M. BOUILLAUD
charger M. Bouillaud de tout autre emploi, ce qui ne put jamais se réaliser. Il avait pourtant écrit sur presque toutes les parties de la théologie; malheureusement, ces cahiers ont été égarés pendant la Révolution.
En 1781, M. Bouillaud devint supérieur du séminaire et vicaire général du diocèse de Clermont. Le livret des Cas réservés rédigé par M. de La Garlaye paraissait fort sévère : M. Bouillaud fut chargé de le réviser, et il le fit avec tant de science, de sagesse et de modération , qu'il gagna promptement l'estime et l'affection de tout le clergé.
Après la dispersion du séminaire, M. Bouillaud, qui, ainsi que tous ses collaborateurs, avait refusé de prêter serment à la Constitution civile du Clergé, se retira en Allemagne, et il fut le principal fondateur du séminaire de la Wolfsau, où il continua son œuvre de prédilection, l'éducation des clercs. 11 rentra en France aussitôt que le Concordat lui permit d'y exercer son zèle. M. de Dampierre, sacré évêque de Clermont le 2 mai 1802, s'empressa de le demander à M. Émery. M. Bouillaud alla en effet à Clermont en 1802 ou 1803; mais l'œuvre du séminaire ne pouvant être reprise alors faute de local, M. Émery ne put refuser M. Bouillaud au cardinal Fesch, qui avait déjà un séminaire bien organisé. Lors de la dissolution de la Compagnie, en 1811, M. Bouillaud, dont la vue était déjà considérablement affaiblie, se relira à Trévoux, chez une de ses nièces, et il y demeura jusqu'à la rentrée des Bourbons. A cette époque, il fut enfin rendu au diocèse et au séminaire de Clermont. 11 y mourut le 2 mai 1823, lorsqu'il allait terminer sa 86e année.
1 . — Lettre de M. Douillaud (sic), vicaire général de Clermont, à M*** sur la soumission à l'autorité qui est en exercice. Dans les Annales catholiques , année 1796, t. II, p. 207, 208. Elle est datée de Fribourg, février 1796, et fut écrite à l'occasion du décret de la Convention qui statuait que « nul ne pourra remplir le ministère d'aucun culle, à moins qu'il ne se soit fait décerner acte, devant la municipalité du lieu où il voudra exercer, de sa soumission aux lois de la République ». M. Douillaucl, consulté sur la légitimité de cette
soumission, montre qu'elle n'a pas été blâmée à Rome, ainsi que l'avaient répandu quelques Français qui se trouvaient en Italie et ailleurs. « 11 est certain, au contraire, dit-il, que plusieurs consulteurs ont opiné en faveur de cette soumission; et j'ai vu une lettre de M. Roux, vicaire général d'Avignon, qui marquait que c'était le sentiment des plus habiles théologiens de Rome ». Ce fut aussi celui de Pie VI dans son Bref Pastoralis sollicitudo.
2. — Deux lettres adressées à la princesse Sophie de Hohenlohe-Bartenstein, qui avait fourni le château de la Wolfsau, dans lequel M. Bouillaud établit son séminaire. Elles sont citées par le P. Daniel dans sa notice sur Le P. Beauregard, sa vie et ses travaux (Etudes de théologie, de philosoj)hie et d'histoire; Paris, 1858, t. III, p. 433-435).
Cfr. L'Ami de la Religion, t. XXXVI, p. 59, 60. — Gamon, Notice (manuscrite) sur le séminaire de Clermont.