‹ Bibliothèque sacréeChapitre 9 sur 174 · AL<B · texte numérisé non relu

AL<B

Don , y a joint un catalogue de SCS ouvrages ; mais il ne l'a point assez détaillé , se contentant d'en nommer sept ou huit , et ne parlant des autres qu'en général , de crainte, dit-il , d'ennuyer le lecteur. Abl)on avait donc composé un grand nombre d'ouvrages , dont la jilupart sont perdus ou ne sont encore que manuscrits.

Le principal , parmi ceux c{u'on a donnés au public , sont ses Letlres ; il y en a déjà un recueil publié à la fin de l'ancien Code des canons de V Eglise roinaine , tiré de l'obscurité par le célèbre Pierre Pitliou, et imprimé longteiups après sa mort, au Louvre, l'an 1687 , en un volume in-fol.

Ce l'ecueil contient quatorze letti'es , la plupart fort prolixes , surtout la dernière , qui pourrait porter le titre de Traité. Entre les quatre premières , la seconde est du Pape Grégoire v , en réponse à une de celles de notre abbé qui lui écrit les trois autres. La treizième est d'Albert, abbé de Mici , C[ui l'adresse au pape Jean xviii ou xvu , comme porte une autre édition , pour le prier de confirmer une donation faite à son monastère.

Dans la première lettre , Abbon rend compte au pape Grégoire V de ce c[u'il avait fait en France après son retour de Rome, touchant les deux objets de son voyage ; le rétablissement d'Arnoul sur le siège de Reims , et le mariage du roi Robert avec Eerthe , que le pape avait déclaré nul , comme contraire aux lois et aux usages do l'Eglise ,

j>arc€ que DcrtLe était parente du Roi , et que ce prince avait tenu un des cnfans du premier lit de Eertlie sur les fonts de baptême , ce qui lui avait fait contracter avec elle une affinité spirituelle.C'étaient deux empèchemens de mariage. C'est dans cette lettre qu'Abbon, parlantaupape, se sert du terme de majesté , vestrœ mojestati. Il l'emploieencore avec ceux de sainteté , de révérence , et de sérénité dans sa seconde lettre au même pape , qui est la troisième du recueil. Dans celle-ci , Abbon prie le pontife romain de confirmer la fondation de deux monastères, l'un de chanoines , et l'autre de religieuses , qu'une dame de condition, nommée Hildcgarde ou Hildegonde , et sa parente , venait de faire.

Par la troisième lettre qui fait la quatrième du recueil , Abbon donne avis au pape , c£u'il lui envoie , conformément à sa demande , Y Histoire de la Translation du corps de saint Benoit en France. La lettre est accompagnée d'une épigramrae de douze vers élégiaques qui roulent sur l'envoi de cette histoire.

Abbon adresse la cinquième lettre du recueil aux abbés de Saint-^Iartin de Tours, nommément au célèbre Hervé qui en faisait l'ornement , et qui en était trésorier.Ceux-cilui avaient mandé les entrepi'isesd'Archembald , archevêque de Tours , qui attaquait leurs privilèges. Abbon leur transcrit deux passages du pape saint Grégoire-le-Grand en

ABB faveur à^(t% privilèges des monastères , et y joint quelques avis en peu de mots.

La sixième est écrite au roi Robert , pour se justifier de l'accusation de mensonge dont l'avait chargé un secrétaire de la cour. Abbon fait revivre dans celle-ci , comme dans quelques autres suivantes , la qualité de serviteur des sei*viteurs de Dieu, que prenaient autrefois les abbés , et même de simples moines, à la tète de leurs lettres et autres écrits.

La septième , adressée à saint Odilon , abbé de Cluni , est proprement une introduction à l'intelligence des canons sur la con-r .' coidance des Evangiles. Ammo— nius d'Alexandrie , Eusèbe de Césarée , saint Augustin et saint Jérôme avaient déjà écrit sur le même sujet ; et c'est de ce dernier en particulier qu'Abbon a tiré ce qu'il dit dans cette lettre où, pour une plus grande clarté , il apporte un exemple de ces tables ou canons et de leur usage.

Tout cela a fait donner à cette lettre le titre de Traité par plusieurs bibliographes.

La huitième est adressée à Gausbert , abbé de St-Julien de Tours, dont le nom n'est désigné que par la première lettre. Abbon , en y déplorant les troubles scandaleux qui étaient arrivés à Marmoutier , à l'occasion de certaines accusations graves dont on chargeait Tabbé Bcrnier , y prescrit de sages règles, lorsqu'il s'agit d'accusations de la part des inférieurs contre les supérieurs ,

ABB «rt cnff.ige Gausbert à tAcher cU' remédier au scandale. I^a suivante qui fait la neuvième du recueil , est écrite à Bernier , abbé de Marmoutier. Abbon y presse cet abbé, ou de ne point craindre de paraître devant des juges convenables , s'il est innocent , ou d'abdiquer , s'il est coupable , afin qu'un autre plus digne soit élu en sa place.

Le titre de la dixième lettre est conçu en ces tempes : Epis— copo amatorum Chri'sti aviator Abho. Ce titre donne d'abord lieu de juger qu'elle est écrite à un évèque ; mais la suite fait voir qu Abbon y parle à un de ses amis , qu'il instruit sur la nature et les qualités du serment; qu'ainsi le mot episcopus doit se prendre pour le nom propre de cet ami , et non pour un nom appellatif.

La onzième lettre , adressée aux moines de Mici , nommément à Constantin ^ leur doyen, et à Letald , tend à remédier aux troubles qui s'étaient élevés dans ce monastère au sujet de l'abbé Robert que l'on avait injustement calomnié , et qu'on refusait en conséquence de reconnaître pour abbé.

La douzième , écrite de Poitiers dans les premiers jours de novembre ioo4 -> et que le P. Mabillon a réimprimée dans ses Annales , est adressée à saint Odilon deCluni. L'auteur prie saintOdilon d'apporter un remède efficace à la calomnie dont on tachait de noircir la réputation de saint Gislebert , son parent , abbé de

Saiat-Cj-prien , monastère dépendant alors de Cluni.

Enfin, la quatorzième lettre est adressée à un moine dont le nom n'est désigné que par un G.

Dom Mabillon croit que ce peut être , ou Gerauld , ou Gauslin , l'un et l'autre disci])les d'Alibon.

L'auteur y a recueilli grand nombre de passages tirés des conciles et des ouvrages des Pères. Il y en a de saint Ambroise, le plus souvent de ces écrits supposés de saint Grégoire , de saint Isidore de Séville , et particulièrement du pape saint Grégoire. Le but d' Abbon , dans cette lettre, est de fournir aux moines des moyens pour soutenir leurs exemptions , et se défendre contre les usurpateurs de leurs biens.

Outre ces douze lettres d'AJjbon, contenues dans le recueil de M. Pitliou, il y en a plusieurs autres dispersées qui lui appartiennent aussi. Aimoin , dans l'histoire de sa vie , en a inséré deux , l'une en abrégé, l'autre en entier , écrites à Bernard , un de ses disciples , alors abbé de Beaulieu en Limosin. La première est pour détourner Bernard d'entrer dans la manœuvre du comte de Toulouse et de l'archevêque de Bourges , qui voulaient lui vendre l'évèché de Cahors , duquel Bernard fut ensuite pourvu par une voie canonique. Abbon y détruit le raffinement qu'on avait dès-lors inventé pour tâcher de colorer la simonie , en disant que ceux qui acquéraient un bénéfice par cette voie n'achetaient point la dignité , mais

seulement les revenus qui en dépendaient. L'autre est l'aflfection d'un cœur plein de tendresse pour la personne à qui elle est adressée , et une pièce bien écrite à tous égards. Abbori y répond avec beaucoup de lumière à l'avis que Bernard lui avait demandé sur le parti qu'il devait prendre , dans la perplexité où il se trouvait , de quitter ou de retenir le gouvernement dé son monastère.

M. Baluze noiis a donné , aU tome i*"^ de ses Miscell. , p. 4*^9?

410 , une autre lettre d'Abbon , que dom Maljillon a fait réimprimer en deux divers endroits de ses Recueils. Elle est écrite à un abbé de Saint-Boniface , dont le nom n'est désigné que par une L, et que le premier éditeur avait pris pour un abbé de Fulde , en quoi il a été suivi par dom Mabillon , dans la première édition qu'il a faite de cette lettre après M. Baluze. Mais il est certain que la lettre est adressée à Léon , abbé de wSaint-Boniface et Saint- Alexis à Rome , avec cpii Abbon avait fait connaissance à Reims , comme la lettre le porte , à l'occasion du concile de Mouson , auquel présida l'abbé Léon , en qualité de légat du pape. Cette lettre au reste est intéressante , en ce que les Français y ont un nouveau titre contre les Italiens , touchant la translation du corps de saint Benoît en France. L'abbé de saint Boniface en était si persuadé, qu'il avait prié Abbon de lui envoyer quelque partie des reliques de saiat Benoît. Abbon

ABB le fit , en demandant par retoui" quelque partie des reliques de saint Boniface. Voilà le sujet principal de la lettre. On y apprend aussi qu'Al)ljon fit au moins tvois fois le voyage de Rome, quoique son historien ne parle que de deux.

A toutes ces lettres , il en faut joindre une autre qui est comme circulaire , «'tant adressée à tous les moine? anglais , et particulièrement à ^:eux de l'abbaye de Fleury. On trouve cette lettre en deux endroits des Annales de dom Mabillon ; savoir , Annales, lib. 49 , n° 69 ; et tom. 4 , App- , pag. 687. Le même écrivain en avait deux autres d'Abbon , encore manuscrites , qu'il avait dessein de publier au ti'oisième volume de ses Analectes , où il croyait les avoir insérées lorsqu'il dirigeait l'édition de la vie de notre abbé , mais où elles ne se trouvent point. Elles sont écrites l'une et l'autre à Gérard et à Vital , moines de Fleury et disciples de l'auteur. Abbon emploie la première de ces deux lettres à traiter des cycles pour la fête de Pâques. Il y corrige celui de Denys-le-Petit, et y traite de la mort de saint Benoît. L'autre roule sur l'année de la mort du Sauveur.

Il y a encore une autre lettre d'Abbon , en vers , à l'empereur Otton m. On peut joindre aux lettx'es d'Abbon celle que les moines de Fleury écrivirent à tous les abbés au sujet de sa mort- Quoiqu'ils le regardent comme un martyr , ils ne laissent pas de le recommander à leurs prières.

ABB On trouve cette lettre daiis les Mélanges deM, Baluze ,tome i", page 4» I > et dans les annales de rOrdre de Saint-Benoît, liv. 52, n° 49.

A la tête du recueil des douze premières lettres d'Abbon , on a publié son apologétique , dont le moine Aimoin a fait entrer deux fragmens considérables dans l'histoire de sa vie. Il est adressé aux deux rois Hugues Capet et Robert son fds, et futcomposé par conséquent avant le 24 octobre qq6 , qui est l'époque de la mort du roi Hugues. Après y avoir touché les motifs de l'animosité de ses adversaires , Abbon y expose la pureté de sa foi , se soumettant au jugement canonique des évèques.

