‹ Bibliothèque sulpicienne ou Histoire littéraire de la compagnie de Saint-Sulpice (volume 2)Chapitre 65 sur 275 · M. de GOURNAY · texte numérisé non relu

M. de GOURNAY

Joseph Plaikard de Raigecourt de Gournay était né à Nancy, le 15 mars 1754, d'une des quatre premières familles de Lorraine. Son père était chambellan de l'Empereur d'Autriche. Après avoir fait ses études sous un précepteur parti-

culier, le jeune Joseph fut envoyé à Bruxelles, où il demeura cinq ans, en qualité de page, à la cour du prince Charles de Lorraine, frère de l'Empereur. S'étant ensuite destiné à l'état ecclésiastique, il reçut la tonsure de l'évêque de Toul en 1771, entra à la Communauté de Laon, à Paris, en novembre 1772, et reçut l'ordination du sacerdoce en 1778. Admis dans la Compagnie, il fut envoyé en 1778 au séminaire de Lyon comme second directeur des Philosophes. En 1783-1784, il fut économe à Autun; puis il alla en 1784 à Angers, enseigner la théologie aux élèves du séminaire qui ne suivaient pas les cours de l'Université. Quelques années après (1787), M. Émery adjoignit M. de Gournay comme directeur du séminaire de Reims à M. Berlin, qui en était nommé le supérieur. Après le refus de serment, M. de Gournay se retira d'abord à Munster, et passa ensuite en Styrie, où il demeura sept ans, pendant lesquels il s'occupa assidûment de l'étude des Rubriques et des Cérémonies de l'Église, sur lesquelles il composa divers écrits qu'il a laissés manuscrits. Revenu en France après environ dix ans d'exil, il alla s'offrir à M. Émery, qui, en 1804, l'envoya au séminaire d'Autun, où il remplit diverses fonctions, notamment celles de professeur d'Écriture-sainte et de Morale. Obligé de quitter le séminaire en 1811, il exerça le ministère dans la ville, et dirigea une Communauté religieuse. En 1814, il rentra au séminaire, et y resta jusqu'en 1822. Alors, M. de Coucy, archevêque de Reims, qui l'avait connu dans cette ville avant la Révolution, pria M. Duclaux de le lui donner pour être supérieur de son séminaire; et M. de Gournay a exercé cette charge jusqu'en 1836, que son grand âge et ses infirmités l'obligèrent à demander un repos absolu. Il vécut en retraite dans ce même séminaire, continuant à édifier par la pratique constante de toutes les vertus ecclésiastiques, surtout de la mortification, du désintéressement, de l'amour de l'étude, et d'une parfaite régularité. Il mourut le 5 juin 1842, dans la 89" année de son âge. — L'Ami de la Religion, numéro du 16 juin 1842, t. CXIII, p. 522, 523.

A. — Les manuscrits de M. de Gournay concernant la li-

turgie sont au grand séminaire de Reims, et formeut 14 volumes in-4°. — Le séminaire de Saint-Sulpice de Paris possède de lui un volume in-4° contenant des sujets d 'oraisons , des sermons et des fragments (Cabinet des Manuscrits, n° 171).

Joseph-Laurent-Régis Vernet naquit le 20 septembre 1760 à Villeneuve-de-Berg, chef-lieu de canton situé dans l'arrondissement de Privas (Ardèche). 11 entra au collège d'Aubenas quand les jésuites en sortirent; mais la maison resta sous la direction d'un oncle de M. Vernet qui l'avait jusqu'alors habitée dans l'intention d'embrasser l'institut de S. Ignace. Ses études classiques terminées, M. Vernet se présenta au séminaire de Viviers pour y suivre les cours de Philosophie et de Physique, et subit avec distinction à l'Université de Valence les épreuves qui lui valurent le grade de maître es arts. Après son cours de philosophie, en 1778, il alla au Bourg- Saint-Andéol, dans la section du grand séminaire où s'enseignait alors la Théologie. Jugeant ensuite que Dieu l'appelait aux fonctions de la Compagnie, il partit pour Paris vers le milieu de l'année 1784, et dès son arrivée, M. Émery le plaça à la Solitude. Dans les premiers mois de 1785, il fut envoyé à Toulouse occuper une chaire de dogme qui venait de vaquer dans le séminaire de Saint-Charles.

