‹ Bibliothèque sacréeChapitre 92 sur 174 · AFF · texte numérisé non relu

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droit , était l'attribution de certains bénéfices à quelques personnes préférablement à d'autres. Elle ne se pouvait faire par le Chapitre sans homologation de l'évèque ou du pape et sans lettres-patentes dûment enregistrées. La règle générale était qu'un bénéfice affecté à certaines personnes ne pouvait point être donné à d'autres , iî peine de nullité des provisions ; s'il y a eu quelque exception à cette règle , on a toujours marqué que c'était sans tirer à conséquence.

Il y avait des bénéfices affectés à certains offices dans l'Église, comme vicaires , semi-prébendés , chapelains, gradués ; et d'autres , aux eu fans du lieu où étaient situés ces bénéfices. Mais il faut prendre garde que l'enregistrement des statuts et bulles des papes qui autorisaient cette affectation , devait précéder l'établissenaent des expectatives admises en France , et qui étaient de droit public ; autrement l'affectation ne pouvait préjudicier à l'expectant. T^oj-. la Combe , Dictiowi. canon.

AFFILIATION, signifiait autrefois une sorte d'adoption qui se pratiquait entre les rois et les grands seigneurs avec des cérémonies militaires. Le père présentait une hache à celui qu'il adoptait pour son fils ; et cela signifiait qu'il voulait qu'en succédant à ses biens , il les conservât par le glaive. Mais depuis, l'affiliation était un terme de religieux qui signifiait , ou l'incoqioration d'un religieux k un

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couvent particulier auquel il s'engageait et dont il ^tait enfant ; ou la communication qu'un Ordre religieux faisait à quelque personne , ou à quelque maison particulière , de ce qu'il avait de plus saint , comme les prières , les messes , les bonnes œuvres , etc.

AFFINITÉ. Liaison qui se contracte par le mariage consommé, ou par un commerce illicite entre l'un des conjoints et les païens de l'autre.

L'affinité se forme , suivant les canonistes , par la connaissance charnelle licite ou illicite ; et il faut pour cela que copula sit compléta. ( Saint Tliom. , m4 j dist. 4i 5 q- I » art. i , qla. l^ ., ad 2. ) Elle ne peut donc jamais provenir d'un mariage qui n'a pas été consommé. Il peut arriver aussi que des personnes parentes contractent affinité ; le mari avec les parens de sa femme , et cela dans le même degré de la parenté naturelle , et la femme avec les parens du mari , sans que les parens de l'un et de l'autre soient liés ensenoble par aucune affinité. Ainsi deux frères peuvent épouser les deux soeurs ; le père et le fils , la mère et la fille. L'empêchement de l'affinité qui provient de mariage consommé s'étend, comme la parenté naturelle, jusqu'au quatrième degré inclusivement ; et quand il n'aurait pas été consommé, il faudrait toujours une dispense à cause de l'honnêteté pulîlique. L'affinité ex coïtu illi-

AFF ciio ne s'étend pas au-delà du deuxième degré. Conc. de Trent. , sess. 24 , de refor. , c. 4-

Le pape ne peut point dispenser au premier degré d'affinité licite en ligne directe , mais il le peut en ligne collatérale ; ainsi , par dispense , un homme peut épouser la veuve de son frère , ou la sœur de sa défunte fem-»

me ; une femme peut épouser le frère de son mari défunt , si le premier mariage n'a pas été consommé. ( Cap. Deus ult. ext., de Divort. gloss. in cap. litter. 23.

Covarruv. ) Quelques uns assu-rent que le pape ne peut pas non plus dispenser au premier degré d'affinité illicite , c'est-à-dire , permettre à un homme d'épouser la fille de celle qu'il a connue. Cependant saint Antonin rapporte que Martin v en a dispensé , et Sylvius enseigne qu'il le peut , parce qu'un tel empêchement n'est que de droit ecclésiastique. Saint Anton. ; sum Tlitol. , par. 3, titul. 3, cap. 1 1 .

Sylvius, in Suppl. 3, p. sum sancti Th. , quaest. 55 , art. 6 , concl. 4-

Il y a une autre affinité qu'on nomme spirituelle. Elle se contracte par l'administration des sacremens de Baptême et de Confirmation. Dans le Baptême, entre celui qui baptise et la personne qui est baptisée ; entre celui qui baptise et le père et la mère de l'enfant baptisé ; entre ceux qui tiennent l'enfant sur les fonts et l'enfant qui est tenu et ses pères et mères. La nécessité

AFF de baptiser n'empêche point cette alliance ; le mavi seul qui baptise son enfant , en cas de nécessité , ne contracte point d'alliance spirituelle avec sa femme; mais le parrain et la filleule la contractent. Il en est de même dans Ja Confirmation ; c'est le pape seul qui dispense de cette affinité, ou l'évèque, s'il a possession. Voy-, Dispenses , Funç.ml- LEs , Empêchement de mariage.

