‹ Bibliothèque sacréeChapitre 159 sur 174 · A LE · texte numérisé non relu

A LE

nusciit de In Pmnrelé c\'angéliqite et de V Uni té ecclcsias tique, et des Commentaires sur quelques ouvrages d'Aristote.

(Joseph. , Pamph. CJiron. ord.

ereni. , pag. 46. )

ALEXANDRE d'Alexandrie , au quatorzième siècle , de l'Ordre des Frères-Mineurs, a fait des Commentaires sur les Sentences et sur les livres d'Aristote.

ALEXANDRE le Charpentier , ainsi appelé parce qu'il était fils d'un Anglais de ce métier , a fleuri vers l'an 1 43o , et composa un traité intitulé , le Destructoire des vices , imprimé à Venise en 1 582 , sous le nom d'Alexandre l'Anglais. ( Cave. Dupin , quinzième siècle. )

ALEXANDRE D'IMOLA , jurisconsulte, disciple de Jean d'Iluola , enseigna le droit pendant trente ans avec réputation, dans les villes de Pavie , Ferrare et Boulogne, et mourut l'an 1487, âgé de cinquante-quatre ans. Il a fait des Commentaires sur le sixième livre des Décrétales , et sur les Clémentines, mv^vimés à Venise 1671 et i5g7, sans parler de ses autres ouvrages de droit civil. ( M. Dupin , Bible ecclésiastique , quinzième siècle.

ALEXANDRE d'ALEXANDRE ou ab u4lexa7idro, célèbre jurisconsulte de Naples qui florissait sur la fin du quizième siècle et au commencement du seizième , a écrit : Genialiuni dierum libr^i sex , sur lesquels André Tiraqueau a fait d'excellentes remarques : DisserlaiioncsIJ", de

ALE ^ i

rébus admirandis quœ in h(dia nuper contigerant , id est , de somniis , de umbrarum Jiguris , de illusionibus dœmonum. Ce dernier ouvrage qui fut imprimé sans date et sans nom d'imprimeur, est très-rare. (Fischard, in vitis Jurisconsult. Possevin, i'/i y4ppor. Gesner, inBiblioth., etc.) ALEXANDRE (Noël) , dominicain , naquit à Rouen le 19 janvier i63g, et fit profession de l'Ordre de Saint-Dominique dans le couvent de la même ville , le 9 mai i655. On l'envoya ensuite à Paris au collège de Saint-Jacques où il enseigna la philosophie et la théologie pendant douze ans. Il fut le présenté de son Ordre dans sa licence , qu'il fit avec beaucoup de succès, et reçut le bonnet de docteur en théologie de la Faculté de Paris le 2 1 février 1675. M. de Colbert , ministre d'état , l'appela aux conférences ecclésiastiques qu'il faisait tenir pour l'abbé Colbert , son fils, depuis archevêque de Rouen. Le chapitre de sa province , tenu à Evreux en 1706, l'élut provincial , et il mourut à Paris le 21 août 1724 ? dans sa quatre vingt-sixième année. Le père Alexandre a été l'un des plus savans et des plus laborieux auteurs du dernier siècle, comme il paraît par sa réputation et par sesécrits.Lepremier qu'il donna, la même année c£u'il prit le bonnet de docteur , est la Somme de saint Thomas vengée et restituée à son auteur contre le doute de Lawicj, avec des remarques sur les observations du même

écrivain touchant la simonie ; à Paris , chez Cramoisi , 1675 , in-S". Le second, et le principal ouvrage du père Alexandre , est un corps entier d'histoire ecclésiastique latine , qui est estimée principalement à cause des dissertations et de ses réponses modestes et judicieuses aux inquisiteurs , qui avaient censuré cet ouvrage , et qui est intitulée : Selecta historiée ecclesiasticce capita, et inloca ejiis- ^em insignia , Dissertationes historicœ , criticœ , dogmaticee.

Cette histoire , qui va jusqu'à l'an 1600 , fut imprimée pour la première fois en vingtsix volumes in - 8° , l'an 1686:

trois ans après parut V Histoire de l'ancien Testament , en six volumes in-S". Ces deux ouvrages furent imprimés ensemble en huit volumes in-folio , l'an 1699, à Paris ; et cette édition a été suivie de plusieurs autres , et en particulier de deux faites à Lucques en Italie, dont la dernière , avec les notes du savant père Mansi , est de l'an 1748.

