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aucun fruit ; Aërius abandonna l'hôpital et se retira. Depuis ce temps il ne cessa de noircir la réputation d'Eustathe, et crut pouvoir se venger en niant lasu- }ïériorité des évêques sur les prêtres, et en soutenant l'égalité des uns et des autres. Il condamna aussi toutes les cérémonies de l'Église , la célébration des fêtes, regardant en particulier la fête de Pâques comme une superstition judaïque. Il se moquait des prières et des bonnes œuvres qui se font pour les morts , prétendant que si elles leur servaient de quelque chose , il serait inutile de se mettre en peine de bien vivre. Il ne voulait pas non plus qu'il y eût dans l'Église aucun jeune fixe. Aërius entraîna dans son schisme et dans ses erreurs un grand nombre de personnes de tout sexe, qui s'assemblaient dans les bois, dans des cavernes, en pleine campagne. Ils affectaient de jeûner le dimanche et de ne le point faire le mercredi et le vendredi , pas même pendant la semaine-sainte. Ils passaient ces jours sacrés à se divertir , à se remplir de vin et de viandes et à se moquer des catholic{ues. Cette sec te des aériens subsistait encore du temps de saint Augustin. Les protestans ont renouvelé leurs erreurs , et en particulier celle de l'égalité des prêtres avec les évêques.
Les raisons d'Aërius , pour égaler les prêtres aux évêques , étaient que les prêtres impo- .saient les mains , baptisaient , célébraient l'office divin j^ets'as-
AER seyaient sur des trônes comme les évêques ; que saint Paul écrivant aux prêtres et aux diacres, ne fait aucune mention des évêques , et qu'il n'en fait point des prêtres lorsqu'il écrit aux évêques et aux diacres ; d'où il s'ensuit, disait-il, que l'évêque et le prêtre ne sont qu'un.
Saint Épiphane lui répondait que la preuve la jîlus complète de l'inégalité de l'épiscopat et du sacerdoce sont les différens effets de ces deux Ordres. Les évêques , disait-il , donnent des Pères à l'Église par le moyen de l'ordination , et les prêtres ne lui donnent que des enfans par le Baptême, parce qu'ils n'ont aucun droit de donner l'imposition des mains nécessaire pour oi'donner des pères et des maîtres ; si donc l'apôtre , en écrivant aux évêques , ne fait point mention des prêtres , ni des évêques lorsqu'il écrit aux prêtres , ce n'est point qu'il confonde ces deux Ordres ; mais c'est que le nombre des fidèles et surtout de ceux qui fussent propres pour le sacré ministère, étant alors encore fort petit , l'on n'ordonnait point d'évêque où il y avait des prêtres , ni de prêtre où il y avait des évê- ([ues. Mais peut-on rien de plus formel contre Aërius que ces paroles du même apôtre écrivant à Timothéc qui était évêquc: Ne mallrnilez point 1rs prclres , et u'ccoulez pas contre eux toutes sortes d'accusateurs ? {\ . Tim. 5 et 19. ) Il ne recommande pas aux prêtres la même chose à
AFF l'égavcl des ëvêques , preuve de la supériorité de ceux-ci sur les autres. Saint Epiphane , de hœres. , pag. 904 et suiv. Cherchez dansée Dictionnaire les articles Hiérarchies , Évéques.
AETIUS , surnommé l'Impie , chef des Aëtiens , était natif d'Antioche de Syrie. Il fut d'abord forgeron ou orfèvre , puis sophiste , ensuite médecin. Il embrassa l'arianisme , auquel il ajouta plusieurs erreurs en faisant une secte à part. Il disait que le Fils avait une nature inférieure à celle du Père ; que le Saint- Esprit n'était qu'une simple créature formée avant les autres par le Père et le Fils. Abusant dupassage de l'Ecriture où il est dit que la vie éternelle consiste dans la connaissance de Dieu et de Jésus-Christ son Fils , il réduisait toute la religion à cette connaissance spéculative , méprisant la pratique des Commandemens de Dieu et de l'Église , prétendant même que l'impureté était permise , comme étant d'une nécessité naturelle du corps. Cet impie dogmatisait vers le milieu du quatrième siècle. Il laissa plusieurs disciples qui eurent divers noms , et qu'on appela Eunomécns , Anoméens , Eterousiens, Troglodites , ou Troglittes , Exomentiens , et Exaconites.
Ils furent condamnés avec leur maître dans le concile de Séleucie de l'an 35g. Basil , lib. i et 2, contre Eunom.Théodoret,lib. 2, c. 27. Socrat. , lib. 5. Tripart. , Hist., cap. 42.
AFFECTATION , en terme de