Affinité. Il y avait parmi les Hébreux plusieurs degrés d'affinité qui empêchaient de se marier : I ° le fils ne pouvait épouser sa mère , ni la seconde femme de son père.; 2° le frère ne pouvait épouser sa sœur , soit du père seul, ou delà mère seule ; beaucoup moins de tous les deux ; 3" l'aïeul ne pouvait épouser sa petite-fille , soit du côté de son fils , ou du côté de sa fille ; 4° nul ne pouvait épouserla fille de la femme de son père ; 5° ni la sœur de son père , ou de sa mère ; 6° ni le neveu , sa propre nièce , ni la tante son neveu ; •j" ni la femme de son oncle paternel ; 8" ni le beau-père ne pouvait épouser sa belle-fille ; 9° ni le frère la femme de son frère encore vivant ; ni même après la mort du frère, si celui-ci laissait des enfans. Que s'il n'avait point laissé d'enfans, le frère vivant devait susciter des enfans à son frère mort en épousant sa veuve ; 10° il était défendu d'épouser lanière et la fille ensemble, ou la fille du fils de la mère, ou la fille de sa fille , ou deux sœurs ensemble.

Les inariages de plusieurs patriarches hébreux contractés contre quelques unes de ces règles sont excusables , tant parce que la loi ne subsistait point encore , que parce que l'usagé , la nécessité , la permission de Dieu les autorisaient.

AFFIRMATIFS, Affirmativi.

Nom qu'on donne dans le tribunal de l'inquisition romaine aux hérétiques quiavouent de parole ou d'effet qu'ils ont dans l'esprit l'erreur dont on les accuse ; et qui étant interrogés dans les formes , à l'inquisition , soutiennent avec opiniâtreté leur erreur. Emericus, director Jnqitisitorum , partie 2 , quaest.

AFFRANCHI , en latin , lihertiniis, esclave mis en liberté. L'on dispute sur les affranchis dont les Actes des Apôtres disent qu'ils s'élevèrent conti'e saint Etienne.

( Act. , c. 6, v. 9. ) Plusieurs croient que c'étaient des juifs que Pompée et Sosius avaient emm»nés captifs de la Palestine en Italie , lesquels ayant obtenu la liberté , s'établirent à Rome et y demeurèrent jusqu'au temps de Tibère qui les en chassa sous prétexte des superstitions étrangères qu'il voulait bannir de Rome et de l'Italie. Ces affranchis purent se retirer à Jérusalem et y avoir une synagogue du temps desaintÉtienne.(QÈc«772e/7.L7T.

Hug . et alii. )

AFRE (sainte) , était une courtisane de la ville d'Auguste, dans la seconde province de la Rhétie , qui se nommait Vindelicie ; c'est

maintenant la ville d'Auf^sbourg, entre la Souabe et la Bavière. Elle vivait du temps des empereurs Diocle'tien et Maximien Hercule, et elle fut convertie à Jésus- Christ par un évèque étranger nommé Narcisse , qui , fuyant la persécution que l'on exerçait dans son pavs contre les chrétiens, s'était réfugié à Augsbourg et avait logé chez elle sans la connaître. La persécution s'étant aussi élevée à Augsbourg, Afre fut prise et présentée au juge Gai us comme chrétienne. Ce juge n'ayant pu la vaincre , la condamna à être brûlée toute vive ; ce qui fut exécuté au grand contentement de sainte Afre qui louait et remerciait Dieu au milieu des flammes. Pendant que la Sainte consommait son sacrifice, trois filles de ses domestiques, nommées Digue , Eunomie ou Euménie , Eutropie ou Euprépie , qui avaient été ses esclaves , pécheresses comme elle , converties et baptisées par saint Narcisse , étaient sur le bord -de la rivière. Les ofificiers de l'exécution étant retirés, elles enlevèrent le corps de sainte Afre , étant accompagnées d'Hilarie sa mèic, et le mirent dans le sépulcre que cette sainte dame avait fait bâtir pour elle et pour les siens à deux milles de la ville. Le juge Gains l'ayant appris , les fit brûler toutes vives dans le sépulcre même qui renferma ainsi quatre martyres avec sainte Afre; savoir , Hilarie sa mère , Digne , Eunomie et Eutropie ses servantes. Quelques uns ont donné

AFR à sainte Afre deux oncles , aussi honorés comme martyrs.; l'un nommé Afre , frère de son père ; son père , l'autre nommé Denys, frère de sa mère , et ordonné prêtre par l'évèque Narcisse.

