‹ Bibliothèque sulpicienne ou Histoire littéraire de la compagnie de Saint-Sulpice (volume 3)Chapitre 185 sur 207 · Année 1776, 21 mars. — Un mois auparavant, le · texte numérisé non relu

Année 1776, 21 mars. — Un mois auparavant, le

19 février 1776, Pierre-Nicolas Psalmon avait été reçu licencié el avait obtenu la dix-septième place. Il était né à Rouen le 29 juin 1749, et le 8 octobre 1768, il était entré à la Communauté de Laon. Devenu supérieur de cette même Communauté après le départ de M. Parisis, en décembre 1779, il mérita et obtint constamment, dans l'exercice de cet emploi, l'estime et la confiance de ses élèves par ses talents, sa piété et ses manières pleines de douceur et d'affabilité. Il était encore à la tête de sa Communauté, lorsque, le lendemain de l'Assomption, 16 août 1792, il fut arrêté à Vaugirard, avec MM. Hourrier et Rousseau, directeurs de la même Communauté. Tous trois furent conduits aux Carmes, où ils furent massacrés le 2 septembre suivant. C'est à eux que pensait l'abbé Legris-Duval lorsque, parlant des élèves de Saint- Sulpice violemment « ravis à leurs écoles paisibles » et cruellement immolés par la fureur révolutionnaire, il ajoutait :

« A leur tête combattirent leurs maîtres vertueux, ces prêtres de Saînt-Sulpice que l'on pouvoit appeler les pères du Clergé français, comme ils en sont encore les guides et les modèles. 0 sainte Société ! que ma langue s'attache à mon palais, si jamais je vous oublie ! 0 nos pères, ô nos maîtres, si profonds dans la science des saints, si grands dans votre simplicité! L'Église confioit à vos soins l'espérance du sanctuaire : longtemps vous les avez conduits dans les routes de la doctrine et de la vertu; il ne manquoit a votre gloire que de les guider au martyre ». {Discours prononcé en 1814 dans l'église des Carmes, rue de Vaugirard, à un service solennel pour les victimes du 2 septembre 1792, première partie; Sermons de M. l'abbé Legris-Duval, prédicateur ordinaire du roi, précédés d'une notice sur sa vie; Paris, 1820, t. II, p. 21. — V. Vie de M. Émerg, t. I, p. 296-299. Guillon, Les Martyrs de la foi pendant la Révolution française; Paris, 1821, t. IV, p. 381, art. Psalmon.

lléî. Année 1778, 6 juin. — Antoine Du Pouget Duclaux, Supérieur de la Compagnie de Saint-Sulpice. Voir le tome II de cet ouvrage.

113. Année 1780, 24 avril. — Jacques-Ktienne-Philippe Hodrrtbr, licencié le 7 février précédent, massacré aux Carmes le 2 septembre 1792. Né au diocèse d'Amiens le 1(5 juillet 1751, il était entré en 1772 à la Communauté de Laon, dont il devint ensuite un des directeurs.

1141. Année 1780, 22 juin. — Jean-Louis-Marie Cacbk, né dans le diocèse de Saint-Omer le 2o août 1751, entra le '.) janvier 1772 à la Communauté de Laon. Aux vacances qui suivirent sa promotion au doctorat, il fut envoyé à Lyon pour occuper la chaire de morale laissée vacante par le départ de M. Roux, nommé supérieur <lu séminaire d'Avignon. Les travaux excessifs auxquels M. Cache se livrait, ses veilles continuelles et prolongées eurent bientôt altéré considéra* blement sa santé. Il quitta Lyon au mois «le février 1784 pour se rendre a Paris. En 1786, il fut envoyé au séminaire d'Orléans, "il il passa près de trois ans. et \ fui conférencier en 1787. il ne put y rétablir 5a santé, et succomba enfin !<•

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samedi 2 avril 1788, à l'âge de 37 ans, laissant, quoique jeune, la réputation d'un des sorbonistes*les plus distingués de son temps. « Nos anciens de Paris, dit M. Gosselin, parlaient de lui comme d'un prodige, et le regardaient comme le plus savant de la Compagnie et de la Sorbonne. Ce qui est certain, c'est qu'il soutint en Sorbonne la thèse appelée Majeure, la plus forte et la plus savante qui eût été soutenue avant lui. Elle fut excessivement longue, renfermant une multitude de questions sur l'Histoire ecclésiastique, et en particulier toutes les difficultés relatives à la Chronologie : aussi fit-elle un bruit étonnant dans tout Paris. On remarque, ajoute M. Gosselin, qu'il n'était point systématique, comme le sont la plupart des savants » (Notes conservées à la Solitude). Peut-être M. Cache se souvenait-il de l'incident qui lui arriva lorsqu'il soutint sa Mineure en Sorbonne. Le voici tel qu'il a été raconté par M& de Sauzin, évêque de Blois : « Dans sa Mineure, qui avait pour objet les Sacrements, M. Cache voulut expliquer la Transsubstantiation par le système des monades que M. de Pressy avait exposé fort au long dans une Instruction pastorale. Mais l'explication ne plut pas aux examinateurs, et M. Cache n'évita la censure qu'en apportant à ce système des modifications qui sauvèrent sa thèse ».

