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des Ronvains par la réduction de la fameuse Carthage , avait reçu la foi par les soins et les missions des papes , et non pas des apôtrcs, comme quelques auteurs l'ont prétendu ; et comme il était de la juridiction du préfet d'Occident pour le civil , -il fut aussi dès-lors pour l'ecclésiastique du patriarchat romain.
Le christianisme s'y soutint au milieu des persécutions ; il n'y a point d'église qui ait donné tant de martyrs à Jésus-Christ , et tant que le monde subsistera on admirera les grands hommes qu'elle a formés et dont les ouvrages seuls font l'éloge. Il y avait aussi dès ce temps-là un grand nombre d'évèchés, comme on le peut voir par les Actes des conciles que saint Cyprien assembla vers l'an 240.
Tous ces évèques n'avaient, durant les trois premiers siècles, d'autre métropole que Carthage qui était la capitale du pays; mais il fut divisé par les empereurs dans le quatrième en six provinces , savoir : la Mauritanie césarienne, la Mauritanie de Stifi,la Numidie , la Carthaginoise proconsulaire, la Byzacène et la Tripolitane ; de sorte qu'il y avait six métropoles qui sont, Julie césarienne , aujourd'hui Fez et Maroc , royaumes ; Stifi , Alger, républiques ; Cirthe , Carthage , maintenant Tunis, républiques; Adrumète et Tripoli , à présent république de Tripoli. Les évèchés s'étant beaucoup multipliés, on reçut aussi cette division dans l'Église, et l'on donna à chacune
de ces provinces un métropolitain qui ne fut pas , comme ailleurs , l'évèque de la métropole civile , mais le plus ancien, ou, si vous voulez , le doyen des évèques ; ils le nommaient primat , et Cartilage était primatiale audessus d'eux tous.
Mais on vit bientôt les inconvéniens de ces primaties, ou métropoles ambulantes qui obligeaient d'aller tantôt d'un côté, tantôt d'un autre lorsqu'on avait besoin d'un primat; c'est ce qui fit admettre dans la suite les évèques des métropoles civiles en participation de la dignité primatiale , sans préjudice des droits de l'évèque ancien ; et ce sont ces métropoles sous lesquelles nous avons rangé les évêchés selon leurs lettres ; mais qui la plupart n'étaient que des villages.
Les donatistes, les ariens, les manichéens , les pélagiens suscitèrent des persécutions d'autant plus funestes à cette église , que bien loin d'y multiplier les fidèles , comme celles des païens, elles en firent périr un grand nombre. La religion cependant ne laissa pas de s'y soutenir , étant appuyée et défendue par un grand nombre de prélats c[ui n'avaient pas moins de piété que de savoir, entre lesquels on ne peut s'empêcher de remarquer le grand Augustin qui a été le iléau des hérétiques , le prodige de la nation et la lumière de toute l'Église. Les Vandales qui étaient ariens , y établirent un ioyaimie dans le cinquième siè-
cle, et mirent la religion à deux doigts de sa perte. Mais ce qui la détruisit lout-à-fait, ce furent ks Sarrasins ou Arabes orientaux qui étant infectés du mahoniétisme, y fondirent comme uu déluge dans les septième et huitième siècles , et y changèrent toute la face de la religion et de l'État , en y établissant diverses jîrincipautés qui ont souvent changé de maîtres , et qui sont réduites aujourd'hui à celles que nous avons marquées ci-dessus. Les États de Fez et de Maroc sont plus au couchant , et ont à présent un souverain, ainsi qu'Alger , Tunis et Tripoli. On n'y voit plus à présent de chrétiens, que dans les prisons où gémissent les pauvres esclaves qu'ils ont pris sur mer et qui ont assez de fermeté pour conserver leur foi aux dépens de leur liberté et au risque de leur vie.