( Apud Sur. , pag. 45. ) D'autres joignent à nos saintes vingt-cinq autres martjTS qui souffrirent dans la même ville. Pour ce qui est de saint Narcisse, on ne sait pas sûrement ce qu'il devint après le martyre de sainte Afre.

On dit qu'il demeura pendant près de neuf mois à Augsbourg , prêchant la foi de Jésus-Christ ; ce qui lui a mérité le titre d'apôtre de ce pays. On ajoute cju'il retourna ensuite à Girone en Espagne d'où quelques uns ont supposé qu'il était évêque , et qu'après v avoir passé encore trois ans pendant lesquels il fit beaucoup de conversions , il fut enfin récompensé de la couronne du martyre avec son diacre Félix.

Le corps de sainte Afre , perdu et retrouvé plusieurs fois , est toujours demeuré depuis l'an i o64 dans l'église bâtie à Augsbourg en son honneur, où on eu fait la fête le 5 d'août. Les anciens Martyrologes la mettent au 6 et au 7 d'août. Ceux qui prétendent c[ue c'est par erreur qu'on l'a mise au 5 de ce mois, veulent que c'ait été une suite de la bévue qu'on a faite de confondre sainte Afre, martyTe d'Auguste, en Yindelicie sur le Lech, c'est-à-dire, d'Augsbourg en Souabe , avec un saint Afre ou Afer, martyr d'Auguste , ville de Syrie sur l'Euphratc , dont la fête est vérita-

AFR hlement marquée en ce jour dans les Martyrologes anciens attribués ;\ saint Jérôme. Les Actes de sainte Afre , tels ([ue les a publiés don Th. Ruinart, paraissent assez sincères, mais ils ne sont pasoriginaux.Baillet, t. 2,5août.

AFRICAIN (Jules), qui était de Palestine , quoique plus âgé ([u'Origène , passe pour avoir été disciple d'Héraclas, parce qu'étant attiré par sa réputation, il vint à Alexandrie pour conférer avec lui. Il fut député par l'empereur Alexandre pour faire rétablir la ville d'Emmaùs qui fut depuis apjîelée Nicopolis. Il s'appliqua particulièrement ù la chronologie et à. l'histoire , et composa une clironic£ue exacte divisée eu cinq livres , depuis le commencement du monde jusqu'à la troisième année de l'empire d'Héliogabale, dans laquelle il remarquait en abrégé les événemens les plus mémorables depuis le commencement du monde jusqu'à Jésus-Christ, et racontait en peu de mots tout ce qui s'était passé depuis Jésus-Christ jusqu'au temps où il écrivait.

Nous n'avons plus ce célèbre ouvrage sous le nomA'Africamts ; mais Eusèbe l'a inséré presque tout entier dans sa chronique , en y changeant ou en y ajoutant Irès-peu de choses , et en corrigean t quelques unes de ses fautes.

On a encore quelques uns de ses fragmens dans deux ouvrages donnés par Scaliger , dont un est latiuet porte pour ùivc:Extraits chronologiques tires d'Euscùc et

fVAfricanus ; l'autre est grec et 'ii\ûiu\6 Recueild'histoires.Onlve cette chronique, ilavaitécritdeux lettres sur deux questions importantes touchant l'Écriture. La première était adressée à un appelé Aristide, et accordait la contradiction apparente qui se trouve dans la généalogie de Jésus- Christ entre saint Luc et saint Matthieu. Eusèbe en rapporte une grande partie au chap. i " du liv. 7 de son Histoire. Pour accorder cette différence , il a recours à la loi d'adoption C[ui avait lieu parmi les juifs et qui obligeait les frères d'épouser les femmes de leurs frères qui mouraient sans enfans. Il dit donc que Mathan qui descendait de David par Salomon, épousa une femme nommée Esta, dont il eut Jacob ; mais qu'après la mort dcMathan cette même femme épousa Melchi (il fallait dire Mathat) qui descendait de David par Natlian dont elle eut un fds nommé Iléli , et qu'ainsi Héli et Jacob étaient frères utérins, et qu'Héli étant mort sans enfans, Jacob fut obligé d'épouser sa veuve dont il eut .Toseph , l'époux de Mai-ie , qui était par conséquent fils naturel de Jacob et fils d'Héli , selon la loi , et descendait de Salomon par Jacob, et de Nathan par Iléli.

Cette manière d'accorder les évangélistcs sur la généalogie de Jésus-Christ est aisée et n'a presque point de difïicidté ; mais afin (jue tout le monde la comprenne facilement , je vais la 'représenter dans la table suivante :

Saloiuou et ses desccn- «lans , rapportas par saint Mallbicii.

Matban , premier mari.

Jacob , fils de Mathan second mari

Fils naturel de Jacob.

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