Un autre écrit plus considérable d'Abbon est son recueil de canons , adressé , comme le précédent dont il y est fait mention, aux rois Hugues et Robert. On croit que c'est cette collection de sentences choisies qu' Abbon tira des ouvrages des Pères, et qu' Aimoin , son historien , marque entre ses autres écrits. Il y en a actuellement deux exemplaires à la Bibliothèque du Roi ; et c'est sur l'un des deux , qui appartenait alors à celle de Saint-Martial de Limoges , que dom Mabillon l'a donné au public , avec quelques notes de sa façon. Il porte dans le titre , avec le nom du compilateur , ceux des rois Hugues et Robert , qui le revêtirent de leur autorité. Cet ouvrage est trèsconsidérable , non - seulement parce qu'on en peut tirer de quoi

remplir les lacunes de plusieurs anciens canons des conciles , ou en corriger le texte , mais aussi parce qu'on y apprend en quel état la France se trouvait alors , et de quels moyens l'on croyait se servir pour remédier à ses maux , et la rétablir dans son ancien état. C'est le but de l'ouvrage d'Abbon, divisé en cinquante-deux chapitres , sans y comprendre la préface, ou épître dédicatoire aux princes régnans , dans laquelle Abbon expose , en peu de mots et avec justesse , l'économie de son dessein. Il se propose d'y établir les devoirs des Rois et ceux de leurs sujets , comme aussi les droits de l'ordre monastique , dont ils étaient les défenseurs. Abbon a assez bien rempli son dessein, suivant le goût et le génie de son siècle. Ce qu'il rapporte , il l'a particulièrement puisé dans les conciles , tant anciens que modernes, et dans le pape saint Grégoire-le- Grand. Il ne cite guère d'autres Pères, que saint Augustin ,' à qui il attribue le Traité des Dogmes ecclésiastiques , qui appartient à Gennade de Marseille.

Il copie quelques textes , mais rarement , de la Règle de saint Benoit, du Code Théodosien , des Novelles de Justinien , des Capi-" tulaires de nos Rois. Ce qui donne un nouveau prix à son recueil , c'est qu'il n'y a rien inséré des fausses décrétales , quoiqu'alors leur autorité ne fût point contestée. On voit par là que le compilateur y a fait entrer beaucoup d'érudition. Les sujets qu'il y

5o ABB

touche sont presque tous intéressans. Il commence par l'honneur qui est dû aux éfjlises et aux monastères , et étabUt le droit d'asile , qu'il étend , conformément aux lois de Théodose et de Valentinien , non-seulement aux églises , mais aux maisons et places contiguës. Ce'qu'il dit sur les devoirs d'un Roi est bien choisi. La justice du Roi , dit-il, consiste à n'opprimer qui que ce soit ; à juger sans acception de personne; à prendre la défense de l'étranger , du pupille et de la veuve ; à soulager le pauvre ; à empêcher le crime ou à le punir. L'article qui regarde la fidélité et les autres obligations des sujets envers leur souverain mérite d'être lu. Ce que l'auteur dit des avoués, advocati , c'est-à-dire des défenseurs et protecteurs des églises et monastères , est aussi à lire. Les articles sur lesquels il s'étend davantage sont le quarante-troisième et le suivant : l'un snr l'Eacharistie et la Communion, l'autre sul' la manière d'examiner les accusateurs des prêtres. Le qua^ rante - troisième est adiim-abl« pour les excellentes insti'uctions qu'il contient.

Abbon fit un abrégé des vies des papes , qui poile divers titres dans les manuscrits. Dans nn de ceux de la bibliothèque du Vatican , il est intitulé : Chronique des souverains Pontifes , par Abbon, abbé de Fleui-y. Dans un autre appartenant autrefois à Isaac Yossius , il porte cette simple inscription : Abbon de Fleu~ ry siir l'histoire des Papes. Il est

mieux caractérisé au frontispice de l'édition qu'en a puliliée le P.

Jean Busée , jésuite , où il est intitulé : Abrégé des Vies de quatre - vingt - onze Papes , tiré de V Histoire d' Anasthase-le-Bibliothécaire. Quoique le titre annonce l'abrégé de l'histoire de quatre-vingt-onze papes , néanmoins le manuscrit , sur lequel l'ouvrage a été imprimé , finit à Grégoire ii , successeur de Constantin en -j 1 4 • Cette édition parut à Mayence , in-4'' , en 1602. Le P. Labbé et Casimir Oudin la donnent pour être de l'année 1604 , à ce même endroit ; elle pouvait fort bien avoir été renouvelée cette année-là ; mais il y a toute apparence que c'est par erreur , qu'elle se trouve marquée de i6o5 dans M. Dupin. Dans cette édition , on a mis à la suite de l'ouvrage d' Abbon celui de Luitprand , diacre de Pavie , sur la «ième matière. Abhon composa , à la prière des moines de Ramsey, la vie de saint Edmond, roi d'Angietel"re , qui est honoré comme martyr. Abbon en parle comme du premier de ses ouvrages , et dit qu'il n'était alors que diacfre. Il 4'écrivit donc vers l'an gi85 , -«ntiviro*! trente-neuf ans après le martyre de saint Edmond , que l'on met en 946. Surius a rapporté cette vie au 20 novembre ; M. d'Andilly l'a tradiaft-te^ français , et publiée dans son ïecueildes J^ies des Saints.

Et la suite du texte original , dans le manuscrit dont s'est servi Surius , était un recueil de miracles opérés à l'invocation du

ABB saint roi ; mais il n'est pas probable que ce recutil soit d'Abbon , puisqu'il a fait entrer dans la vie même de saint Edmond les miracles dont il a jugé à propos déparier. Dans un autre manuscrit du cabinet de Kenelme Digby , l'ouvrage en question se trouve accompagné d'un office noté , pour la fête du Saint , qui pourrait bien être de la même main , que l'histoire de sa vie. Il serait à so.uliaiter qu'on eût averti pourquoi cette vie , dans un manuscrit du collège de Jésus à Oxford , est qualifiée liber Feretrarioriim , c'est-à-dire , le livre des trésoriers , ou gardiens des reliques.

Un manuscrit du Vatican attribue à Abbon de Fleury une Lettre et des vers à V empereur Otton. Peut-être ne doit-on prétendre par là que la lettre de cet abbé à Otton m , écrite en trentecinq vers héroïques , dont les premières et dernières lettres forment de chaque côté le vers suivant , par un double acrostiche :

Octo valens Cœsar , nostro tu cède cothurno. Outre l'éloge de ce prince, Abbon y fait celui d'Otton H , son père. Ai moin a donné la clef de cette pièce, et l'a rapportée tout entière dans la vie du Saint. Polycarpe Leyserus l'a aussi insérée dans son- Histoire des Poètes latins du mojen tige , page 3o2. On cite un autre manuscrit de la même bibliothèque , d'un traité d'Abbon sur la translation des reliques de saint Benoît, adressé encore à Otton m.

Ce traité n'a point encore été

ABB 5i

rendu public. Abbon, étant à Ramsey, fît en quatorze vers élégiaques la description de ce monastère. DomMabillonl'afaitimprimer dans l'appendice du quatrième tome des Annales. On ne peut guère lui refuser l'éloge de saintDunsLan en soixante vers. On donne encore à Abbon d'auti-es piècesde poésies, uniquementsur de simples conjectures. L'auteur de la vie d'Abbon dit qu'il corrigea , sur le texte même des Évangiles, les cycles des années de l'Incarnation du Verbe , et qu'il les conduisit depuis le jour de l'accomplissement de ce mystère jusqu'à son temps ; que dans la suite il augmenta ces cycles , de facoii qu'ils contenaient un espace de temps d'environ quinze cent quatre-vingt-quinze ans ; qu'il mit à la tête de ces cycles une petite préface adressée aux moines dé Fleury , ses frères et ses enfans ^ dans laquelle il parlait de l'année de la mort de saint Benoît. Doni Mabillon ne doute point que les cycles d'Abbon ne soient ceux que l'on a imprimés parmi les ouvrages du vénérable Eède. Cet al>bé se propose , dans cet ouvrage, de corriger le cycle pascal de Denis -le- Petit ; et après l'avoir rapporté , il donne deux modèles de supputation selon lesquels il aurait dû procéder.

Ensuite il rapporte le cycle de saint Cyrille d'Alexandrie ; puis il met un cycle de dix-neuf ans , qu'il avait fait lui-même. Il y ajoute diverses supputations pour trouver cette année le jour de la lune qui doit régler celui

de la fête de Pâque pendant dixneuf ans. L'on voit, dans l'édition des ouvrages de Bède , cinquante-quatre planches ou tables dont chacune contient un cycle pascal de dix - neuf ans :

ce qui fait le nombre de quinze cent quatre-vingt-quinze ans commencés ; en sorte que, par le moyen de ce cycle , on trouvait le jour de la Pàque depuis la première année de l'Incarnation jusqu'en iSgS. La préface qui se lit au commencement explique ce que c'est qu'un cycle pascal.

Elle est suivie de huit vers hexamètres , qui renferment l'explication des huit colonnes dont chaque cycle est composé. L'éditeur l'a intitulée du nomde Bède; mais dans quelques manuscrits elle porte celui d'Abbon , et c'est à quoi il faut s'en tenir , puistju'au rapport de son historien , il avait composé un cycle de quinze cent quatre-vingt-quinze ans. Il fit aussi un commentaire sur le cycle pascal de Victorius, aux instances de ses religieux.

Son objet, dans ce commentaire, est de rendre intelligible à ses moines le cycle de Victorius , qu'ils n'entendaient pas bien , à cause de la difficulté de combiner les nombres dont il s'était servi.

On en trouve divers exemplaires dans les bibliothèques. Dom Martène et dom Ursin Durand en ont fait imprimer la préface avec les deux premières lignes du commentaire , au tome i*^ de leur Anecdot. , i^aQ. ii8. On n'a pas encore imprimé le Traité du eomput , ni ceux du mouvement

ABB du soleil , de la lune et des planètes , dont il est parlé dans l'histoire de sa vie ; mais on les trouve pour la plupart dans les bibliothèques du Vatican et d'Angleterre , avec divers autres traités sur l'astronomie , sur les poids et les mesures , sur la grammaire etla dialectique. Aimoin met ce dernier à la tête des ouvrages d'Abbon. DomMabillon avait tiré copie de celui qui était intitulé : Des Poids et des Mesures. Annal. , lib. 52 , n° 52 ; et Possevin cite d'Abbon des démonstrations astronomiques , in Apparatu , tom. i*' , pag. 35. On ne sait ce qu'est devenue la réponse qu'il fit , par ordre de Richard , son abbé , à des lettre venues de Lorraine, où le bruit s'était répandu que le monde finirait infailliblement la même année que le Vendredi- Saint concourrait avec la fête de l'Annonciation. Voici ce qu'il dit à cette occasion dans son apologie aux rois Hugues et Robert.

