M. DELUOL
Louis-Régis Deluol naquit le 16 juin 1787 à Saint-Privat, près d'Aubenas (Ardèche), et entra en pbilosopbie, le 26 octobre 1807, au séminaire de Viviers, racheté et rouvert par M. Vernet au mois de janvier précédent. M. Deluol commença son cours de théologie en 1808, et au bout de l'année, il fut chargé d'enseigner la philosophie; ce qu'il fit jusqu'en 1811. Les sulpiciens ayant alors été obligés de quitter le séminaire, il enseigna la théologie, et continua à exercer cet emploi jusqu'en 1816. Après un an passé à la Solitude d'ïssy, il partit pour Baltimore, où il arriva le 24 octobre 1817. Il eut aussitôt à enseigner simultanément la philosophie, la théologie, l'Écriture-Sainte et l'hébreu. Chargé de la procure du séminaire en novembre 1819, il fut, en 1822-1823, président du collège alors annexé au séminaire, et de 1829 à 1849, supérieur de l'établissement de Baltimore. M. Deluol lui a rendu des services considérables. En outre, par suite des circonstances exceptionnelles dans lesquelles il se trouva placé, il dut encore s'occuper de ministère extérieur, ce qui lui fournit l'occasion de ramener à l'Église un assez grand nombre d'hérétiques. Un journal protestant de Baltimore, annonçant la mort de M. Deluol, rendait hommage à l'habileté de son administration en ces termes : « Il était à même, disait le rédacteur, de recevoir les plus hautes dignités de l'Église, s'il
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avait eu de l'ambition. Ses rapports personnels avec les Protestants comme avec les Catholiques étaient intimes. Peu de personnes ont porté aussi noblement que lui le caractère du gentilhomme chrétien ». La confiance que lui témoignèrent les archevêques successifs de Baltimore l'obligea même à concourir au gouvernement du diocèse et à ce qui se fit de plus important aux États-Unis sous le rapport religieux. C'est ainsi qu'il prit une part active, plusieurs fois même en qualité de promoteur, aux sept conciles provinciaux tenus à Baltimore de 1829 à 1849. Quoique très forte, la santé de M. Deluol ne put résister à tant de fatigues. En 1849, on le rappela à Paris, et après une année ou deux de repos, il prit rang parmi les directeurs du séminaire de Saint-Sulpice, et fut chargé d'un cours d'hébreu. C'est dans cette maison qu'il mourut d'un anthrax le 15 novembre 1858, à 10 heures du mutin. On peut voir son portrait dans le Mémorial volume cité plus bas, p. 54.
1. — Dans Mémorial volume ofthe Centenary of St. Mary's Seminary of St. Sulpice, Baltimore , M. D.; Baltimore, John Murphy et Co, 1891, in-8°, p. 29, M. Viger, auteur de l'Histoire abrégée du séminaire de Baltimore placée en tête de ce volume, publie une lettre de M. Deiuol datée du 29 mars 1830, et adressée à M. Charles Carroll de Carrollton. — A la page 30, on trouve aussi un fragment d'une lettre écrite par M. Deiuol en avril 1832 au Conseil d'administration de la Propagation de la Foi, à Lyon, pour faire connaître l'importance de la récente fondation du petit séminaire de Saint-Charles. Mais cette lettre n'a pas été insérée dans les Annales de la Propagation de la Foi.
A. — Précis historique de V établissement et des progrès de la maison de Saint-Sulpice à Baltimore, dans les Etats- Unis de V Amérique septentrionale , connue sous le nom de Sainte-Marie, in-4° (Archives de la Solitude).
B. — Journal, de 1787 à 1855, 8 vol. in-8° (Bibliothèque du séminaire de Saint-Sulpice, Cabinet des Manuscrits, n. 600).