L'auteur réduit en abrégé l'histoire de l'Église sous certains points principaux, qui comprennent ce qui s'y est passé de plus considérable , comme les persécutions qu'elle a souffertes, la suite des papes qui l'ont gouvernée, les hérésies, les conciles, les auteurs ecclésiastiques, etc.; cela est suivi des dissertations sur les points contestés d'histoire , de chronologie , de critique , de dogme ; le tout d'un style facile , suivant la forme de

ALE l'école , en proposant et en réfutant les objections par argumens et par distinctions. Il soutient que saint Jacques n'a jamais été en Espagne , défend l'arrivée de la Magdelaine , de Marthe et du Lazare en Provence, la mission de saint Denis l'Aréopagiste en France ; rejette les oracles des Sybilles, tels que nous les avons, et les fausses décrétales. Le quatrième ouvrage du père Alexandre est une Théologie dogmatique et morale , avec un Recueil de ^Lettres sur les règles des mœurs, en deux volumes in-fol. , imprimée à Paris en 1703. Il donna la même année une Exposition littérale et morale des quatre Evangiles , in-fol., et en 1710, un pareil volume sur les Epîtres de saint Paul et sur les sept Épi très catholiques. Il a aussi composé les ouvrages suivans : Institutio concionatorum, en 1701 et 1702 ; trois Dissertations dans lesquelles il fait l'éloge de saint Thomas ; trois autres Dissertations , l'une contre Blon-^ del touchant la supériorité des évêques sur les prêtres ; la seconde , touchant le célibat des ministres de l'Église; la troisième contre le père Frassen, cordelier, dans laquelle il soutient que le concile de Trente, en déclarant la Vulgate authentique , ne l'a point préférée au texte hébreu , ni au grec ; un Abrégé de la foi et de la morale de l'Église , tiré de l'Écriture , en deux tomes in-i2, imprimé à Paris en i686 et 1688 ; un recueil de plusieurs pièces pour la défense de la ino-

ALE raie et de la grâce de Jésus- Christ, en 1698 ; l'Apologie des dominicains-missionnaires de la Chine, en 1699 ; Conformité des cérémonies chinoises avec l'idolâtrie grecque et romaine , en 1700 ; sept Lettres d'un docteur de l'Ordre de Saint-Dominique sur les Cérémonies de la Chine ; six autres Lettres contre le père Daniel, jésuite , sur les matières de la morale , de la prédestination et de la grâce , imprimées en 1697 , réimprimées , mais tronquées à Lyon , et enfin imprimées plus exactement à Delft , dans les Pays-Pas , en deux volumes in-ia , sous ce titre : Recueil de plusieurs pièces pour la défense de la morale et de la grâce de Jésus-Christ , à Delft 1698; un ouvrage intitulé :

Èclaircissemens des prétendues difficultés proposées à monseigneur l'archevêque de Rouen , par un ecclésiastique de son diocèse , sur divers endroits des livres, dont il recommande la lecture à ses curés. Le père Alexandre avait encore fait des corrections et des augmentations à la bibliothèque sainte de Sixte de Sienne ; un Recueil de pièces d'érudition et d'éloquence , sous le titre de J^iridarium ; mais avant perdu la vue dix ans avant sa mort, il ne publia point ces écrits.

Dupin, Bibl. hist., dix-septième siècle. Le père Touron , Hist. des hommes illustres de l'Ordre de Saint-Dominique , t. 5, p. 8o5.

ALEXANDRE de Sainte-Thérèse , savant religieux de l'Ordre des Carmes, nommé dans le siè-

cle Vander-Berghe ; naquit à Bruxelles en 1639. Il enseigna long temps-temps avec honneur la philosophie , la théologie et rÉcriture-Sainte à Louvain , et composa divers ouvrages ; savoir, 1° Cljpeus religionis , Cologne. 2 vol. in-4°, >679. n fait voir dans la première partie les artifices dont se servent les novateurs pour séduire en matière de religion ; il défend la primauté du souverain pontife et l'obéissance qui lui est due ; il improuve la nouveauté dans les choses qui concernent la religion ; il expose les droits des curés et les privilèges des réguliers, e'c. Dans la seconde partie il défend le culte extérieur de la religion , les cérémonies , la décoration des temples , la fréquente communion , le culte des saintes images , les processions , etc. ; 2° Prœco Marianus denuncians illustrissima , uberrima— que elogia et prœconia quibus SS. Deipara Virgo ante mille annos a J^erbo incarnato , a SS. patribusfuit celebrata ; necnon cultum quo fuit venerata ; Cologne, 1681 , in-4° ; 3° Régula fidei contra novam quamdam doctrinam docentçm septem esse puncta credenda necessaria nécessita te medii ; Ipres, 1682, in- 12 ; 4° Confutatio justificationis praxeos qua nonnidli sub nomine patriim in Delgio consueverunt anxia cura proponerc septem puncta tanquavi necessaria necessitate medii credenda ; Ypres, i683, in-8''; 5° Hjdra profanarum novitatum , sive des-