Au reste, on peut dire cju'il n'y a point de pays plus inconnu pour la géographie , tant ecclésiastique que civile. On sait bien à la vérité où étaient les provinces anciennes, et qu'elles étaient situées le long de la Méditerranée , à peu près dans le même ordre que nous les avons rap-' portées ; mais pour les villes, on en connaît si peu la situation , qu'on ne pourrait pas dire où étaient Cartilage, Hippone , Césarée et les autres qui ont eu le plus d'éclat , parce que les Arabes y ont tout bouleversé et ont changé tellement le nom de celles qui s'y sont conservées, qu'on n'y trouve aucun rapport avec
AFR les noms anciens ; ce qui nous ;i empêché de faire sur chaque évèclié les mêmes observations géo[{raphiques et chronologique que nous faisons ailleurs ; parce que , pour la géographie , tout ce qu'on peut savoir de ces évêchés , c'est leur province cjue nous avons soin de marquer ; et pour la chronologie , on n'en saurait dire autre chose , sinon que les plus anciens n'ont leur preuve que dans le troisième siècle , et n'ont presque tous subsisté que jusqu'au septièiiie. On voit encore cependant un métropolitain de Carthage et quelques évêques de sa juridiction dans les lettres du pape Léon ix vers le milieu de l'onzième siècle.
C'étaient les restes du christianisme expirant. Nous aurions bien voulu donner la succession des évêques cLins chaque diocèse ; mais outre c[ue personne n'a encore entrepris de nous la donner , nous croyons qu'il serait très - difficile d'y réussir , tous les monumens des églises d'Afrique ayant été brûlés parles infidèles : c'était un ouvrage digne duP. Lequien, dominicain , que la mort ne lui a apparemment point permis d'exécuter, quoiqu'il l'eût promis avec son Oriens Christiamis .
Afrique , se prend aussi pour une province particulière qui était autrefois l'Afrique propre , et pour le grand département d'Afrique qui du temps du Bas- Empire comprenait six provinces l'Afrique proprement dite, la Byzacène,.lAÎ<umidie, la Mau-
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ritanie de Sitifi, la Mauritanie de Césarée , et la Tripoli laine.
C'est dans l'Afrique prise en ce dernier sens, cju'ont été célébrés les concilesqu'on appelle les conciles d'Afrique , dont les principaux sont ceux qui suivent : savoir , le premier tenu sous le pape Etienne i" , l'an aS; , pour la réparation de la discipline ecclésiastique après la persécution.
Le deuxième, sous le même pape , l'an 258 , contre Basile , évèque de Léon; Martial, évèque d'Asturie , tous deux libellatiques, c'est-à-dire, coupables d'avoir reçu à prix d'argent des certificats des officiers des empereurs qui portaient qu'ils avaient renoncé en particulier à Jésus-Christ , et qu'on ne les inquiétât point pour le fait de la religion.
Le troisième, sous Anastase i*', l'an 39g , pour l'immunité des églises.
Le quatrième , sous le même pape , l'an 4o i , pour la confirmation delà discipline ecclésiastique.
Le cinquième , la même année , pour la réconciliation des donatistes à l'Eglise.
Le sixième , sous Innocent i*% l'an 4o3, pour le même sujet.
Le septième , sous le même pape, l'an 4^45 dans lequel on députa vers l'empereur Honorius contre les donatistes qui , loin de répondre aux charitables avances des catholiques , les attaquaient à main armée.
Le huitième, sous le même pontife , l'an 4o5 , dans lequel
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on pria l'empereur Honorius d'exempter des peines portées contre lesdonatistes ceux d'entre eux qui quitteraient le schisme pour rentrer dans le sein de l'Église.
Le neuvième , sous le même pontife , l'an 407 , dans lequel on implora la protection d'Honorius contre les paysans et les donatistes.
Le dixième , sous le même pontife , l'an 4o8 , pour le même sujet.
Le onzième , l'an 407 , sous le même poî^tife.
Le douzième, l'an 4^0, sous le même pontife , dans lequel on pria Honorius de révoquer l'édit qu'il avait accordé aux donatistes , par lequel il leur était permis d'embrasser quelle religion ils voudraient. ( Reg. 3.
Labbe. 2. Hard. i.)
