ACT
serve un fragment dans son ouvrage des trois Carêmes , publié par M. Cotelier dans ses Monumens de l'Eglise grecque, t. 3, pag. 428.
8. Actes de saint ]\Iatthias , donné par un religieux de l'abbaye de Saint-Matthias de Trêves.
ACTES DU CONSISTOIRE, Acta Consistorii, étaient autrefois les édits du conseil des empereurs romains.
Actes , signifient les délibérations et les résolutions puljliques qui sont couchées dans les regis^ très , qu'on appelle en ce cas les actes publics , comme les actes des conciles , les actes du sénat, acta. On appelle aussi actes les thèses qu'on soutient publiquement. On dit aussi acte de foi , d'espérance , de charité , etc.
Acte de foi , dans un autre sens , est un jour de cérémonie de l'Inquisition pour la punition des hérétiques , ou pour l'absalution des accusés. On conduit ce jour-là tous les coupables à l'église où on lit leur sentence d'absolution ou de condamnation. Les condamnés à mort sont livrés au juge séculier par l'Inquisition , et elle prie que tout se passe sans effusion de sang.
S'ils persévèrent dans leurs erreurs , ils sont brûlés vifs. Cette solennité s'appelle acte de foi ( auto da fe). Voyez Inquisition.
ACTON (Radulphe), prêtre anglais qui fleurissait vers l'an i320, laissa des Comrnenlairtîs sur les Fpîlres de saint Paul, sur
le Maître des Sentences , des Homélies, et^d'autres ouvrages théologiques Lelan et Pitseus , de script. Angl.
ACTON, Anglais de nation et religieux de l'Ordre de Saint-Dominique qui vivait vers l'an 1 4 1 o, était un savant théologien, selon Leland. Il écrivit un traité de Pace ecclesiœ , des Sci'mons et quelques autres ouvrages. (Lelland et Pitseus,We script. Angl.)
ACTONE. Wading place ce siège sous l'archevêché de Lépante , et il en cite deux évèques.
1°. Théodoric ou Thierry, auquel succéda,
2°. Hermann , nommé au temps du concile de Constance , le 6 mars i4i5; il était de l'Ordre de Saint-François. (Wading , tom. 5 , pag. loi.)
ADA (hébr., assemblée o\x orné ) , femme de Lamech-le-Bigame , et mère de Jabel et de Jubal.
ADA , fille d'Hélon-le-Héthe;eu et épouse d'Ésaû , et mère d'Éliphaz. ( Gen. , c. 36.)
ADAD (hebr. mort ou vapeur, autrement fontaine ) , fils de Badad , successeur de Husan , dans le royaume d'Idumée. Le nom de la ville où il régna est Avith dont on ignore la situation. (Genèse, c. 36 , v. 35.)
ADAD , roi de Syrie , régnait à Damas lorsque David attaqua Adarézer , autre roi de Syrie.
(2. Reg., c. 8, V. 3.) ^ojez Nicolas de Damas, dans Josephe, livre 7 , chapitre 6 des Antiquités.
ADAD, fils du roi de l'Iduniée orientale , fut porté en Egypte dans son enfance lorsque loab, général des troupes de David , exterminait tous les mâles de l'Idumée. Il fut très-bien reçu du roi d'Egypte qui lui fit épouser la sœur de la reine Taphnès , sa femme , dont il eut un fils nommé Génubath. Après la mort de David et de Joab , Adad retourna dans ridumée pour tâcher d'y soulever le peuple contre Salomon ; mais l'Ecriture ne nous dit rien du succès de ces entreprises. (3. Reg.,c. II , V. i4et seq. Voj. Josephe , liv. 8, ch. 2 des Antiq. )
ADAD , fils de Balanan , roi d'Idumée qui régna dans la ville de Phaù. Après lui l'Iduméefut gouvernée par des chefs ou princes dont on trouve le dénombrement. ( i. Par. , c. i , v. 5i et seq.)
ADAD , Josephe appelle de ce nom les rois de Syrie qui sont nommés dans l'Écriture Bénadad. On les renvoie à ce dernier nom.