criptio historica-theologica causaruniprœcipuaruni omnium hœresimi et schismatum irrepentium ; unaqiie generalis earumdeni profanarum novitatum con~ futatio ; Cologne, 1684, in-8° ; 6" Tempeslasnovaliiriensis ; singiilas percellens novitates nwic grassantes , prœsertïm circa administrationem sacrameiiti Eucharistiœ; Cologne , 1686, in-4°.

Henri de saint Ignace attaque souvent cet ouvrage dans son Ethica arnoris , tom. 3, liv. 5, 7° Sacrariitm recliisum in quo confiitantur ii qui lectionem Sacrce Scripturce in vernacula lingua cuilibet promiscue licitam.

esse contendunt ; Ypres , 1 690 , in— 12. 8" Sanctum sœrctorum conclusum; in quo ostenditur illicilum esse\Missam, prœcipue canonem , in lingua vulgari imprimere , légère, etc. ; Ypres, i6go , in-i2. Ces deux derniers ouvrages ont été imprimés en flamand.

Bibliolhecacarmelitana, col. 32.

ALEXANDRE, dit Lycopolite, du nom de la ville où il est né , dans la haute Egypte sur le bord occidental du Nil, dans le Casilif d'Ebenfuef , était païen , embrassa ensuite la secte des manichéens qu'on venait de transporter en Egypte , et dont il fit bientôt abjuration pour embrasser la religion catholique. On ne sait pas trop bien dans quel temps il a vécu. M. Cave pense que ce doit être au quatrième siècle et à peu près du temps de Ma nés.

Comme il connaissait assez bien les sentimens des Manichéens , il composa un ouvrage deleurdog-

me, qu'il réfuta solidement par des principes tirés delà plùlosophie. Son style est un peu dur, et il n'a pas été beaucoup adouci par ceux qui l'ont traduit. Il dit qu'il a été instruit dansle manichéisme par ceux qui avaient vécu avec l'homme , c'est-à-dire, avec l'auteur de cette secte. Il cite même Papus et Thomas , deux fameux docteurs , disciples de Manès.

Saint Epiphane fait mention du dernier dans l'hérésie 66, etPierre le Sicilien , dans son histoire des Manichéens , pag. 3 1 . M. Cotelier , dans la jformule de réception des Manichéens, nous parle aussi de ce Thomas que Manès envoya en Syrie et en Palestine , et qui composa l'évangile qu'on appelle des Manichéens , que le pape Gélase mit ensuite au nom bre des livres apocryphes. Pour Papus , il n'est guère connu. C'est au père Combefis , dominicain , que nous avons l'obligation de l'ouvrage d'Alexandre contre les Manichéens ; il l'a tiré d'un manuscrit de la bibliothèque de M. Bigot , et l'a inséré dans son dernier supplément imprimé à Paris en 1672. On le trouve aussi en latin dans la bibliothèque des Pères, tom. 27. Je ne sais pourquoi Jean Sanbuc a fait une note sur ce manuscrit par laquelle il prétend qu'Alexandre était du temps de l'empereur Héraclius , c'est-à-dire, vers 640. Il aurait dû nous en donner quelques preuves. (Cave. P. Combesis.)

ALEXANDRE, moine. Grec de nation, auteur d'un Traité de VJm'cntion de la Croix , que le

ALE père Gretscr nous a donné avec des notes eu grec et en latin , tonï. 2. Le manuscrit grec est dans la bibliothèque de l'empereur à Vienne. On lui attribue encore une Oraison sur saint Barnabe, apôtre. Suri us la rapporte dans la Vie. des Saints, 1 1 juin.

Ou ne sait point le temps où cet auteur a vécu.

ALEXANDRE NEKAN , Anglais , natif d'Herfort , ayant parfaitement bien fait ses études en Angleterre , parcourut plusieurs académies pour y puiser toutes les sciences propres à former un jeune homme qui veut embrasser l'état ecclésiastique.