Le treizième , l'an 418 , sous le le pape Zozime , contre Pelage et Célestius son disciple qui , par une fausse confession de foi , avaient surpris une lettre favorable dvi pape Zozime pour les évêques d'Afrique ; mais ceux-ci, assemblés à Carthage au nombre de 214 ou 217, déclarèrent qu'ils s'en tenaient au décret d'Innocent i" contre ces hérétiques. {Reg. 4 , Lab. 2. Hardi.)
Le quatorzième,ran426, touchant les appels au siège apostolique , à l'occasion d'Apiarius , prêtre de Sicque , qui avait appelé au pape après avoir été excommunié par Urbain son évêque. L'an 646 , on tint plusieurs
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conciles en Afrique contre les monothélitej.
AGABA ( hébr. , hauteur, éminence ) , forteresse près de Jérusalem que Galeste , qui en était gouverneur, remit à Aristobule, fils d'Alexandre Jannée. Joseph.
Antiq. ,1. i3 ,c. 24- )
AGABUS , prophète et l'un des septante disciples du Sauveur , selon les Grecs ( Act. , c 1 1 , v. 28. ) , prédit qu'il y aurait une grande famine par toute la terre , laquelle arriva en effet la quatrième année du règne de l'empereur Claude, et la quarante - quatrième de Jésus- Christ.
Les historiens profanes font mention de cette famine qui affligea principalement la Judée , l'an 58 de Jésus-Christ. (Suéton, in Claud. , c. 18. ) Comme saint Paul passait par Césarée de Palestine pour aller à Jérusalem , Agabus prit la ceinture de saint Paul , s'en lia les pieds et les mains, en disant : « Voici ce que » dit le Saint-Esprit : l'homme » à qui appartient cette ceinture >. sera lié de cette sorte par les » juifs de Jérusalem , et ils le li- » vreront entre les mains des ). Gentils. » ( Act. , c. 21 , v. 10 et 1 1 .) C'est tout ce qu'on sait de la vie d'Agabus. Les Grecs disent qu'il fut martyrisé à Antioche ; ils en font la fête le 8 mars , et les Latins le 9 février.
AGAG ( hébr. , toit ou j)lancher ) , roi des Amalécites qui fut pris vif et conservé par Saul, avec tout ce qu'il y avait de meilleur dans les troupeaux et de plus précieux dans les dx;pouilles,
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contre l'ordre du Seigneur qui avait commandé de le faire mourir , et de détruire tout ce qui lui appartenait. ( i. Reg. , c. i5, V. I et seq. ) Cette conduite de Saûl irrita Dieu contre lui , et l'engagea à lui ôter le royaume.
Le prophète Samuel lui signifia, quoiqu'à regret, cette résolution en lui reprochant sa désobéissance ; et s'étant fait amener Agag , il le mit en pièces devant le Seigneur à Galgal , vers l'an du monde 2980 ; avant J.-C.
1070; avant l'ère vulgaire 1074-
AGALLA ou jEGALLA ou GALLIM ou ^GALLIM , ville de delà le Jourdain , à l'orient de la INIer-Morte , dans la terre de Moab. Eusèbe la met à huit milles d'Ar ou d'Aréopolis vers le midi. (Euseb. in Agallim.)
AGANON ou HAGANON, chanoine de Châtillon— sur-Seine , fleurissait au commencement du onzième siècle. Nous ne le connaissons que par son ouvrage qui a pour titre : Homilia et lihellus deniiraculis B. Veroliab Aganone , viro scliolastissimo.
Cette expression , viro scliolastissimo , signifie dans le langage de ce temps-là, un homme trèshabile dans les lettres ; et on peut assurer en effet que cet ouvrage est un des plus judicieux , des plus solides et des plus édifians que nous ayons de ce tempslà dans le même genre. Le P.
Étienne-le-Grand en a fait une traduction française qu'il a insérée dans son Histoire de Chdtillon , imprimée à Autun en i65i ; et il prétend qu'Aganou
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prononça publiquement ce discours le jour de la fête de Saint- Vérole. Depuis • les bollandistes l'ont donné dans leur Collection, 1 7 j uin , avec quelques observa^ tions et des notes liistoriques et critiques. ( D. Rivet , Histoire littéraire de la France , tom. 7 , pag. 259etsuiv.)