Quand le refus de prêter serment à la Constitution civile du Clergé l'en eut chassé, M. Vernet se dirigea vers le diocèse de Viviers, et s'appliqua à préserver, selon son pouvoir, les prêtres et les fidèles des atteintes du schisme constitutionnel. Obligé de fuir, il passa à Lyon, et il y exerça le saint ministère autant que le lui permirent les circonstances. Le 19 mars 1795, M^r D'Aviau, chargé par le Pape d'administrer le diocèse de Viviers, gouverné par M. de Savine, évêque jureur, expédia de Rome à M. Vernet des lettres

de grand vicaire, et celui-ci administra, réorganisa, gouverna ce diocèse à travers mille difficultés et mille périls.

Le diocèse de Viviers ayant été supprimé par le Concordat de 1801 pour être rattaché à celui de Mende, M. Chabot, qui en était évoque, se hâta d'envoyer à M. Vernet des pouvoirs de grand vicaire pour la partie de l'Ardèche (30 mai 1802). Dès qu'il le put, sous M. de Mons, qui succéda en 1805 à M. Chabot, M. Vernet entreprit de rétablir le grand séminaire de Viviers. Il y réussit, non sans éprouver des obstacles de plus d'un genre. Il fonda aussi, avec Mademoiselle Rivier, la Congrégation des Sœurs de la Présentation de Marie, destinée à l'instruction des enfants. Il mourut au Bourg-Saint-Andéol, le 4 mai 1843. Son cœur resta au couvent des Sœurs de la Présentation et repose à côté de celui de Madame Rivier. Le corps de M. Vernet fut ensuite transporté au séminaire de Viviers, et inhumé dans le cimetière du séminaire, au pied de la croix.

Cfr. Vie de M. Vernet, Prêtre de Saint-Sulpice, Supérieur du grand séminaire de Viviers, Grand vicaire du diocèse, Fondateur et Supérieur de la Congrégation des Sœurs de la Présentation de Marie; Lyon et Paris, Périsse frères, 1848, in-8°, pp. xxxn-380. La Dédicace est signée, « Marie Arsène, supérieure de la Congrégation de la Présentation »; ce qui a porté quelques écrivains, entre autres M. l'abbé Lucol, dernier éditeur de la Vie de la Mère Agnez de Jésus par M. de Lantages, à attribuer la Vie de M. Vernet à ladite supérieure. Mais il est certain que c'est l'œuvre de M. Nicolas-Joseph Dabert, membre de la Compagnie jusqu'en 1847, puis vicaire général de Viviers, et aujourd'hui, depuis 1863, évêque de Périgueux. — La Vénérable Marie Rivier, fondatrice des Sœurs de la Présentation de Marie de Bourg-Saint-Andéol (Ardèche), par Fernand Mourret, Prêtre de Saint-Sulpice, Directeur au séminaire d'Issy; Paris et Lille, Société de Saint- Augustin, Desclée, De Brouwer et Cie, 1898, in-8°, p. 129 et suiv.

1. — La vérité opposée à l'erreur, ou Parallèle de la foi catholique, apostolique et romaine, avec la doctrine des

prêtres constitutionnels (Toulouse), in-8°. « Ce petit livre est court, laconique, neuf et piquant par sa forme; il résume sur deux colonnes, composées chacune de vingt propositions, l'enseignement catholique sur la nature, l'étendue des pouvoirs de l'Église, sur les droits et prérogatives du Souverain Pontife d'une part; et de l'autre, toutes les sacrilèges usurpations au profit du pouvoir civil que sanctionne la schismatique Constitution : en regard de chaque vérité est placée l'erreur qui la combat. Cet écrit fut publié à un petit nombre d'exemplaires » ( Vie de M. Vernet, p. 25).