Il vint pour cela en France , d'où il passa en Italie. Étant retourné dans son pays, il voulut se fixer dans le monastère de saint Alban; mais y ayant éprouvé quelque dégoût , il se retira à Excester et se fit chanoine régulier de l'Ordre de saint Augustin, dont il devint bientôt abbé. Il mourut à Worchester et fut enterré dans le cloître des moines de cette ville. Il a écrit un Commentaire sw les quatre Evangiles , il est manuscrit dans les bibliothèques de Lincoln et d'Oxford , une Exposition sur le livre de VEcclésiaste; une autre sur le Cantique fies Cantiques ; les Louanges de la Sagesse divine ; de la Nature des choses ; un Eclaircissement d'une Bibliothèque , qui contient l'explication de plusieurs endroits de l'Ecriture — Sainte.

M. Cave cite ce qu'il dit sur ces paroles de Jésus-Christ en saint Jean , c. 6 , siquis vianducaverit

ex hoc pane, etc. , apparemment pour nous faire remarquer qu'il n'admettait point la présence réelle de Jésus-Christ dans le sacrement ; mais il n'a pas fait réflexion que cette explication qu'il rapporte n'exclut pas le sentiment de l'Eglise catholique. Au reste , aucun des ouvrages de cet Alexandre n'a point encore vu le jour. (Warthon. Baleus. Dupin , Biblioth. eccl. , teizième siècle.)

ALEXANDRE D'ARLES , capucin. Il est auteur de l'Histoire delà fondation du monastère de la Miséricorde de la ville d'Arles-

ALEXANDRE (dom Jacques) , bénédictin de la congréation de Saint-Maur , dont on a un ouvrage sur les horloges élémentaires.

ALEXANDRE (saint) , martyr de Lyon. Voyez saixt Pothlv.

ALEXANDRE (saint) , martyr de Lyon. Vojez saint Epipbde.

ALEXANDRE (saint) , martyr au territoire de Trente. Voyez

SlSIX>'E.

ALEXANDRE (saint) , l'un des sept fils de sainte Félicité , martyrs à Rome. Voyez sainte Félicité.

ALEXANDRE (saint) , martyr à Marseille , compagnon de saint Victor. Voyez saint Victor.

ALEXANDRE (saint) , martyr d'Alexandrie , compagnon de saint Epimaque. V. Epimaque,

Patriarchat.

ALEXANDRIE , tire son nom d'Alexandre -le -Grand qui la bâtit. Strabon , Marcellin eu

font une ample description. Elle tomba en la puissance d'Auguste après la victoire c^u'il remporta sur Marc-Antoine et Cléopâtre à la bataille d'Actium , aussi bien que toute l'Egypte qui devint alors une province romaine , dont le préfet qui la gouvernait au nom des empereurs et des Augustes , s'appela Aiigiistal. Il fut choisi d'abord , non pas de l'ordre des sénateurs , mais de celui des chevaliers , dit Dion Cassius, liv. 5i , qui ajoute que les sénateurs n'y pouvaient pas demeurer sans une permission particulière de l'empereur.

Elle était divisée , au rapport de Marcellin , en trois provinces, l'Egypte même , la Thébaïde et la Lybie , auxquelles on ajouta dans la suite l'Augustanique et la Pentapole. Ces trois premières provinces étaient distinguées en tiente-trois gouvernemens qu'on appelait nomes. Depuis Marcellin , il se fit une autre division de l'Egypte , qui fut en diocèse :

on en distingua neuf , l'Egypte première , l'Augustamnique première , l'Augustamnique seconde , l'Egypte seconde , l'Arcadie , la Basse -Thébaïde et la Lybie supérieure.

La Lybie s'appelait aussi Cyrénaïque. Elle vint aux Romains l'an 660 de la fondation de Rome avant Jésus-Christ 94 , par le testament de Ptolomée , fils de Ptolomée Physéon ou Evergète , second roi de Cyrène qui la donna en mourant à l'Empire, à condition que ses villes demeureraient libres. Or la Cyrénaique

ALE était une portion de l'Afrique voisine de l'Egypte , que l'empereur Auguste réduisit en province , et qu'il ajouta au gouvernement de l'île de Crète , comme l'assurent Strabon et Dion. C'est pour cette raison que le préfet de Cyrène ne dépendait pas du gouverneur de l'Egypte.

