‹ Bibliothèque sacréeChapitre 59 sur 174 · PROPOSITION IL · texte numérisé non relu

PROPOSITION IL

Les actes humains tirent leur vioralité des circonstances.

PREUVE

Les circonstances font que des actions qui ont la même fin et le même objet , sont meilleures ou plus mauvaises les uncsque les autres. Une au mône , par exemple , faite par un pauvre à son ennemi , est meilleure qu'une aumône faite par un riche à son ami. Un vol commis dans une église est plus mauvais que celui qui se commet hors l'église , à cause des circonstances différentes de ces actions. Ces circonstances sont donc un principe de moralité par rapport aux actes humains.

P^Of. ClRCONSTA.\XES.

PROPOSITION IIL

La fin est un principe de moralité par rapport aux actes humains.

i". La fin rend une action bonne ou mauvaise , d'indifférente qu'elle était. Par exemple , la promenade , qui est indifférente de sa nature , devient bonne si on s'y propose de se délasser pour s'acquitter de ses devoirs , et mauvaise si on s'y propose le plaisir seul , ou la vanité.

2" La fin rend une action plus mauvaise qu'elle n'est de sa nature. Yoler pour s'enivrer est une action plus mauvaise que voler pour subvenir à quel([ue besoin raisonnable 3' La fiii rend une

action mauvaise qu'elle était. Jeûner par liypocrisie est une action mauvaise , à cause de sa mauvaise fin. 4° La fin augmente la bonté d'une bonne action. Jeûner pour l'expiation de ses péchés et de ceux des autres , est une meilleure action que de jeûner pour quelque autre fin moins bonne ; et par conséquent la fin est un principe de moralité.

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