ADAD, dieu des peuples de Syrie. C'était le soleil selon Macrobe. Ce nom a été aussi longtemps un nom commun aux rois de Syrie. ( ]Macro]:) , Saturnal , liv. I , chap. 23. Nie. Damasc.
apud Joseph. Antiq. , liv. 7 , chap. 6. )
AD ADA, ville dans la partie méridionale de Juda. ( Josué , c. i5 , V. 22.)
ADADA , ville épiscopale du diocèse d'Asie , dans la province de Pisidié , ayant Séleucie à l'o-
ADA rient . Strabon l'appelle Adadatn .
Elle se trouve dans toutes les notices. Voici cinq de ses évèqucs.
i» Ananie , au premier concile général de CP. 2° Eutrope , au concile de Chalcédoine. 3" Jean souscrit aux canons de Trullo.
4°. Nicépliore , au septième concile général. 5" Bazile au huitième.
ADAD-REIVMON , ville dans la vallée de Jezrahel. Elle s'a})jjela depuis Maximianopolis , en l'honneur de l'empereur Maximien. Elle est à dix -sept milles de Césarée de Palestine, et à dix milles de Jezrahel. Hiéron.
ad Zach.^ c. 12. Jtinerar. Jerosolim. Antiquités . )
ADAIA , de la tribu de Lévi , fils d'Éthan et père de Zara.
( I. Par. ,c. 6 , v. 4ï)
ADAIA , de la tribu de Benjamin , fils de Sémei. ( i . Par. , c. 8, V. 21.)
ADAIA , de la race des sacrificateurs , fils de Jéroham et père de Maasias. { i . Par. , chap. 9 , V. 12. )
ADALARD , moine de Bladenbcrg à Gand , fleurissait au commencement du onzième siècle. A la prière de saint Elfège , archevêque de Cantorbei-y, il composa im office pour la lète de saint Dunstan , un des prédécesseurs de ce prélat. Comme cet ouvrage est dédié à saint Elfège , il n'y a pas à contester qu'il fut composé avant l'an 1012 , qui est celui de la mort de ce saint archevêque.
L'écrit d'Adalard consiste en un ■Abrégé de la vie de saint Dunstan, divisé en douze leçons, avec
autant de répons relatifs aux leçons , et une Épîtrc dédicatoire dans laquelle il rend compte à .saint Elfège de l'exécution de son dessein. Cet ouvrage se trouve dans plusieurs manuscrits où il porte quelquefois pour titre , la p^ie de saint Dunstan. Il est en entier dans quelques uns, et sans les répons dans les autres , nommément dans ceux du Bec et d'Anvers. Quelquesécrivains ont avancé cju'il était imprimé dans VAnglia sacra ; mais on n'y a fait entrer que l'Épîtrc dédicatoire. (Dom Rivet , Hist. liltér.
de la France , tome 7 , page 228. )
ADALBERON , né en Lorraine d'une famille qu'on ne connaît que par ses grandes richesses. Il étudia à Reim§ sous Gcrbert , et devint un des savans hommes de son siècle. Il fut ordonné évèque de Laon en 977, et mourut en loSo.Ona do ce prélat unpoème satirique en quatre cent trente vers hexamètres , adressé au roi Robert. Comme ce poëme renferme plusieurs traits historiques intéressans , Adrien de Valois en a donné une édition avec divers autres monumens en i663 en un volume in-8°. Au temps de Sanderus,on voyait à la bibliothèque de l'abbaye de Laul^es un autre poème du niême auteur qui avait pour titre : de Sancta 7 Wnitate , et qui était adressé au roi Robert. Dom Bernard Pez a découvert dans la bibliothèque de l'électeur de Bavière un autre ouvrage d'Adalberon de Laon adressé à Foulques , évêque d'A-
miens. Il a pour litre : de Modo reclè argumentandi et prœdicnndi dialogus. Cot ouvrage est resté manuscrit. (D. Rivet, Hist.