2. — Prôné d'un boun Curé, à l'ouccasiou del Sermen que l'Assemblado Natiounalo fa demanda, abey, as Abesqués, Curés, Bicaris, et autres Capelas ouccupadis al sant ministeri; Aquel Prôné ero d'abord en francès, et aprép a estât mes en gascou, sus la segoundo éditiou; (Toulouse), sans date, pp. 16. Traduction de l'opuscule publié par l'abbé Barruel sous ce titre : « Prône d'un bon curé sur le serment civique exigé des évêques, des curés et des prêtres en fonction, 1790, in-8°, pp. 15. — Vie de M. Vernet, p. 26. — Barruel était, comme M. Vernet, originaire de Villeneuve-de-Berg. « Cette traduction est dans l'idiome toulousain pur; preuve que M. Vernet, pendant son séjour à Toulouse, en avait étudié à fond l'idiome populaire, lequel diffère sur beaucoup de points du patois parlé à Villeneuve-de-Berg » (Simon Brugal : Le schisme constitutionnel dans V Ardèche ; Lafont- Savine, évêque-jureur de Viviers; Toulouse, Edouard Privât, 1889, in-8°, pag. 21).

3. — Plusieurs lettres circulaires, instructions et avis adressés au clergé et aux fidèles du diocèse de Viviers pendant que M. Vernet le gouverna, de 1795 à 1802. Nous ne pouvons malheureusement pas en donner le titre textuel, et nous devons nous borner à les indiquer d'après ce qu'en dit l'auteur de sa Vie. — Lettre au clergé pour lui annoncer la visite que M. Vernet allait faire des paroisses en qualité de grand vicaire de M^r D'Aviau (mai 1795). Vie, p. 75, 76. — Autres circulaires datées du 26 juin et du 28 juillet 1795, celle-ci contenant un Mode de rétractation, et des Règles

de conduite envers nos frères qui ont failli dans le diocèse de Viviers. Vie, p. 97, 98. — Instruction sur la réintégration des prêtres qui s'étaient rétractés (1er novembre 1795). Vie, p. 99-101. — Instruction sur l'organisation du diocèse (20 mai 1796), suivie de plusieurs autres sur le même sujet. Vie, p. 118-122. — Recueil de décisions et de règles de conduite (6 et 7 novembre 1796). Vie, p. 124-126. — Circulaire accordant au clergé une nouvelle extension de pouvoirs (24 novembre 1797). Vie, p. 144. — Circulaire contre la. Déclaration de M. de Savine. Vie, p. 143, 147, 148. — Circulaire en forme de règlement pour les religieuses (1er août 1798). Vie, p. ,150.

— Lettre à l'occasion de la mort à Valence du Pape Pie VI (septembre 1799). Vie, p. 154, 155. — Lettre circulaire à l'occasion du serment de fidélité. Vie, p. 175.

•4. — Réponse à un écrit ayant pour titre : « Lettre d'un citoyen français à l'un de ses amis »; in-8°, pp. 54.

5. — Manuel des fidèles du diocèse de Viviers, qui réunit ce qu'il y a de plus important dans le Catéchisme du Diocèse, un Abrégé de l'Histoire sainte en forme de catéchisme, les Exercices journaliers du chrétien, et diverses Instructions et Règles de conduite; Lyon, Rusand, 1804, in-18, pp. xx-447.

— Manuel des fidèles du diocèse de Viviers, contenant le catéchisme du diocèse... Lyon, Pélagaud, 1836, in-18. Approuvé par M°' Bonnel, évêque de Viviers, le 29 juillet 1836, et signé : « Par commission expresse : Ver.net, vicaire -général ». Un avis sur cette nouvelle édition dit qu'on a ajouté un Abrégé de la Foi, les sept psaumes de la Pénitence, diverses Litanies et Prières journalières, quelques Avis intéressants, etc. — Lyon, Pélagaud, 1838, in-18. — Lyon, Louis Lesne, 1844, in-18, pp. xxiv-444. — Lyon, Pélagaud, 1849, in-18. — Ibid., 1852, 1853, 1856; 1857, pp. xxiv-447; 1862, pp. xxiv-440; 1876, pp. xxiv-440; 1877, pp. xxiv-440... — Vie, p. 126, 127.