AGAPE. Ce mot vient du grec «y«5»"jj , dileclio , dilection , cliarité mutuelle, du verbe àyxTrccu, diligo , j'aime , je chéi'is. Il signifiait autrefois les festins que faisaient ensemble les premiers chrétiens dans les églises , en signe d* union , et en Phonneur de celui de Jésus-Christ lorsqu'il institua l'Eucharistie. Saint Paul en parle dans sa première Epitre aux Corinthiens , ch. 11. Ces festins se faisaient d'abord avant la communion ; et cela dura jusqu'à ce que l'Église eut ordonné de recevoir la communion à jeun. On s'y donnait le baiser de paix. Ces festins religieux et charitables donnèrent lieu aux païens d'accuser les chrétiens de commettre des impuretés , et de se mêler au hasard dans leurs assemblées.Fauste, manichéen, reprochait aussi aux chrétiens d'avoir emprunté cette coutume des païens , et changé leurs sacrifices profanes en Agapes. Mais si les agapes tiraient leur origine de quelques sacrifices , il serait bien plus raisonnable de dire que c'était de ceux des juifs qui avalent des repas de dévotion fort semblables aux agapes des chrétiens. {Deulér, c. i4 > v. 22.) Dans les jours de grande fête ,
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ils faisaieat des festins à leurs parens et à leurs amis , auxquels ils invitaient les lévites , les pauvres, les orphelins, et leur envoyaient des parts de leurs victimes. Ces repas se faisaient dans le temple en présence du Seigneur ; et il y avait certaines victimes et certaines prémices ordonnées par la loi que l'on devait mettre à part pour cela.
Comme il se glissa quelques abus dans les agapes des chrétiens, on fut obligé de les abolir ; et le concile de Carthage les condamna en 897. Il n'en reste plus maintenant que quelques légers vestiges dans plusieurs églises à certains jours de l'année. C'est ainsi que dans toutes les paroisses de Rouen , le jour de Pâques, à la sortie de la messe , on distribue aux fidèles , au milieu ou vers le bas delà nef deségliseSjUnc agape d'oubliés grande comme les deux mains et épaisses environ comme un liard , et du vin dans une coupe. Ce qui se pratiquait autrefois à toutes les grandes fêtes , comme on lit dans la vie de saint Ansbert, archevêque de Rouen, qu'il faisait une agape au peuple dans son église après la comfliunion des jours solennels , et servait lui-même à tahle^ particulièrement les pauvres. (De Moléon Voyage Liturg., pag. 421.)
AGAPE ( saint ) , martyr de la Palestine , fut exposé à Césarée aux bêtes l'an 3 06 , par ordre de César Maximien Daia , déchiré par un ours et jeté dans la mer.
Il est fait mention de lui au 20
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de novembre dans le Martyrologe romain , où l'on trouve encore sa fête marquée au 19'd'aoiit avec celle de saint Timothée et celle de sainte Thècle , qui est le jour auquel les Grecs en font aussi mention. (Baillet, Vie des Saints , ig août. )
AGAPE , martyre , était de la ville de Thessalonique en Macédoine. Elle souflFrit le martyr du feu sous Maximien Hercule, par l'ordre du président Dulcice , avec sa sœur Chionie , l'an 3o4, sur la fin du mois de mars. Leur sœur Irène fut aussi martyrisée la même année , le premier d'avril , jour auquel plusieurs Martyrologes font la fête de ces trois - sœurs. Leurs actes paraissent insinuer qu'elles étaient mariées ; cependant la plupart des Martyrologes leur donnent le titre de vierges. Le cardinal Sirlet a donné le premierles actes de ces Saintes, traduits du grec en latin sur un ancien manuscrit du monastère de Crypta - Ferra ta. Lipoman , Surius, Baronius , Dom Ruinart les ont aussi donnés.
