M. RICHARD (Gabriel
Gabriel Richard naquit à Saintes le 15 octobre 1767, et non 1764, comme le disent les Annales de la Propagation de la Foi (t. VI, p. 143), et à leur suite tous les biographes qui ont plus ou moins copié cette notice : L'Ami de la Religion,
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22 novembre 1832, t. LXXIV, p. 151-153; Biographie universelle de Michaud, art. Richard (Gabriel); Dictionnaire historique de Feller, édition Simonin, v° Richard; Biographie saintongeaise, par Rainguet; Saintes, 1851, in-8°, p. 496, 497. II était le troisième fils de François Richard, ancien écrivain de la Marine au port de Rochefort, et de Marie-Geneviève Bossuet, que le Journal du Détroit du 26 septembre 1832 dit avoir appartenu à la famille de l'illustre évêque de Meaux. Son père le plaça au collège de Saintes dirigé par des ecclésiastiques recommandables. On raconte que, « ayant achevé sa rhétorique avec succès, son père, fier des lauriers que venait de remporter le jeune Gabriel, voulut en orner la voiture qui les emportait à la campagne. L'élève, qui unissait la modestie au savoir, s'y opposa doucement en ces termes : « Oh I mon père, mes succès me viennent de Dieu; à lui seul en doit retourner la gloire; le considérer autrement blesserait sa justice; non, non! je lui dois toute ma reconnaissance » (Rainguet, loc. cit.). Quand il eut achevé ses études classiques, il entra au séminaire de Saint-Sulpice, à la fin du mois d'octobre de l'année 1784. Il commença son cours de théologie en octobre 1786, et entra à la Solitude dans les premiers jours de l'année 1790, n'étant encore que minoré. Il y passa deux ans, pendant lesquels il reçut le sous-diaconat et le diaconat, et fut enfin ordonné prêtre dans les derniers m ois' de 1791.
Il fut d'abord nommé professeur de mathématiques dans la maison d'éducation que M. Dubourg venait de fonder à Issy; mais dès les premiers mois de 1792, M. Émery l'adjoignit à MM. Maréchal et Ciquard, qui partaient pour l'Amérique. Ils s'embarquèrent le lundi de Pâques 9 avril 1792, et arrivèrent heureusement à Baltimore le 24 juin suivant.
On désigna d'abord M. Richard pour professer les mathématiques au collège naissant de Georgetown. Mais bientôt il fut envoyé aider MM. Flaget et Levadoux chez les Illinois, où il y avait une colonie d'anciens Canadiens français. M. Richard établit sa résidence à la Prairie-du-Rocher. et il occupa ce poste l'espace d'environ six années, du 14 décembre
1792 au 22 mars 1798. Ses succès y furent tels, que ses supérieurs jugèrent devoir l'appeler à une mission plus importante en l'envoyant au Détroit, capitale du Michigan. 11 y avait dans cette ville et dans les environs 1,800 catholiques originaires du Canada, et à peu près 7,000 dispersés dans tout l'État du Michigan, immense pays, plus vaste que la France et l'Espagne réunies, qui forma dans la suite le diocèse de Bardstown. M. Richard y arriva au mois de juin 1798, et se livra aussitôt aux travaux de l'apostolat. En 1801, lorsque M. Levadoux fut rappelé à Baltimore, il devint curé de la paroisse Sainte-Anne, dont l'établissement remontait à l'année 1701. Il contribua beaucoup au développement de la religion catholique dans ces régions. Les Méthodistes d'Angleterre avaient établi au Détroit des écoles gratuites où ils attiraient les enfants des catholiques, dans l'esprit desquels ils trouvaient ainsi moyen d'insinuer leurs erreurs. Pour venger l'honneur de la foi catholique attaquée, M. Richard résolut d'établir une feuille périodique. A cet effet, il fit, en 1809, l'acquisition d'une presse, et commença à publier en français un journal intitulé : Essais du Michigan. Mais l'irrégularité du service des postes, qui rendait les communications difficiles, et l'éloignement des catholiques, qui demeuraient à une grande distance les uns des autres, empêchèrent la réussite de cette entreprise. Cette presse, cependant, la première et l'unique qu'il y eût au Michigan, ne fut pas inutile. M. Richard s'en servit pour imprimer et répandre quelques bons ouvrages, entre autres la première Bible imprimée à l'usage des Alléganies, et des brochures propres à remplir le but qu'il s'était proposé dans son journal.
La liberté avec laquelle il attaqua dans ces divers écrits la politique de l'Angleterre dans le Nouveau-Monde le rendit odieux à cette puissance. Aussi, lorsque, en 1812, la guerre éclata entre elle et les États-Unis, les troupes anglaises se saisirent violemment de sa personne et le conduisirent prisonnier à Sandwich, dans le Haut-Canada. M. Richard trouva moyen d'y exercer son ministère envers les catholiques du