lit t. delà France, t. '^, p. 2qo. ) ADALBERT , évêque de Prague et martyr, de la première noblesse de Bohême, vint au monde vers l'an 906, et fut nommé au baptême Wojtieck , qui voulait dire en langue vulgaire du pays, secours de V armée. Ses parens l'envoyèrent étudier à Magdebourg, sous l'archevêque Adalbert qui lui donna son nom dans la confirmation. Revenu en Bohême et touché sensiblement des tristes lamentations que fit au lit de la mort Diethmar ou Tel^harat , évêque de Prague , pour n'avoir pas mené une vie pénitente , il prit le cilice , .se couvrit la tête de cendres , alla prier d'église eu église et fit de très-grandes aumônes. Il fut élu peu de jours après évêque de Prague d'un consentement unanime du peuple. Il fit des efforts inouis de zèle et de pénitence pour le règlement de son troupeau ; mais voyant qu'il travaillait en vain , il le quitta pour se retirer dans le monastère de Saint-Eoniface à Rome. Il fut coiitraint de retourner à son église qu'il abandonna encore à cause de son endurcissement , pour aller prêcher la foi dans la Prusse où il souffrit le martyre le 23 avril de l'an 997 , ayant été percé de sept lances , par autant d'assassins dont le chef était un prèlredes idoles. Son corps fut vendu au duc de Pologne , Fo-
ADA leslas, qui le fit déposer d'abord dans le mona.stère de'frémezno, et peu après dans la cathédrale de Gnesne. Sa tête fut mise séparément dans vm reliquaire d'or , et l'un de ses bras fut donné à l'empereur Othon m qui le déposa dans l'église de Saiut- Barthelemi à Rome. Depuis ce temps, saint Adall^ert fut honoré comme patron de la Pologne et de la Bohême. Les martyrologes font mention de lui au 28 d'avril. ( Baillet, tome 1, 23 avril.) ADALBERT (saint ) , premier archevêque de Magdebourg en Saxe, fut élevé dès sa tendre jeunesse dans le monastère de Saint- Maximien de Trêves. Il fut choisi et sacré évêcjue des Rugiens ou Russiens , à Mayence , l'an 962. Etant arrivé dans le lieu de sa mission, il n'oublia rien pour instruire les Russiens , mais sans aucun fruit ; ce qui le détermina à retourner en Allemagne. L'empereur Othon i*^'' , ayant obtenu du pape Jean xii l'érection de la ville de Magdebourg en métropole, saint Adall^eit en fut choisi premier ai'chevêque, d'une voix unanime , tout le inonde s'empressant à l'envi de rendre justice à son mérite. Il s'acquitta pendant treize ans de tous les devoirs d'un bon pasteur avec une vigilance infatigable , et niourut au milieu de ses fonctions pastorales , comme il était en chemin dajis le cours de ses visites , le 20 de juin de l'an 981. ( Mabillon , sœi'. 5. SS. lieiied., p. 576, 577, n" 8. Baillet, tom 2 , 20 juin. )
ADA ADALBERT ou ADELBERT et ALDEBERT , fameux imposteur, était Gaulois, et naquit au commencement du huitième siècle, n se vantait qu'un ange sous une forme humaine lui avait apporté (les extrémités du monde , des reliques d'une sainteté admirable , par la vertu desquelles il pouvait obtenir de Dieu tout ce qu'il lui demandait. Il gagna par ce moyen la confiance du peuple superstitieux et crédule , trouva accès dans plusieurs maisons , et attira à sa suite plusieurs femmes et une multitude de paysans qui le regardaient comme un homme d'une sainteté apostolique , et comme un grand faiseur de miracles. Des évèquesignorans qu'il sut gagner à force d'argent , lui ayant conféré l'épiscopat contre toutes les règles , cette nouvelle dignité lui inspira tant d'orgueil et de présomption qu'il osait se comparer aux apôtres et auxniartyrs ; il refusait de consacrer des églises en leur honneur , et ne voulait les consacrer qu'à luimême. 11 distribuait ses ongles et ses cheveux au petit peuple qui leur rendait le même respect qu'aux reliques de saint Pierre.
11 faisait de petites croix et de petits oratoires dans les campagnes , près des fontaines où le peuple s'assemblait pour prier au mépris des anciennes églises.
