M. GUEN
« Hamon Guen, né dans l'ancien diocèse de Saint-Pol-de- Léon, arriva à Montréal en 1714. Envoyé aussitôt à la mission du Sault-au-Récollet, il s'appliqua principalement à l'étude de la langue iroquoise. Du Sault-au-Récollet il passa, avec MM. Gay et de Tréguron, à la nouvelle mission établie au lac des Deux-Montagnes. C'est là qu'il demeura jusqu'en 1750: alors, il accompagna le célèbre M. Picquet pour l'aider dans l'établissement de sa mission de Souékatsi. Après deux années d'un fécond apostolat dans ce poste important, il revint au lac des Deux-Montagnes, où il termina sa laborieuse carrière le 15 avril 1761, dans la soixante-quatorzième année de son âge. 11 fut inhumé le lendemain sous le mailre-autel de l'église. Outre I'iroquois, qu'il parlait très bien, M. Guen avait appris le huron assez bien pour exercer le saint ministère dans cette langue, qui se rapproche de I'iroquois, il est vrai, mais pourtant en diffère trop pour n'être considérée que comme un simple dialecte. .N'en déplaise à certains philologues, on doit tenir pour certain que l'espagnol et le portugais, qui sont deux langues distinctes, diffèrent moins l'un de l'autre que ne diffèrent entre eux le huron et I'iroquois. M. Guen a laissé un grand nombre d'instructions, des prônes, des méditations pour tous les jours du mois, des cantiques,
hymnes, antiennes et autres morceaux de chanl d'église. Outre ses compositions en iroquois, il a laissé en huron de» prières, «les cantiques et quelques petits sermons » (M. Cuoq, Anotc Kekon, ou Mélanges, p. 171).