens. Comme les évêques qui soutenaient Arius , écrivaient aussi de leur côté en sa faveur , Alexandre se vit obligé d'écrire encore une grande lettre sur ce sujet à tous les évêques du monde , rapportée par Socrate et Théodoret, (ch. 6, i. L. Hist.), où après avoir marqué que l'église catholique ne fait qu'un corps, et que tous les évêques doivent conserver la paix , il est juste qu'ils s'avertissent réciproquement de ce qui arrive dans chaque diocèse , afin que si l'un des membres est dans la douleur, les autres s'jiflligent avec lui. Il ajoute qu'il avait dessein d'ensevelir ce désordre dans le silence ; mais puisqu'Eusèbe ( de Nicomédie) a pris la protection de ces

apostats et a écrit de tous côtés en leur faveur, il a cru devoir rompre le silence pour avertir toute la terre de cette nouvelle erreur , et pour empêcher ses collègues d'ajouter foi aux lettres qu'Eusèbe pourrait avoir écrites. Il met ensuite le nom de ces hérétiques ; il expose leur erreur et la réfute en peu de mots.

Il dit que leur impiété est le sujet pour lequel ils ont été retranchés de l'Église et frappés d'anathêmes. Il avoue que leur perte lui cause une sensible douleur , mais qu'il ne faut pas s'étonner qu'il se soit élevé des faux docteurs qui aient corrompu la foi et la doctrine de Jésus-Christ, puisqu'il nous en a lui-même averti et fait avertir par son apôtre. Ces deux lettres d'Alexandre sont fortes et véhémentes ; il y presse vivement Arius et ceux de son parti ; il représente leur doctrine d'une manière qui découvre tout ce qu'elle a de plus odieux, et il la combat par des preuves très-solides. Il y parle à SCS collègues avec fermeté, et cependant avec respect. Enfin , l'on peut dire qu'elles sont uu chef-d'œuvre en ce genre. M. Cotelier nous a encore donné une lettre ou un avertissement pastoral d'Alejfandre à ses prêtres d'Egypte et de Maréote , écrit après ces deux lettres , dans lequel il leur dit que , quoiqu'ils eussent souscrit au premier avertissement pastoral qu'il avait adressé à Arius et à ceux de son parti , dans lequel il les exliortait à revenir de leur impiété et

ALE à faire profession de la foi catliolique , il avait cru qu'il était nécessaire d'assembler encore une fois le clergé d'Alexandrie et de Maréote , pour leur faire voir la lettre qu'il avait écrit à tous les évêques depuis la première condamnation des Ariens , et pour les avertir que Charus et Pistrus, prêtres ; Sérapion , Potamon , Zozime et Irénée , diacres , s'étaient joints avec les autres Ariens , et qu'ils avaient été déposés, n leur demande qu'ils y souscrivent, parce qu'il est juste, leur dit-il , que vous sachiez ce que j'ai écrit, et que vous l'imprimiez dans votre esprit , comme si vous l'aviez écrit vousmêmes. Ce monument nous fait connaître quelle était alors la discipline de cette église dans les jugemens dogmatiques. La cause d'Arius ayant ensuite été portée au concile de Nicée , Alexandre y assista et y tint une des premières places , comme il paraît par la lettre de ce synode à ceux d'Alexandrie, dans laquelle il est dit qu'il fut comme le chef du concile , et qu'il eut grande part à ses décisions. Il ne vécut que cinq mois après ces conciles, et laissa saint Athanase pour successeur de son siège et de son zèle contre les ariens. S. Epiph., hœr. 69. Théod., 1. i.Socr.,1. i, Sozom., 1. i.et2. TiWem., Hist.

ecc/.Dupin, Biblioth. eccl. , quatrième siècle.

ALEXANDRE (saint), premier évêque de Constantinople, depuis que cette ville , qui s'appelait auparavant ^rirt«ce , fut

ainsi nommée, assista l'an 3a5 au concile général de Nicée , ou comme évêque de Constantinople , ou comme délégué de Métrophane , son prédécesseur dans ce siège , ou peut-être en ces deux qualités ; y étant allé d'cdsord comme simple délégué, et en étant revenu évêque parla mort de Métrophane qui arriva durant la tenue du concile. Il rendit muet un philosophe qui voulait disputer avec lui de la religion chrétienne , en lui disant ces seules paroles : Au nom de Jésus-Christ, je vous commande de vous taire. On attribue un fait semblable à saint Spiridion.

Alexandre défendit la foi de Nicée, avec un courage invincible, conti-e tles ariens ; et lorsque Constantin , trompé par ces hérétiques, voulut faire recevoir Arius dans l'église de C. P. , saint Alexandre, saisi de douleur, ordonna des jeûnes et des prières publiques , passa lui-même plusieurs nuits sous l'autel , le visage contre terre , demandant que Dieu le retirât du monde , s'il fallait qu' Arius fût reçu dans l'Église. Une prière si pure et si ardente fut exaucée. Arius fit une mort tragique , comme il était en chemin pour se rendre à l'église. Alexandre mourut l'année même de cet événement dans un âge très-avancé, l'an 827, ou quatre ans après. Les Grecs font sa fête le 3o d'août , et les Latins le 28. Rufin , Socrale, Sozomène, Théodoret. Baillet , 28 août.