6. — Lettres apologétiques du clergé catholique du diocèse de Viviers, à M. Charles Lafond-de-Savine, évêque assermenté, abdicataire, etc. Sans nom de lieu ni d'imprimeur; 1800, in-8°, pp. 192. « C'est la plume de M, Vernet qui a écrit

ce livre, mais il n'a été que l'organe du clergé. Ces lettres, au nombre de quatorze, n'ont été imprimées qu'à un petit nombre d'exemplaires : elles méritaient une plus grande publicité ». Vie, p. 166-172. On essaya d'en faire une réfutation sous le titre de Coup d'œil rapide sur les « Lettres apologétiques »... « C'est une pièce vraiment curieuse, par le style surtout ». L'auteur était M. Chauvet, curé constitutionnel de Chomérac, auquel M. de Savine avait adressé sa Déclaration du 4 janvier 1800, à laquelle répondirent les Lettres apologétiques. Vie, p. 163-166. — Un autre auteur « ignoré, et digne de l'être », publia aussi une Défense du clergé Vivarais; sans nom de lieu ni d'imprimeur, in-8° de 16 pages. « Dans le même temps, il circula pareillement une verte remontrance à M. de Savine, signée P. C. C, qui fut attribuée au vaillant sulpicien. Était-elle vraiment de lui? Nous l'ignorons. Jamais, dans tous les cas, la vérité n'avait parlé à l'évêque-jureur un plus fier langage » (Simon Brugal; Le Schisme constitutionnel dans l'Ardèche, p. 31, 32).

T. — Association de deux cents prêtres du diocèse de Viviers, rétablie en 1800 par le pape Pie Vil, avec concession de privilèges et d'indulgences; confirmée par N. S. Père Grégoire XVI avec de nouvelles grâces; Avignon, imprimerie de L. Aubanel, 1832, in-12, pp. 48. La première édition avait paru en 1800. Vie, p. 180-183.

8. — Statuts du diocèse de Mende, rédigés par ordre de M«r de Chabot, Évêque de Mende; Mende, 1803. Vie, p. 205.

9. — Discours prononcé à Privas le 5 janvier 1804, avant la prestation du serment prescrit par l'article VI du Concordat. Publié par l'auteur de la Vie, p. 212-218,

1 0. — Le Tiers-Ordre de la Congrégation des sœurs de la Présentation de Marie, ou les Sœurs de la' Sainte-Famille; A la plus grande gloire de Dieu; Vivent Jésus, Marie et Joseph, in-24, pp. 146-343. On lit à la fin X approbation de M. Vernet, mais il ne dit pas qu'il est l'auteur de ces Règles. Vie, p. 250. Voir La Vénérable Marie Rivier... par F. Mourret, p. 312 et suiv. « L'impression commença au mois de janvier 1821. »

il. — Examen de conscience pour les Sœurs et Novices

de la Congrégation de la Présentation de Marie; in-18, pp. 269.

13. — « En l'année 1829, M. Vernel fut chargé par Msr Bonnel de rédiger le mandement que Sa Grandeur publia au sujet du rétablissement des Conférences ecclésiastiques dans le diocèse » ( Vie, p. 316).

13. — Népotien, ou l'Élève du sanctuaire; ouvrage utile non seulement aux ecclésiastiques qui vivent dans un séminaire, mais encore à tous les prêtres; Lyon, Pélagaud, Lesne et Crozet, 1837, in-12, pp. xxxv-380. — Vie, p. 299, 300. — L'Ami de la Religion, 7 septembre 1837, t. XCIV, p, 480. — L'ouvrage a été traduit en italien, Il Nepoziano, etc. — La partie qui traite de l'Esprit de foi avait été déjà imprimée pour l'usage des Sœurs de la Présentation : Aux sœurs et novices de la Présentation de Marie ; De l'Esprit de foi; in-24, pp. 125. Ce fragment a été aussi tiré à la suite de Y Examen de conscience (cité plus haut, n° 11), dont il remplit les pages 145-269. Enfin, il a été réédité l'année même où parut Népotien, par M. l'abbé Mathieu, dans ses Devoirs du Sacerdoce; Paris, 1837, t. I, p. 216-245.

14. — Lettre à l'abbé Lyonnet, datée du 10 février 1842. Dans « Histoire de M^r D'Aviau Du Bois-de-Sanzay, successivement archevêque de Vienne et de Bordeaux », par M. l'abbé Lyonnet; Lyon et Paris, 1847, t. II, p, 31-42.

15. — Prière pour la France. — Dans La Vénérable Marie Rivier... par F. Mourret, p. 260.

A. — Cérémonial pour le diocèse de Toulouse. Vie, p. 22.

B. — Dissertation sur le serment de Liberté. Vie, p. 37-40. C — Correspondance avec la Mère Bivier. Chez les sœurs

de la Présentation du Bourg-Saint-Andéol.

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