‹ Bibliothèque sulpicienne ou Histoire littéraire de la compagnie de Saint-Sulpice (volume 2)Chapitre 6 sur 275 · M. HUET DE LA VALINIÈRE · texte numérisé non relu

M. HUET DE LA VALINIÈRE

porter parmi les objections ce que l'on a retranché des preuves. N'est-ce pas vouloir duper le public?

» L'archevêque, à ce moment, éclate en reproches amers. Il ne restait à M. Jaoùen qu'à saluer Sa Grandeur sans opposer de nouvelles répliques.

» Dès lors, son éloignement fut arrêté dans la pensée du prélat, qui se plaignit à M. Émery, et le Supérieur général dut céder (1).

» C'est à la fin de septembre (1786) que M. Jaoùen quitta Lyon pour aller, à Toulouse, remplacer un confrère (M. Jean Montaigne) qui, lui-même, venait occuper la place vacante à Saint-lrénée.

» De Toulouse, M. Jaoùen fut envoyé, en 1787, à Angers, d'où la Révolution le chassa. Après avoir séjourné en Espagne, il passa au Canada », où il arriva le 24 octobre 1796. « Il mourut à Montréal le 30 janvier 1806 » (Xotes historiques sur le séminaire Saint-lrénée, p. 331, 332).

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Pierre Huet de la Valinière, né le 10 janvier 1732, à Varades, diocèse de Nantes, entra au séminaire de Nantes en 1752, partit pour le Canada avec M. Picquet le 13 avril 1754, et y arriva le 9 septembre suivant. Ordonné prêtre le 15 juin 1755, il fut aussitôt nommé curé de la Rivière des Prairies et

(1) On lit dans les Mémoires de l'abbé Baston (t. I, p. 40, 41) un passage qui paraît bien se rapporter à M. de Montazet, archevêque de Lyon. « Un des caractères distinctifs des élèves de Messieurs de Saint- Sulpice, dit-il, était de conserver pour leurs maîtres le plus tendre et le plus respectueux attachement. On ne connaît d'un peu distingué

que M. de M., archevêque de , qui soit devenu leur ennemi, parce

qu'il se souvenait trop d'avoir été renvoyé du grand séminaire pour une fredaine d'écolier. L'envie de figurer dans le monde comme chef d'un parti l'affubla d'un costume janséniste; comment aurait-il aimé une société de prêtres qui avait pour sa marotte tout l'éloignement et tout le mépris qu'elle mérite »?

de Saint-Roch des Aulnets. Il réussit à délivrer du bûcher une mère et sa fille : il paya ensuite pour l'éducation de celte enfant et pour sa profession dans la Communauté de Madame d'Youville, fondatrice de l'hôpital général de Montréal et des sœurs de la Charité, dites Sœurs Grises. Devenu curé de Sainte-Anne du Sud, la chaleur avec laquelle il prit fait et cause contre les Anglais, en 1779, fut cause que les autorités anglaises l'expulsèrent du Canada. M. de la Valinière dut donc, le 25 octobre 1779, s'embarquer à Québec. Il se rendit aux États-Unis, et se dévoua tout entier au ministère des Canadiens et des Acadiens. En 1785, nous le retrouvons à Philadelphie, au service des Français. Il avait reçu des pouvoirs très étendus pour exercer son ministère auprès d'eux, un peu partout. Cependant, New-York était son séjour plus habituel. Il alla jusque dans l'Ouest, et en revint vers le mois d'octobre 1790, pour aller à Split Rock, puis à New-York, où il demeura trois ans. Mais au bout de ce temps, des dissensions surgirent entre les brebis et le pasteur : son église et sa maison furent livrées aux flammes. Il retourna donc à Montréal, le Gouvernement anglais ne s'opposant plus à ce qu'il séjournât au Canada. Dans sa vie aventureuse, il avait parcouru New-York, Philadelphie, l'Illinois, la Nouvelle- Orléans, la Havane, la Floride, Charleston, Stonington, Montréal, Split Rock. En résumé, prêtre bon et zélé, mais d'un caractère ardent, et qui ne pouvait tenir en place. II mourut à Repentigny, curé de l'Assomption, en Canada, le 29 juin 1808, d'une chute de voiture, âgé de 75 ans, et fut enterré dans la paroisse de Saint-Sulpice, voisine de la sienne.

1. — 11 a, dil M. Faillon, composé les Litanies du Père Éternel, récitées, chez les Sœurs Grises, « depuis le 4 avril 1770 jusqu'à ce jour » {Vie de Madame d'Youville, p. 270, 271), ainsi que les Litanies de la Providence (Ibid., p. 145).

2. — Dialogue curieux et intéressant entre M. Bondésir et le docteur Breviloq; en français et en anglais; New- York, 1790, in-8°. « Espèce de catéchisme polémique, dont les imprimeurs ont étrangement p rotest an Usé l'anglais. L'auteur se dépeint lui-même dans le titre comme ayant souffert de

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grandes persécutions pour la cause de l'Amérique, dans la dernière guerre, et ayant été obligé de se réfugier aux États- Unis » (Gilmary Shea, Histoire de l'Église catholique aux États-Unis (en anglais), t. II, p. 431, 432).

3. — Vraie histoire, ou simple Précis des infortunes, pour ne pas dire des persécutions, qu'a souffert et souffre encore le Rév. Pierre Huet de la Valinière, mis en vers par lui-même en juillet 1792; Albany (État de New-York), imprimé par Charles R. et George Webrter, n° 46, rue des États, aux dépens de l'auteur; 1792, in-8°, pp. 50.

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