M. Jean-Baptiste ROUX
Jean-Baptiste Roux naquit le 6 octobre 1738, à Saint-Sauveur-en-Rue, autrefois du diocèse de Vienne, aujourd'hui de celui de Lyon. En 1747, il entra au collège de Tournon, alors dirigé par les Pères de la Compagnie de Jésus. Quelques années plus tard, il était admis au grand séminaire du Puy, à la tête duquel se trouvait M. Picart, docteur de Sorbonne et membre de la Compagnie de Saint-Sulpice. Quand M. Roux eut été ordonné prêtre, en 1760, M. Picart le retint auprès de sa personne et lui confia la chaire de philosophie : ce n'est qu'au mois d'octobre 1765 que M. Roux entra à la Solitude. Son année de préparation achevée, il fut envoyé au séminaire de Toulouse pour y enseigner la théologie (1766- 1774); puis, au mois de septembre 1774, il fut nommé directeur du grand séminaire d'Angers. Il professa ensuite successivement la morale à Clermont (1776-1777), à Lyon (1777-1780), et fut enfin nommé supérieur du séminaire de Saint-Charles d'Avignon en 1780. Le 17 septembre 17(51, il
avait été reçu docteur à l'Université de Valence. Pendant la Révolution, il refusa de prêter serment à la Constitution civile du Clergé, et soutint le courage des religieuses et des prêtres persécutés. Au mois d'août 1792, il se rendit à Rome, où il se lia d'amitié avec Msr d'Aviau. Le pape Pie VI le consultait souvent sur les affaires de France. A son retour, M. Pioux se rendit à Avignon; mais de nouveau contraint d'en sortir par la nomination au siège d'Avignon de M«r Périer, évêque intrus du Puy-de-Dôme, il alla fonder le grand séminaire d'Aix (1804). Malheureusement, il y contracta peu de temps après une maladie de poitrine, et il dut, sur l'ordre des médecins, retourner à Avignon, où il mourut le 13 mars 1805.
Gfr. Précis historique de la vie de Monsieur Jean-Baptiste Roux, Membre de la Congrégation de Saint-Sulpice, Supérieur du Séminaire, Vicaire général d'Aix, mort à Avignon le 13 mars 1805, âgé de 68 ans; Avignon, chez Mme Ve Aubanel, imprimeur-libraire, 1805, in-12, pp. 40. L'auteur de ce Précis est l'abbé de Poule, Vicaire général d'Avignon, Chanoine honoraire du Chapitre royal de Saint-Denis. — Vie (manuscrite) de M. Roux, par M. Giraudeau, conservée à la Solitude. — Notes historiques sur le Séminaire Saint- Irénée; Lyon, 1891, p. 229, 230.
M. Déchet, ainsi que nous l'avons dit plus haut, ayant composé un mémoire anonyme en faveur du serment de liberté et égalité, M. Roux, qui se trouvait alors à Piome, « n'eut pas plus tôt connu le mémoire de son confrère qu'il se crut obligé de le combattre, soit pour empêcher les progrès d'une opinion qu'il jugeait fausse, soit pour détromper les personnes qui auraient été tentées de la regarder comme celle de toute la Compagnie de Saint-Sulpice » (Vie de M. Émery, t. I, p. 309. — Voir aussi Histoire de M. Émery, par l'abbé Méric, t. I, p. 211, 212).
M. JAOUEN O
Pierre-Fidèle Marion, né à Nantes le 1er décembre 1734, entra clerc au petit séminaire de Saint-Sulpice en 1755, et fut reçu docteur de Sorbonne le 26 mai 1764. 11 enseigna dans le séminaire de Saint-Charles, à Toulouse, de 1762 à 1764, et de 1769 à 1791. De 1764 à 1769, il occupa la chaire de dogme au séminaire Saint-Irénée de Lyon. Le traité de la Grâce qu'il y dicta en 1766 lui valut le blâme des jansénistes. « Ce traité, selon les Nouvelles ecclésiastiques du 8 novembre 1768, p. 179, ne respire que le Pélagianisme, et favorise sur le péché originel, le Socinianisme et le Déisme ». Les neuf propositions citées en preuves de cette assertion ne prouvent qu'une chose : le jansénisme du correspondant de la Gazette. « Cette doctrine antichrétienne, ajoute-t-il, a été dénoncée à M. l'archevêque de Lyon » (De Montazet). Est-ce pour cela que M. Marion fut envoyé à Toulouse en 1769? C'est là aussi qu'il mourut le 12 décembre 1805. « Ses cahiers, écrivait M. Paillon pendant son séjour à Lyon, ses cahiers que l'on dictait au Puy et à Lyon, et que l'on imprime à Toulouse, justifient l'estime que l'on faisait de ses connaissances théologiques ». Nous ne connaissons pas ces imprimés. Peut-être M. Vieusse s'est-il servi des manuscrits de M. Marion pour améliorer la Théologie de Poitiers qu'il publia à Toulouse en 1826. — Notes historiques sur le séminaire Saint-Irénée, in-8°, p. 228.