II
partir de 1867, M. Palin quitta, pour n'y plus revenir, le ministère paroissial. Il devint d'abord, au collège, professeur de versification pendant un an; puis, de 1868 à 1874, professeur de Belles-Lettres; passa ensuite au grand séminaire, et y fit, pendant deux ans, le cours de Théologie des nouveaux. En 1876, il revint à la Solitude, mais comme la première fois, et pour la même raison, il ne put achever l'année. Étant donc retourné à Montréal, il professa la philosophie au collège pendant trois ans, c'est-à-dire jusqu'en 1880. « Il fut alors appelé à présider à l'ouverture de la Philosophie au grand séminaire de Baltimore, et demeura pendant quatre ans supérieur de cette division; puis il rentra, pour quatre autres années, au grand séminaire de Montréal, comme professeur de Droit canonique. En octobre 1888, le collège canadien de Rome était sur le point de s'ouvrir. M. Palin reçut l'importante mission de présider aux débuts de cette belle institution, et en demeura supérieur jusqu'en 1896. L'épuisement de sa santé le fit alors rappeler à Montréal, où il n'a plus guère fait que languir jusqu'au dernier jour de sa vie ». Ce jour fut le 4 août 1897, fête de Saint Dominique, que M. Palin vénérait comme un de ses protecteurs célestes. Les funérailles eurent lieu le 6 août dans l'église paroissiale de Notre-Dame. Elles furent remarquables surtout par le concours du clergé et la présence de trois prélats, « qui tous trois regardaient M. Palin comme le père de leur vie sacerdotale : M»'- Langevin, archevêque de Saint-Boniface, qui célébra pontificalement la messe; M^r l'évêque de Valleyfield, et Wr Bruchési, préconisé archevêque de Montréal, qui, sorti pour un instant du lieu de retraite où il se préparait à son sacre, donna l'absoute et suivit la dépouille mortelle jusqu'au cimetière du grand séminaire. Quelques jours plus tard, parlant à ses prêtres assemblés pour la retraite pastorale et leur recommandant d'avoir non seulement un confesseur, mais un directeur, M«r Bruchési se cita lui-même en exemple : « Je vous souhaite, dit-il, d'en rencontrer un tel que celui qui, pendant trente ans, a dirigé tous mes pas. Trois cents lettres de lui, que je conserve précieusement, peuvent seules dire la sagesse