ALEXANDRE , évêque d'Hiéraple , primat de la province Eu-

pliratiisine , vi^^ait en 43 1 . H fut envoyé par Jean d'Antioclie au concile d'Éphèse pour y souteair la cause de Nestorius ; ce qu'il ût sans |30urtant réussir. 11 souscrivitjdans un conciliabule qu'assembla Jean d'Antioche , à la condamnation de saint Cyrille dont il était l'ennemi mortel , ïi^ayant jamais voulu se prêter à aucun accommodement avec lui, disant hautement qu'ilétait apollinariste, que ses capitules étaient héretiques , et qu'il fallait le priver de la communion. H porta si loin la haine contre ce Saint, <jue Jean,Théodoret et les autres Orientaux, s'étant réconciliés avec saint Cyrille , il aima mieux se séparer de leur communion que de faire sa paix avec lui ; mais craignant d'être chassé de son siège , il implora l'assistance du Pape qu'il ne put obtenir.

Comme il ne cessait de s'emporter contre saint Cyrille , et qu'il d.éclamait continuellement contre le nom de mère de Dieu , que ie concile avait déclaré convenir à la sainte Vierge , l'Empereur le chassa , par un édit , de son siège, et le relégua aux mines deFamotie , ville d'Egypte. Nous avons de lui vingt-deux lettres que le père Lupus a rassemblées dans ses Collections. Suidas dit qu'il a composé un discours en neuf chapitres où il prétend nous apprendre ce que Jésus-Christ a apporté de nouveau dans le monde.

Hnefaut pas le confondre avec un autre Alexandi-e,évèque d'Apamée , que Jean d'Antioche envoyaaveclui au concile d'Éphèse,

ALE et dont nous avons une lettre latine écrite à celui dont nous parlons ; elle est aussi dans le Recueil du P. Lupus , n° i32. Hist.

du Concile d'Ephèse, (Cave.)

ALEXANDRE , foiniateur des Acœmètes , issu d'une maison illustre et ancienne de l'Asie-Mineure , et né du temps de l'empereur Constance , eut d'abord un office à la cour iinpériale , mais il ne l'exerça pas longtemps. Dégoûté du monde , il vendit sa charge et en donna le prix aux pauvres avec tout son patrimoine , et se retira dans un monastère de la Syrie , sous la discipline d'un pieux abbé nommé Élie , avec qui il demeura quatre ans , au bout desquels il s'enfonça dans un désert du côté de l'Euphrate , pour y tendre encore à une plus grande perfection. Après sept ans d'une pénitence la plus austère , Dieu lui inspira le dessein d'aller prêcher la foi aux idolâtres de la Syrie et de la Mésopotamie. Il fit parmi ces peuples des conversions merveilleuses , tant par ses saintes adiesses et sa douceur charmante , que par la force de ses exemples et la vertu des miracles qui suivaient souvent ses prédications. Les habitans de l'une des villes où il avait fait plus de conquêtes spirituelles , voulant l'obliger à ètie leur évêque , il se sauva sur le bord de l'Euphrate où il bâtit un monastère dans lequel il reçut des disciples qu'il entreprit de former , sur l'idée d'une discipline nouvelle , qui consistait à faire chan-

ALE ter jour et nuit les louaiijjes de Dieu, sans aucune interruption, en divisant les religieux en plusieurs chœurs qui se succédaient les uns aux autres , sans aucun vide dans la psalmodie. C'est l'origine des acémètes , ainsi nommés, comme si l'on eût voulu dire qu'ils ne dormaient pas ; parce qu'on veillait chez eux à toute heure dans la prière ; que le chant des louanges de Dieu n'y finissait point , et que c'était une psalmodie perpétuelle qui n'était interrompue ni par le repos de la nuit , ni par les heures du repos , ni par les autres exercices de la vie religieuse qui s'obsen'^aient d'ailleurs par une suite de cette belle économie, avec autant de régularité que si personne n'eût été employé à la psalmodie. Alexandre exerça ses disciples dans ce nouveau genre de vie pendant vingt ans dans ce premierjmonastère de son Ordre; et lors qu'il crut que sa présence n'y était plus nécessaire , il se retira dans un désert où il ne vivait que de fruits sauvages. Il alla ensuite à Palmire , à An— tioche , à Constantinople ; et dans tous ces endroits, il fut ou chassé , ou battu , ou mis en prison et calomnié. Enfin, il mourut en paix vers l'an ^/\o , dans un monastère de son institut , nommé Gomon , à l'embouchure du Pont-Euxin , sur le bord de la Eithynie , après avoir soutenu pour Jésus-Christ , pendant cinquante ans , les persécutions des idolâtres , des hérétiques , des mauvais catholiques , sans

compter les travaux de la plus rude pénitence. Son corps fut transDorté à C. P. , dans le monastère des Acémètes , où l'on prétend ([ue Dieu l'a honoré de plusieurs miracles qui l'ont fait regarder comme bienheureux. Sa sainteté cependant ne laisse pas d'être contestée par quelques savans qui trouvent beaucoup de choses à dire dans la conduite et dans les sentimens d'Alexandre.

