‹ Bibliothèque sulpicienne ou Histoire littéraire de la compagnie de Saint-Sulpice (volume 2)Chapitre 179 sur 275 · II. - 2G · texte numérisé non relu

II. - 2G

402 BIBLIOTHÈQUE SULPIGIENNE

lettre où le converti lui-même raconte ce qui lui est arrivé, et quelques autres documents demeurés épars jusqu'ici... Les âmes pieuses, nous n'en douions pas, sentiront à cette lecture se ranimer leur dévotion et leur confiance envers la Très Sainte-Vierge; et nous aimons à espérer que les cœurs éloignés de Dieu, touchés eux-mêmes, en lisant ce récit, éprouveront le besoin et le désir de se rapprocher de celui qui offre avec amour le pardon et la grâce aux pécheurs repentants. C'est le plus ardent de nos vœux » {Avertissement) .

Ces lignes sont les dernières que M. de Ghampgrand ait livrées à la publicité (il mourut le 18 janvier, et le permis d'imprimer est du 1er du même mois).

145. — Testament spirituel, cité par M. de Quincerot dans YEloge funèbre de M. de Champgrand {Courrier de Berry du 26 janvier 1881), et reproduit par la Revue catholique de Bordeaux , année 1881, p. 325, 326.

A. — M. de Ghampgrand avait entrepris de mettre sous forme de Méditations la We intérieure de la T. S. Vierge, recueillie des écrits de M. Olier. Presque tout le travail de M. Faillon devait être reproduit dans le texte de l'ouvrage.

B. — En février 1872, M. de Ghampgrand travaillait « depuis plusieurs mois à préparer pour M. Vives une nouvelle édition de l'ouvrage du P. Acosta, jésuite, De Chrislo revelato libri IX. La vérification, dans les sources, de toutes les citations, ajoutait-il, m'absorbe beaucoup de temps; et puis je me laisse entraîner par les belles choses que je rencontre, chemin faisant, dans les ouvrages des Pères. »

C. — M. de Ghampgrand préparait aussi une biographie de son grand-oncle, le P. Philippe Labbe, de la Compagnie de Jésus. A cette fin, il avait réuni, et nous savons qu'on lui avait fourni bien des matériaux. Entre autres documents inédits, il possédait la copie d'une « lettre très précieuse, écrite par le P. Agar de Champs, contenant les détails les plus édifiants sur la mort du P. Labbe, décédé de la veille » (9 juin 1874). Comme il était aussi possesseur d'une lettre autographe et également inédite de D. Thierri Ruinart « sur la mort du saint Dom Jean Mabillon », M. de Champgrand eut

M. LABBE DE CHAMPGRAND 403

d'abord l'idée de rapprocher dans un même ouvrage, et sous forme de parallèle, les deux récits et les deux savants qui en étaient l'objet. Cinq ans après, ce projet fut abandonné. « Décidément, écrit-il le 5 juillet 1879, l'idée que j'avais conçue d'abord de faire un parallèle entre le P. Labbe et le P. Mabillon ne me parait plus heureuse; cela romprait l'unité qui doit régner dans un ouvrage biobibliographique. Si jamais je mets au jour mon grand-oncle, il viendra au monde seul; tout au plus pourrai-je faire suivre sa biographie d'une notice courte sur un de ses petits-neveux, mort à Macao en 1745, après avoir passé trente-cinq ans de sa vie dans l'exercice des missions. » On sait que le « petit-neveu » a vu le « jour seul » avant son grand-oncle... qui ne le verra peut-être jamais.

D. — Un autre ouvrage plus important devait, lui aussi, rester inachevé. L'auteur nous écrivait le 20 novembre 1879 : « Après le Pietas Seminarii S. Sulpitii, viendrait assez naturellement le Catéchisme chrétien pour la vie intérieure de M. Olier, dont bien des gens voudraient une explication. Notre-Seigneur me donnera-t-il lumière et grâce, avec temps et santé, pour faire cette entreprise et la mener à chef? Lui seul le sait. Je tâcherai cependant de mordre à celte besogne qui, du moins, pourra m'être u*ile à moi-même. Dans ma pensée, chaque leçon serait d'abord expliquée d'une manière suivie, brièvement et clairement; puis, dans une seconde partie, elle serait confirmée par des citations de passages analogues pris dans les autres œuvres de M. Olier et dans les écrivains ascétiques les plus autorisés. Je réclame vos prières à cette intention. » Le travail fut, en effet, commencé sur ce plan, et l'auteur en était à la XVIe leçon de la première partie du Catéchisme, lorsque la mort est venue le surprendre.

Page 1