‹ Bibliothèque sacréeChapitre 62 sur 174 · PROPOSITION VI · texte numérisé non relu

PROPOSITION VI

Un seul et même acte peut avoir deux espèces de bonté ou de malice ; l'une de l'objet , et Vautre de la fin.

PREUVE

1°. La malice et la bonté de l'acte humain , se tirant de sa conformité ou de sa non-confofrmité avec la droite raison, il

UMAINS. ,g5

peut y avoir autant d'espèces de malice ou de bonté que de manières de conformité ou de nonconforrnité avec la droite raison.

Or , un acte humain peut être conforme ou non-conforme à la droite raison de plusieurs manières. Une aumône faite pour racheter ses péchés est conforme en deux manières à la droite raison; i" parce qu'elle tend au soulagement du pauvre ; 2° parce qu'elle tend à l'expiation du péché. Elle a donc deux espèces de bonté ; l'une tirée de la miséricorde, et l'autre de la pénitence. Un vol fait pour s'enivrer est contraire en deux manières à la droite raison ; la première , du côté de l'objet , savoir , le bien d'autrui que la raison défend de prendre ; la seconde , du côté de la fin , savoir , l'ivresse que la raison condanrne aussi. Le vol a par conséquent deux espèces de malice.

2°. La bonté de la fin ne détruit pas la bonté de l'objet dans les actes humains , parce que le bien n'est pas opposé au bien , non plus que le vrai au vrai , et par conséquent un même acte peut avoir deux sortes de bonté.

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