Aux argumentations qui avaient lieu en Sorbonne, M. Cache était la terreur des candidats. Il racontait lui-même à un confrère, qu'une année, celui-là même qui tenait le premier rang parmi les aspirants au grade de licencié changea jusqu'à cinq fois le jour de son épreuve, espérant éviter celui qu'on avait surnommé le sacqueur, parce qu'il mettait toujours son homme au sac. Qu'on nous permette encore cette citation empruntée au récit d'un témoin oculaire : — « 11 allait aux thèses de Sorbonne, et les répondants le craignaient tellement qu'ils se regardaient comme perdus, lorsqu'ils étaient argumentes par lui : ce qui faisait que la plupart s'arrangeaient de telle façon qu'ils évitaient de tomber entre ses mains. M. Cache, qui voyait leurs manœuvres, se plaisait à les déjouer, en se plaçant sur les rangs. Les assistants atten-

daient que son tour fût venu avec plus d'intérêt qu'ils n'écoulaient les répondants. Dès qu'il parlait, il se faisait un si grand silence, qu'on eût dit que c'était pour lui seul que la séance était ouverte. Mais ce qu'il y avait de remarquable, c'est que souvent il s'attachait à des points auxquels personne ne pensait. Un jour, par exemple, il vit ces mots sur la thèse d'un candidat contre lequel il allait argumenter : Montanistœ , orti tertio seculo. Sans aller plus loin, il prit son homme surle-champ, et lui dit : Illi non sunt orti tertio seculo, qui jàm florebant secundo seculo; atqui Montanistœ jàm florebant secundo seculo; ergô Montanistœ non sunt orti tertio seculo. Prob. Min. Illi florebant secundo seculo contra quos habita sunt concilia secundo seculo; atqui contra Montanistas habita sunt concilia secundo seculo; ergô Montanistœ jàm florebant secundo seculo. Le répondant, qui ne s'attendait pas à être arrêté sur ce point, ne sut que répondre à l'objection. Cependant, comme en Sorbonne on disait toujours quelque chose, il répondit, quoiqu'il n'eût pas de réponse » (Matériaux pour la vie de M. Emery, t. III, p. 3513 : Bibliothèque du séminaire de Saint- Su!pice; Manuscrits). Une fois de plus, le sacqueur avait mis son homme au sac.

115. Année 1784, 2 octobre. — Jean Montaigne, licencié le 23 février de la même année, mort le 14 mars 1821. Voir tome II de cet ouvrage.

116. Année 1784, 3 mars. — Claude Animé, mort curé de Saint-Martin-en-Haut, le 22 janvier 1829. Voir tome II de cet ouvrage.

HT. Année 1786, 10 avril. — Antoine-Gilbert Nogier, licencié le 27 février de la même année; né au Puy le "2\) novembre 1759, entré en 1777 à la Communauté de Laon, mort en pays étranger durant la Révolution. Il vivait encore en juin 17'.).'i.

Il H. Année 1780, 20 niai. — Henri-Théodore Béchrt, mort ;i Paris le 12 octobre 1802. Voir tome II.

1 i!>. Année 17KO, 26 mai. — Pierre-Apollonir de Picamii.ii, né ;i l'an, dans le diocèse de Lescar, le 9 février 1738, entra en 17."»:5 ii la petite Communauté de Saint-Sulpice, d'où

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il passa au grand séminaire le 4 octobre 1760 : il était alors diacre. Après avoir terminé sa licence et fait sa solitude (1763-1765), il enseigna pendant dix ans la théologie au séminaire de Nantes (17G5-1775). Aux vacances de 1775, il fut transféré à Angers, d'où il alla au séminaire d'Autun en 1781, et y passa quatre ans. Rappelé à Paris en 178o, il devint directeur du séminaire de Saint-Sulpice. C'est l'année suivante seulement, le 26 mai, qu'il prit le bonnet de docteur. Trois ans après, en 1789, il remplaça M. Bertin, mort supérieur du séminaire de Reims. Pendant la Révolution, M. de Picamilh se retira d'abord à Namur, puis en 1802 à la Walsau, et le 21 avril 180o, il reprit, au séminaire de Saint-Sulpice, ses anciennes fonctions de premier directeur. Il mourut le 28 février 1806, âgé de 68 ans.

120. Année 1786. — Guillaume Dubois, de Saint-Flour, licencié en 1776, mort à Aigueperse, le 12 novembre 1819.

121. Année 1789. — Marie-Nicolas Fourxier, nommé évêque de Montpellier en 1806, clôt dignement la liste de nos docteurs de Sorbonne : il avait été premier de sa licence en 1786.

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