M. GAILLARD
Pierre-Marie-Augustin Gaillard est né à Nantes le 28 août 1837. Ses parents, l'un Vendéen, l'autre Breton, furent ses premiers maîtres. Lorsqu'il fut âgé de neuf ans, ils l'envoyèrent au pensionnat ecclésiastique de Chauve (Loire-Inférieure), puis au petit séminaire de Nantes, où il termina ses éludes classiques. A 17 ans, il entrait au séminaire des Philosophes, à Nantes, en même temps que M. Branchereau y venait enseigner la philosophie. Après avoir suivi ce cours pendant deux ans, M. Gaillard, épris sans doute d'amour pour cette science, voulut l'étudier encore une troisième année à Issy, sous M. Laroche. Il commença ensuite et acheva au séminaire de Saint-Sulpice son cours de théologie, et fut ordonné prêtre par le cardinal Morlot le 25 mai 1861.
D'après le conseil de M. Féret, Supérieur du grand séminaire de Nantes, il accepta provisoirement un poste de vicaire dans la paroisse de Vieillevigne; il pensait ne l'occuper que trois mois et quitter ensuite son diocèse pour entrer dans la Compagnie, mais en réalité, il y demeura deux ans entiers. En 1863, cependant, M. Gaillard, suivant un attrait bien mûri, entra à la Solitude. « L'année suivante, il était envoyé à Sommervieu pour y professer en même temps les Sciences et la Théologie. En 1868, il était appelé à Paris pour faire aux nouveaux le cours de théologie morale. En 1871, il retournait à Sommervieu comme supérieur, charge à laquelle était annexé l'économat, et qu'il ne reçut qu'à regret. Dès la première année, il implora sa délivrance, tant les soucis de l'administration donnaient à souffrir à son amour de l'étude et à sa nature impressionnable. Après avoir, néanmoins, porté ce fardeau pendant deux ans, il devint professeur de théologie au séminaire de Bayeux; puis,
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en 1876, au séminaire de Lyon, où se sont écoulées les vingt et une dernières années de sa vie. II y a successivement enseigné le Dogme, la Morale, l'Écriture-Sainte, le Droit canonique, et a été pendant un an, de 1878 à 1879, directeur au séminaire universitaire. Depuis 1893, il était chargé du cours établi en faveur des séminaristes soldats, et c'est le seul enseignement qu'il ait conservé jusqu'à la fin » {Circulaire nécrologique). 11 mourut presque subitement, après une heure de souffrance, au séminaire de Lyon, le samedi 2 octobre 1897. Il venait de célébrer le Saint Sacrifice, à son heure habituelle. « La cérémonie de ses obsèques eut lieu, le lundi 4 octobre, dans la chapelle du grand séminaire, au milieu d'un concours considérable de prêtres (plus de trois cents), accourus de tous les points du diocèse » (Semaine religieuse du diocèse de Lyon, numéro du 8 octobre 1897,
1 . — Études sur V histoire de la doctrine de la Grâce depuis saint Augustin, par A. Gaillard, Prêtre de Saint- Sulpice, Professeur au séminaire Saint-Irénée de Lyon; Paris et Lyon, Delhomme et Briguet, éditeurs, 1897, gr. in-8° à deux colonnes, pp. x-334, plus un carton paginé 8bis. Fruit de longues années d'étude et de réflexion — et aussi de beaucoup d'épreuves... d'imprimerie, — « ce livre, dit la Semaine religieuse citée, nous montre dans toute sa vérité le côté intellectuel de cette nature : une loyauté parfaite, une érudition peu commune, mais peut-être dans la forme une trop grande absence de l'art, dont il avait, d'ailleurs, peu de souci » (Ibid., p. 551. Voir aussi dans ce même numéro, p. 507, 568, un compte rendu bibliographique de cet ouvrage).