Nous faisons cette l'eniarque en passant , parce qu'elle nous sera de quelque utilité lorsque nous parlerons plus bas du gouvernement ecclésiastique du diocèse d'Alexandrie. Constantin assujettit depuis les deux Lybies , et par conséquent la Cyrénaique à i'Augustal d'Egypte.

On ne peut douter que la religion chrétienne n'ait été établie en Egypte et à Alexandrie dès sa naissance. Ce qui me le persuade , c'est la proximité de la Judée et de l'Egypte où beaucoup de juifs étaient établis.

Nous lisons dans les Actes des apôtres, c. 2 , v. 9 , que le Saint- Esprit étant descendu sur les apôtres le jour de la Pentecôte , les habitans de la Mésopotamie, delà Judée, de Pamphilie, d'Egypte , de la partie de la Lybie qui est aux environs de Cyrène , et tous les juifs qui s'étaient rassemblés de tous côtés pour la fête , les entendirent parler chacun en leur langue des merveilles de Dieu , et nous voyons au chapitre 8 la conversion de l'eunuque de Candace , reine d'Ethiopie, qu'on appelait Nubie, ou du moins ([ui en était voisine , lorsqu'il retournait en son pays par l'Egypte. Est-ce que la foi aurait

été portée au-delà de TEgjpte , sans l'avoir auparavant éclairée?

(-e Simon qui porta la croix du Sauveur était de Cyrène ; il était père d'Alexandre et de Rufus , très - connu des fidèles , comme saint Marc l'insinue dans son Evangile. Quand Corneille le centurion fut baptisé par saint Pierre, des hommes de Chypre et de Cyrène vinrent à Antioche, et y prêchèrent Jésus- Christ, (y/c/. 1 1 , V. 20.) Parmi les prophètes et les docteurs à qui le Saint-Esprit ordonna à Antioche d'imposer les nîains à Paul et à Barnabe, il y en avait un nommé Lucius de Cyrène. (^cf. i3, v. i.) Voilà donc des chrétiens dans la Cyrénaïquc; il ne faut pas douter qu'il n'y en ait eu aussi à Alexandrie, peut-être en plus petit nombre à cause de la haine que les Alexandrins jjortaient aux juifs. D'ailleurs, on doit quelque respect à l'ancienne tradition qui nous apprend que l'apôtre saint Simon annonça l'Évangile en Egypte avant qu'il allât le prêcher à d'autres nations.

Quoi qu'il en soit , on voyait hors d'Alexandrie , à la vérité , vers la partie Lybique du Nil ou du côté occidental de ce fleuve , le mont de Nitrie , sur lef[uel étaient les Thérapeutes dont parle Philon dans son livre de la Vie contemplative. Eusèbe et saint Jérôme assurent positivement que ces Thérapeutes étaient chrétiens ; et après les témoignages des premiers Pères de l'Église , des plus anciens historiens , et les savantes Dissertations qu'ont

donné sur ce sujet les plus célèbres écrivains de notre temps , n'en déplaise à quelques critiques modernes qui se croient en droit de douter de tout , il faut convenir que ces Thérapeutes étaient des fidèles qui s'étaient retirés sur ce mont sacré pour observer l'Évangile dans ses préceptes et dans ses conseils. Ainsi, quoique saint Marc ait été un peu tard à Alexandrie , ce n'est pas une conséquence qu'il n'y ait point eu de chrétiens avant lui. N'y en avait-il pas à Rome airant que saint Pierre y allât ?

L'église d'Alexandrie , qui a été la métropole de l'Egypte, eut pour premier pasteur l'évangé— liste saint Marc. Saint Pierre l'ordonna en cette qualité , et l'y envoya vers l'an 4o de Jésus-Christ; d'autres disent un peu plus tard.

Saint Jérôme, dans son catalogue , marque qu'il mourut la huitième année de Néron , c'està-dire 61 de Jésus -Christ, et qu'il fut inhumé dans Alexan-drie même. Si cela est , il faut qu'il ait été d'Egypte à Rome , d'oii , après y avoir composé son Évangile et servi d'interprète à saint Pierre , il sera retourné à Alexandrie. Abraham Echellensis nous a donné une chronique orientale qu'il a traduite de l'arabe, qui semble accorder toutes ces époques. Suivant son auteur, S. Marc aurait pi-èché en Egypte ou plutôt dans la Cyrénaïque l'an 4o de Jésus-Christ , et serait revenu de Rome à Alexandrie l'an 60.