« En ma jeunesse , j'ai ouï prê- » cher devant le peuple dans l'é- » gUse de Paris , qu'aussitôt que » les mille ans seront accomplis , » l'antechrist viendra , et peu de » temps après le jugement uui- » versel. Je me suis opposé de » toute ma force à cette opinion » par les Evangiles , l'Apocalypse » et le livre de Daniel ; et l'abbé » Richard, d'heureuse mémoire, » ayant reçu des lettres de Lor- » raine sur ce sujet , m'ordonna » d'y répondre. » On a perdu aussi l'écrit d'Abbon , où il traitait de l'apostolat de saint Mar-

ABË tialcn France. Cet écrit fut cité dans un sermon prêché dans l'é- {>lise de Saint-Pierre de Limoges, le jour de la dédicace de cette église , en présence de plusieurs ovêques assemblés pour cette cérémonie. M. Balu7.e n'est pas éloigné d'attribuer ce discours à Adémar de Chabanais. Au reste , ce que dit Abbon dans le passage cité, est tiré des faux actes de S. Martial , comme il est aisé de s'en convaincre en conférant l'un àl'aïutre. Dans un manuscrit du collège de Cambridge , ou trouve encore sous le nom d' Abbon , de vita sancti Martini. Jean Balée , Possevin et d'autres bibliogiaphes modernes , lui attribuent encore des Homélies sur les Évangiles ; un Sermon de la cène du Seigneur ; un Traité de Catégories spirituelles , et une Séquence ou prose , avec quelques Répons pour l'office de saint Etienne , premier martyr ; mais nous n'avons rien pour garantir cette attribution. Le même Baluze distingue du comnientaire d' Abbon sur le cycle de Victorius, la correction qu'il en fit en le poussant jusqu'au temps qu'il écrivait. Ce n'est cependant qu'un seul et même ouvrage , comme il paraît par la préface. On sait aussi qu'on a donné par erreur à Abbon de Fleury le poëme sur le siège de Paris , qui appartient à Abbon de Saint-Germain-des- Prés. Enfin, parmi les manuscrits de saint Martial de Limoges, qui font aujourd'hui partie de ceux de la bibliothèque du Roi , il y en a un qui porte ce titre singu-

lier : Canones Abbonis de ornamentis Ecclesiœ romanœ. Le mot de canon n'y paraît pas assurément fait pour celui d'ornement, disent les auteurs de l'histoire littéraire de la France , et il faut qu'il s'agisse du recueil des canons dont on a rendu compte , et que le copiste n*ait pas fidèlement copié son original ; mais cette remarque ne paraît point juste à dom CeilUer , qui assure que c'est deviner, que de dire que par ces canons il faut entendre le recueil des canons , dédié aux rois Hugues et Robert , dont le copiste aura mal entendu le titre. Abbon avait fait plusieurs voyages à Rome ; ne pouvait-il pas avoir imaginé quelques écrits sur les divers ornemens'en usage dans cette église, sur leur forme , sur le temps et la manière de s'en seiTÎr? Ne pouvait- il pas encore , ajouterons - nous , avoir donné à cet écrit le titre de Canones de ornamentis Kcclesice romance ; c'est-à-dire , règles , lois , statuts sur le temps et la manière de se servir des ornemens de l'église romaine ? Nous ne voyons rien de si singulier dans ce titre , ni de si peu assorti au reste de l'ouvrage. Quoi qu'il en soit , la liste des écrits d'Abbon dépose véritablement en faveur de sa véracité et de l'étendue de son érudition. Il était grammairien , philosophe , historien , mathématicien , surtout grand computiste , très - versé dans la connaissance de la discipline ecclésiastique. L'auteur da

sermon prêché dans l'église de St. -Pierre de Limoges ne fait pas difficulté de dire qu'il était le plus savant homme de son çiècle. Il est au moins certain qu'il en était un des plus savans, et digne d'aller de pair avec le docteGerbert, son contemporain.

A l'égard de son style , le même auteur va trop loin lorsqu'il le compare à celui de Cicéron ; et M. Dupin aussi, quand il nous le donne pour un style très-pur et *rès- élégant. Cet éloge ne convient tout au plus qu'à la lettre d'Abbon à l'abbé Bernard. Ses autres pièces ne sont pas , à beaucoup près , si bien écrites , quoique son latin soit meilleur que celui de la plupart des écrivains de son temps. On y trouve même des termes baVbares. Du reste , ses pensées sont ordinairement justes , ses preuves assez bien choisies , et ses raisonnemens bien soutenus. Il était régulier, sincère , doux , humljle et sans faste ; parlant à ses disciples avec autant de modération et de retenue qu'à ses égaux. {Voj-cz V Histoire littéraire de la France, tom. 3 , pag. 159 etsuiv , et V Histoire des auteurs sacre's et ecclésiastiques de dom Ceillier , tom. 21 , pag. 32 et suiv. )

ABBOT (Robert), fds d'urf tondeur de drap de Guilford, dans le comté de Surre en Angleterre , où il naquit en 1 56o , fut docteur d'Oxford , ensuite principal du collège de Bailleul , et professeur royal en théologie. Le roi Jacques 1" fut si charmé de son livre latin , de

ABD la souveraine puissance des Rois, de suprema potestate Regia , contre Bellarniin et Suarez , qu'il le fit évèque de Salisbury. Abbot mourut trois ans après, en 161 8.

On a encore de lui quelques autres ouvrages de controverse , et une réponse à l'apologie que Jean Eudœmon avait publiée pour Henri Carnet. Athence Oxonienses.

ABBOT (Georges), frère du précédent, fut d'abord principal du collège d'Oxford , et ensuite archevêque de Cantorbéi-y. Ayant déplu au roi Jacques pour s'être opposé au mariage du prince de Galles avec l'infante d'Espagne , on le suspendit des fonctions de sa priniatie , ce qui l'obligea de se retirer au lieu de sa naissance, et ensuite au château de Croyden , où il mourut le 4 août 1633. On a de lui six Questions théologiques en latin; des Sermons sur le prophète Jonas; V Histoire du massacre de la /^alteline y une Géographie ; un Traité de la visibilité et de la perpétuité de la vraie Église , etc. Ces quatre derniers ouvrages sont en anglais. Il ne faut pas le confondre avec un autre Georges Abbot, qui vivait en 1640, et dont on a une paraphrase sur Job , de courtes notes sur les Psaumes , vindiciœ Sabbati, etc.

( ^ oyez Athenœ Oxonienses , et M. Chaussepied , dans son Supplément au Dictionn. de Bajle.) ABDALLA Abulpharagius Ee\- NATiBus , prêtre arabe , moine nestorien, mort en io44- On a de lui, 1° le Paradis des Chrétiens,

ABD ou grièi'es Questions sur l'ancien et le nouveau Testament ^ 2° des Commentaires sur le Pentateuque, sur Josué, sur le premier et le second livre de Samuel , sur le premier et le second livre des Rois , sur la Sagesse , l'Ecclésiastique , VEcclésiaste , le Cantique des Cantiques , Ruth et Job ; sur les quatre grands et les douze petits prophètes selon le P. Le Long; et seulement sur Osée , Jonas et Aggée , selon M. Assemani ; 3° deux traités intitulés : de l'Héritage ; 4° ime lettre arabe ; 5° un Traité de l'excellence du jeune , de l'aumône et de la prière ; 6" des Réponses aux Questions du Patriarche des nestoriens; '[7° une explication de plusieurs psaumes en deux parties , dont la seconde commence au psaume 33 et^finit au 61 . Le Long , Biblioth. sacr. , tom. 2, pag. 591. Assemani, Bibliolheca oriental. , tome i , page 5ii , et tom. 2, pag. Sog.

Magna biblioth. écoles. , p. 11, 4o et 4 1 •

ABDELMESLIAS Elmechixi , était Égyptien de nation , moine cophte , pi'ètre du monastère de Saint - Macaire dans le désert d'Egypte , Ordre de saint Antoine , et l'un des procureurs et des orateurs de Gabriel , patriarche d'Alexandrie , mais non patriarche lui-même , comme le dit par erreur Moréri , édition de 1759. Il publia une députation du patriarche d'Alexandrie au pape Clément viii, et une profession de foi qui fut donnée à Rome le 14 janvier iSgS , et qui

se trouve à la fin du sixième tome des Annales de Baronius.

Magna biblioth. eccles. , ibid.

ABDEMELECH. (hébr. , serviteur du Roi), eunuque , ou s-erviteur du roi Sédécias , Éthiopien de naissance, qui tira Jérémie de la prison infecte où les principaux de Jérusalem l'avaient fait jeter. {Jérémie, cap. 38, v. 6, 7, 8, etc.)

ABDENAGO. Héb. , esclave de la lumière , serviteur de Nago, C'est le nom qui fut donné à Azarias , compagnon de Daniel.

Abdénago fut jeté dans la fournaise ardente à Babylone , avec Sidrach etMisach, ses deux compagnons , pour n'avoir pas voulu adorer la statue que Nabuchodonosor avait fait ériger. (Z?«n., c. I, v. 7. Idem, c. 3. )

ABDIAS. Père de Jesmaias, du temps de David. {1. Parai., cot,"], V. 19.)

ABDIAS. (héb. , serviteur du Seigneur) , intendant de la maison d'Achab , roi d'Israël , du temps du prophète Élie. Il cacha cent prophètes dvi Seigneur dans des cavernes , pour les dérober à la fureur de Jésabel. (3.

Reg. , c. 18, v. 3 et 40

ABDIAS. Le quatrième des douze petits propliètes. Il a écrit un seul chapitre contre les Iduméens. Il vivait pendant la captivité de Babylone , et en même temps que Jérémie. On ne doit pas le confondre avec l'intendant d'Achab , comme font quelques uns sans autorité. Saint Jérôme parle du tombeau du prophète Abdias , que sainte Paule vit à

Samarie. Les Grecs l'honorent le 19 novembre , et ils sont suivis çn cela par le Martyrologe romain moderne, au 16*= siècle.

( Hiéron , épist. 1 7 , seu Epitaph .

Paulœ. )

ABDIAS. Lévite, de la famille de Mérari , travailla sous Josias à la réparation du temple de Jérusalem. (2. Parai., c.34, v. 12.J)

ABDIAS DE Babylone , est compté entre les écrivains ecclésiastiques du premier siècle. On le place vers l'an 59. Il était, dit-on , juif de naissance , et un des septante disciples de Jésus- Christ qu'il a vu , et avec lequel il a vécu , si on s'en rapporte aux écrits qu'on a sous son nom. Il accompagna les apôtres Simon et Jude , lorsqu'ils allèrent en Perse , selon le département de leur mission , et il fut fait par eux évêque de Babylone. Le livre qui lui est attribué , et qui contient les Vies des Apôtres, n'est qu'un tissu de fables mal concerté ; ce qui en fait voir la supposition. Il a été imprimé séparément en 1 532 , en 1 557 , en i56o , et en 157 1 , à Bâle , et à Paris, en i583 , et inséré dans les bibliothèques des Pères. On fait passer ce livre pour un ouvrage composé d'abord en hébreu par un disciple de Jésus- Christ appelé Abdias qui était 4e Babylone , et traduit en grec par Eutropius , et en latin par Jules Africain. Mais présente- :pient tout le monde est revenu de cette erreur ; et l'on convient que c'est l'ouvrage d'un imposteur fpii suppose faussement

ABD qu'il a été disciple de Jésus- Christ ; qui cite cependant Hégésippe , et Jules Africain qu'il n'aurait pu voir , s'il eût été du temps de Jésus-Christ , et enfin qui raconte plusieurs histoires fabuleuses touchant la vie de Jésus-Christ et celle des apôtres, qu'il serait ennuyeux de rapporter. ( Dupin , I " siècle , Biblioth.

