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Petit Bréviaire, contenant un office réglé et rac

78 BIBLIOTHÈQUE SULPICIENIÏE

courci pour toute l'année, suivant l'ordre des mystères de la vie de N. S. Jesus-Christ; approuvé par Bulle émanée du S. Siège, par l'entremise d'un Légat Apostolique. Composé pour l'usage des Clercs Bénits, non sacrez, et pour les personnes Religieuses et Laïques qui veulent avoir un office à réciter toute l'année et surtout en public ; conforme au grand office de l'Église. Par M. Jacques Planât, prêtre et Docteur en Théologie et en Droit Canon. A Béziers, par Henri Martel, 1075, in-12, pp. 316, sans la dédicace adressée à Jean-Armand de Botondy (sic) de Biscaras, évêque de Béziers, et signée J. Planenatus. On n'y voit pas tYAj>probation des Docteurs : si l'ouvrage avait paru en notre siècle, il n'eût certainement été approuvé ni par l'auteur des Institutions liturgiques, ni par celui du Tractatus de Jure liturgico. On nous saura gré, cependant, de citer la partie de YAdvertissemcnt à cher Dulothée touchant le petit office, dans laquelle l'auteur expose la manière dont il a conçu son petit bréviaire, et les raisons qui l'ont porté d'abord à le dresser, puis à le publier.

« Mon cher Dulothée; Plusieurs raisons m'ont porté à vous offrir ce petit Bréviaire, contenant un office réglé pour tout le cours de l'année, et enfermant en son abrégé, chaque jour, tout ce que la Religion chrétienne, voire l'Église, célèbre durant l'année. Car Matines sont toujours de la Sainte Trinité, bien que les leçons soient diverses suivant le cours de l'année et l'ordre des Mystères de notre Religion; Laudes sont de Jésus-Christ, à la réserve des solemnitez et octaves, et contiennent avec un tel ordre tous les Mystères du Verbe Incarné, depuis celui de sa Génération et Prédestination éternelle jusqu'à son second avènement qu'il viendra juger les vivans et les morts, que ceux qui le liront et qui entendent la langue latine, seront ravis de voir que c'esl avec un ordre beaucoup plus juste que celui qui est observé dans le grand bréviaire des Clercs, qui n'en approche que de bien loin. Prime est toujours de la Sainte- Vierge; Tierce, des \'

Sexle, des Saints; .Noue, de la Croix. Vêpres, «lu S'-Sacre-

meni. excepté aux Dimanches et solennités avec leurs oc-

laves, ''I avec une telle suite, que tout ce qu'on peut dire île

cet auguste Sacrement par ordre de ses figures depuis le commencement du monde, de sa promesse, de son institution, de son usage et effets, y est distribué d'une manière fort admirable ; et Compiles sont de la consécration du temple spirituel de l'àme.

» A Matines, il n'y a qu'une leçon de la Sainte Trinité, pour marquer l'unité de l'essence divine; et trois psaumes pour désigner les trois personnes, avec l'enchaînement des Antiennes, pour figurer leur liaison, circumincession et société individûe; et une seule oraison, pour signifier que toutes trois n'ont qu'une seule autorité, qui en dehors de Dieu est invoquée des Anges et des hommes.

» A Laudes, il y a quatre psaumes, pour faire entendre que Jésus-Christ, par les quatre Évangélistes, a été publié aux quatre coins du monde; et un cantique à la fin, qui est le Benedictus, pour figurer qu'il n'y a qu'un Christ médiateur entre Dieu et les hommes, comme il n'y a qu'un Dieu; autant en faut-il penser de Vêpres, touchant le même Jésus-Christ et le Saint-Sacrement: l'hymne est pour exprimer le sujet et le mystère; le Capitule désigne un seul Évangile de Jésus- Christ instruisant tout le monde. On peut penser semblables choses mystérieuses sur la disposition des autres Heures, lesquelles toutes se trouvent presque conformes aux Heures du grand Bréviaire de l'Église, à la réserve du raccourcissement, qui est si grand que celui (du moins) du Petit Office de la Vierge.