Enfin, lorsque le peuple venait à ses pieds pour se confesser, il disait : Je sais vos péchés , vos plus secrètes pensées me sont connues , il n'est pas besoin de
vous confesser ; vos péchés vous sont remis ; allez en paix dans vos maisons , siirs de votre absolution. ( Boniface , Epist. ) i35.
Adalbert avait composél'histoirc de sa vie. Il j>araît , par le commencement de cette pièce qu'oji nous a conservée , qu'elle n'était qu'un tissu de visions, d'impostures et de faux miracles. Adalbert s'y représentait né de parens simples , mais couronné de Dieu dès le sein de sa mère ; il disait qu'avant de le mettre au monde, elle avait cru voir sortir de son côté droit un veau , ce qui , selon saint Adalbert , signifiait la grâce qu'il avait reçue par le ministère d'un ange.
Un autre écrit d'Adalbert , est une lettre qu'il attribuait à Jésus-Chi'ist, et qu'il supposait être venue du ciel par le ministère de saint Michel. Voici le titre de la lettre : « Au nom de » Dieu , ici commence la lettre » de Notre*»- Seigneur Jésus- ■« Christ qui est tombée à Jérii- » saleni , et qui a été trouvée » par l'archange saint Michel à » la porte d'Éphrem, lue et co- » piée par un prêtre nommé » Jean qui l'a envoyée à la ville » de Jérémie , à un autre prêtre )• nomme Talasius ; et Talasius » l'a envoyée en Arabie , à un » autre prêtre nommé Lcoban , » et Leoban l'a envoyée à la ville » de Betsamie où elle a été re- » eue par le prêtre Macarius qui » l'a envoyée à la montagne de » l'archange saint MicJiel ; cl la « lettre est arrivée par le moyen > d'un ange à la ville de Rome
2o4 ADA
» au sépulcre de saint Michel , » où sont les clefs du royaume » des deux; et les douze prêtres » qui sont à Rome ont fait des » veilles de trois jours , avec des )) prièresjour et nuit. >»
Sur la notion que le concile de Rome , tenu sous le pape Zacharie contre Adall^ert , nous donne de cette lettre , c'est la même que M. Baluze a fait imprimer sur un manuscrit de^Tarragone dans son appendix aux Capitidaires des rois de Fi'ance ; cette lettre ne contient rien de mauvais , ni c[ui mérite qu'on en fasse mention.
Nous avons encore une prière d'Adalbert, qu'il avait composée pour l'usage de ses sectateurs ; elle commence ainsi : « Seigneur » Dieu tout-puissant , père de » Notre-Seigneur Jésus-Christ , » alpha et oméga , qui êtes assis » sur le trône souverain , sur » les chérubins et les séraphins, » etc. » *
Saint Boniface fit condamner Adalbert dans un concile tenu à Soissons, l'an 744- Le pape le condamna aussi dans un autre concile qu'il tint en 74^ ou 748.
Depuis cette époque , l'histoire ne nous apprend plus rien d'Adalbert , sinon que saint Eoniface le fit enfermer par Vordie des princes Carloman et Pépin.
ADALBERT, moine de Fleury, mourut en odeur de piété le 23 décembre 853. Il a composé l'histoire de la translation du corps de saint Benoît du Mont-Cassin en France. Après avoir dit deux mots de la destruction du Mont-
ADA Cassin , cet auteur donne- en abrégé l'Iiistoirede la fondation du monastère de Fleury , où l'on trouve deschoses curieuses. C'est le plus ancien auteur qui ait écrit sur l'origine de cette abbaye. Cette histoire se trouve à la tête de la bibliothèque de Fleury , imprimée à Lyon en 1604 , in-8% et dans le'recueil des BoUandistes , 21 mars, page 3oo et 3o5. Dom Mabillon en a donné une nouvelle édition.