Dom Ceillier, Hist. des Auteurs sacr. , tom. i , pag. 488. )

ABDICATION. Ce terme se prend pour la démission pure et simple d'une charge , en quoi elle diffère de la l'ésignation qui se fait en faveur d'une tierce personne.

ABDIEL ( hébr. , sénateur de Dieu ) , fils de Guni , de la ti'ibu de Gad , chef de sa famille.

( I. Par. 5, V. 16. )

ABDISSI, ABDISU ou ABD- JESU, nonimé aussi Hebed-Gesu, patriarche de la ville de Muzal , dans l'Assyrie oi'ientale , était fils de Jean, de la ville de Gésire, sur le Tigre , et avait été moine de Saint-Pacôme selon quelques uns , et de Saint-Antoine selon d'autres. Il vint à Rome sous Jules III , fit abjuration du nestorianisme entre l'an i55oet i555, et fut déclaré patriarche des nestoriens après la mort de Simon Julacha. Il fit un second voyage à Rome , sous le pontificat de Pie IV , qui le confirma dans sa dignité , et lui donna le palliwn le 7 mars ï562. Fra-Paoli ra}>porte qu'Abdissi avait écrit une lettre au concile de Trente ; mais ce fait est contesté par le cardinal Pallavicin. Abdissi possédait par-

faitement le chaldéen , l'arabe , le syriac ; il répondait pertinemnient aux questions les plus difficiles. Il disait que ses ancêtres avaient reçu leur doctrine de saint Thomas , de saint Thadée , et de leur disciple saint Marc ; que leur créance était entièrement conforme à celle des catholiques romains , et que leurs sacremens étaient les mêmes , aussi bien que la plupart de leurs cérémonies qui étaient écrites dès le temps des apôtres dans les livres qu'ils gardaient depuis ce temps-là. Avant son abjuration, Abidissi avait écrit plusieuis ouvrages en Syriac pour appuyer la créance des nestoriens. Abrahana Ecchellènsis en fait mention dans le Catalogue des écrù'ains syriens qu'il fit imprimer en syriac à Rome, en i6d3 , avec une version latine et des notes. Il en parle aussi dans la préface qu'il a mise à la tête de ce Catalogue. On garde dans la bibliothèque du Vatican deux poèmes d'Abdissi , écrits de sa main , où il rend raison de sa réunion à l'église romaine , à laquelle il attira plusieurs nestoriens. De Moni, c'està-dire , Richard Simon, Histoire critique des Églises du Levant.

Sponde, adanno i562. Fra-Paolo et Pallaviciu , Histoire du Concile de Trente. Moréri , édition de 1759.

ABDJESU. Diacre qui fut martyrisé dans le quatrième siècle , sous Sapor , roi de Perse.

Baillet , Vie des Saints , tom. i , 22 avril.

ABDON (hébr. , serviteur), fils

d'Illel , de la tribu d'Éphraïm , dixième juge d'Israël. Il jugea Israël pendant huit ans, et fut enterré à Phai'aton , dans le lot d'Éphraïm , en 2856. {Jiidic, c. 12, V. i3 , 14, etc. )

ABDON, do la tribu de Benjamin , et fils de Jéhiel. ( i . Par. , c. 9 , V. 36. )

ABDON. Fils d'Abigabaon et de Maacha. (j.'Par. ^ c. 8 , v. 9. ) ABDON, fils de Micha , fut envoyé par le roi Josias à la prophétesse Holda , pour lui demander son avis sur le Livre de la Loi qui avait été trouvé dans le Temple. ( 2. Part. , cap. 34 , V. 20. )

ABDON. Ville de la tribu d'Aser qui fut cédée aux Lévites de la famille de Gerson. ( i. Par. , c. 6 , v. 74. )

ABDON et SENNEN , deux Persans qui vinrent de Perse à Rome, du temps de l'empereur Dèce , où ils souffrirent plusieurs tourmens et la mort même pour la foi de Jésus-Christ , l'an aSo.

C'est tout ce qu'on sait de leur histoire ; car leurs actes , joints à ceux de saint Laurent , sont fabuleux , n'étant fondés que sur une guerre de Dèce contre les Perses, et sur un voyage prétendu de cet empereur dans leur pays , d'où l'on suppose qu'il ramena les deux saints prisonniers à Rome. Or, Dèce n'eut point de guerre contre les Perses , et ne fit point d'autre voyage que celui de Mésie vers le Danube, pour marcher contre les Goths. Les corps des saints martyrs furent retirés d'abord dans la maison d'un sou-

diacre nommé Quirin, et ensuite transportés , du temps de Constantin-le-Grand , dans le cimetière de Pontien , qui a été depuis appelé du nom de ces saints martyrs , sur le chemin de Porto, au quartier de l'Ours-Coiffé , ad Ui'sum pileatum. On prétend qu'ils furent envoyés de Rome en France l'an 828 , avec ceux de plusieurs autres martyrs , adressés à Eginard, et transportés dans l'abbaye de Saint - Médard de Soissons. Un moine du lieu , nommé Odilon , composa l'histoire de cette translation vers le commencement du dixième siècle , et l'on dit que ces reliques y furent conservées jusqu'aux guerres des huguenots qui les brûlèrent dans le seizième siècle.

La fête de cette translation se faisait le 24 mars , auquel on dit que leurs reliques furent reçues dans St. -Médard. On en marque encore une autre au 21 du même mois , où l'on dit que ces reliques furent recueillies et rassemblées. Pour la fête principale , elle se faisait le 3o de juillet sous le rit d'office simple. L'an 'j8o, on rétablit à Rome une église qui avait-été bâtie en leur honneur. Tillemont , tom. 3 , p. 329. Baille t , Vie des Saints , tom. 2.

ABÉCÉDARIENS ou ABÉCÉ- DAIRES, branche d'Anabaptistes qui prétendaient que pour être sauvé il fallait ne savoir ni lire , ni écrire , pas même connaître les premières lettres de l'alpha- ])et ; ce qui les fit nommer Abécédariens. Cette secte fut assez

AEE

étendue en Allemagne. Luther ayant établi que chaque particulier était juge du sens de l'Écriture , sans avoir besoin de recourir ni à l'autorité de l'Église , ni à la tradition , ni aux Pères , Stork, son disciple, enseigna que chaque fidèle pouvait connaître le sens de l'Écriture aussi bien que les docteurs ; que c'était Dieu qui nous instruisait lui-même , et que l'étude nous empêchant d'être attentifs à sa voix , le seul moyen de prévenir ces distractions était de ne point apprendre à lire , et que ceux qui savaient lire étaient dans un état dangereux pour le salut. Carlostad , autre disciple de Luther , s'attacha à cette secte , renonça à l'Université et à sa qualité de docteur, pour se faire porte- faix :

il s'appela le frère André. Osiander, centitr. 6. L. Stokman, lexic.

verb. Abecedarii.

ABECOURT , Alba-Curia. khbaye de l'ordre de Prémontré , au diocèse de Chartres , assez près de Saint-Germain-en-Laye. EUe fut fondée en 1 180 par Guasion, seigneur de Polssy , beau-frère de Bouchard de Montmorency, dont il avait épousé la sœur , nommée Alix. L'église en fut consacrée sous le nom de la Sainte-Vierge, en iiQi , par Regnault ou Rainald de Bar, évèque de Chartres, suivant la Gallia Christiana, ou par saint Thomas , archevêque de Cantorbéry , qui y demeui-a quelque temps pendant son exil en France , suivant Moréri , d'après LaMartinière. Les premiers religieux qui s'y établirent é-

AEE taient de l'abbaye de Marcheroux , au diocèse de Rouen. La Martinière , Dictionnaire Ge'ogr.

Moréri , édit. de 1759. Gnllia Chrixtiana, tom. 7,col. \Zi^.

ABED ( hébr. , serviteur ou ouvrier) , fils de Jonathan , de la famille d'Adan , revint de la captivité avec cinquante hommes. ( I . Esdr. , c. 8 , V. 6. )

ABEILLES. Mouches à miel.

L'abeille était immonde , seloa la loi ancienne. {Lév. , cap. ii, V. 20. )

ABEL (hébr. , vanité ou respiration), second fils d'Adam , naquit l'an du monde 2 ; avant J.

C. 3998. Il fut pasteur de troupeaux ; et instruit de ce qu'il devait à son créateur, il lui offrit la graisse , ou le lait de ses troupeaux. Dieu marqua qu'il agréait son olFrande , soit par un feu envoyé du ciel, soit par quelque autre voie. Quelques Pères ont cru qu'Abel demeura toujours vierge. Il fut tué dans un champ par Gain son frère , jaloux de la préférence queDieu donnait à ses offrandes. L'Écriture ne parle point, ni de l'âge qu'il avait lorsqu'il fut tué , ni de son célibat ou de son mariage , ni du genre de sa mort , ni du lieu de sa sépulture , ni de la conservation de son tombeau , ni de beaucoup d'autres choses que la curiosité voudrait savoir. On sait seulement qu'il était prêtre , puisqu'il était sacrificateur , et <Jue c'est un saint canonisé dans l'ancien et le nouveau Testament. Les Grecs cependant ne lui rendent point de culte , et

son nom ne paraît point dans les martyrologes romains avant le dixième siècle , ni même dans le ronuin moderne. Pierre Natal marque sa mémoire le 3o de juillet , et quelques autres martyrologes , le 2'= jour de janvier et le 25 de mars. ( Baillet , tom. 4- Basil. Ambros., aliiapud Cornel. à lapide. )

ABEL , Adila , HoBAL , ou HoBA , ou Abelbeth-Maaca , ou Abel-Maïm , ville située à la gauche ou au nord de Damas , entre le Liban et l'anti-Liban. C'est la même qu'Abyla de Lysanias dont ' il est parlé dans saint Luc. Joab l'assiégea , dans la révolte de Séba , fils de Bochri. L'itinéraire d' Antonin i" la place entre Damas et Héiiopolis. ( Luc. , c. 3 , v. i . 2. Reg. , c. 20 , V. i4 ? i5. )

ABEL DES ViGXES était , selon Eusèbe , à six milles de Philadelphie , autrement Rabbath , capitale des Ammonites.

ABEL ( Pierre ) , avocat au parlement , a fait des Observations sommaires sur la coutume de Bretagne , un volume in-4'' , imprimé à Laval en 1689. ^^^^ de La Bigotière , sieur de Perchambaut, président aux enquêtes du parlement de Bretagne , en a donné une nouvelle édition en 1694 , revue par lui , corrigée et augmentée. Moréri , édition de 1759, sur les Mémoires manuscrits de M. Boucher d'Argis.