» La première doncques des raisons qui m'ont obligé à le dresser et à vous l'offrir, ô mon cher Dulothée, et après de le donner au public, a été de ce que les Clercs Bénits qui demeurent dans les séminaires, et qui ne sont pas encore sacrés, ni possédant bénéfice qui les oblige, ont besoin de s'accoutumer peu à peu à réciter le grand bréviaire, pour y être disposés lorsqu'ils auront reçu le premier ordre sacré; et comme tout à coup sortant du siècle, ils auraient peut-être de la peine à s'engager à la récitation d'un Bréviaire fort long, comme est le grand; pour les habituer à cette charge, j'ai composé pour leur usage celui-ci raccourci; et c'est

pour cela qu'il a été approuvé par autorité du S'-Siège, par la même Bulle par laquelle l'institut d'une communauté cléricale fut approuvé l'an 1608, en ce que celte Bulle approuve tout le chapitre de la règle où, par article exprès, il est t'ait mention, au chapitre 36 du Ilérionome de ladite communauté, de ce petit office, en faveur des Clercs Bénits et solitaires laïques qu'elle pourrait avoir.

» La seconde, parce que plusieurs clercs non sacrez étudiant dans les collèges et n'ayant que quelques petits bénéfices, ne pouvant satisfaire au grand bréviaire et à leur classe, trouveront en ce petit bréviaire leur commodité pour mieux satisfaire à leur devoir.

» La troisième, parce qu'il y a un assez grand nombre de personnes séculières, tant de l'un que de l'autre sexe, qui voudraient bien tous les jours pouvoir dire le grand bréviaire; mais sa longueur ne s'accordant pas avec leurs grandes occupations, ils n'osent pas s'en charger, de manière qu'ils trouveront en ce petit bréviaire journalier de quoi satisfaire à leur dévotion fort commodément ; et je m'assure que ceux qui entendent le latin seront ravis de voir un si bel ordre, et des hymnes si propres aux sujets.

» La quatrième concerne l'usage de diverses compagnies de Messieurs les Pénitents, et particulièrement Messieurs mes chers et honorables confrères les Pénitents noirs de S'-Flour, à qui il y a longtemps que j'avais promis cet ouvrage, ensemble quelques tableaux des obligations du chrétien, et qui leur est fort revenant, attendu qu'ils sont contraints de ne réciter que le Petit Office de la Vierge, qui ne revient pas à la plupart des fêtes de leur institution, qui sonl de la Sainte Croix.

» La cinquième, c'est parce que l'on voit maintenant que beaucoup de Congrégations des Moniales, comme sont les Ursulines, les Filles de la Visitation, la Congrégation des Hospitalières, et celle de Notre-Dame, sont réduites, ne pouvant se charger du Grand Office, <le se servir du Petit Office de la Vierge en tout temps; ce qui est peu convenable aux grandes solennités et à l'ordre de nos sacrés mystères;

car, quelle apparence y a-t-il de chanter l'oftice de la Vierge, par exemple, un jour de Pâques, de l'Ascension, etc.? Au lieu que, se servant de celui-ci avec permission du supérieur, elles y trouveront la même brièveté qu'au Petit otlice de Notre-Dame, plus grand nombre (le saintes prières, et tout ce que l'Eglise célèbre durant le cours de l'année de l'enlresuile des Mystères : si bien, qu'on les invite, pour mieux s'accorder à la dévotion de l'Église, d'user de cet otiice très convenable. » La sixième, c'est pour donner un office à nos Filles spirituelles, qui honorent, par leur genre de vie et les règlements qu'on leur a donnes, le premier institut de l'Église, qui est celui des Filles recluses avec la Sainte-Vierge, ainsi qu'il est rapporté par Métaphraste et autres graves auteurs ; lesquelles vivant avec elle dans sa chambre, imitant son esprit d'adoration, d'oraison, de retraite et de toutes les vertus, ont été comme le premier exemplaire de tant de Filles Recluses qui ont paru en la primitive Église, comme celles qui ont vécu ensuite comme recluses avec sainte Marthe et plusieurs autres.

» La dernière, est pour donner aussi un otlice propre, pour que, dans les hôpitaux, les garçons et les filles qui y sont élevez et ont accoutumé d'y chanter Matines, Laudes cl Vêpres les jours de Fêtes, s'en servent plus commodément ». L'auteur termine son Advertisseiuem par cette prière adressée au cher Dulothée : « Adieu, et ne récitez pas cet otlice sans taire part de vos prières à celui qui vous le donne de si bon cœur. Ainsi soit-il ».

