C. — On conserve au séminaire de Baltimore une trans
cription manuscrite des principales lettres adressées par M. Deluol aux supérieurs de Saint-Sulpice, depuis le 23 octobre 1817 jusqu'au mois de mars 1851.
M. C. Moreau {Les Prêtres français émigrés aux États- Unis; Paris, 1856, in-12, p. 81) dit avoir reçu de M. Deluol « pour » son « travail des communications très importantes ».
Jean-Edme-Auguste Gosselin naquit à Rouen le 28 septembre 1787, et fut baptisé le surlendemain dans l'église paroissiale Saint-Jean, aujourd'hui supprimée. Ses parents étant allés s'établir à Paris, il commença ses études dans une pension du faubourg Saint-Marceau, les continua chez M. Lefèvre l'aîné, chef d'institution alors bien connu à Paris, et les acheva dans sa famille, qui dut le retirer auprès d'elle à cause de sa santé déjà fort délicate. 11 entra en philosophie au séminaire de Saint-Sulpice le 10 décembre 1806, et s'y fit remarquer par son talent et sa régularité. Nommé réglementaire en 1807, il acquit ainsi sous M. Émery cette connaissance des usages et des traditions du séminaire, qui lui concilia plus tard une grande autorité en cette matière. Il fut du nombre des séminaristes envoyés par M. Émery à la cérémonie du mariage de Napoléon, en 1809, et il racontait souvent combien il avait été frappé du regard foudroyant que l'Empereur, à son entrée dans la grande galerie du Louvre, transformée en chapelle, avait lancé sur les places vides des cardinaux qui s'étaient abstenus de paraître à la cérémonie.
Tonsuré le 20 décembre 1806 par M. Jauffret, évêque de Metz, dans la chapelle du séminaire de Saint-Sulpice; minoré le 16 juin 1810 par le cardinal Fesch dans l'église Saint-Sulpice, il fut ordonné sous-diacre par le cardinal Maury dans l'église métropolitaine de Paris, le 22 décembre de la même année. Les sulpiciens ayant été expulsés du séminaire l'année
suivante, M. Gosselin fut choisi pour professer le dogme, emploi qu'il ne put exercer que deux ans, vu la faiblesse de sa santé. Il consentit encore à se laisser ordonner diacre par le cardinal Maury dans l'église Notre-Dame, le 21 décembre 1811; mais il ne voulut pas recevoir le Sacerdoce des mains de ce prélat, et se fit ordonner prêtre par M. André, ancien évoque de Quimper, dans l'église paroissiale de Saint-Cloud, diocèse de Versailles, le 22 février 1812.
Les sulpiciens étant rentrés au séminaire en 1814, le nombre considérable des élèves qui vinrent se mettre sous leur direction obligea de transporter le cours de philosophie à Issy, où l'on établissait en même temps la Solitude. M. Gosselin, qui avait obtenu son admission dans la Compagnie, fut alors choisi pour être directeur de cette nouvelle maison, et y donner aux Solitaires des leçons de théologie. Il continua cet emploi jusqu'à l'époque où ceux-ci habitèrent une autre maison et formèrent une Communauté séparée, c'est-à-dire jusqu'en 1818. M. Gosselin demeura alors directeur du séminaire d'Issy, dans lequel, depuis le mois d'octobre 1816, se trouvaient aussi des théologiens, ce qui dura jusqu'en 1830. II suppléait le supérieur, remplaçait au besoin les professeurs, et faisait sur la prédication des conférences singulièrement goûtées par les auditeurs, et dont il se fit beaucoup de copies.
Les événements politiques de 1830 ayant diminué beaucoup le nombre des étudiants ecclésiastiques, les classes de théologie cessèrent à la maison d'Issy, laquelle ne contint plus que des philosophes. M. Gosselin, qui en était resté directeur, en devint supérieur en 1831, et exerça cette fonction jusqu'en 1844. Le délabrement de sa santé l'obligea alors d'y renoncer pour aller passer l'hiver à Nice, et ensuite, à son retour, se borner à rendre, comme directeur, les services qui étaient dans la mesure de ses forces. Elles allèrent toujours en s'affaiblissant; mais grâce à la prudence avec laquelle il en usait, il put les prolonger, sinon un temps fort long, du moins assez pour mener à bonne fin plusieurs travaux importants. 11 écrivait les dernières pages de la Vie de M. Émery, lorsqu'une
légère maladie, qui, sans son état de faiblesse extrême, eût paru n'offrir aucun danger, vint mettre fin à ses jours le 27 novembre 1858, à trois heures du matin. Ses obsèques eurent lieu le 29 dans la chapelle du séminaire d'Issy, et son corps fut inhumé dans le cimetière de Lorette.
Circulaire nécrologique. — Notice sur M. l'abbé Gosselin, membre de la Compagnie des Prêtres de Saint-Sulpice, par M. l'abbé Tresvaux; Paris, imprimerie de Pillet fils aine, 1859, gr. in-8°. Tirage à part d'un article inséré dans L'Ami de la Religion du 14 mai 1859, nouvelle série, t. I, p. 501- 505. Elle est suivie d'une lettre du cardinal Mathieu, archevêque de Besançon, sur la mort de M. Gosselin. — Notice sur M. Gosselin, en tête de la Vie de M. Émery citée plus bas. Elle contient quelques erreurs bibliographiques, ainsi que la précédente. Le tome Ier des Œuvres de Fénelon parut en 1820 et non en 1821. La Correspondance de Fénelon ne forme pas douze volumes, mais onze seulement; ou treize, si l'on y ajoute les Lettres au maréchal de Noailles, et les Lettres et opuscules inédits publiés en 1850.