M. DOUER
Jean-Antoine Douer naquit en 1632 dans une petite ville du Vendômois. La piété était comme héréditaire dans sa famille. In de ses oncles, comme lui nommé Antoine Dolier, jeta un tel éclat de sainteté dans la paroisse de S'-Laurent de Montoire (Loir-et-Cher), dont il fut vingt-sept ans curé, qu'un de ses contemporains n'a pas craint d'en parler comme d'un saint k canoniser. Formé à une si bonne école. Jean- Antoine fit de bonne heure augurer qu'il serait, lui aussi, un prêtre selon le cœur de Dieu. Le 17 février 1652. il entra au séminaire de Saint-Sulpice pour s'y préparer k la réception des saints Ordres. Il eut ainsi l'avantage d'être formé k l'esprit ecclésiastique par M. olier et par ses premiers disciples. « Après avoir été reçu dans la Compagnie de Saint- Sulpice, dit une note manuscrite laissée par un contemporain
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de M. Dolier, on l'employa dans plusieurs séminaires de France a instruire lés jeunes ecclésiastiques, el partout avec fruit et grande édification ». <>n ne sait pas d'une manière certaine en quel séminaire il fui d'abord envoyé : cependant, on esl fondé à croire que ce fui celui <1<' Nantes, el qu'il y resta jusqu'en 1660, année où Saint-Sulpice quitta ce séminaire. C'est, en effet, vers ce temps-là que M. Dolier alla au séminaire de Clermont. Lorsque M. de Poussé visita cette maison, au mois de septembre 1663, il y trouva M. Dolier honoré de l'estime et de la confiance de tout le clergé qui recourait à lui comme à un prêtre spirituel el instruit. Au rapport d'un de ses contemporains, c'étail a un grand serviteur de Dieu et un esclave très fidèle de la Sainte-Vierge ». Il ne cessa jusqu'à sa mort de travailler avec un zèle infatigable à la perfection des séminaristes el à la sanctification deparoissiens de Sr-1- envol (i). Il n'avait que quarante-trois ans lorsqu'il rendit à Dieu sa belle àme. le ^ novembre 1675. Son corps fut inhumé dans une des chapelles de l'église du séminaire. Sa réputation de sainteté était telle, que, par un excès de piété mal entendu, les fidèles allèrent jusqu'à allumer des cierges sur son tombeau, comme cela se pratique ii l'égard des saints que l'Église a placés sur les autels. « La pensée d'allumer des cierges sur le tombeau de M. Dolier ne m'agrée pas, écrivait M. Tronson, le 30 juillet 1676, a M. Baudrand, alors supérieur du séminaire de Clermont;
VOUS ave/ bien fait d'empêcher qu'on en allumât, même >ur
l'autel. Au nom de Dieu, travaille/, à cela comme à une chose
qui est très importante, et pour le dedans el pour le dehors du séminaire ».
A clermont. M. Dolier était chargé d'enseigner la théol dogmatique. Par i leslie sans doute, il se contentai! d'ex-
(i) Le prieuré de S*-Ferréol, Bitué dans le faubourg n ird-eel >ie
( lermond-Ferrand, au-dessous de la Poterne, fut cédé en 1633 parles
dictins de S'-AUyre a l'évoque de Clermont paur servir de sémi-
tait mi'- ,ure ou vicairie perpétuelle, qui continua à être
en même temps que le séminaire, par li - «sul*
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pliquer « le moelleux Abelly » (1). M. de Poussé, faisant la visite, le pria de donner par écrit quelques-unes de ses explications, et dans la suite M. Dolier composa sur les Sacrements des traités qui, longtemps encore après lui, furent dictés et expliqués par les professeurs. Il lit aussi sur les Examens particuliers un travail dont on n'indique pas l'objet d'une manière plus précise.