Le siège d'Alexandrie a été re-

gardé de tout temps comme le second du monde chrétien. C'est ce qu'on peut remarquer par l'inscription de la lettre synodique que les Pères du second concile d'Antioclie, qui condamna Paul de Samosate, écrivirent pour être comnivmiquée à toutes les églises : elle est adressée à Denis de Rome et à Maxime d'Alexandrie , comme aux deux premiers évêques de toute la chrétienté.

Saint Athanase , revenant des Gaules où il avait été exilé , ordonna des évêques dans toutes les provinces de l'Asie et de l'Orient , en qualité de patriarche de tous ces lieux. Timothée crut qu'il était de son devoir de rétablir la foi dans les églises d'Orient qui s'étaient laissées séduire par les ariens, lorsque sous Théodose-le-Crand les catholiques commencèrent à respirer.

Tout cela fait voir la supériorité du siège d'Alexandrie sur tous les autres sièges de cette partie de l'Orient.

Les Pères du premier concile de Constantinople et du second concile général tentèrent de diminuer cette autorité du patriarche d'Alexandrie , sous prétexte que la ville de Constantinople étant devenue la seconde après Rome , elle devait aussi après elle avoir le premier rang. {Can. 4.) Mais ce canon qui fut fait sans l'avis de Timothée qui était absent, et auquel il ne souscrivit point , ne fut reçu chez les Égyptiens que lorsque les empereurs de Constantinople qui désiraient d'honorer le siège

ALE de leur empire , eurent obtenu des patriarches d'Alexandrie qu'il aurait son effet.

Quelques années après le concile général de Constantinople , Théophile d'Alexandrie , qui avait succédé à Timothée, ne pouvant mettre sur le siège de cette ville Isidore , prêtre de son église , à la place de Nectaire , ordonna saint Ghrysostôme pour lequel l'empereur Arcade s'intéressait , et le plaça sur le trône patriarchal , preuve certaine que l'église d'Alexandrie avait encore des droits sur celle de Constantinople ; et ce qui ne laisse aucun lieu d'en douter , c'est que ce fut ce même Théophile qui, en sa qualité, déposa saint Chrysostôme et lui substitua Arsène dans un concile qu'il assembla à Chalcèdoine proche de Constantinople. Nous voyons encore que saint Cyrille qui succéda à Théophile , se servit de son droit de patriarche du second siège contre Nestorius, qu'il déposa ensuite dans le concile général d'Ephèse en qualité de légat du pape Célestin. Ce ne fut que l'attentat de Dioscore d'Alexandrie sur saint Flavien de Constantinople qui mit en vigueur le quatrième canon du second concile général dont nous avons parlé , et qui fut renouvelé dans le concile de Chalcèdoine. ( Can. 28. ) Mais et les légats du pape, et les papes eux-mêmes s'y sont toujours opposés , et en particulier saint Léon , qui obtint enfin par ses lettres à l'empereur Marcicn , à

ALE Pulcliéiic Auguste et à Anatolius de Constant inople , qu'il n'aurait point lieu , et que l'église d'Alexandrie conserverait ses anciens privilèges.

Mais il arriva dans la suite que les patriarches d'Alexandrie , même ceux qui étaient orthodoxes, se relâchèrent indignement sur leurs droits jusqu'à se laisser ordonner par les évèques de Constantinople. Il arriva aussi que ceux qu'on appelle Cophtes et Jacobites , vivans dans l'hérésie et le schisme , n'eurent plus aucun intérêt de soutenir leurs anciens droits ; et c'est ce qui donna occasion aux papes Innocent m, dans son concile de Latran, et à Eugène iv, dans le concile de Florence , de consentir enfin que le patriarche de Constantinople tînt le premier rang après le pape de Rome , et que celui d'Alexandrie n'eût que le troisième.