( Act. SS. , tom. 2 , pag. 337 , 33q. ) Plusieurs écrivains ont confondu cet auteur avec Adreval , autre moine de Fleury. On peut voir dans \ Histoire littér.
de la France, de dom Rivet, t. 5, pag. 5i5 et suiv. , l'origine de cette erreur , et les raisons qui la combattent ( Moréri , édition de 175g. )
ADALGISE, Français de nation , moine du monastère de Saint-Théodoric, dans le diocèse de Reims , vivait au commencement du onzième siècle. Il écrivit vers l'an io5o un ouvrage sur les' miracles de saint Théorie ou Thierri , abbé , à la prient des religieux de cette abbaye , et le leur dédia. Le père Mabillon nous l'a donné dans le premier siècle des Bénédictins , d'après un manuscrit de la même abbaye. Il avoue qu'il a passé plusieurs miracles qui ne lui paraissaient pas d'une grande utilité.
(Cave.)
ADALI , père d'Amasa , de la tribu d'Ephraïm. (2. Pr//-. ,chapit. 28, v. 12. )
ADALIA , cinquième fils d'A-
luan , qui fut attaché à la potence avec SCS frères par l'onlrc d'Assuévus. [Esther, c. 9 , v. 8. )
iVDAM ( liebr. ,roux ou rouge, premier homme ainsi nommé de la terre roussedtre dont il fut tiré. ( Gen. , c. i.) Dieu le forma de cette terre , quant au corps, et il communiqua la vie à ce corps ainsi formé , en lui donnant une ame intelligente et raisonnable, ou bien un esprit immortel ; carl'ame raisonnable créée de Dieu est le principe de la vie du corps lunnaiu. c. 2. ) Dieu créa Adamen état de grâce, de justice , de sainteté, d'innocence , de droiture et avec toutes les perfections propres à la fin surnaturelle et divine à laquelle il le destinait , c'est-à-diie à la connaissance , l'amour et la possession de lui-mcme. Il le plaça dans le Paradis terrestre , c'est-àdire , dans un lieu charmant et délicieux cju'il avait planté luimême de toutes sortes d'arbres , chargés de fruits agréables à la vue et au goût.
Dans ce lieu de délices , Adam reçut l'empire sur tous les animaux ; il leur donna des noms convenables et qui marquaient leurs principales propriétés. Il lui fut permis de manger de tous les fruits qui étaient dans le Paradis , mais il avait défense de manger de celui de l'arbre de la science du bien et du mal , auquel Dieu ne lui permit pas de toucher , sous peine de mort. Il en mangea cependant , sollicité par sa femme qui lui en présenta, après qu'elle en eût mangé la
ADA ao5
première, par l'instigation du démon ([ui prit , pour la séduire, la forme d'un serpent (c. 3.); et aussitôt leurs yeux furent ouverts ; ils s'aperçurent qu'ils étaient nus , et commencèrent à en rougir , ce qu'ils ne faisaient point avant leur péché; ils perdirent la justice originelle et furent sujets à l'ignorance , la douleur ,lcs travaux , la révolte de la chair , des passions, et à la mort ; Dieu les chassa du Paradis terrestre dont il fit garder l'entrée par un chérubin armé d'un glaive étincelant.
Adam , chassé du Paradis terrestre , fut obligé de cultiver la terre , qui ne produisit plus d'elle-même que des ronces et des épines ( c. 3. ) Il eut plusieurs enfans dont l'Écriture ne nomme que trois , Gain , Abel et Seth , et mourut âgé de neuf cent trente ans; avant Jésus- Clirist 3070; avant l'ère vulgaire
On croit qu'Adam fut enterré sur le Calvaire. Les encratites le croient damné ; mais les Pères avec l'Église le croient sauvé , et l'Écriture dit formellement que Dieu le tira de son péché : Eduxit illimi a delicto suo. [S a p., c. 10, V. 2.) On lui a attribué quelques ouvrages, savoir , le psaume 91 , V Apocalypse d'Adam , un livre de la Création ; mais tout cela sans fondement. LesGrecs honorent Adam et Eve avec tous les justes de V Ancien Testamenl , le dimanche qui précède immédiatement la fête de Noël. L'on voit aussi parmi les Latins une
2o6 AD\
coimnéinoration d'Ad.iin, mar- <][uce dans q^uelqnes uns de leurs marlyi'ologes , au vingt - quatrième jour d'avril. Pierre Natal a mis Adam et Eve à la tête des Saints du premier âge du monde. L'opinion qu'Adam était enterré sur le Calvaire a été cause <ju'on lui a bâti une chapelle qui porte son nom , tout joignant l'endroit où Jésus-Christ l'ut crucifié. Cette chapelle qui est desservie par les Grecs , ne reçoit point d'encensement , ni de vénération particulière, comme les autres chapelles ou autels dans les processions publiques , pour marquer qu'on ne met point Adam au rang des Saints du premier ordre , ou généralement reconnus dans l'Église.