ABEL-L A-GRANDE. ( Hébr. , le grand deuil. ) C'est un gros rocher qui se trouva dans la campagne des Betsa mites , et sur

6o ABE

lequel on plaça l'Arche d'alliance lorsqu'elle fut renvoyée par les Philistins. On croit qu'il fut ainsi nommé , à cause du grand nombre de Éetsamites qui périrent dans cette occasion. ( i . Reg. , C.6, V. i8, 19.)

ABEL - MËHL'LA , ou Abel- Meha. Hébr. , deuil d'infirmité ou de maladie. C'est la patrie d'Elisée. Eusèbe la met à seize milles de Scythopolis , vers le midi. ( 3. Reg. , c. 19 , v. 16. )

ABEL - MIZRAIM ( hébr. , le deuil des Égyptiens ) , le même que Vaire d'Athad et Béthagla, à quelque distance de Jéricho.

ABEL-SETHIM {Uhx ., deuil des épines) , était dans les plaines de Moab , au-delà du Jourdain , vis-à-vis Jéricho. C'est là que les Hébreux tombèrent dans l'idolâtrie de Phégor, et que Dieu les punit par la main des Lévites.

Cette ville est souvent appelée simplement ^ef/z/m. {Josué, c. 2, V. ï- Idem. 3 , V. I. Num. , c. 2.5, V. I.)

ABELA , ville de la Pérée ou de la Batanée , ou du pays de Bazan, au-delà du Jourdain, dans la demi-tribu de Manassé , à douze milles ou quatre lieues de Gadarre , vers l'Orient. [Judic, c. 1 1 , V. 33. )

ABELLA ou ABYLA , ville épiscopale du diocèse de Jérusalem de la seconde Palestine , sous la métropole de Scytople , qui paraît être la même qu'^byla de Batanée dont parle saint Jérôme dans son Exposition des lieux hébreux. Elle est très-abondante en vins , et éloignée de

ABÉ Gadares , vers l'orient , d'environ douze milles. On prétend qu'elle fut prise par Antiochus.

Il ne faut pas la confondre avec Abela de Perce , ou Abela vers le mont Liban. La première, que Josephe joint avec Liviade ou Libj'ade et Besemoth, est éloignée de soixante stades du Jourdain ; la seconde est proche le mont Lilîan , au nord de Damas de Syrie. Suidas veut qu'elle soit de Phénicie. Abéla de Pérée ne subsistait apparemment plus du temps d'Eusèbe et de saint Jérôme , puisqu'il ne parle que de ces deux villes qui ont porté le même nom ; une éloignée de douze milles de Gadaris , et que nous croyons être Abéla de Batanée ; Y ^xiixe entre Paniade et Damas , qui est celle du mont LU)an.

Évêques d^ Abéla.

\". Salomon souscrit à la lettre synodale de Jean de Jérusalem à Jean Pato de C. P. , contre Sévère d'Antioche , en 5 18.

2«. Nicostrate , au concile des trois Palestincs , assemblé à Jérusalem en 536, contre Antyme.

3". Alexandre , déposé par Mennas et son concile, pour; n'avoir pas voulu souscrire à la condamnation d'Origène.

ÀBÉLIENS ou ABÉLONITES:

Hérétiques ainsi nommés d'Abtl.

Ils enseignaient qu'Abel s'était marié , mais qu'il n'avait jamais eu aucun commerce charnel avec son épouse , afin qu'on ne fîJ point mention de ses cufaiis comme de ceux de Caïn et dt

Selh. De là les Ahéliens viraient en continence dans le mariage , ne voulant pas , disaient - ils , mettre des enfans au monde pour être les auteurs du péché originel. Ils condamnaient le devoir du mariage comme une action diabolique , et pour maintenir leur secte , ils adoptaient des enfans qu'ils élevaient dans leurs erreurs. Ces hérétiques parurent dans le diocèse d'Hyppone, sous l'Empire d'Arcade , vers l'an de Jésus-Christ 3^0, et ils rentrèrent dans le sein de l'Église après qu'on les eut détrompés.

S. August. , deHœres. , c. 83.

ABELLI (Antoine), docteur en tliéologie de la Faculté de Paris, dominicain et abhé de Notre- Dame-de-Livry en l'Auluoi , était Parisien. Il sortit de licence en 1 555 , et se distingua par l'intégrité de ses mœurs, par sa science et son talent pour la prédication, qu'il exerça avec applaudissement dans la capitale et les autres villes les plus considérables du royaume. Il fut vicaire-général de sa congi'égation de France pendant trois, ans. La reine Catherine de Médicis le prit pour son prédicateur et son confesseur , et le fit abbé commendataire de l'abbaye de Notre-Dame-de-Livry en l'Aulnoi , de l'Ordre de Saint- Augustin et de chanoines réguliers , située à deux lieues environ de Paris , à l'orient , dans la forêt de Bondi. Bayle s'étonne qu'un dominicain jouisse d'une abbaye , et revient ensuite de sa surprise par un éclaircissement communiqué par M. de La Moza-

ABE 6i

naie , qui lui écrit, qu'il faut supposer que pour parvenir à Vahbajc de Livrj , Antoine Ahelli passade l'Ordre de Saint- Dominique dans celui des chanoines réguliers de Saint-Augustin; ce qui est une chose fort aisée et qui se pratique tous les jours. Il est vrai que ces translations d'unOrdre à un autre étaient aisées etassez fréquentes ; mais cet éclaircissement n'est pas nécessaire pour concevoir comment Abelli a été dominicain et abbé.

Le P. Echard nous apprend qu'il y a eu plusieurs dominicains qui ont été abbés commendat"^" sans quitter leur Ordre. Jean Guiencourt, dominicain, confesseur du roi Henri ii , et docteur en théologie de la Faculté de^Paris , fut abbé de Saint - Georges , Ordre de Saint-Benoît , au diocèse de Pvouen , après l'avoir été de l'abbaye d'Arborel , Ordre de Cîteaux , au diocèse de Castres.

Gilles deBins, aussi dominicain , confesseur de la reine Eléonoie , seconde femme du roi François i" , fut nommé en i54o à l'abbaye de St-Jean - d'Amiens , Ordre de Prémontré , comme La Morlière nous l'apprend dans les Antiquités dAniiens, page 274- Jacques Fouré , prédécesseur d'Antoine Abelli dans l'abbaye de Livry , était dominicain. Le P. Le Long , Bibl. sacr. , p. 56i, prétend qu'Antoine Abelli mourut en x589; ïï^'ii=» le P- Échard se contente de dire qu' Abelli a survécu à la reine Catherine de Médicis , morte en 1 589 , et qu'il n'a pu rien découvrir touchant

la mort de ce docteur. Dans l'acte par lequel l'Université de Paris prêta serinent de fidélité à Henri IV le 11 avril 1 594 , on trouve entre ceux qui le signèrent un François Abelli, abbé d'Ivry, prédicateur et aumônier du roi. Il paraît qu'il y a deux fautes dans cet acte, et qu'il faut lire Livry au lieu à^Ivrj^ et F. ou au plus Fr., c'est-à-dire yrère, au lieu de François. Si cela est, comme il est pi'obable , le dominicain Abelli qui signa l'acte de fidélité prêté par l'Université de Paris au roi Henri iv, le 11 avril 1 594 , sera le même que notre Antoine Abelli qui aura vécu par conséquent au moins jusqu'en 1594 • Ses ouvrages sont : 1° la manière de bien prier avec la 7)ertii et efficace de V Oraison prouvée par V exemple des anciens ; ensemble une briève interprétation de l'Oraison Dominicale, etc. ; dédiée au roi très-chrétien Charles IX. A Paris, chez Nicolas Chesneau, i564, in-S". L'auteur , dansl'épître dédicatoire à la reine-mère , promettait deux petits ouvrages , l'un intitulé : Point , requis au .Chrétien ce qu'il faut faire } et l'autre intitulé : Point , con— naitre ce qu'il faut faire ; mais on ignore s'il accomplit sa promesse. 2" Sermons sur les la— mentations du saint prophète Hiérémie , faits en la présence de la Reine mère du Roi , etc.

dédiés à elle-même. A Paris, chez Michel de Roigny, i582 , in-B".

3° Lettre de frère Antoine Abelli à la reine Catherine de Médicis, i563. Échard, Script. ord.Prœ-

ABE die. y tom. 2 , pag. 289. Remarques crit. sur le Dictionnaire de Bayle , pag. 23 et suiv.

ABELLI (Louis) naquit auYexin français en i6o3 , fut docteur de Sorbonne, curé de St.-Josse à Paris , évêque de Rliodcz. Il mourut à Paris , au séminaire de Saint-Lazare, le 4 octobre 1691. Nous avons de lui un abrégé de théologie intitulé : Medulla theologica , outre dix-huit autres traités, dont un sur les Piincipes de la morale chrétienne ; un autre sur les hérésies ; un autre sur les traditions de l'Eglise ; un du culte de la S'* Vierge ; la P^ie de saint J^incent de Paule ; des méditations , etc. Abelli avait toutes les vei'tus d'un bon prêtre et les grandes c[ualités d'un évêque. On l'accusa dans son temps de relâchement dans la morale ; mais on le jugeait alors relativement à la morale des puritains d'Angleterre , qu'il combattait , et à celle des premiers disciples de Jansénius , qui déjà avait avec la première un peu trop d'affinité. On peut consulter , pour le catalogue de ses ouvi'ages , le père Niceron , dans le 4 ï ^ volume des Mémoires pour servir à l'Histoire des hommes illustres de la république des Lettres., ABEN-BOHEN. Hébr. , la pierre du pouce. Elle tire son nom de Bohen , un des fils ou descendans de Ruben , et sépare les tribus de Juda et de Benjamin^ du côté de l'orient. ( Josué , c. 18, V. 18.)

ABENDANA ( Jacob ) , savant juif espagnol , mort en i685 ,

étant nasi, c'est-à-dire, préfet de la synagogue de Londres. On a de lui un spicilége des choses omises dans le Commentaire du rabbin Salonion , sur les endroits choisis de l'Ecriture - Sainte , à Amsterdam, 1660 et i685 , fol., hébr. On lui attribue aussi l'ouvrage intitulé : La Perfection de la Beauté. C'est un commentaire sur les endroits choisis , les mots et les choses 1rs plus difficiles de l'Ecriture ; àFrancfoi't, in-fol. , 1661. Le Long, Biblioth.

sacr. , tom. 2 , pag. 788. Lippen, Biblioth. theol. , tom. 2 , p. 735.

ABEN-EZER (hébr. , la pierre du secours), dans la tribu de Dan, dans la campagne de Betchar.

C'est là où les Israélites furent battus par les Philistins , et où l'Arche du SL-igncur fut prise l'an du monde 288. ( 1. ^e^-.^ c. 4 , V. I , ï I . )

ABEN-EZRA (Abraham) , fameux rabbin espagnol , natif de Tolède , surnommé le Sage par excellence , le grand et l'admirable docteur, savait plusieurs langues , et surtout l'arabe qu'il possédait parfaitement. Il était aussi très -habile dans l'interpi'étation de l'Écriture , dans la grammaire , la poésie , la philosophie , l'astronomie et la médecine. Le désir d'apprendi'e lui fit parcourir l'Angleterre , la France , l'Italie , la Grèce , et diverses autres parties du monde.