Henschenius en a produit d'autres , mais qui ne sont point du tout à comparer aux premiers, qu'on a lieu de croire véritables et sortis purs du greffe des registres de Thessalonique. ( Ruinart. Tillemont , Mém. ecclés., tom. 5. Baillet , Vie des Saints , ler avril.)
AGAPE ou Charité , sœur des saintes Foi , Espérance , vierges, ^ martyres et filles de Sainte-Sophie qui ont été célèbres en Occident sous les noms latins de
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fuies , spes , chantas, et en jurcc sous les noms de pislis , elpis et agapé. Fbjr- Sophie.
AGAPET ou AGAPITÉ (saint), compagnon de martyre du pape saint Xiste. Il était diacre, et sa commémoration se trouve jointe dans un grand nombre de Martyrologes avet celle de saint Xiste et de saint Félicissime , parce qu'ils ont souffert tous trois le même jour , quoique peut-être en différens lieux. Le pape Félix III fit bâtir vers l'an 48o une église de Saint-Agapet auprès de celle de Saint-Laurent à Rome.
(Baillet, Vie des Saint s, 6 août.)
AGAPET ( saint), martyr de Palestrine près de Rome. C'était un jeune garçon de quinze ans qui fut pris par les officiers de l'empereur Aurélien , et qui eut la tète coupée à Préneste , ville de la campagne de Rome que l'on appelle maintenant Palestrine.
Les chrétiens enterrèrent son corps à mille pas de cette ville , où son nom et ses reliques sont encore fort célèbres. C'est tout ce qu'on peut tirer de plus vraisemblable de ses actes qui n'ont point d'autorité parmi les savans. On fait sa fête le iSd'aovit.
(Baillet, P^ie des Saints, 1 8 août.)
AGAPET ( saint) , pape , premier de ce nom, était Romain de naissance, fils de Gordien. Son mérite le fit élever sur la chaire de saint Pierre après la mort de Jean ii, arrivée le 2i d'avril de l'an 535. Peu de temps après son élection , il reçut des lettres de l'empereur Justinien qui contenaient sa profession de foi selon
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l'usage des empereurs catholiques de Constantinople. Agapet confirma ces lettres qui étaient conformes à la règle de la foi ; il donna tous ses soins pour réparer les maux que l'erreur et la barbarie avaient faits à l'Église sous les Goths et les Vandales.
Théodat, roi des Goths en Italie , l'obligea d'aller à Constantinople pour demander la paix à Justinien. Il guérit en chemin un homme qui ne savait ni parler , ni marcher ; et lorsqu'il fut arrivé à Constantinople , il y soutint les intérêts de la religion avec un courage intrépide. L'empereur le pressa vivement de communiquer avec Anthime , qui d'évêque de Trébizonde était devenu patriarche de Constantinople par la faveur de l'impératrice Théodore qu'il avait empoisonnée des erreurs d'Eutichès dont il était le partisan ; mais le saint pontife le refusa toujours, et fit au prince qui le menaçait de l'exiler , cette réponse généreuse : Je pensais être venu 7.'ers un empereur très-chrétien; mais , à ce que je vois y y ai trouvé unDioclétien. Sachez pourtant que je ne crains pas vos menaces. Cette réponse obligea l'empereur à examiner la doctrine d' Anthime qui fut chassé de son siège. Mennas, abbé du grand couvent de Saint-Samson dans Constantinople , homme très -orthodoxe, fut mis à sa place et sacré par saint Agapet qui se préparait à faire quelque chose de grand pour la religion, lorsque Dieu l'appela à lui le 1 7
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d'avril de l'an 536, après onze mois et trois semaines de pontificat, suivant l'opinion la plus probable. Son corps fut transporté de Constantinople à Rome et enterré dans l'église de Saint- Pierre au Vatican , le ao de septembre, qui est le jour auquel sa fête est marquée dans le Martyrologe romain. Outre l'épître à Justinien , nous en avons encore quatre de lui , deux à Césaire , ëvêque d'Arles , et deux à Réparât, évêque de Carthage. Libérât , diacre de Carthage , c. 2 1 et 22 de son Abrégé historique des affaires de l'Église. Baronius, Papebroch, Essai chron.
de mis t. des Papes, Baillet. p^ie des Saints , 20 de septembre.