Baillet , T^ie des Saints de l'Ancien Testament , tom. 4? 23 de janvier.
ADAM , surnommé de Paris , du lieu de sa naissance , fleurissait peu d'années après le milieu du onzième siècle. S'étant instruit à fond des arts libéraux dans son pays , et désirant encore acquérir les sciences que professaient les Grecs , il entreprit à ce dessein un voyage à Athènes. Il fut reçu avec honneur à Spalatro en Dalmatie, par l'archevêque Laurent qui l'engagea à mettre en meilleur style les Actes des saints martyrs Domnie et Ana stase. Adam s'y prêta volontiers , et dejiuisil comjîosa des hymnes , et mit en vers tout ce qui se chantait en musique dans l'olFice de Saint-Domnie en particulier. On ne dit point ce
que sont devenus les Actes de saint An'astase. Pour ceux de saint Domnie qu'Adam avait retouchés , le père Henschenius les a publiés au onzième jour d'avril , en les accompagnant d'observations préliminaires et de quelques notes. Dom Rivet , Hist. littér. de la France , t. 7 , pag. 5io , 5ii.
ADAM , alDbé de Persème , s'était appliqué à la prédication. Il avait composé plusieurs discours pour ses religieux , des Homélies sur les Saints et sur différentes matières , et quelques commentaires sur l'Écriture dont Trithème fait mention sans les avoir vus. M. Baluze nous a donné , dans le premier tome de ses ouvrages mélangés , cinq Lettres morales de cet auteur adressées à Osmond , moine de Mortemer en Normandie. Il vivait dans le onzième siècle , vers le milieu.
(Dupin, Bibl. ecclés. , onzième siècle. )
, ADAM , surnommé le Maître, chanoine de Brème , né en Thuringe ou dans la Misnie , quita de bonne heure sa patrie pour aller à Brème où il fut chargé des écoles de cette ville. H y arriva ; l'an 1067 , le vingtième de l'épiscopat d'Adalbert. Dix ans après , il fut fait chanoine de l'église métropolitaine ; et dans le dessein de donner une Histoire ecclésiastique des églises du Nord, il fit une recherche exacte des Mémoires cjui pouvaient l'en instruire , particulièrement des lettres des Princes et des Papes.
Il recueillit aussi ce que la tra-
Jition vivante lui en apprit , et alla trouver Suénon, surnom luc Deslrihe , roi de Danemarck , qui était en réputation de savoir, afin de l'instruire de la partie de son histoire qui concerne les Barbares , et des noms des Saints qui avaient de son temps souffert le martyre en Suède et en Norwège. Ce sont là les sources dans lesquelles Adam puisa pour composer son Histoire des églises du Nord , et de la suite des évêques de Brème et de Hambourg, sous le titi'e de Historia ecclesiastica presertim Bremensis ,\\hxï 4> Cette Histoire dédiée à Liemart , archevêque de Brème , commence à l'entrée de Saint Villehade en Saxe , et finit à la mort de l'archevêque Adalbert , ce qui fait un espace de temps d'environ trois cents ans , c'est-à-dire depuis l'an de Jésus- Christ 788 jusqu'en 1076. L'auteur met à la tète du premier livre l'histoire de la nation des Saxons , et parle ensuite de la conversion des Danois et des autres peuples voisins, par le ministère de saint Anschaire c[ui fut sacré le preinier archevêque de Hambourg l'an 833 , par Drogon , évêque de Metz , assisté des archevêques de Mayence, de Trêves, de Reims et de quelques autres. Il gouverna l'église de Hambourg pendant seize ans , puis celle de Brème pendant dixhuit ans. Ses successeurs dans l'église de Brème furent Rimbert , Adalgaire , moine de Corbie , etc. En donnant la suite de ces évêques dans le second livre,
