‹ Bibliothèque sulpicienne ou Histoire littéraire de la compagnie de Saint-Sulpice (volume 2)Chapitre 45 sur 275 · HO BIBLIOTHÈQUE SULPICIENNE · texte numérisé non relu

HO BIBLIOTHÈQUE SULPICIENNE

pays, et parvint à sauver quelques prisonniers qui étaient tombés entre les mains des Indiens, et qui allaient périr dans les tourments. Après avoir recouvré la liberté, il revint au Détroit, d'où il fit plusieurs missions dans le Michigan, le Missouri et le Kentucky. La ville du Détroit manquait de blé : M. Richard s'en procura, et le distribua gratuitement aux plus nécessiteux. En 1817, il entreprit de bâtir une chapelle en pierres au Détroit : c'est la chapelle Sainte-Anne, que le défaut de fonds a empêché d'achever sur le premier plan. En 1823, ayant été chargé par son évêque de publier une sentence d'excommunication contre un homme scandaleux, celui-ci l'attaqua en diffamation, et M. Richard fut condamné à une amende de 1,000 piastres (5,000 fr.). Jeté en prison parce qu'il ne pouvait pas la payer, il en fut retiré par l'élection qu'on fit de lui comme membre du Congrès, en qualité de délégué du territoire du Michigan. C'est le premier ecclésiastique qui ait eu cet honneur. Il accepta cette mission qui lui permettait de rendre service aux catholiques. Il prononça au Congrès plusieurs discours qui attirèrent l'attention. « Il s'exprimait en anglais avec peu de facilité, dit Mad. de Barberey; mais un de ses collègues venait à son secours; l'illustre Henry Clay se chargeait de traduire et de commenter pour l'assemblée les arguments du missionnaire » {Elisabeth Seton et les commencements de l'Eglise catholique aux Etats-Unis ; 4e édition, Paris, 1881, l. Il, p. 486).

Le choléra ayant éclaté au Détroit en 1832, M. Richard fut constamment occupé à visiter les pauvres et les malades. Il travailla ainsi pendant près de trois mois, et ne cessa l'exercice de son ministère que lorsque ses forces l'abandonnèrent tout à fait. La maladie se déclara avec violence le 9 septembre, et le 12, on vit qu'il n'y avait plus d'espérance. Il demanda les derniers sacrements, et, après avoir dit \eNunc dimittis, il mourut le 13 septembre 1832, vers une heure du matin, âgé de 65 ans : il en avait passé quarante dans les missions. Son convoi fut accompagné au cimetière par un nombreux concours de personnes de toutes les communions, qui exprimaient leurs regrets de cette perte. Curé durant

trente-quatre ans, Grand vicaire sous quatre évêques, il occupa une place de distinction dans son pays adoptif par son patriotisme, par son zèle pour l'éducation et son dévouement au salut des âmes. Il fut question de le nommer évêque du Détroit, que l'on pensait alors à ériger en évêché ; mais ce projet, s'il a existé, n'a pas été mis à exécution. On a élevé, à Détroit, une statue en l'honneur de M. Richard, que l'on considère, à bon droit, comme l'un des hommes les plus éminents dont puisse s'honorer l'État du Michigan.

Gfr. The Metropolitan catholic Almanac, pour l'année 1855, p. 43 et suiv. — Le Martyr de la Charité, ou Notice sur M. Gabriel Richard, missionnaire, par M. Guérin, curé de Surgères; Lille, Lefort, 1850, in-24, pp. 106, n° 24 de la Bibliothèque catholique. V. Bibliographie catholique, t. X, p. 506. L'auteur, compatriote de M. Richard, s'étend principalement sur les circonstances relatives à la jeunesse de celui dont il écrit la vie. — Les Prêtres français émigrés aux Etats- Unis , par M. C. Moreau; Paris, 1856, in-12, chap. VIII, p. 289-333.

Le tome III des Annales de la Propagation de la Foi contient quelques lettres de M. Richard : Lettre à M. D. P., datée du Détroit, 21 mars 1826, et signée, Gabriel Richard, prêtre, missionnaire au Détroit, Vicaire général de l 'évêque de Cincinnati, p. 325-333; — Lettre à M***, datée du Détroit, le 25 août 1827, p. 336-339. — Autres fragments de lettres : ibid., p. 333-336. — De plus, ses biographes nous disent que, grâce à une rigoureuse distribution de son temps, « il trouva souvent le loisir de publier dans les journaux des articles de controverse, qui lui ont assuré une place parmi les apologistes les plus intrépides et les plus éclairés de la foi » (Moreau, Les Prêtres français émigrés aux Etats-Unis, p. 332, 333).

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