AGAPET II tint le siège après Martin 11 en ^^6. Il fit assembler divers synodes et entre autres un en 946 où il se trouva. Il appela à Rome l'empereur Othon contre Eérenger 11 , qui se voulait faire «roi d'Italie. Il mourut l'an 956.
Il régla , par une lettre que nous avons , le différent qui était entre l'église de Lorche et celle de Saltzourg , touchant le droit de métropole. Flodoard , Baronius , A., c. 94f> et 955, etc.
AGAPET , diacre de l'église de Constantinople , vivait dans le sixième siècle. Il écrivit à l'empereur Justinien une excellente lettre que les Grecs appelaient la royale , dans laquelle il donnait à ce prince de très-bons avis pour régner chrétiennement. Cette lettre est dans la bibliothèque des Pèressouscetitre(dansle Suppl. , t. 2, page 362) : Jgapeti, Cons-
AGA tantiiwpolitanœ ecclesiœ diacom\ ad Justinianum imperatorem oratio parœnelica , qua eum monet quomodo in imperio segerere debeat.
AGAPET, archevêque de l'île de Rhodes , vivait en 457. L'empereur Léon lui ayant écrit pour savoir ce que lui et les évêques de sa province pensaient du concile général de Chalcédoine , il lui fit une réponse dans laquelle il défendit avec vigueur la cause de ce concile. Cette lettre se trouve dans les Actes du concile de Chalcédoine, partie 3 , ch. 45, pag. 940 (Cave.)
AGAPÈTES,^g"apef«. On donnait ce nom dans les premiers siècles de l'Égliseà des vierges qui vivaient en communauté, ou qui s'associaient avec des ecclésiastiques pour les servir par un motif de charité et de piété, d'où vient qu'on les appelait sœurs adoptives. Ces sociétés qui n'avaient d'abord rien que de saint, dégénérèrent ensuite en libertinage, et furent proscrites par les conciles. (Concile de Latran, sous Innocent iii, en iiSg.) On donnait aussi le nom à^ Agaphtes aux clercs qui fréquentaient ces filles ou femmes dévotes. S. Epiph., haeres. 63 et ^q. Saint Jérôme, Lettre 2* à Eustochium. Ce mot signifie encore des pei'sonnes qui s'aiment : il a été donné à une branche de gnostiqucs qui subsistait vers la fin du quatrième siècle, en 395. S. Jérôme représente cette espèce de secte comme composée principalement de femmes qui s'attachaient les jeu-
AGA nés gens, et qui leur enseignaient qu'il n'y avait rien d'impur pour les consciences pures. Une des maximes des agapètes était de jurer et de se parjurer plutôt que de révéler le secret de la secte. Aug. , haeres. 70, Stockman, lexic.
AGAPIUS (saint), évêque et martyr, compagnon de saint Jacques et de saint Marien , mourut parle glaive pour la foi de Jésus- Christ en Numidie , le 6 de mai de l'an aSg ou 260. Baillet, Vie des Saints , 3o avril.
AGAPIUS, moine grec du mont Athos , ou monte Santo, dans la Macédoine , vivait dans le dix-septième siècle. Il est auteur d'un ouvrage écrit en grec vulgaire et très -estimé, qui a pour titre, le Salut des Pécheurs, dans lequel il prouve la transsubstantiation d'une manière si formelle , que M. Claude n'ayant pu répondre à son passage , rapporté dans le livre de la perpétuité de la foi , a pris le parti de nier que cet ouvrage fut véritablement de l'auteur dont il porte le nom, sous prétexte qu'Allatius n*en a point parlé ; comme si Allatius avait cité tous les livres composés par les nouveauxGrecs.
Ce livre a été imprimé à "Venise en i64i et 1664.