La puissance de l'évêque d'Alexandrie ne se renfermait pas seulement dans la juridiction spirituelle , elle s'étendait en outre sur le peuple de la ville et de tout le pays. Socrate nous le fait voir au livre 7 de son histoire , ch. 7 , où il rapporte que saint Cyrille , trois jours après la mort de son oncle Théophile, ayant été choisi par le peuple pourévêque d'Alexandrie, quoi-^ qu'Abondantius , commandant des troupes de la garde, s'y opposât, s'attribua encore sur ce siège plus d'autorité queThéophile n'y eu avait eu ; que depuis ce temps lésé vèques d'Alexandrie

avaient gouverné le temporel aussi bien que le spirituel ; que saint Cyrille , des qu'il fut ordonné évêque , fit fermer de son autorité les églises des Novatiens ; que non-seulement il en avait enlevé les vases sacrés et tous les ornemens, mais qu'il avait encore confisqué tous les biens de Théopompus leur évêque. On peut voir dans le même auteur beaucoup d'autres traits de l'autorité des évèques d'Alexandrie sur leurs peuples.

Ce grand pouvoir des patriarches d'Alexandrie fut fatal à l'église d'Egypte. Dioscore ayant été déposé dans le concile de Chalcédoine et envoyé en exil à Gangres en Paphlagonie par l'ordre de l'empereur Marcien , et y étant mort quelques années après , le peuple d'Alexandrie cjui lui était attaché, voulut lui donner un successeur , quoique Potérius fût légitimement établi à sa place. Il demanda à haute voix Timothée iElure pourévêque : deux évèques d'un autre diocèse l'ordonnèrent , et lui imposèrentles mains. Aprèsla mort de Marcien , ce Timothée souleva le peuple contre Potérius , et l'ayant trouvé dans le baptistère de l'église césarienne le jeudi de la semaine-sainte, il le tua impitoyablement. Ilarriva de là qu'il y eut depuis deux évèques d'Alexandrie ; et lorsque les partisans de Dioscore se furent emparés des églises, ils rompirent, pit l'auteur de M Abrégé de V Histoire des Eutichiens, cette unité de foi et de communion qui

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avait toujours subsisté depuis saint Marc, et chassèrent tous les évêques qui n'étaient pas de leur parti. Ce ne fut que sous l'empire du vieux Justin que les catholiques reprirent leurs églises; ils les conservèrent jusqu'au règne d'Héraclius ; mais ils étaient en petit nombre en comparaison des scliismatiques qui se donnèrent enfin avec toute l'Egypte aux Sarrasins qui , par reconnaissance , les mirent en possession de toutes les églises ; de sorte que pendant plus de quatre — vingts ans il n'y eut point de patriarche catholique à Alexandrie.

Voilà les différens changemens qui sont arrivés dans cette église depuis saint Marc. Elle persévéra constamment dans la foi orthodoxe jusqu'à Dioscore , et ce Timothée ^lure dont nous venonsde parler. Elle était même la règle de la foi , et c'était à elle qu'on s'adressait pour savoir ce qui ne lui appartenait pas.

Depuis Timothée , on voit une suite continuelle de ]Monophysites sur ce siège , et non pas de ceux qui recevaient le concile de Chalcédoine. Ce ne fut que sous l'empereur Justinien i*'^ qu'on y vit un patriarche catholique : c'était Paul , du monastère de Tabenne , auquel succédèrent six autres orthodoxes comme lui , jusqu'à Cyrus qui, pour se concilier la bienveillance des monophysites, embrassa l'erreur des monothélites qu'il eut soin de répandre dans toute l'Egypte, et qui trouva dans PieiTe,

son successeur un défenseur opiniâtre. Celui-ci, suivant l'exemple de son prédécesseur , se retira à Constantinople , étant devenu suspect aux Sarrasins inahométans qui occupaient toutes les provinces de l'Egypte, et qui livrèrent toutes les églises aux jacobites , comme étant ennemis des empereurs de Constantinople; de sorte qu'on ne vit presque plus de catholiques dans l'Eg-ypte, et que ceux qu'on appelait Melchites , et qui recevaient la^foi de Chalcédoine , ne purent avoir de patriarche jusqu'en l'année 729, conime nous le dirons dans la suite.

De tout ce que nous venons de dire , il demeure pour constant que le patriarche d'Alexandrie avait un plein droit sur toutes les provinces d'Égvpte , de la Thébaïde , de la Lybie , de la Pentapole , etc., et qu'il était le seul métropolitain. Les jacobites se sont montrés plus jaloux de ces droits que les catholiques.

Dès que ceux-ci furent remis en possession du siège d'Alexandrie, ils renoncèrent à l'ancien usage, et ils formèrent leur diocèse sur le modèle des diocèses de Constantinople d'Antioche et de Jérusalem , dont chaque province était gouvernée par un métropolitain, au lieu que le patriarche gouvernait tout immédiatement auparavant, et il paraît que ce changement avait déjà été fait du temps de Photius.