Il mourut à Rhodes , âgé d'environ 76 ans , en 1 148, ou 1168, ou 1 174 , ou enfin 1 192 , après avoir composé d'excellens ouvrages dans tous les genres des

sciences qu'il possédait ; savoir :

1° des Commentaires sur tous les livres de V ancien Testament imprimés dans les Bibles hc" braïques de Bomberg et de Buxtorf. Plusieurs de ces commentaires ont été traduits en latin , et imprimés séparément en différens endroits. 2° Le Livre des Secrets de la Loi , pour expliquer à la manière des cabalistes les mystères ànPcntaleuque. On le garde manuscrit in-4" dans la bibliothèque du Vatican. 3" Jesodmorà , c'est-à-dire , le fondement de la crainte , divisé en douze chapitres touchant les préceptes judaïques , et la manière de traiter les différentes sciences selon leur ordre. C'est le plus rare de tous les ouvrages d'Aben- Ezra. Il a été imprimé à C P. en i53o , et à Venise en i566, in-12.

Il se trouve aussi manuscrit dans la bibliothèque du \ atican , en parchemin , in-fol. Bartolocci et ceux qui l'ont suivi se sont trompés en disant que ce livre est purement grammatical , et qu'il a été traduit en latin par Buxtorf le fils ; car il n'est point grammatical , et il n'a jamais été traduit en latin. Richard Simon paraît s'être un peu trop avancé aussi quand il a dit , au chapitre 24 , P'^ge 123 du livre i de son Histoire critique de l'ancien Testament , que le but de cet ouvrage est de recommander la loi orale ou la tradition. 4° T--e fondement de la loi ; c'est un traité cabalistique sur les préceptes de la loi , qui se trouve manuscrit dans la bibliothèque

du Vatican , en parchemin ,fol.

5" Le mystère de la forme des lettres , où il est traité des lettres de l'alphabet à la manière des cabalistes , manuscrit dans la bibliothèque du Vatican , en parchemin , fol. 6° Un livre intitulé : Vive le fils éveillé ; on y traite en vers élégans de l'ame , de sa récompense et de son châtiment. Il est manuscrit dans la bibliothèque du Vatican avec un Traité du Royaume des deux , divisé en huit règnes , où il est principalement question de la vie éternelle. 7° Le cantique de Vame , en forme d'hymne , avec son explication, manuscrit, ibid en parchemin, in-4°. ^"L'Epître du sabbat , qui parut d'abord à Francfort-sur-l'Oder en 1691 , in-8° , chez Becman , avec l'ouvrage intitulé : schidchan-aruch, extrait des ouvrages du R. Isaac Lorie , et ensuite à Amsterdam en 1709, in-i6. 9" Une préface sur le Pentateuque, qui se trouve au commencement du premier tome Bibliorum magnorum ; il paraît que ce que Joseph de Voysin a publié à Paris en i635 , in-S" , sous le titre des cinq Manières dont les juifs ont coutume d'expliquer la loi , a été pris de cette préface. 10° Un ouvrage sur l'astrologie , divisé en huit livres , qui se trouve manuscrit à la bibliothèque du \ atican , in-4°. II" AEnigma super litteris quiescentibus. Cet ouvrage est élégant , obscur et difficile à entendre. Le rabbin David Cohen de Lara d'Amsterdam , l'a traduit en latin et publié à Leyde

ABE en i658 , in-4°. Il se trouve en hébreu au second tome Bibliorum magnorum. 1 2" La fines se ou subtilité de la pensée. Ce livre , qui est court mais élégant , dans sa brièveté , traite de la prononciation des lettres. H est manuscrit à la bibliothèque du Vatican , en parchemin , in-4°- 1 3° La Pureté de la langue , où il est traité de la grammaire et de la manière de bien former le discours. Venise i546 , in-4''.

i4° Les Balances de la langue.

C'est une grammaire très-bonne et très - parfaite , imprimée à Ausbourg en 1 52 1 , et à Venise en 1546, in-S". Plantavit s'est trompé lorsqu'il a dit que cet ouvrage traite des poids. iS° La lèvre pure , ouvrage de grammaire de même que la lèvre de V excellence , et le Paradis de la sagesse. Ce dernier est manuscrit ii>-4.° , à la l^ibliothèque du Vatican. 16° Un livre de Logique qui se trouve aussi manuscrit dans la même bibliothèque , en parchemin, in-4°. 17° Un livre (M Algèbre, manuscrit in-4°, dans la même bibliothèque. 18° Un livre à. Arithmétique , manuscrit qui porte le titre d' Uniiis ( un ) , ou Numeri (nombre). 19° Un livre latin de Luminaribus et diebus criticis , à Lyon en 1496 et en 1 5o8 , in-4° , et encore en i55o, in-S"; à Francfort en i6i4, in-i2 ; et à Rome en i554, in-4°.

20° Un Calendrier hélDraique que Genebiard lui attriljue , in CJironic, pag. 219. 21" Un livre des Naissances , ou de V Astrologie judiciaire, in-4'' maiiuscr. 22° On

ABE trouve encore dans le Machazor ^espagnol, impiimé à Venise en i656 , in-8°, quelques productions élégantes d'Aben - Erza , telles que ccUe-ci : Magnijicab.

te Deus omnis animce , etc. ; et sic magnijicabit te Rex. On lui attribue encore un livre du nom Tttragrammaton ; un livre moral , de la Maison des mœurs {Beth-Middot) ; un livre du Monde, contre Abuch-majar, écrivain arabe , manuscrit dans la bibliothèque de Lyon , parmi les manuscrits de Scaliger , page 2^7 , n" 1 3; un livre de Annis emholjmœis , manuscrit dans la biblioth. Bodleïenne , n° 8728; un livre des Sorts ( Sepher-Golelh ; quelques pièces- de vers touchant le jeu. Le style d'Aben- Ezra est élégant , concis , et quelquefois obscur. Il suit presque toujours le sens littéral de l'Écriture dans ses Commentaires , donne moins dans les fables que les autres rabbins , et montre partout beaucoup d'esprit et de génie. Il avance néanmoins des sentimens erronés , comme lorsqu'il prétend que Moïse ne passa point au travers de la mer Rouge , mais qu'il y fit un cercle pendant ([ue l'eau était basse. Didac Lopez a recueilli les censures qui ont été faites des Commentaires d'Aben-Ezra sur le Pentateuque, l'an iS^S. On les trouve manuscrits in-fol. dans le collège des Néopliites à Rome. On peut voir, sur la personne et les ouvrages de ce fameux rabbin , Lcusdcn , Philolog.hebr.mixt. , pag. 124.

Jean-Henri Hottinger , Histoire

ccclës. , tom. 3 , c. 12 , pag. 261 , Jacq. Basnage , Hist. des Juifs , tom. 5, pag. 1609. Richard Simon , Histoire critique du vieux Testament. Le P. Morin , Exercit. biblic. , etc.

ABEN-MALLER , savant rabbin , a enseigné le sens gramnoatical de l'Écriture, dans un Commentaire qu'il a fait sur toute la Bible. C'est un petit in-folio , intitulé : Michaljophi, c'est-à-dire, la Perfection de la Beauté. Il renferme les interprétations littérales des rabbins Juda , Jona , Kimhi , et de quelques autres ; mais principalement celles du rabbin David Kimhi dont il rapporte le plus souvent les mots.

Il y en a eu deux éditions , la première à Constantinople , et la seconde en Hollande. Cette dernière est la meilleure , à cause de quelques remarques d'Aben-Dana qu'on y a ajoutées. M. Simon, Hist. crit.

ABERCE D'HIÉRAPLE , vivait vers l'an 164. Ses parens étaient chrétiens ; il fut lui-même créé évêque d'Hiéraple. Il souffrit de grands tourmens sous Marc-Aurèle , et L. Ver us , de la part des païens ; et enfin il mourut en paix du vivant de ces empereurs. Le père Halloix nous a donné sa vie d'après Métaphraste , que cet écrivain avait tirée des actes grecs , et d'après les menées des Grecs ; on sent assez quel fonds on doit faire sur de pareilles collections. Ce ciu'ilya de certain , c'est que ni Eusèbe, ni aucun ancien écrivain ne font mention de cet Aberce. Si l'on

ce ABE

en croit Baronius , il a composé un excellent ouvrage de la discipline olîservée par les prêtres et par les diacres , et une lettre à Marc-Aurèle , empereur ; Baronius dit qu'il a tiré cette lettre d'un manuscrit grec de la bibliothèque du cai'dinal Sidet , et il promet qu'il la donnera tout entière dans ses Annales.

Comme il ne l'a pas fait , il faut croire qu'elle lui a échappé des mains , ou qu'elle s'est trouvée égarée. Halloix , vit. pp. Orient.

Baron , ad an. i63 , num. i5, et not. ad Martjrol, rom., cave.

Les Grecs honorent saint Aberce ou 'Abircc^, évèque d'Hiéraple en Phi-ygie , le 22 d'octobre.

Son nom n'a été mis dans le martyrologe romain que depuis le seizième siècle , par les soins du cardinal Baronius. Baillet , Vie des Saints , tom. 3.

ABERDON , ville maritime d'Ecosse , dans la province de Mart , avec évèché qui y fut transféré de Muttlac, en 1 100, et avec Université , fondée en 1480 par le roi Alexandre 11. Cette ville, appelée en latin Aberdonia , Aberdoniiim ou Aberdona , et en écossais Aberdéen , est partagée en deux villes , dont chacune a une université. L'ancienne Aberdéen est le siège de l'évcché, sufFragant de l'archevêché de St-André.

ABER LE CINÉEN , époux de Jahel , celte femme généreuse qui tua Sisara , général des armées de Jabin , roi des (ihananéens , en lui perçant les tempes a>'ec un grand clou , tandis qti'il

dormait [Judic. , c. 4? v. 17 , et ser/. )

ABERNETH, ville de l'Ecosse méridionale, autrefois épiscopale , capitale des peuples Pietés, est située vers le confluent de l'Erne et du Ta y. Mais elle est aujourd'hui à demi -ruinée.

Saint Ballade y établit au cinquième siècle le premier évêché d'Ecosse , qui fut transféré au neuvième à St. -André.

ABÈS , ville de la tribu d'Issachar. {Josiié , c. ig, v. 20.) ABES AN ( hebr. , père du bouclier ou des annes ) , de la tribu de Juda , huitième juge d'Israël.

Il était de la ville de Eethsan ou Scythopolis ; il succéda à Jephté , et mourut à Bethléem , après sept ans de gouvernement.