AGAR (hébr. , pèlerine, autrement, qui craint), Egyptienne de nation et servante de Sara, femme d'Abraham. Sara se voyant âgée et stérile , engagea son mari à épouser Agar {Gen. , c. 16, v. i et seq. ) Celle-ci ayant conçu , méprisa Sara sa. maîtresse qui l'obligea de s'enfuir par ses mau-
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vais traitemens. L'ange du Seigneur l'ayant trouvée dans le désert où elle fuyait, l'obligea de retourner chez Sara sa maîtresse et de s'humilier sous sa main. Là elle enfanta un fils qu'elle nomma Ismaël , avec lequel elle fut obligée de s'enfuir une seconde fois.
(Gen. , c, 2 1 , V. I et seq. )0n. ignore le temps de sa mort. Philon croit que , pour la religion , elle avait embrassé celle d'Abraham. Philon , de Abraham. )
AGARÉENS. Ce mot signifie oriental. C'étaient les descendans dlsmaël. On les appelle aussi Ismaélites , Sarrazins , Arabes.
Quant aux Agaréens ou Agréens , ils demeuraient dans l'Arabie heureuse, selon Pline (Plin. , 1. 6 , c. 28) , ou dans l'Arabie déserte , selon Strabon (Strab. , liv. 17, p. 528), ou enfin dansl'Arabie- Pétrée , suivant ceux qui croient que leur capitale était Petra, autrement Agra. L'auteur du psaume 82 les joint aux Moabites ; et danslesParalipomènes(/.Para/., c. 5, V. 10), il est dit que les enfans de Ruben , du temps de Saùl', firent la guerre contre les Agréens et se rendirent maîtres de leur pays à l'orient des montagnes de Galaad.
AGARÉNIENS , chrétiens apostats qui furent ainsi nommés parce qu'ils emi>rassèrent la religion de Mahomet et des Arabes, qui descendent d'Ismaël , fils d'Agar. Ils renoncèrent à l'Evan-»
gile au milieu du septième siècle, pour embrasser l'Alcoran : ils niaient la Trinité , et prétendaient que Dieu n'avait poiiU
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de fib, parce qu'il n'avait point de femme. Aug. , hœres. 70.
Stockman , lexic.
AGATE , pierre précieuse dont il est quelquefois parlé dans l'Écriture. {Èxod. , c. 28, V. ig. ) plie se nomme Achates ou Agathes , à ce qu'on croit d'un fleuve de Sicile où elle se trouve. Il y en a de plusieurs sortes : l'une appelée Agate-sardoine ou simplement sardoine ; une autre , Agate — onyx ou simplement onj-x ; une auti'e , Agate-Chalcédoine ou simplement Chalcé— doine;uiiea.uti'e, Agate-romaine; et enfin une autre , Agate d'Allemagne. Toutes ces agates sont différentes en couleurs et en prix.
AGATHE (sainte), vierge et martyre , était d'une famille considérable de Sicile. Elle se consacra dès l'enfance tout entière à Jésus-Christ ; mais comme elle était douée d'une rare beauté', Quintien, gouverneur de Sicile pour l'empereur Dèce , n'oublia rien pour la corrompre , tant par lui-même que par les vives instances d'une femme nommée Aphrodise, entre les mains de laquelle il la fit mettre. Tous les efforts ou les artifices qu'on put imaginer pour suiprendre la Sainte , ou pour abattre son courage, furent également inutiles ; et ce fut ce qui détermina Quintien à la livrer aux plus cruels supplices. Il ordonna qu'on la fouettât, qu'on la mît au chevalet, qu'on la déchirât avec des ongles de fer , qu'on lui brûlât les côtés av£c des lames ardentes.
Enfin il lui fit tenailler et couper
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les mamelles. La Sainte fut ensuite remenée en prison où elle mourut le 5 de février de l'au 25 1, sous le troisième consulat de l'empereur Dèce , jour auquel on fait sa fête. Son corps fut enterré à Catane, d'où son culte s'est répandu dans les autres parties de l'Église avec l'éclat de ses miracles. L'un des principaux , c'est d'avoir souvent garanti la ville de Catane des feux du mont Etna , aujourd'hui appelé le mont Gibel qui en est voisin.
