M. JAOUEN
Chaiics-Bonaventurc Jaoùen, né à Morlaix (Finistère) le 9 mars 1747, entra à la petite Communaulé des Robertins le 4 octobre 1765, et v devint maitre .de Conférences en 1771. 11
fut ensuite envoyé directeur à Angers en 1775, et à Lyon, pour y professer le dogme, en 1778. Il reçut le bonnet de docteur en théologie dans l'Université de Valence en Dauphiné, le 27 octobre 1780. En 1783, il remplaça M. Cache dans l'enseignement de la morale au séminaire Saint-Irénée. Au témoignage d'un de ses élèves (M. Revolat), M. Jaoùen était poète, mathématicien, érudit, non moins qu'homme aimable, poli, spirituel. Mais il était surtout, selon l'auteur des Noies historiques sur le séminaire Saint-Irénée (p. 306), « le théologien à l'orthodoxie ferme comme le granit de sa terre natale. C'est lui qui soutint le principal effort de la lutte engagée avec l'archevêque (de Montazet) sur l'affaire de la Théologie de Lyon », dont l'enseignement fut imposé au séminaire Saint-Irénée, à la rentrée de 1780. Les Notes historiques citées plus haut contiennent (p. 311, 312, 315) les lettres datées des 18, 19 février et 27 mars 1784, que M. Jaoùen écrivait à M. Émery pour lui exposer ses embarras et lui demander conseil dans ces conjonctures délicates. On y voit aussi avec quelle respectueuse fermeté M. Jaoùen savait parler à l'archevêque janséniste, quand il le jugeait nécessaire. Voici le dialogue tenu entre le prélat et M. Jaoùen, au séminaire Saint-Irénée, dans les appartements de l'archevêque, à l'époque de la retraite pastorale qui s'ouvrit le 22 août 1786 :
« Pourquoi, dit le prélat, distinguer entre ma théologie et la Théologie de Lyon?
— Parce que nous avons cru que les doctrines de Votre Grandeur diffèrent de celles de ce livre. Votre Grandeur ne l'a pas même lu.
— Cette théologie est mienne. J'en ai choisi le rédacteur, j'ai vu et approuvé chaque feuille d'impression; ce qu'elle enseigne, je l'enseigne.
— Monseigneur, si j'ai avancé que Votre Grandeur n'avait pas lu l'ouvrage, c'est que j'ai cru en avoir de fortes preuves. Vous m'assurâtes que, dans la deuxième édition, on aurait égard aux observations que Votre Grandeur m'avait fait l'honneur de me demander. Or, voici qu'on a eu soin de trans-