Adam donne atissi, comme dans le premier, un Précis de leur vie, la tlurée de leur épiscopat , l'époque de la mort des papes , des empereurs , des rois. Il fait même remarquer par quel pape le pallùtm leur a été envoyé , par qui ils ont été consacrés ; les guerres entre les empereurs et les nations septentrionales ; l'érection des nouveaux évêchés , etc. Il commence son troisième livre par l'éloge de l'archevêque Adalbert dont il relève la noblesse , l'espi'it, le savoir, l'éloquence , la prudence , la libéralité , la charité envers les pauvres et les étrangers , le zèle pour l'accroissement de la religion , la piété , et une dévotion si tendre qu'il fondait en larmes lorsqu'il offrait le saint Sacrifice. Il dit c|ue par ses soins la ville de Brème, quoique petite , devint la Rome du Nord , et qu'on y accourait de toutes parts. Il raconte dans le quatrième livre comment l'église de Hambourg et de Brème devint si riche et si puissante qu'il n'y avait dans l'Empire que celle de Virsbourg c[ui la surpassât. Il dit qu' Adalbert tint pour la première fois un concile à Slesvic en Danemarck , par l'autorité du pape Alexandre 11 dont il était légat , pour réformer les abus qui s'étaient glissés dans ces nouvelles églises où les évêques vendaient les ordinations , et où les peupless'abandonnaient à de grands excès. Il marque ensuite les évêques qu'Adalbert avait ordonnés; savoir, neuf en Danemarck , six en Suède , deux
2o8 ADA
en Noi-wcfjc. Pour rendre son histoire plus comiilète , il y ajouta une description très-intéressante des royaumes et des provinces du Nord cjui avaient de son temps embrassé la foi de Jésus-Christ , c'est-à-dire , du Danemarck , de la Suède , de la Norwège et des iles qui en dépendent. Outre les descriptions des lieux , il fait des remarques sur les mœurs et les usages des peuples. Il dit des Danois , que quand quelqu'un d'eux est convaincu d'un crime de lèse-majesté , il aime mieux qu'on lui tranche la tète, que de souffrir les verges ou la bâtonnade ; que c'est une gloire pour eux de témoigner de la joie quand ils vont au supplice ; c£u'ils ont les pleurs en horreur , ensorte qu'ils n'en versent point pour la mort de leurs parens , etc . Il dit que les Suédois punissent de mort l'adultère et la violence faite à une vierge; cp'ils regardent comme un opprobre de refuser l'hospitalité aux étrangers ; que c'est à qui d'entre eux les recevra , et qu'ils les tiennent dans leurs maisons autant qu'ils souhaitent d'y rester , etc. Dans la Nordmannie , que l'on appelle aujourd'hui la Norwège , les peuples sont très-rchastes et très-sobres en tout. Ils ont tant de respect povir les prêtres et pour les églises , qu'il n'y a pas de jour que chaque chrétien ne fasse son offrande à la messe qu'il entend.
En cette province comme en plusieurs autres delà Suède , les nobles, à la manière des anciens pa-
ADA triarchcs, gardent les troupeaux et vivent du travail de leurs mains. Les habitans de l'île de Thyle sont de mœurs très-douces , et si charitables que tout est commun entre eux , comme avec les étrangers. Ils regardent leur évèque comme leur roi , et se règlent sur sa volonté.