On a érigé un grand nombre de temples sous l'invocation de sainte Agathe en divers lieux où l'on croit avoir de ses reliques.
Les actes latins de sainte Agathe, donnés par BoUandus , quoique suspects ou corrompus , ont plus de crédit que ceux qui sont dans Métaphraste. L'hymne que le pape Damase a faite sur son martyre dès le quatrième siècle , si elle était véritablement de lui, serait le plus ancien et le meilleur titre de l'histoire de sainte Agathe. Tillem.ytom. 3. Baillet, ^ie des Saints , 5 février.
AGATHANGE (saint), diacre de Saint-Clément, évêque d'An-, cyre en Galatie , souffrit avec lui un long et cruel martyre au quai trième siècle. Les Grecs et les Latins font leur principale fête le 23 de janvier. Les actes de ces Saints sont absolument faux ou entièrement corrompus : Baroniusles a regardés comme un purroman. Baillet , P^ie des Saints,.
23 janvier.
AGATHODORE (saint), serviteur de Saint-Carpe , évêque de
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TLyatire en Asie , et de saint Papy le son diacre, fut le compagnon de leur martyre qui arriva le 1 3 d'avril de l'an aSi , sous l'empire de Dèce. Eaillet, i3 avril.
AGATHON (saint) , pape , surnommé le Thaumaturge à cause de ses miracles, était de Sicile.
Il fut formé à la vertu dans les monastères et élu pape après Domnus , le 26 juin de l'an 679.
Il était doux , charitable , modeste, humble, bienfaisant, trèszélé pour les intérêts de l'Église. L'événement le plus considérable de son pontificat fut le sixième concile œcuménique tenu à Constantinople contre les monothélites, par les soins de l'empereur Constantin Pogonat. Il y envoya ses légats , après avoir fait assembler divers conciles particuliers par tout l'Occident, et à Rome en particulier. Il fit ôter le tribut odieux que le Saint-Siège payait aux empereurs , à la réception de chaque pape ; tribut qui avait été imposé par les rois des Goths en Italie , et qui avait été continué par les empereurs de Constautinople. Il mourut comblé de mérites, le 10 janvier 682 , jour auquel -l'Église latine a toujours célébré sa mémoire. Platine. Du Chêne. Dupin. Baillet, i o janvier.
AGATHON , lecteur de la grande église de CP., puis bibliothécaire , pronotaire patriarchal, et enfin chancelier en second , se fit connaître dès l'an 680, où n'étant encore que lecteur, il fut nommé secrétaire du sixième concile général. Il fit des copies très-exactes et très^ielles des Actes do ce con-
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cile pour les cinq églises patriarchales. Il vivait encore en 712; car ce fut en cette année qu'il fit un petit ouvrage dans lequel il nous apprend tout ce que le tyran Barda nés , surnommé le Philippique, entreprit contre ce concile. Nous avons cet écrit en grec et en latin , dans le sixième tome des conciles, p. i4oi .(Cave.)
AGATHONICE (sainte). Les actes de saint Carpe, évèque de Thyatire, et de ses compagnons, portent que sainte Agathonice , sœur de saint Papyle, voyant sou frère souffrir courageusement pour Jésus -Christ, se jeta ellemême dans le feu où il brûlait , et y fut consumée avec lui. Cette action extraordinaire qu'on remarque aussi dans quelques autres Saints, ne peut être excusée qu'en l'attribuant à un mouvement particulier de l'Esprit saint, n'étant pas permis dans le cours ordinaire de se tuer soi— même; et c'est en expliquant ainsi la conduite de ceux et celles qui en ont usé de la sorte que l'Église les met au nombre des Saints, Baillet, i3 avril.
AGATHOPLE , ville épiscopale de Thrace , sous l'archevêché d'Hadrianople dans l'Héinimont , appelée aujourd'hui Gotopoli , n'est plus qu'un village et l'unique siège suiFragant de cette métropole. Elle se trouve dans la notice grecque et dans celle de l'empereur Léoii-le-Sage.
(Codin, de Offic. , page SgS. ) En voici deux évcques.