En 1(573, il fut chargé d'examiner l'ouvrage du P. Cladière sur les miracles opérés à Notre-Dame de Vassivière, célèbre pèlerinage dans le diocèse de Clermont. M. Dolier rendit compte de son travail à l'évêque, qui lui fit écrire, le H janvier 1674, une lettre conservée dans les archives de l'église de Besse-en-Chandesse, dont Vassivière n'est distant que de 7 kilomètres. M. Dolier y répondit par la lettre suivante, conservée dans les mêmes archives : — « Au séminaire de Clermont, ce 10 janvier 1074 : Monsieur; Je vous renvoie les papiers que vous m'avez laissés. J'ai marqué quelque chose dans le feuillet suivant, que M^ de Clermont désire que l'on ôte, et ayant aussi par son ordre vu les originaux, j'y ai remarqué quelque petite chose non conforme à iceux. et que par conséquent il faut changer dans l'histoire. Pour ce qui est des miracles rapportés dans le livret du P. Coissard (2), et de quelques autres encore, n'ayant pas les originaux, je n'ai pu les vérifier. Je n'ai pas fait difficulté d'effacer quelques
(1) Medulla theologica ex sacris Scripturis, Conciliorum et SS. Patrum ac Doctorum placitis expressa... Authore Magistro Ludovico Abelly Parisino, in sacra Theologiae Facultate Doctore; Parisiis, 1667, 2 in-12.
(2) Michel Coyssard, né à Besse (Puy-de-Dôme) le 25 septembre 1547, entré au noviciat de la Compagnie de Jésus le s septembre 1562, mourut à Lyon le m juin 1623. On peut voir dans la Bibliothèque de la Compagnie de Jésus (Bruxelles, 1891, t. II, p. 1598-1607) la liste de ses Dombreux ouvrages. Le « livret > dont il est ici question, et qui est « df toute rareté », a pour titre : Abbregé de l'histoire, et miracles, très bien avérez, de A". Dame de Vassiuière, près </» grand Mont d'Or en Auuergne, à one lieûe de Besse; Le tout fidèlement tiré des Mémoires authentiques de M. Jean Cladière, Notaire juré ai l'OffIcialité de Clermont, envoyé* à Lyon, au H. P. M. C. I. A Lyon, chez Luvys Mugvet, 1615, in-8», pp. 99.
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pelites unies d'exagération que j'ai vu être au delà de ce qui était dans les originaux; la Sainte-Vierge, assurément, ne voulant pas être honorée que scion la plus exacte vérité ». Suit une phrase biffée, dan,, laquelle M. Dolier, après avoir lai! observ< r que le style de l'auteur étail un peu embarr et confus, ajoutai) : « Néanmoins, cela n'empêchera pas qu'il ne puisse être utile pour la gloire de Notre-Seigneur el de sa Sainte Mère ». Enfin, il concluait ainsi : «« Par charité, Monsieur, faites-moi pari de vos prières envers Elle, el me croyez, Monsieur, votre très humble et 1res obéissant serviteur. J.-Ant. Dolier, p. ind. ». Les observations qui sont jointes à cette lettre montrent en M. Dolier un critique aussi éclairé que sage et pieux.
I. 'ouvrai;»' du 1'. Cladière parut anonyme en 1688 SOUS ce titre : « L'Histoire de la Sainte Chapelle de .Noire-Dame de Vassivière près du Mont-d'or en Auvergne, célèbre par les miracles que Dieu y fait continuellement par l'intercession de sa très-pure et glorieuse mère; composée par un Religieux Bénédictin de la Congrégation de Saint-Maur »; A C 1er mont, par Damien Boujon, Imprimeur, a l'Image Saint Jean l'Kvangeliste, devant le Palais. 1688, in- 12. pp. 352 sans les liminaires et la Table. D. Tassin i Histoire littéraire de la < Congrégation de Saint-Maur, p. 782) donne très imparfaitement le titre de cet ouvrage, et le dit à tort imprimé en 1690. Dom Cladière appartenait vraisemblablement à la famille du notaire Jean Cladière, dont il est parlé dans le litre de l'ouvrage du P. Coyssard, car il était né « dans le diocèse de Clermont ».