‹ Bibliothèque sulpicienne ou Histoire littéraire de la compagnie de Saint-Sulpice (volume 2)Chapitre 26 sur 275 · M. BOUILLAUD · texte numérisé non relu

M. BOUILLAUD

Jean-François Bouillaud naquit en 1739, au diocèse de Saint-Claude. Sa famille lui lit donner une éducation soignée,

et l'élève répondit parfaitement aux soins de ses maîtres. Littérature, histoire, sciences mathématiques, sciences physiques, tout allait bien à cet esprit supérieur, secondé d'ailleurs par une mémoire extraordinaire. Il racontait lui-même que, pendant le cours de ses humanités, il disputa le prix de mémoire à un homme qui se fit plus tard un nom distingué dans l'enseignement. La matière du concours était la totalité, ou au moins une partie considérable des poésies d'Horace. Le concurrent de M. Bouillaud ne fit que quatre fautes : lui n'en fit pas une seule. Aussi, cinquante ans après, les poètes et les historiens de Rome lui étaient-ils encore si présents, qu'il n'avait pas besoin de livre pour examiner les rhétoriciens qui se présentaient pour être admis au séminaire. Les principes des mathématiques lui demeurèrent tout aussi familiers, et dans les dernières années de sa vie, quoique privé de la vue, il suivait encore et même dirigeait les opérations les plus compliquées de l'Algèbre et de la Géométrie.

Chez M. Bouillaud, la vocation ecclésiastique ne se fit pas sentir de très bonne heure. 11 voulut d'abord embrasser la profession de médecin, et commença les études préparatoires. Mais à la première opération anatomique dont il fut témoin, il fut pris d'un dégoût tel, qu'il fut impossible de le ramener à l'amphithéâtre. Après quelque temps de sérieuse réflexion, il entra au séminaire de Saint-Irénée, à Lyon, puis à la Solitude, et fut enfin admis dans la Compagnie.

Il fut vraisemblablement envoyé d'abord au séminaire d'Autun : du moins est-il certain qu'il y enseigna longtemps la morale, à la grande satisfaction de tous, notamment de l'évêque, M. de Marbœuf, qui le consultait fréquemment et suivait volontiers ses avis. La réputation du professeur ne resta même pas circonscrite dans le diocèse. Bailly voulut avoir son sentiment sur les traités de théologie qu'il composait alors. On dit que, peu satisfait de ce travail, M. Bouillaud refusa de donner des observations détaillées. Il eût été luimême très capable de composer un ouvrage de ce genre, et le supérieur de Saint-Sulpice lui en fit, assure-t-on, la proposition : mais pour obtenir ce résultat, il aurait fallu dé-

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