[Judic. , c. 12 , v. 8, 10. )

ABESSALON (hebr. ,père de la paix , ou la paix du père ) , père de Maacha , qui fat mère d'Abia , roi de Juda. ( 3. Regr. , | c. i5 , V. 2. ) j

ABESSALOM, ambassadeur de | Judas-Macchabée , vers Lysias , 'I général de l'armée d'Antiochus Eupator. (2. Mac, c. 11, v. 17.) ABEYANCE , abeyantia , ancien terme de droit qui signifie une chose que l'on ne possède pas encore , et qui n'est pas adjugée par la loi , mais que l'on attend en vertu de cette loi.

ABI ou ABIA (héb . , mon père) , li fille de Zacharie , et mère d'Ezéchias,voideJuda.(4. Reg-, i8,2.) ABIA ( heb. , père du Seigneur uu le Seigneur mon père) , second fils de Samuel. (Judic. 8, 2. ) ABIA., fils de Jéroboam, prc-

ABI mier roi des dix tribus. Ce fut le seul de sa famille qui reçut les honneurs de la sépulture ; tous les autres descendans de Jéroboam ayant été ou mangés des chiens , ou dévorés des oiseaux , en punition de l'impiété de Jéroboam. (3. Reg. , c. î4 , V. lo ,etc. )

ABIA ( dans l'Écriture, Abiam ) , roi de Juda , successeur de Roboam , dont il imita la mauvaise conduite. Il régna trois ans, et après avoir remporté une victoire signalée sur Jéroboam , premier roi d'Israël , dont l'armée était composée de huit cent mille hommes , il mourut l'an du monde 8049.

ABIA. Un des descendans d'Eléazar , fils d'Aaron , chef d'une des vingt-quatre bandes des prêtres , distribués en vingt-quatre classes par David. Zacharie, père de saint Jean-Baptiste , était de la classe d'Abia, qui était la huitième entre les vingt-quatre.

( I . Parai. , c. 2.^ , v. 10. Luc. , c. I, V. 5.)

ABIA , roi des Parthes , qui se tua de désespoir , de peur de tomber entre les mains d'Izate , roi des Adiabéniens , auquel il avait déclaré la guerre , à la sollicitation des grands du royaume d'Izate , qui s'étaient soulevés contre lui , parce qu'il avait embrassé le judaïsme. ( Joseph, Antiq. , 1. 20 , c. 2. )

ABIA , ville épiscopale sous le patriarchat de C. P., selon Wading , a eu pour évèque latin Vital, de l'Ordre de saint François. Il fut transféré à ce siège ,

de l'église de Mêla , par Boniface IX, en iSgg. Il eut pour sucsuccesseur Conrad , nommé par Jean xxiii , le 28 novenibre.

ABIA , ville épiscopale du pa* triarchat d'Antioche , dont furent évèques , selon Wading , Adam, transféré depuis à Catarc, et François-Jean de Monteron , de l'Ordi-e de saint François, qui lui succéda le 8 juillet i349, sous Clément vi.

ABI-ALEON, surnommé Abiel ( hebr. , père très-intelligent ) , natif d'Arbat , un des braves de l'armée de David. ( 2. Reg. , C. 23 , V. 3i. )

ABI-ASAPH, ou ABISAPH (hébr. , père qui assemble ou qui ajoute ) , de la tribu de Lévi .

était fils d'Elcana, et père d'Asir.

(i. Par. , c. 6 , V. 23. )

ABL4THAR ( hébr. , père excellent ) , fils d'Alchimelech , dixième grand-prètre des Juifs.

Il est quelquefois nommé Achimelech ou Abimelech. S'étant sauvé du carnage des prêtres de Nobé commandé par Saùl , il se retira auprès de David , et y demeura en qualité de grand-prêtre , pendant que Saiil donna la même qualité à Sadoc ; d'où il arriva qu'il y eut à la fois deux souverains pontifes dans Israël ; Abiathar du côté de David , et Sadoc du côté de Saùl : ce qui dura jusqu'au règne de Salomon. ( 2. Reg. , cap. 8 , v. 17.

T . Reg. , cap. 22 , V. î 1 , et seq. I. Par. , C.6 ,\. 53.)

ABlB(hébr. , épis verts) , nom que les Hébreux donnaient au pren>ier mois de leur année

68 Alil

sainte , qui fut dq)uis ap^ielé Nisan. 11 répond à notre mois de mars. ( Exod. , c. i3 , v. 4- )

ABIBAS ou ABIBBA , nommé aussi quelquefois Abibox et Adidas , était le puîné des fils de Gamaliel , dont il est parlé dans les Actes des apôtres. Il fut baptisé, élevé dans le christianisme, et passa sa vie dans l'observation de la loi de Dieu , la prière et la méditation des Écritures. Tl mourut avant son père , et fut enterré à Capliargamale , dans le même tombeau que saint Etienne , en une grotte séparée , audessus de celle de ce saint martyr. Les anciens martyrologes , hors celui de Bède, mettent Abibas au rang des saints , avec Gamaliel son père , et Nicodème , dont on trouva les corps avec celui de saint Etienne , et marquent cette invention au 3 d'août. Voj. Gaîialiel.

ABIBE , martyr d'Edesse en Mésopotamie. Il fut brûlé pour la foi sous l'empereur Licinius, et le gouverneur Lysanias , l'an 322. Ses proches, témoins de son supplice , retirèrent son corps des fianunes , l'embaumèrent et l'enterrèrent auprès des saints Gurie et Samone qui avaient souffert le martyre à Edesse le même jour que lui, seize ans auparavant , et avec lesquels il ayait été étroitement uni pendant leur vie. C'est pour cela cjue les Grecs les honorent tous trois ensemble , le i5 de novembre.

Tillemont, tom. 5 des Mémoires ecclcs.y à l'art, de LiciMus. Baillet, tom. 3 , i5 novembre.

ABI ABICHT ( Jean George ) , luthéi'ien allemand , docteur en théologie et professeur de l'Écriture-Sainte à Leipsick , au commencement du dix-huitième siècle , a donné : i° Disput.

de Jona fugiente , à Leipsick ,

1702 , in-4° ; 2" Disput. de sen'orum Heùrceonmi acquisitione atque sen'itiis. ibid. , 1704 , in- 4" ; 3° Disput. de Goele-Jobi , ibid. , 1708, in-4° ; 4° Oraculum Jesàianum , a Mathaeo 4- ^^'^ Ex cod. hebr., sensu litterali allegatum , c. Jes. , C) , I , ibid. , ann. eod. , in-4° ; 5'' Disput. de suppliciis reipublicœ judaicœ , sub symbolis revelatis , ibid. , ann. eod. , in-4'' ; 6*^ Ars distincte legendi et interpretandi scripturam sacram vet. Testamenti ^ ibid. , chez Jean-Christophe Konig , 1710 , in-8" ; 7" De damno ab athéisme in republica , à Leipsick ,

1703 , in-4''. ; 8" Dissertatio de Hebrœorum accentuunt genuino officio, ibid. , 1710, iu-4°. Le Long, Bibl. sacr., tom. 2 , pag.

092. Act. erud. lips. , 1711, pag. i6g. Diar. einidit., tom. 49»

pag. 5i4- Magna bibl. eccles., pag. 17 , col. 1.

ABIGEAT , abigeatus , est un terme de droit qui vient d'abigere , id est , an te se agere.

Ainsi abigeat signifie une espèce particulière de vol qui se commet non pas en enlevant et en transportant d'un lieu à une autre , la chose dont on veut profiter , mais eu la chassant et faisant aller devant soi. Cette espèce de délit ne peut donc tom-

ABI l)er que sur les troupeaux et sur les bestiaux. Suivant la loi \,JJ.

Je abigeis , il faut dix brebis , ou quatre pourceaux au moins , pour que la soustraction qui s'en fait puisse être appeliîe al^igcat ; au lieu qu'il ne faut qu'emmener un bœuf ou un cheval pour conunettre un abigeat. La raison (le la différence est, qu'on peut emporter plusieurs brebis ou plusieurs pourceaux , mais qu'on ne peut pas naturellement emporter un bœuf , ni un cheval.

Suivant les lois romaines , ce délit est extraordinaire ; mais il n'est pas public , parce que ce n'est qu'une espèce de vol. Leg.

'2. s ff. de abigeis. Il était puni d'une peine extraordinaire , selon les circonstances ; en sorte qu'elle était quelquefois le dernier supplice, ou la déportation.

Leg. i , Jjf. eofl. La peine de ce délit est pareillement arbitraire en France. Il en est traité dans le livre 47 du Difjeste , tit. i4 , et dans le 9* livre du Code , tit. 37. Voj. Despeisses, tom. 2, part. I , titre 12, section 3, article 18.

ABIDA , ville épiscopale du diocèse d'Antioche , dans la seconde Phénicie , sous Héliople ou Iléliopole , placée par Ptolomée proche Damas, au midi, a eu pour évèque Eusèbe , qui souscrivit à la lettre synodale de sa province à l'empereur Léon, au sujet du meurtre de saint Protère d'Alexandrie , et pour le concile de Chalcédoine. C'est le seul que nous connaissions.

ABIDAN (hebr., /uvr du'pige-

ment ) , fils d'un nommé Gédéon , de la tribu de Benjanain , se trouva chef de sa tribu au tenqis de la sortie d'Egypte et de l'érection du tabernacle.

( Kum. , c. I , v. 1 1 . )

ABIEL ou JEHIEL (heb. , Dieu mon pire) , père de Cis et de Ner , et aïeul de Saùl , premier roi des Juifs. ( i. Reg. , c. 9 ,

ABIEZER ( hebr. , phre du secours ou secours du père) , de la tribu de Benjamin , l'un des trente braves de l'armée de David. ( I . Par. , c. II , v- 28. )

ABIGABAON ( hebr. père de la colline) , un des aïeux de Saùl et des principaux habitans de Gabaon. ( i. Par. , c. 8, v. 29, 3o. )

ABIGAILou ABIGAL ( hébr., père delà joie ou la joie du père), femme de Nabal du Carmel , et depuis femme de David. Elle sut si bien gagner le cœur de David par sa conduite et ses discours pleins de sagesse, que nonseulement elle apaisa ce prince irrité contre son} mari dont il avait juré la perte , mais encore que Nabal étant mort , David voulut l'avoir pour femme. De ce mariage sortit un fils , Chéléab. ( I . Reg. , chap. 25 , v. 23 et seq. ; 2. Jdem, c. 3 , v. 3. )

ABUIAIL {héhx.,père de la ê force ou de la douleur) , fils de Huri , et père de Mosellam et de quelques autres, (i. Par, , c. 5, V. 12 , 14.)

ABIHAIL , père de Suriel , de la famille de Mérari. ( Num- , c.

ABIHAIL , père de la reine Esther et frère de Mardocliée. ( Esth., c. 2 , V. i5. c. g, V. 29.)

ABIR^IL , fille d'Eliab , frère de David, et épouse de Roboam, roi de Juda. Elle fut mère de Jéhus, de Somoriamet de Zoom.

( 2. Par. , c. 1 1 , V. 18 , 19. )

ABILA. Outre Abila ou Abela, ville de la seconde Palestine; il s'en trouve encore une autre dans la Cele-Syrie du Liban , capitale delà Tétrarchie Abilienne, dontLysanias était prince. (Zz/c, 3 , V. I . ) L'itinéraire d'Antonin la met deux fois entre Héliople et Damase. Elle est du diocèse d'Antioclie dans la seconde Phénicie. On croit que c'est celle qu'on appelle aujourd'hui Belinas. Nous n'eu connaissons que trois évèques.