La première édition de YHistoire des églises du Nord par Adam de Brème est due à André- Severin Velleus qui la fit imprimer à Copeijihague en 1 579 , in-4°. On n'y trouve point le livre de la description du Daneniarck et des autres provinces du Nord , mais Erpold Liddenbrogius lui donna place dans V Histoire ecclésiastique d'Adam qu'il fit paraître à Leyde en iSgS, in-4'' , et depuis à Francfort en 1609 et i63o , in-fol. , dans le Recueil des écrivains septentrionaux. Il y en a une cinquième édition par les soins de Joachim Maderus, à Helmstad en J670, in-4°. C'est sur celle-là qu'Albert Fabricius en a donné une sixième à Hambourg en 1706, in-fol. , avec plusieurs autres écrits qui ont rapport à l'histoire composée par Adam de Brème , dont voici la liste : l'Histoire des archevêques de Brème depuis Charlemagne jusqu'à Charles iv, par un anonyme. Un petit Eloge de l'église de Brème , et de ses archevêques, jusqu'à la mort de Louis-le-Débonnaire. L'Histoire du pape Benoît v , mort à Hambourg en 841 , et son épitaphe tirée de dessus la pierre de son tombeau en l'église cathédrale
ADA de Hambourg où il fut inluiiné. Un pocme en l'honneur de l'évèque Vicelin qui avait enseigné à Brème sous l'évèque Adalbert. L'Épitaphe de Godefroi , archevêque de Brème , mort en ï363. Les privilèges accordés à cette église par les Empereurs , par les Papes et par d'autres personnes puissantes.
Les Chroniques et les Annales sclavones. L'Histoire d'Eric, roi de Danemarck , de Wratislasvii, duc de Poméranie , et celle de l'origine de la nation danoise , de ses rois , de leurs actions. A toutes ces pièces, Fabricius a ajouté la Vie de saint Anschaire , en prose , par saint Remlîert , et en vers par Gualdon , moine de Corbie. Ce que Lambécius a écrit touchant les origines de la ville de Hambourg, et un Recueil d'anciennes inscriptions par Théodore Hanckelmann. Il s'est fait une version de V Histoire ecclésiastique d'Adam de Brème , en langue suédoise , par Jean Frédéric Peringskioldius , que l'on a imprimée à Stockholm en 17 19, in-4''.
Cave, Histoire litte'r. , pag. 537.
Vossius,-cfe Hist. lat. , lib. 2, pag. 386. Olearius , pag. 7. Dom Ceillier, Histoire des Aut. sacr.
et ecclés. , tom. 22 , pag. i et suiv.
ADAM, surnommé d'Eveshaît, de l'Ordre de Saint-Benoît selon Pitseus , ou de celui de Cîteaux selon Possevin , fut abbé du monastère d'Évesham en Angleterre , vers le milieu du douzième siècle. Il laissa un voliune de
Sermons, un autre d'Épî très, etc.
Pitseus, de scriptorib . Angl. Possevin , in Apparat. Sac.
ADAM , Écossais , de l'Ordre de Prémontré , a fleuri vers l'an 1 160 , et est mort en 1 1 80. Nous avons de lui un Commentaire sur la règle de saint Augustin , un Traité du triple Tabernacle de Moïse, un livre des trois Manières de contempler , quarantesept Sermonssurdifférens sujets.
Ces ouvrages ont été imprimés in-fol. à Anvers en iGSg. On avait déjà donné de lui quelques Traités, et quatorze Sermons sur l'Ordre et sur l'haljit des Prémontrés à Paris, en i5i8. Le P. Oudin , du même Ordre , dit qu'il a encore vu cinquante-trois Sermons de lui , et un Soliloque de l'àme, manuscrit , dans labiblioth. des Célestins de Mantes^ ( Suppl. , 44"- ^^- Cave. )
ADAM, appelé d'Arrxs parce qu'il était natif de cette ville , fut , selon Gazet et Sainte-Marthe , premièrement archidiacre de Paris , puis chanoine d'Illers, ensuite évèque de Térouanne, l'an 121 3 ; enfin religieux de Clairveaux où il mourut en odeur de sainteté. Il a laissé l'histoire de cet Ordre. Gazet , Histoire ecclés. du Pays-Bas ^ Sainte-Marthe , Gall. Christ.
ADAM DE CoRLA-VDOx , clianoine et doyen de Laon , fleurissait vers la fin du douzième siècle et dans le commencement du treizième. Il était également distingxié par sa naissance et par ses mœurs , et il ne se distingua pas moins par son savoir