Il ne nous reste plus qu'à remarquer deux avantages particuliers à cette église : le premier

A LE est qu'elle a été long-temps en possession de fixer le jour de Pâque pour en avertir l'évèquc de Rome qui le faisait ensuite savoir à toute l'Église; et cela apparemment parce que cette ville était remplie d'habiles astronomes qui en jugeaient par le cours du soleil. Le second , est que dès les preniiers temps de sa fondation , et pendant les cinq premiers siècles, il y eut une fameuse école chrétienne conduite par les plus grands maîtres , qui ne contribua pas peu à étendre la foi dans toute l'Egypte. Saint Jérôme en fait remonter l'origine jusqu'à saint Marc , en parlant de Pantsenus qui fut un des plus habiles de ces maîtres , et C|ui vivait dans le deuxième siècle.

La ville d'Alexandrie , si célèbre autrefois , n'a pas aujourd'hui plus de deux mille habitans. Il n'y a plus que quatre églises , celle de Saint-Georges , une de Saint-Marc, la troisième de Saint-Michel , la quatrième de Saint-Sabas , desservie par les Latins. Son patriarche , qui l'est des cophtes et des melchites ou des Grecs , réside au Caire ; ses titres sont: N.... parla grâce de Dieu , pape et patriarche de la grande Alexandrie , et arbitre de l'univers.

On, y voit entre autres monumens de son ancienne splendeur , la Colonne de granit rougè , dite à tort de Pompée , haute de cent quatorze pieds :

son diamètre est de neuf pieds.

Il y a aussi deux obélisques

magnifiques , chargés d'hiéroglyphes , nommés Aiguilles de Cléopdlre. L'ancien jîhare, haut de quatre cent cinquante pieds, et que Ptolémée-Philadelphe fit construire par l'architecte Sostrate , pour éclairer les vesseaux, n'a plus rien de sa beanté, et n'est plus qu'un château nommé Pharillon ouPharaillon, qui sert encore à éclairer les vaisseaux.

Succession des patriarches d'Alexandrie par ordre chronologique.

1 . Saint Marc , selon Eusèbe , saint Épiphane , saint Jérôme et l'auteur de la Chronique alexaiidrine , fut désigné par saint Pierre , évêque d'Alexandrie , comme nous l'avons déjà dit; il n'y vint en cette qualité qu'après avoir composé son évangile à Rome. Ses actes disent qu'il y alla lorsque les apôti-es se dispersèrent. Tous les historiens croient qu'il alla d'abord dans la Pentapole Cyrénaïque ; qu'il fonda ensuite l'église d'Alexandrie ; qu'ayant besoin de faire raccommoder ses souliers, il alla chez un coi'donnier nommé Anien qu'il guérit , par l'invocation du nom de Jésus-Christ, d'une blessure qu'il s'était faite à la main avec son alèue ; Anien se convertit et fut baptisé avec toute sa famille : saint Marc l'ordonna ensuite évêque d'Alexandrie , à l'occasion d'un voyage cfu'il devait faii'e dans la Pentapole , d'où étant revenu

après deux ans , il fut arrêté par les gentils le jour même de Pâques, lorsqu'ils faisaient la fête de Sérapis , et mis à mort trois jours après. L'Église célèbre sa mémoire le 25 avril. ( T^ojez Saixt-Makc. )

1. Anien succéda à saint Marc la huitième année de Néron , suivant Eusèbe qui ajoute, qu'après c[u'il eut gouverné l'église d'Alexandriependant vingt-deux ans , il mourut la quatrième année de Domitien : à ce compte, il faut qu'il soit mort l'année 84 de Jésus-Christ.

3. Abilius, succéda à Anien, et mourut après avoir gouverné treize ans, dit Eusèbe dans sa C^ro/i/^z/e. Les Arabes l'aj^pellent Melian , on honore sa mémoire le 22 février.

4- Cerdon, succéda à Abilius la première année de l'empire de Trajan , et mourut vers la douzième. Les BoUandistes conjecturent que ce fut l'an 107 de Jésus-Christ , le i5 de juin.

5. Primus : il mourut , selon Eusèbe , vers la troisième année d'Adrien , et de Jésus-Christ Ï19, ayant gouverné douze ans LesCophtes et les Arabes le nomment différemment.

6. Justus , fut élu la troisième année d'Adrien , de Jésus-Christ 119. Il mourut en i3o.

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