1°. Jourdain siégeait vers le milieu du cinquième siècle. Il fut représenté dans le concile de Chalcédoine, par Paternius, qui souscrivit.

2°. Jean souscrivit à la lettre des évèques de sa province à l'empereur Léon , et au concile de Chalcédoine.

3°. Alexandre ayant embrassé l'hérésie de Sévère , fut chassé de son siège par un édit de l'empereur Justin , en 5 18.

ABILLON (André) , docteur en théologie, et grand - vicaire de l'évêque d'Amiens , publia à Paris , chez Sébastien Piquet , en 1645, in-4°, le Triomphe de la Grâce sur la nature humaine, ou le Concile de la Grdce , ovi Méditations thc'ologiques sur le second concile d'Orange, ctVac

ABI cord admirable de ses décisions avec celles du concile de Trente.

(Magna Diblioth. eccles., p. 17, col. 1 . )

ABE\L\EL (hébr. , père qui est de Dieu ) , fils de Jectan , demeura, ou dans l'Arabie, ou dans l'Arménie, ou dans les pays voisins.

ABBiÉLEGH(hébr. ,père du roi ou du conseil ) , roi de Gérare , qui enleva Sara , femme d'Abraham , croyant qu'elle n'était que sa sœur. Dieu ne permit pas qu'il la touchât , et cependant il ne laissa pas de le frapper lui et sa famille, à cause de Sara. Il la rendit donc à Abraham son époux , en le priant de demander à Dieu la guérison des plaies dont il avait frappé sa famille à cause de Sara. Abraham le fit , et Dieu guérit aussitôt la famille d'Abimélech , en rendant à ses femmes la fécondité. Ceci arriva l'an du monde, 2107 ; avant Jésus-Christ 1893.

( Gen. , c. 20. )

ABDIÉLECH, roi de Gérare,et fils du premier. Un jour ayant vu Isaac qui se jouait avec Rebec»

ca, femme cju'il disait être sa sœur , il défendit , sous peine de mort , de la toucher. Il pria ensuite Isaac de se retirer , parce c£ue ses richesses avaient excité la jalousie des Philistins. Isaac se retira d'abord dans la vallée de Gérare , et ensuite à Béersabée où Abimélec le vint trouvei:

pour faire alliance avec lui. Ceci arriva vers l'an 2200 ; avant Jésus-Christ 1800. (Ge«., c. 26. )

ABIMÉLEIIC , fils de GédcH>n,

ABl

thé d'une concubine qu'il avait dans la ville de Sicheni , s'empara du (jouvcrncment après la mort de son père , en se faisant déclarer roi , ou juge d'Israël.

Étant venu dans la maison de sou père à Éphra , il tua sur une même pierre les soixante-dix fils qu'il avait laissés, excepté Joatliam , le plus jeune de tous , ([ue l'on caclia. Il ne régna cependant pas long-temps ; car la division s'élant mise parmi les habitans de Siclieiu , ils se révoltèrent contre lui pendant qu'il était absent. Abimélech en étant averti marcha contre Sicliem qu'il saccagea et ruina entièrement.

Mais s'étant ensuite approché de la ville de Thèbes qui était environ à trois lieues de Sichem , une femme lui cassa la tète eu lui jetant un morceau d'une meule de moulin du haut d'une tour où les Sicliéjnites s'étaient retirés , et à laquelle il voulait mettre le feu. {Judic, c. 9, v. 5, 22 , etc.

ABINADAB (héb. , père de bon gré , ou père du vœu ) , frère de David, et fils d'Isaïe. ( i. Reg. , c. 18 , v. 6.

ABINADAB, fils de Saiil. Voj.

Amixadab-

ABINADAB , lévite de Cariat>larim. T^oy. Ajuxadab.

ABINOA ou ABINOEM (heb.

pcre de la beauté ou de Vagrén/eut ) , père de Barac , chef de l'armée des Juifs. {Judic, c. 4- V. 6.)

AB INTESTAT, terme de jurisprudence , qui se dit de celui qoi Itérite des droits d'un hom-

àBI 91

me qui n'a point fait de testament , quoif[u'il eût pouvoir de le faire. Un fils est liéritier de son père ab-inlestat. On a autrefois privé de la sépulture ceux qui étaient décédés ab intestat.

ABjAAM (héb.,/><Ve de V élévation ou de la fraude) , fils aîné d'IIiel de Béthel , qui ayant entrepris de rebâtir Jéricho pei'dit Abirani son premier-né lorsqu'il en jeta les fondemcns , et Ségul) le dernier de ses en fans , lorsqu'il en pendit les portes, selon la prédiction que Josué en avait faite , environ cinq cent ti'ente-sept ans auparavant. ( Josué ^ c. 6 , v. 26 , 3. Reg. , c. i6 , V. 34.

ABIRON , fils d'Éliab, l'un des conjurés contre Aaron et Moïse dans le désert , fut abîmé tout vivant dans la terre avec ses complices. (^Num. , c. 16.)

ABISAG (héb. , l'ignorance du père , autrement , qui^jari^/'e/z/), fJle native de Sunam , en la tribu d'Issachar. David l'épousa sur la fin de sa vie, mais il ne la connut point , et il s'en servit seulement pour s'échauffer au lit, selon l'ordre des médecins. Le roi étant mort, Adonias demanda Abisag pour épouse , ce qui fut cause que Salomon le fit mourir , dans la pensée qu'il voulait affecter la royauté , en épousant une des femmes du feu roi. ( 3. Reg. , c. I , V. 3 , 3. Id. c. 2, v. 17. et seq. )

ABIS.\I (héb. , présent du père, ou Xepère du présent ) , fils de Zuri et de Sarvia, .sœur de DavH , était lui d(.>s plus vaillans

7 a ABI

hommes de son temps , et un des premiers généraux des armées de David, L'Écriture dit qu'il leva la lance contre trois cents hommes , et qu'il les tua tous. (2. Reg. , c. 2.3, V. i8; a. Idem , c. 10 , v. ïo.

ABYSSINIE ou ETHIOPIE.

L'Egypte supérieure d'où coule le Nil , était autrefois appelée Ethiopie ; entre tous les peuples de cet État , les Axumites , ainsi nommés de [la principale ville dupaySj^orww, étaient ceux que les Romains connaissaient davantage. Ptolomée parle de cette ville. Arrien dans son PtT//j/e assure qu'on lui donnait de son temps le titre de métropole. Sous l'empire de Constantin , ce pays fut plus connu , particulièrement après cjue les Abyssins eurent reçu la foi par le ministère de Frumence que saint Athanase y envoya ; ce qu'il est bon de remarquer contre Procope qui prétend que la religion chrétienne n'a été établie chez les Abyssins , que sous l'empire de Justinien le vieux. Frumence , avec les clercs qui l'accompagnèrent dans son voyage , mit son siège à Axum , comme étant la métropole du royaume. Lesévêques qui lui ont succédé ont continué d'y faire leur résidence , mais il faut remarquer que ces évêques étaient des étrangers que le patriarche d'Alexandrie s'était mis en possession d'y envoyer. On les appelait métropolitains et catholiques. On se fondait dans cet usage sur le quarante-deuxième canon arabique,

ABI attribué au concile de Nicée,par lequel il était défondu auxÉthopiens de se choisir parmi eux un patriarche , parce qu'ils étaient sous la juridiction de celui d'Alexandrie , auquel il appartenait d'en nommer un qui lui était inférieur. On lui donnait l'honneur du patriarchat, et non pas la puissance ; aussi ne pouvait-il ordonner que sept évêques , dit l'abbé Renau^dot ; ce nombre n'étant pas suffisant pour l'oi'dination d'un patriarche, qui en demande douze. Cette police exactement observée , fut cause que la foi chrétienne fut exposée aux mêmes variations parmi les Éthiopiens ou Abyssins, que dans les églises d'Alexandrie , dont le patriarche était tantôt cadiolique , et tantôt jacobite , particulièrement depuis c£ue les mahométans s'étant rendus maîtres d'Alexandrie , le siège de celte ville demeura vacant pendant quatre-vingts ans , ou ne fut rempli que par des jacobites. Les Abyssins rejetèrent la croyance de deux natures en Jésus-Christ, le concile de Chalcédoine , et la lettre du pape saint Léon à Flavien , et se réparèrent pour toujours de l'église romaine. On n'a fait jusqu'à présent que de vains efforts pour les réunir ; quelques recherches que nous ayons faites , nous n'avons pu découvrir quels étaient les sièges de ces sept évêques que pouvait ordonner le catholique d'Abyssinie. Nous n'avons pas même une chronologie exacte de ces catholiques , ainsi nous la

Abl rapportons telle que le P. Lcquien nous l'a donnée dans VOriens christianus , t. 2 , p. 652.

Evêques d' Axum , ou catholiques des Abyssins.

I. Frumence. Nous avons dit que les Abyssins ont eu pour apôtre Frumence. Il était de Tyr en Phéuicie. Ilparaît qu'il fut transporté tout jeune en Ethiopie. Étant revenu à Alexandrie, saint Athanase , nouvellement élu patriarche , le fit évèque de cette nation , et lui associa des prêtres et des clercs de son clergé , pour y porter Li foi de Jésus-Christ.

Athanase ayant été chassé de son siège , George qui s'en était emparé, éloigna 2)areille ment tous les évèqucs qui étaient dans les sentimensdc ce saint patriarche; et comme il ne doutait pas c£ue Frumence ne pensât comme lui, il tenta aussi de le chasser de sa nouvelle mission. 11 fit si bien auprès de l'empereur Constance, qu'il l'engagea à écrire aux princes des Abyssins de lui renvoyer Frumence à Alexandrie , comme ayant été ordonné par un homme qui avait fait de grands maux : car, disait-il , s'il revient de bon gré , et qu'il rende compte de son ordination au vénérable George et à tous les évèques d'Egypte , on verra qu'il ne s'écarte en rien des lois de l'Église et de la foi présente , et on pourra le réordonner ; mais s'il fait quelques difficultés , on conclura qu'il pense aussi mal, que celui qui l'a ordonné. Phllostorge ajoute que Constance envoya un

certain Théophile , Indien de nation et arien, en qualité d'évèque , pour prendre la place de Frumence ; mais il ne put rien gagner auprès de ces princes qui retinrent leur évèque , et il fut obligé de revenir à Alexandrie.

La tradition de l'église d'Axum est que Frumence y mourut; on en fait la fête deux fols l'année , le i4 décembre et le 20 juillet.

Ludolfe et Yansleb disent que les Abyssins ont un catalogue de ceux qui ont succédé à Frumence , et qu'ils comptaient quatrevingt-dix métropolitains en 1 6 1 3 , et cent seize en 1670. Il aurait été à souhaiter qu'ils nous eussent fait part d'une pièce aussi importante , contre laquelle cependant on pourrait faire bien des difficultés , auxquelles il ne serait pas aisé de répondre.

Page 1