Bollandus rapporte sa vie écrite par un de ses disciples qui paraît sincère ; mais on doute si cet ouvrage est dans sa pureté originale. ( Baillet , p^ie des Saints , 1 5 janvier.)

ALEXANDRE, de Carpineto, bourg de la campagne de Rome en Italie, ainsi nommé parce que son monastère était dans ce bourg, a fleuri l'an 1 196. Il composa , à la prière de ses frères, une chronique de cette abbaye en six livres, et y ajouta plusieurs pièces qui concernaient sa fondation ; elle est en manuscrit dans un monastère de Casa- Nu ève et Ferden. Ughel l'a insérée dans son Italie sacrée , tom. 6, pag. i23i.)

ALEXANDRE DE HALÉS , ainsi surnommé du lieu où il était né , dans le pays de Glocester en Angleterre. Après avoir fait ses études dans sa patrie, il vint clans l'Université de Paris où il étudia la théologie et le droit canon , et y acquit tant de réputation qu'il fut surnommé le docteur irréfragable. Il entra dans l'Ordre de Saint-François en 1222 j et y mourut à Paris eu

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1345 , le 37 août. Ses ouvrages sont , un Commentaire sur les Psaumes de David , que quelques uns attribuent à saint Bonaventure , d'autres plus probablement à Hugues de Saint-Cher, imprimé à Venise en 1496 ,fol.

Commentaires sur V Apocalj'-pse donnés au public par Jean de La Haye , Paris , 1647, fol. Somme de toute la Théologie, divisée en quatre parties, àBâle, ï5o2 ; Nuremberg, 1482; Venise, 1576; Cologne , 1622. Question ou Commentaire sur les quatre livres des Sentences , ijnprimé à Lyon, i58i , tom. 4- On croit qu'ils ne sont pas d'Alexandre de Halès. Ou doute aussi s'il faut lui attribuer un e somme <:fe^7^ertus , imprimée à Paris en 1 509 ; et le traité intitulé , le Destruc- ■ toire des vices, qui a été imprimé à Nuremberg en 1 496 , et à Venise en i582 ; le Commentaire sur la métaphysique d^ Aristote ost d'Alexandre d'Alexandrie , docteur de Barcelone c[ui vivait en i3i3. Nous ne pouvons rien dire de ses Commentaires sur tous les prophètes , les Evangiles et les Epîtres de saint Paul. Ils n'ont point été imprimés, et on ne les trouve que dans la bibliothèque Ambrosienne et dans celle d'Oxford. On ne se trompe pas quand on dit que cet auteur a écrit avec plus de sublimité que d'érudition.

ALEXANDRE , Anglais de nation , abbé de l'Ordre de Saint- Benoît, vivait au commencement du treizième siècle. Il écrivit divers Traités : Victoria a Protco;

ALE de Ecclesiœ potes taie ; de Potestate Vicaria , etc. ( Baleus , Biblioth. britann., de scriptorib.

An^l. )

ALEXANDRE DE SOI^EMER- SET , prieur du monastère des cljanoines réguliers d'Esby en Angleterre , dans le treizième siècle, a fait plusieurs Vies des Saints et un Calendrier en vers.

Ces ouvrages sont manuscrits dans les bibliothèques d'Angleterre.

ALEXANDRE DE VILLE- DIEU , qu'Henri de Gand dit être de Dol , a fait en vers un livre intitulé , Doctrinal, qui était fort en usage parmi les gramnrairiens de son temps. Trithème croit qu'il était de l'Ordre des Frères-Prècheui'S. Il lui attribue aussi des Traités du Calendrier , de la Sphère et de l'Arithmétique. Il vivait dans le treizième siècle. ( Dupin , Bibl.

ecclés. , treizième siècle. )

ALEXANDRE, de Saint-Elpide , ville d'Italie près de Rome , docteur en théologie , et de l'Ordre des Ermites de Saint- Augustin, fut élu général de son Ordre en 1 3 12 à Viterbe, et continué depuis jusqu'à ce qu'il fut nommé , en iSaS, archevêque de Ravennes. On ignore le temps de sa mort. Il composa , par ordre du pape Jean XXII, un Traité de la Juridiction de l'Empire et de Vcmtorité du souverain pontife; il est divisé en deux livres, et a été imprimé à Lyon en 1498, et à Rimini en i624- On trouve dans la bibliothèque des Augustins de Bologne un traité ma-

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