‹ Bibliothèque sulpicienne ou Histoire littéraire de la compagnie de Saint-Sulpice (volume 2)Chapitre 94 sur 275 · M. MOLLEVAULT · texte numérisé non relu

M. MOLLEVAULT

Gabriel-Étienne-Joseph Mollevault naquit à Nancy, sur la paroisse de Saint-Nicolas, le 10 mars 1774. Son père, avocat distingué du Parlement de Lorraine, ayant été nommé membre de la Cour de cassation en 1790, son tils le suivit à Paris, et eut par là l'occasion d'avoir des rapports avec les littérateurs les plus distingués de la capitale. Après avoir été successivement professeur de langues anciennes à Nancy, professeur d'humanités, puis de rhétorique au lycée de Metz, il résolut de quitter le monde, et au mois d'octobre 1814, il entra au séminaire de Saint-Sulpice, à Paris. Le 17 décembre suivant, il reçut la tonsure; les Ordres-mineurs le 22 décembre 1815, le sous-diaconat le 19 juin 1816, le diaconat le 21 décembre de la même année, et la prêtrise le 31 mai 1817. Admis bientôt après au noviciat de la Solitude, il fut, en 1818, placé au séminaire de Saint-Sulpice pour y professer la morale et diriger les catéchismes de la paroisse. En 1819, il fut nommé supérieur de la Solitude. Pendant dix-huit ans, elle fut le théâtre de son zèle et de ses éminentes vertus. L'état de sa santé ayant obligé de le décharger de la supériorité en 1837, M. Mollevault rentra au séminaire de Paris, où il continua à édifier et à diriger les séminarisles et les prêtres qui venaient chercher ses conseils et ses exhortations. A ce ministère ordinaire, il joignit celui de la prédication des retraites pastorales et d'ordination à Paris et dans plusieurs villes de France, jusqu'au temps où la maladie s'ajoutant à son âge avancé, il fut réduit à une impuissance complète. Une attaque de paralysie qu'il éprouva dans les premières semaines de 1849 augmenta beaucoup l'affaissement de ce vénérable vieillard. Enfin, après bien d'autres

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épreuves par lesquelles Dieu achevait de le sanctifier, il termina sa sainte vie le samedi 4 février 1854, lorsqu'il touchait à la fin de la 80e année de son âge. Son corps repose à Issy, dans le cimetière de Lorette.

V. Vie de M. Mollevault, Prêtre ^de Saint-Sulpice, ancien supérieur de la Solitude, par un prêtre de Saint-Sulpice (M. Gamon) ; Paris, Lecoffre, in-12, pp. vn-474. — L'Ami de la Religion, 18, 27 et 29 avril 1854, t. CLXIV, p. 166-172, 256-270, 274-280; articles de l'abbé Paulin Du Ghesne.— Semaine religieuse de Paris, année 1854, t. I, p. 202-218.

1 . — Discours prononcé à l'Ecole centrale de Nancy pour la fête du 14 juillet 1801 ; Nancy, in-8°, pp. 22. Tiré à un petit nombre d'exemplaires. Vie, p. 29, 30.

2. — Exposition de la doctrine de Leibnitz sur la Religion (ouvrage latin inédit, et traduit en français), avec un nouveau choix de Pensées sur la Religion et la Morale, extraites des ouvrages du même auteur; par M. Émery, ancien supérieur général de Saint-Sulpice; Paris, Tournachon- Molin et H. Seguin, et chez A. Le Clère, 1819, in-8°, pp. xix- 449. Voir notre article Emery, p. 25 de ce volume. La traduction seule est de M. Mollevault : M. de Genoude fut l'éditeur de l'ouvrage, lequel fourmille de fautes d'impression. « Cette traduction, dont M. Picot loua l'élégance et la simplicité {L'Ami de la Religion du 5 juin 1819, t. XX, p. 119), n'a pas cependant, sous le rapport du style, toute la perfection qu'on pouvait attendre de son auteur. Soit défaut de temps, soit désir d'échapper à l'estime des hommes si le voile de l'anonyme était un jour déchiré, M. Mollevault s'appliqua plutôt à être concis et fidèle qu'à être élégant. Peut-être même, en deux ou trois passages, a-t-il manqué de la précision rigoureuse que demande l'exposition des dogmes. C'est là, croyonsnous, le seul ouvrage qu'il ait publié, et encore ne s'y détermina-t-il que par obéissance, et pour satisfaire le grand désir que M. Garnier lui en témoigna » {Vie de M. Mollevault, p. 88).

3. — Conseils donnés par M. Mollevault à divers ecclésiastiques. Imprimés dans la. Vie, p. 390-461.

4t. — Maximes de M. Mollevaull sur divers sujets de spiritualité. Imprimés dans laVïe, p. 463-468.

5. — Lettres à M°r Dévie, évêque de Belley, au sujet de son ouvrage intitulé : Correspondance d'un ancien directeur de séminaire sur la politesse; dans Vie de M%r Dévie, par l'abbé Cognât; Lyon, 1865, t. II, p. 183, 184.

6. — Règlement sacerdotal, ou derniers conseils d'un père à ses enfants dans le sacerdoce; Société de Saint-Victor pour la propagation des bons livres ; Plancy, siège de la Direction ; Paris, librairie centrale de la Société ; Arras, même maison, 1853, in-18, pp. 61. Ce sont les considérations et les pratiques dont M. Mollevault entretenait les diacres, à l'approche de leur ordination. « Quand ses infirmités ne lui permirent plus de continuer ses conférences, il donna son manuscrit à un de ses plus chers disciples, avec permission de le communiquer à quelques prêtres de ses amis. Cet ecclésiastique crut pouvoir aller bien au delà. Il fit imprimer le Règlement sacerdotal et en répandit un grand nombre d'exemplaires, surtout parmi les prêtres de la capitale et de la province, qui, comme lui, avaient suivi les conférences de M. Mollevault » {Vie, p. 323, note).

rj . — « On assure, dit M. Thiel, un des meilleurs élèves de M. Mollevault au lycée de Metz, on assure qu'il a fait une traduction fort estimée de l'historien Salluste, qui a été publiée sous le nom de son frère » (Charles-Louis; Paris, 1809, 1811, 1813, in-12). « Il est au moins certain, ajoute M. Thiel, qu'il recueillit et prépara les matériaux de l'ouvrage classique intitulé : Excerpta è Scriptoribus grœcis ; qu'il remit le tout à M. d'Andrezel, alors inspecteur général de l'Université, en le priant de publier ce livre sous son propre nom; et c'est ce qui a eu lieu » {Vie, p. 48). La Nouvelle biographie générale de Didot dit également qu'Andrezel fut seulement « l'éditeur » de ce volume, « fait par Mollevault, professeur, frère du poète de ce nom, 1815, in-12 » (art. Andrezel).

8. — m. Mollevault « avait aussi composé un Dictionnaire grec, des travaux fort importants sur Homère; il jeta tout

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