" Aussi pieux que savant, [dil M. Aigueperse, cet ecclésiastique iM. Planât) ht avec succès des missions fréquentes, et composa un Bréviaire qui l'a t'ait comparer à Jean Gerson et k Thomas à Kempis. 11 mourut vers la tin du xvi° (sic) siècle » (Biographie, ou Dictionnaire historique 'les personnages d'Auvergne illustres ou fameux par leurs écrits, leurs exploits, leurs vertus, leurs erreurs, leurs crimes ou leur rany ; avec portraits; par P. G. Aigueperse; Glermonl- Fenand. 1836, in-8°, t. 11. p. 143 5. — Hymnodia cœlesiis, Sanctissimo ac Beatissimo

P. Pap;o Innocentio XI humiliter dcdicata, à Jacobo Planenato, Sacerd. Jurisprudentiae canonicae et sacra- Theologiae Doctore, contexta el explanata; Claromonti, apud N. Jaequard, Typ. Régis, lllustriss. et Révérend. I). Episc. Cleri Collegiique Claromont. 1679, in-I2, pp. 437 sans les liminaires et :> feuillets nonpaginés à la fin. Un frontispice gravé représente Notre-Seigneur debout entouré des quatre Évangélistes, et l'auteur, revêtu d'un surplis, à genoux à ses pieds : au bas, on lit ces paroles :

Hoc explanai opus dùm dat sua lumina Christus.

— La dédicace à Innocent XI occupe o feuillets non chiffrés : elle débute ainsi : « Sylvana ista Hymnodia, Sanctissime Pater, deserti montana transiliens, almani totius Orbis sanctamque Civitatem iniens audet devota ingredi. Quamdiù enim in eremo Nostrae Domina» et Sancti Salvatoris sublimi et montanâ solitudine verecunda inter fagos fando el inter ntfbieles, seu vulgô sajj/tios, sapiendo delituit, ruslicà faucis raucedine decantabat quae recolit. At nunc erumpens ex umbrosis sylvarum latebris, et humilis damera' Chrisli lerminos exiliens. si Vestrœ Sanctissimœ authoritatis, Pater Beatissime, applausu, aut sallem assensu inventa fuerit fuit a. melodiae suavissimœ voce i ri cl è rësumptà, non solùm humanis, sed etiam Angelicis merebitur canticis commisceri... ». Sachant bien <pie ses hymnes ne pouvaient remplacer celles du bréviaire dans l'office liturgique, M. Planât exprime le désir qu'il soit permis de les chanter, à la place des hymnes ordinaires, soit dans les processions, soit dans les pèlerinages. Il finit en demandant la bénédiction apostolique en ces termes : « Postremù ut Summa et Paterna Wstra Benignilas authori Hymnodiœ, omnium sacerdotum Ecclesiae sancta? Roman» minimo, ipsà postulante, impensè gratiâ suà indulgeat; Vpostolicam benedictionem posl multos annos et labores plurimarum missionum exantlatos, tanquàm securum liujus saeculi divins misericordiœ munus mibi concessum, ad pedes Vestrœ Beatitudinis prostratus, obnixè ei juppliciter expostulat Vestrœ Sanctitalii humillimua at-

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que obsequentissimus servus, Jacobus Plaxatus, presbyter ». — Les six feuillets suivants sont remplis par une Interpretatio tesserœ insignium Sanctissimi Pontificis Summi Innocenta undecimi et illustrissimes familiœ Odescalchianœ. Dans chaque partie des armoiries du Pape, M. Planât trouve un symbole des qualités et des vertus de la famille Odescalchi. Tout ce commentaire est résumé dans le Canîicum symbolicum et encomiasticum ad Laudem Summi Pontificis Innocenta XI, où nous lisons ces paroles :

Fert Aquila Prudentiam, Et Cherubim Juslitiam, Signât leo Potentiam, Craterque Temperantiam.

L'ouvrage est divisé en cinq parties, dont voici le titre et le sujet : — Hymnodiœ cœlestis, De Deo et mundo, prima pars, p. 1-56 : 44 hymnes. — Hymnodiœ cœlestis, De Chrisio, secundapars, p. 57-201 : 108 hymnes. — Hymnodiœ cœlestis, De Cruce Domini et Ecelesiâ, tertia pars, p. 202-253 : 43 hymnes. — Hymnodiœ cœlestis, Virtutum omnium, seu vitœ ehristianœ, quarta pars, p. 25(5-313 : 44 hymnes. — Hymnodiœ cœlestis, De Theologià mysticâ, quinta pars, p. 314-437 : 87 hymnes. C'est donc un total de 326 hymnes. Quelques-unes avaient déjà été imprimées dans V Adoration de la Chambre de Jésus-Christ, et dans le Petit bréviaire.

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